CHAPITRE VIII
Que cette mèlliude de saint Auitustin e«t infaintble , et qti' il n'eet pas possible que l'Onent crOt autre ctiose que l'Ocddunt sur le péché originel.
Telle est la méthode de saint Augustin , dans laquelle d'abord il est évident qu'il n’est pas pos-
< Ub. I cour Jul. cap. VI, n* as.
■ md. n'sa,13.
> Ibid. n‘ 23.
Din"' Loi
ET DES SAINTS PÈRES. LIV. VDI
sibic qu'il SC trompe. En eRet, si l'Orient eût été contraire à l'Occident sur l'article du péché originel , d'où vient que Pélage et Célestius y déguisaient leurs sentiments avec tant d'artillce , pendant que l'OccSdcnt les condamnait ? Si tout l'Orient était pour eux, que n'y parlaient-ils franchement et à pleine bouche? mais ou contraire CO fut à Diospolis , dans le concile de la Palestine, qu'ils furent poussés, pour éviter leur condamnation , Jusqu'à anathématiser ceux qui disaient ÿue Ut enfanli morts sans baptême pouvaient avoir la vie étemelle ' ; par où ils s'étaient à eux-mémes le dernier refuge qu'ils réservaient à leur erreur. Tout le monde sait que lorsqu'on leur demandait si les enfants non baptisés pouvaient entrer dans le royaume des deux, ils n'osaient le dire , ù cause ^ue Notre-Seigneur avait prononcé précisément le contraire par ces paroles : Si vous ne renaisses de l’eau et du Saint- Esprit, vous n’enlreres pas dans le royaume du ciel. Leur unique ressource était, que si les enfants n'entraient pas dans le royaume des deux , llsauraientdumoinslavieéternelle.MaislesPères de Palestine leur étent par avance cette défaite , en leur faisant avouer qu'il n'y a point de vie éternelte sans baptême; et cela, dit saint Augustin ' , qu'est-ce autre chose que d'être dans l'éternelle mort, ainsi qu'on a vu que Bellarmin l'enseigne après cc Père ’ , comme un article de foiîSi l'Orient était pour Pélage, pourquoi les Pères de Palestine le poussent-ils à un désaveu si exprès de son erreur? et pounpioi est-il obligé de se condamner lui-méme, pour éviter leur anathème?
Poussons encore. Si l'Orient était pour eux, et qu'une aussi grande autorité qup celle de saint Cbrysostémo eût disposé les esprits en leur faveur, d'où vient que la lettre do saint Zozime , où leur hérésie était condamnée , fût reçue sans difficulté, et également souscrito en Orient et eu Occident? D'où vient que les canons du concile de Carthage, ou le péché originel était expliqué de la même manière que nous faisons encore , fùrent d'abord reçus eu Orient? Le patriarche Piiotius en est le témoin ; puisque ces canons sont compris dans les actes des Occidentaux , dont il fait mention dans sa Bibliothèque. Chacun sait qu'it y loue aussi dans le même endroit* Aurélius de Carthage et saint Augustin, sans oublier le décret de saint Célestin contre ceux qui reprenaient ce saint homme; ce qui nous prouve trois choses : la première, que dès le temps de Pélage la doc-
' D* Gni. Petits, cap. xxxill, o* S7, de pece. oris cap. xi, XII. MpitL en, ad PaulÎM.
■ liid.
• D* mmitt. fr. fl liai. pcc. Ub. n, cap. ii.
• end. M.
trine de l'Orient était conforme à cclio de l'Occldent ; la seconde, qui est une suite de la première, que les idées de l'Orient et de l'Occident étaient les mêmes sur le péchéoriginel, puisque l'Occident
n'en avait point d'autre que celle du concile de Carthage, que l'Orient recevait : la troisième, que l'autorité de ce concile s'était conservée dans l'Église grecque Jusqu'au temps de Photins, qui vivait quatre cents ans après; et ainsi que si quelques docteurs, et peut-être Photius lui-même, ne s'étaient pas expliqués sur cette matière aussi clairement que les Latins, dans le fond , elle n'avait pas dégénéré de l'ancienne créance. Ainsi il est manifeste qn'en Orient comme en Occident , on avait la même idée do péché originel, qui subsiste encore aqjourd'hui dans les deux Eglises.