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1 It
tation fut émue devant Ptoiomée Pliilo- ^ métor, roi d'Égypte. Ix-s Juifs, qui avaient | j pour eux la succession et la tradition ma- ■ " p nifestc, gagnèrent leur cause par un jugement solennel ' .
Les Samaritains , qui , durant In persé- ss7 IS7 cul Ion d’.Antiochus et des rois de Syrie, se joignirent toujours a eux contre les Juifs , furent subjugués par Jean I1ircan,fils ^ de Simon , qui renversa leur temple de su ne Garizim , mais qui ne les put empêcher de continuer leur service sur la montagne où il était bâti, ni réduire ce peuple opiniâtre â venir adorer dans le temple de Jérusalem.
De là vient que, du temps de Jésus- Christ, on voit encore les Samaritains attachés au même culte, et condamnés par Jésus-Clirlst
Ce peuple a toujours sul>si.sté depuis ce temps-là, en deux ou trois endroits de l'Orient. Un de nos voyageurs l'a connu , et nous en a rapporté le texte dn Pciitatcuque qu’on appelle Samaritain , dont on voit à présent l'antiquité ; et on entend parfaitement toutes les misons pour lesquelles il est demeuré en l'état où nous le voyons.
Les Juifs vivaient avec douceur sous l'autorité d'Artaxerxe. Ce prince, réduit par Gmon , fds de Miltiade , général des Athéniens , à faire une paix honteuse , désespéra de vaincre les Grecs par la force, et ne songea plus qu'a profiter de leurs divisions. il eu arriva de grandes entre les Athéniens et les Lacédémoniens. Ces deux sas ui peuples , jaloux l'un de l’autre, partagèrent toute la Grèce, l’éricics, Atliénien, commença la guerre du Péloponèse , durant laquelle 'rbéramène , Throsybule et Alcibiade, Athéniens, se rendent célèbres. Brasidas et Myndare , Lacédémoniens , y meurent en combattant pour leur pays.
Cette guerre dura vingt-sept ans, et finit à l'avantage de Lacédémone , qui avait mis dans son parti Darius nommé le Bâtard , fils et successeur d’Artaxerxe. Lysandre , général de l’armée navale des Lacédémoniens, prit Athènes, et en changea le gouvernement. Mais la Perse s'aperçut sso «04 bientôt qu'elle avait rendu les Lacédémoniens trop puissauts. Ils soutinrent le jeune Cyrus dans sa révolte contre Artaxcrxe, son ainé, appelé Mnémon âcause
* Jns. Anl. lili. »m, cap. 7. al. 3.
* Joan. IV, 23.
Disr.oL'ns
? de son excellente mémoire , fils et succes- |5 ^Jseurde Darius. Ce jeune prince , sauve ■ " P* de la prison et de la mort par sa mère l’urj'sntis, songe à la vengeance, gagne les satrapes par ses agréments infinis, traverse l'Asie Mineure, va présenter la bataille au roi son frère dans le ceéur de son empire , le blesse de sa propre main , et , SC croyant trop t6t vain(iueur, périt par sa témérité. Ixs dix milie Grecs qui le servaient font celte retraite étonnante où commandait à la fin Xénopbon , grand philosophe et grand capitaine, qui en a écrit l'histoire. Les Lacédémoniens con- SM »e tinuaient à attaquer l'empire des Perses , qu' Agésilas roi de Sparte fittremblerdans l'Asie Mineure ; mais les divisions de la Grèce le rappelèiTnt en son pays. En ce terni» 1 1“ ' Vêles , qui égalait presque la gloire de Rome, après un siège de dix ans et beaucoup de divers succès, fut pri.se par les Romains sous la conduite deCamille. Sa générosité lui fit encore une soo 3M autre conquête. I-es Falisques , qu'il assiégeait , se donnèrent à lui , touchés de ce qu'il leur avait renvoyé leurs enfants qu'un maître d'école lui avait livrés. Rome ne voulait pas vaincre par des trahisons, ni profiter de la perfidie d'un lèche, qui abusait de l'obéissance d'un ègc innocent. Un peu après, les Gaulois Sénonais entrèrent en Italie, et assiégèrent Clusium.
