‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 317 sur 518 · CII.APITRE XXI · texte numérisé non relu

CII.APITRE XXI

tiilnilioii de seial Paul dans ce passage, qui démcxitte qu’il est impossible d’evptiqner la piopagaUon du |iéclié d’Adani par l’Imitation et par l’caemple.

Et afin de pénétrer une fois tout le fond de cette liarolc de saint Paul , sur laquelle roule principalement tout ce qui doit suivre ; lorsqu'il a dit que/wtr un seul hotnvte le péché est entré dans le mondcy et par le péché la mortj son intention li’n pas été de nous apprendre que le premier de tous les péchés soit celui d'Adam , ou que sa mort soit la première de toutes les morts. L'un et l’autre est faux. Pour la mort, Abel en a subi la sentence avant Adam ; pour le péché , celui des anges rehelles a précédé. Quand on voudrait se ré-dnlre au commencement du péché parmi les hommes , Ève en a donné la première le mauvais exemple; et quand on s'attacherait U Adam, comme U celui dont le sexe était dominant , il n'y aurait rien de fort remarquable, qu'étant le premier et alors le seul il n'y ait point eu de péché parmi les hommes qui ait pu précéder le sien. Ce n’était pas une chose qui mériUt d'être relevée avec tant d'emphase ; mais ce qui était véritablement digne de remarque , et ce qu'aussi le saint apôtre nous a fait observer, c'est que le péché et la mort qu’Adara avait encourue ne sont pas demeurés en lui seul , tout ayant passé de loi à tout le monde ,1e péciié le premier comme la cause, et la mort après comme l'effet et la peine.

A cela , les pélagiens d’alwrd ne trouvèrent de solution qu’en disant quo notre premier père était introducteur du péché par son exemple; mais, outre que cela était insoutenable par toutes les raisons qu’on vient de voir, la suite des paroles de l'apôtre y répugnait : pulstpie Adam n’y étant ■ introducleur du péché que de la même maniéré et à même titre qu’il l'était aussi de la mort ; comme ce n'était point par son exemple , mais par la génération que la mort s’était introduite , ce ne pouvait être non plus par son exemple , mais par la génération , que le péché fût entré dans le monde.*

Voilù si vlsiblemeut le raisonnement de saint Paul , et tout l’esprit de ce passage , qu'il n'est pas

possible de ne s'y pas rendre, à moins que d'être tombé dans l'aveuglement. Cest aussi de cette manière que raisonnent tous les orthodoxes , Tolet que vous citez mal à propos , Bellarmin , Estius , tous les autres d'une même voix. Vous vous vantiez d'avoir ôté h saint Augustin la force de sa preuve eu lui ôtant sa version ; mais elle revient , et , malgré vous , le passage de saint Paul est aussi clair, aussi convaincant que saint Angustin le disait '.

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