CHAPITRE III
SeJon M. Simon c'est un prCjugé contre iin lutenr, et un
mo>cn de le dépriinei', qu'il ait été attacliC à saint Ail-
gii.sUn.
Nous observerons dans la suite que ce qu'il appelle let opinions particulières de saint Aui/usiin sont des vérités incontestables , et la plupart très-expressément décidées dans les conciles. Tout ce que nous avons ici à remarquer, c'est le mépris que l'auteur inspire pour la doctrine de suint Augustin. 1 1 est si grand , que , tout au contraire des sentiments que nous avons vus dans les orthodoxes, c’est pour notre auteur une raison de censurer un écrivain , que d’avoir suivi ce Pere dans la matière de la grâce, lisait ordinairement, dit-il d’Alcuin", saint Augustin et Bède; et voici quel en est le fruit : c'est, poursuitdl, qu'il s'attache, non au sens littéral, mais à la manière des théologiens : et il ne /ail pas toujours choix des meilleures interprétations, étant prévenu de saint Augustin : où l'on peut voir , en passant, ce qu’il appelle la manière des théologiens; c’est de s'écarter du scits littéral, surtout lorsqu’on s’attache à saint Augustin ou a Bcde , qui ne fait presque que le transcrire de mot ù mot. Comme Claude de Turin, dit-il ailleurs ", suitpour Fordinaire saint Augustin sur les matières de la grâce, de la prédestination et du libre arbitre, il a quelquefois des expressions qui paraissent dures; mais on prendra garde que ce n'est pas lui qui parle : la faute en est a saint Augustin , ù qui il s’est attaché. Saint Thomas fait la même bute, et notre auteur le reprend, dès les premiers nuAsàeaaa Commentaire sur saint Paul, d'élre tout rempli de Texplication de saint Augustin Il le note, un peu après, pour avoir embrassé le sentiment de saint Augustin*. Lorsqu'il s’agit de ce Père , c’est une cause de récusation contre saint TlMimas , que d'y avoir été attaché. Estius , dit notre auteur*, sur la dispute de saint Pierre et de saint Paul , n’apporte point d’autre preuve pour le sentiment de saint Augustin , que les raisons de ce Père depuis confirmées par saint Thomas; maison sait, gjoutc-t-il aussitôt après, que la théologie de ce dernier n'est pour l'ordinaire qu'une confirmation de la doctrine de saint Augustin : c’est-à-dire , qu’on ne le doit pas écouler sur le sujet de ce Père , pour lequel il est
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trop prévenu. En parlant d'Adam Sasbonth, un docte interprète de saint Paul : S’il fait , dlt-11 • , quelques réfierions, elles ne sont pas longues, parce qu’il est juelieieux et qu’il ne dit presque rien qui ne soit à propos , siee n’est qu’il s'étend quelquefois sur les interprétations des Pères , et qu’il prend parti pour celles de saint Augustin. Voilà tout te tort qu’il a , et le seul sujet de rabattre la louange qu’on lui donne d’être judicieux.
JanséniusdeGand a dit, avec tous les théologiens, que saint Augustin ayant eu à combattre l'hérésie de Pelage a parlé plus exactement de la grâce. Le grand critique le^ relève magistralement ; et la sentence qu’il prononce , c’est, dit-il * , qu’il est vrai que saint Augustin a parlé plus en détail de ta grâce , puisqu'il atrailé exprès cette matière ; mais il y a lieu de douter que les principes dont il s'est servi , et les conséquences qu’il en a tirées pour combattre plus fortement Pelage, doivent être préférés à ceux des anciens Pères, qu’il aurait pu suivre, détruisant en même temps les erreurs des pélagiens. Il tâche de taire perdre à ce docte Père l'avantage qui lui est commun avec tous les autres , d'avoir parlé plus correctement sur les vérités lorsqu’elles ont été contestées , et de les avoir défendues avec plus de force qu’on ne faisait auparavant. Un peu au-dessus ; // n’élait pas nécessaire que saint Augustin inventât de nouveaux principes pour répondre aux pélagiens; il eût été, ce me semble, mieux de suivre ceux qui avaient été établis par tes anciens docteurs de l’Église. Au lieu de prendre ce bon et nécessaire parti , saint Augustin a pris celui de donner occasion aux pélagiens de dire qu’on s’élevait contre les anciens docteurs, et qu’on leuropposalt des principes non-seuleitient nouveaux , mais encore outrés.