SOS 391 Les Romains perdirent contre eux la fameuse bataille d'.AIIIa. Leur ville fut prise et brûlée. Pendant qu'ils se défendaient 3u 390 dans le Capitole , leurs affaires furent rétablies par Camille , qu'ils avaient banni. Les Gaulois demeurèrent sept mois maîtres de Rome, et appelés ailleurs par d'autres affaires , ils se retirèrent chargés de butin '. Durant les brouilleries de la Grèce, Épaminondos, Tliébain, se signala par son équité et par sa modération , autant que par ses victoires. On remarque qu'il avait pour règle de ne mentir jamais , même en riant. Ses grandes actions éclatent dans les dernières années de hinémon , et dans les premières d'Ochus.
Sous un si grand capitaine, les Thébains sont victorieux , et la puissance de Lacédémone est abattue. Celle des rois de 396 369 Macédoine commence avec Philippe, père d'Alexandre le Grand. Malgré les oppositions d'Ochus et d'.èrsès son fils, rois
' Potyb. lib. I, câp. vi; lib. ii.cap. xviii, ivii.
de Peree, et malgré les difficultés plu8,j- J grandes encore que lui suscitait ‘'““S | * ji.l' Athènes l'él<M|ucncc de Démostliène, puis- • * p sant défenseur de la lilvcrté, ce prince , victorieux durant vingt ans, assujettit toute la Grèce, où la bataille de Chéro- 4is 3» née, qu'il gagna sur les Athéniens et sur leurs alliés, lui donna une puissance absolue. Dans cette fameuse bataille , pendant qu'il rompait les Atliéniens, il eut la joie de voir .Alexandre , à l'âge de dixhuit ans, enfoncer les troupes thébaines de la discipline d'Épaminondas , et entre autres la troupe sacrée, qu'on appelait des Amis, qui se croyait invincible.
Ainsi maître de la Grèce, et soutenu par un fils d'une si grande espérance , il conçut de plus bouts desseins , et ne médita rien moins que la ruine des Perses, con- »i7 337 tre lesquels il fut déclaré capitaine général. .Alais leur perte était réservée A Alexandre. Au milieu des solennités d'un vis 330 nouveau mariage, Philippe fut assassiné par Pausanias , jeune homme de bonne maison , à qui il n'avait pas rendu justice. L'eunuque Bagoos tua dans la même année Arsès , toi de Perse , et fit régner A sa place Darius, fils d' Arsame, surnommé Codomanus. Il mérite, par sa valeur, qu'on se range à l'opinion, d'ailleurs la plus vraisemblable , qui le fait sortir de la famille royale. Ainsi deux mis courageux commencèrent eascmble leur règne, Darius, fils d’.Arsame, et Alexandre, fils de Pliilippe. Us se regardaient d'un œil jaloux, et semblaient nés pour se disputer l'empire du monde. Mais Alexandre voulut s'affermir avant que d'entreprendre son rival. Il vengea la mort de son père j il dompta h» peuples rebelles qui méprisaient sa jeunesse ; il battit les G recs , qui tentèrent vainement de secouer le joug ; et ruina Thèbes , où il n’épargna que la maison et les descendants «19 sn de Pindare, dont la Grèce admirait les Odes. Puissant et victorieux, il marche tw 33t après tant d'exploits à la tête des Grecs 431 333 contre Darius, qu'il défait en trois ba- 433 331 tailles rangées, entre triomphant dans Babylone et dans Suse , détruit Persepo- 13» 330 lis, ancien siège des rois de Perse , pousse 437 337 ses conquêtes jusqu'aux Indes, et vient 430 334 mourir A Babylone âgé de trente-trois ans.
De son temps , Mnn.assès , frère de 431 sô3 ' Jaddus, souverain pontife, excita des
SUR MIISTOIRE UMVERSELI.E.
p,;,? brouilleries pnrmi les Juifs. Il avait ^pou- 1 5 L& sé la fliie de Snnabalint, Samaritain , que | ■ *■ p' Darius avait fait satrape de ce pays. ' Plutât que de répudier cette étrangère, j à quoi le consral de Jénisalem et son : frère Jaddus voulaient l'obliger, il embrassa le schisme des S.nnaritains. Plusieurs Juifs, i«mr éviter de pareilles censures, se joignirent à lui. Des lors il résolut de bâtir un temple près de Samaric , sur la montagne de Gariziin, que les Samaritains croyaient bénite, et de s'en faire le pontife. Son beau-père , très-aecrédité auprès de Darius, l’assura de la protection de ce prince, et les suites lui fùrcnt encore plus favorables. Alexandre m ns s'éleva ; Sanaballat quitta .son maître, et mena des troupes au victorieux durant le siège de Tyr. Ainsi il obtint tout ce qu'il voulut ; le temple de Garizim fut bâti , et l'ambition de Manassès fut satisfaite. Les Juifs cependant , toujours ndèles aux Perses, refusèrent à Alexandre le secours qu’il leur demandait. Il allait à Jérusalem, résolu de se venger; mais il fut changé à la vue du souverain pontife , qui vint audevant de lui avec les sacrincateurs révêtus de leurs habits de cérémonie, et précédés de tout le peuple habillé de blanc. On lui montra des prophéties qui prédisaient ses victoires ; c'étaient relies de Daniel. Il accorda aux Juifs toutes leurs demandes, et ils lui gardèrent la même IMélité qu'ils avaient togjours gardée aux rois de Perse.
I9S 4M Durant scs conquêtes , Rome était aux mains avec les Samnites , ses voisins, et avait une peine extrême à les réduire, malgré la valeur et la conduite de Papirius Cui-sor, le plus illustre de ses généraux. Après la mort d'Alexandre, son empire fut partagé. Perdieeas, Ptoloim'e, fils de Lagus, Antigonus, Séleueus, I.ysimaque, 4311 334 Antipater et son fils Gassander, en un mot , tous ses capitaines nourris dans la guerre sous un si grand conquéixint, snngèrentàs’cnrendremaitres (larles armes ; 430 44S ils immolèrent â leur ambition toute la famille d’Alexandre , son fiXTC, sa mère, scs femmes , ses enfants , et jusqu'à ses soeurs : on ne vit que des batailles sanglantes et d'effroyables révolutions. Au milieu de tant de désordres, plusieurs peuples de l'Asie Mineure et du voisinage s’affranchirent, et formèrent les royaumes ' de Pont, de BIthynic, et de Pergame. Ijl ’
bonté du pays les rendit ensuite riches et ^ puis.sants. L'Arménie secoua aussi dans le I 2 même temps le joug des Macédoniens , et ^ n devint un grand royaume. Les deux Mitiiridate, père et llls, fondèrent celui de Cappadoce. Mais les deux plus puissantes monarchies qid se soient élevées alors furent celle d'Égypte, fondée par Ptolo- »3i 3n mée, fils de latgus, d’ou viennent les Lagides; et celle d'Asie ou de Syrie, fondée 4 42 312 par Séleueus , d'ou viennent les Séleucldes. Celle-ci comprenait, outre la Syrie, ces vastes et riches provinces de la haute Asie qui composaient l'empire des Perses : ainsi tout l'Orient reconnut la Grèce, et en apprit le langage. La Grèce ellemême était opprimée par les capitaines d'Alexandre. La Macédoine, son ancien royaume, qui donnait des maîtres à l’Orient , était en proie au premier venu. Les enfants de Gassander se chassèrent les uns les autres de ce royaume. Pyrrhus , roi des Épirotes , qui en avait occupé une tss partie, fut chassé par Démétrius Polior- roo «4 eète, fils d’.Antigonus, qu’il chassa aussi à son tour ; il est lui-même chassé encore 100 va une fois par Lysimaque , et Lysimaque m 2ss par Séleueus, que Ptolomée Géraunus, 473 2si chassé d'Égypte par son père Ptolomée I, tua en traître malgré ses bienfaits. Ce 471 2so perfide n'eut pas plutét envahi la Macédoine, qu'il fut attaqué par les Gaulois, et périt dans un combat qu'il leur donna. 473 374 Durant les troubles de l'Orient, ils vinrent dans l'Asie Mineure, conduits par leur roi Brennus , et s'établirent dans la Gallo-Grèce ou Galatie , nommée ainsi de leur nom , d'où ils se jetèrent dans la Macixloine, qu’ils ravagèrent, cl firent trembler toute la Grèce. -Mais leur armée pé- 470 jt« rit dans l'entrepris»! sacrilège du temple de Delphes. Cette nation remuait partout, et partout elle était malheureuse.
Quelquesannées devant l'affairede Del- 471 vt phes, les Gaulois d'Italie, que leurs guerres continuelles et leurs victoires fréquentes rendaient la terreur des Romains, furent excités contre eux par les Samnites, les Brutiens, et les Étruriens '.Ils remportèrent d'abord une nouvelle victoire ; mais ils en souillèrent la gloire en tuant des ambassadeurs. Les Romains indignés marchent contre eux , les défont , entrent dans leurs terres, où ils fondent une colonie,
* Polÿb. Hb. a. cap. XX.
Âni de
DISCOURS
I les battent encore deux fois, en assujettis- | sent une partie, et réduisent l’autre à den* mander la paix. Après que les Gaulois 47S •Ù3 d'Orlent eurent été chassés de la Grèce, 4T7 s77 Antigonus Gonatas , lUs de Démétrius Poliorcète, qui régnait dcpuisdouzc ansdans la Grèce, mais fort peu paisible, envahit sans peine la Macédoine. Pyrrtius était oc- j cui)é ailleurs. Chassé de ce royaume il es- | péra de contenter son ambition par la 474 SM conquête de l'Ilalie, où il fut appelé par les Tarentins. La bataille que les Romains venaient de gagner sur eux et sur les Samnites ne leur laissait que cette ressource. Il
le Mouvenu Testament est écrit en ce lan- f gage. Durant eette disi>ersion des Juifs, 1 i-g leur temple fut célèbre par toute la terre, • * p et tous les rois d’Orient y présentaient leurs offrandes.
L’Occident était attentif à la guerre des Romains et de Pyrrhus. Enfin ce roi fut défait par le consul Curius , et repassa en Épirc. Il n’y demeura pas longtemps en 47» ns repos, et voulut se récompenser sur la Macédoine des mauvais succès d’Italie.
Antigonus Gonatas fut renfermé dans 1 Thessaloniquc , et contraint d’abandon- 4W S74 ner à Pyrrhus tout le reste du royaume.
remporta contre les Romains des victoires qui le ruinaient. Les éléphantsde Pyrrhus 474 «74 les étonnèrent : mais le consul Fabrice fit bientôt voir au.x Romains que Pyrrhus pouvait être vaincu. Le roi et le consul semblaient se disputer ta gloire de la générosité, plus encore queeelle desarmes : Pyrrhus rendit un consui tous les prisonniers sans rançon, disant qu’ii fallait faire la guerre avec le fer, et non point avec l’ar- 47s XTS gent ; et Fabrice renvoya au roi son perfide médecin , qui était venu lui offrir d’empoisonner son maître.
En CCS temps, la religion et la nation judaïque commence à éclater parmi les Grecs. Ce peuple, bien traité par les rois de Syrie, vivait tranquillement selon ses lois. Antioehus, surnommé le Dieu , petit- •fllsde Séleucus, les répandit dans l’Asie Mineure , d’où ils s’étendirent dans la Grèce, et jouirent partout des mêmes droits et de la même liberté que les autres citoyens'. Ptoloméc, fils de Lagus, les avait déjà établis en Égypte. Sous son 4T7 X77 fils PtolomêePbiladelphc, leurs Écritures furent tournées en grec , et on vit paraître eette célèbre version appelée la version des Septante. C’étaient de savants vieillards qu’Ftléazar, souverain pontife , envoya au roi qui les demandait. Quelques-uns veulentqu’ilsn’aienttraduitquelescinq livres de la loi. Le reste des livres sacrés pourrait dans la suite avoir été mis en grec pour l’usage des Juifs répandus dans l’Égypte et dans la Grèce ’ , où Ils oublièrent nonseulement leur ancienne langue, qui était l’hébreu , mais encore le chaldéen , que la captivité leur avait appris. lisse firent un grec mêlé d’hébraïsmes , qu’on appelle le langage hellénistique : les Septante et tout
• JoKph. Anllq. Ill>. XII . cip. m.
■ JM. Ilb. I, i’nxnn et Ub. ul, op. U.
Il reprit cœur pendant que Pyrrhus, inquiet et ambitieux , faisait la guerre aux Lacédémoniens et aux .Argiens. Les deux 4si xtx rois ennemis furent introduits dans Argos en même temps par deux ealrales contraires et par deux portes différentes. 11 se donna dans laviileun grand combat : une mère, qui vil son fils poursuivi par Pyrrhus qu’il avait blessé , écrasa ce prince d’un coup de pierre. Antigonus , défait d un tel ennemi , rentra dans la Macédoine , qui , après quelques changements, demeura paisible à sa famille. La ligue des .Achéens l’empêcha de s’accroître. C’était le dernier rempart de la liberté de la Grèce, et ce fut elle qui en produisit les derniers héros avec Aralus et Phllopœmen.
I..CS Tarentins, que Pyrrhus entretenait d’espérance , appelèrent les Carthaginois après sa mort. Ce secours leur fiit inutile 1 ils furent battus avec les Brutiens et les Samnites leurs alliés. Ceux-ci, après soixante-douze ans de guerre continuelle, furent forcés à subir le joug des Romains. Tarente les suivit de près; les peuples voisins ne tinrent pas : ainsi tous les anciens peuples d’Italie furent subjugués. Les Gaulois souvent battus n’osaient remuer.
Après quatre cent quatre-vingts ans de guerre, les Romains se virent les maîtres en Italie , et commencèrent à regarder les affaires du dehors' : ils entrèrent en jalousie contre les Carthaginois, trop puissants dans leur voisinage par les conquêtes qu’ils faisaient dans la Sicile, d’ou ils venaient d’entreprendre sur eux et sur l’Italie , en secourant les Tarentins.
La république de Carthage tenait les deux cèles de la mer Mediterranée. Ouire
> po/yfr. Ub. >, cap. illi lU). (1, cip I.
SUR LHISTOIRE UNIVERSELLE
^ î celle d’Afrique , qu'elle possédait presque |S ^&tout entière, elle s'était étendue du côté ^ » P d’Espagne par le détroit. Maltresse de la mer et du commerce, elle avait envahi les lies de Corse et de Sardaigne. La Sicile avait peine à se défendre ; et l’Italie était menacée de trop prés pour ne pas craindre. De là les guerres puniques , malgré les traités , mal observés de part et d'autre. <w lu La première apprit aux Romains A 4M sm combattre sur la mer. Ils furent maîtres d’abord dans un art qu'ils ne connaissaient pas ; et le consul Uuilius , qui donna lu première bataille navale, la gagna.
Béguins soutint cette gloire, et aborda en Afrique, où il eut à combattre ce prodigieux serpent, contre lequel il fallut employer toute son armée. Tout cède ; Carthage, réduite à l'extrémité, ne se sauve que par le secours de Xantippe, 499 lu Lacédémonien. Le général romain est battu et pris ; mais sa prison le rend plus illustre que ses victoires. Renvoyé sur sa parole , pour ménager l'échange des prisonniers , il vient soutenir dans le sénat la loi qui était toute espérance à ceux qui se laissaient prendre , et retourne ù une mort assurée. Deux épouvantables naufrages contraignirent les Romains d'abandonner de nouveau l’empire de la mer aux Carthaginois. La victoire demeura longtemps douteuse entre les deux peuples , et les Romains lurent prêts à céder : [Il Ml mais Ils réparèrent leur flotte. Une seule bataille décida, et le consul Lutatius acheva la guerre. Carthage fut obligée à payer tribut, et à quitter, avec la Sicile , toutes les Iles qui étaient entre la Sicile et l’Italie. Les Romains gagnèrent cette tle tout entière , à la léscrve de ce qu’y tenait Hiéron , roi de Syracuse , leur allié '.
Après la guerre achevée , les Carthaginois pensèrent périr par le soulèvement de leur ai-mée. Ils l’avaient composée , selon leur coutume , de troupes étrangères , qui se r('-voltérent pour leur paye. Leur cruelle domination fit joindre à ces troupes mutinées, presque toutes les villes de leur empire; et Carthage , étroitement assiégée , était perdue sans .Amilcar, surnommé Barcos. T.ui seul avait soutenu SIS sis la dernière guerre. Scs citoyens lui durent encore la victoire qu’ils remportèrent sur les rebelles : il leur en coûta la Sardaigne ,
■ Poli/i. Ub. I, ctp. Lxu, Lxin; Ub. n, cip. r
, que la révolte de leur garnison ouvrit aux §■
! Romains'. Depeurdes’embarrasscravec|B Lf ’ eux dans une nouvelle querelle , Carthage ■ ®’ p céda malgré elle une Ile si importante, et augmenta son tribut. Elle songeait à rétablir en Espagne son empire ébranlé par In révolte : Amilear passa dans cette est Mo province, avec son fils Annibal, âgé de neuf ans, et ymourut dans une bataille.
Durant neuf ans qu’il y fit la guerre , avec autant d’adresse que de .valeur, son fils se formait sous un si grand capitaine , et tout ensemble il concevait une haine implacable contre les Romains. Son allié Asdrubal fut donné pour successeur à son père. Il gouverna sa province avec beaucoup de prudence, et y bâtit Carthage la Neuve, qui tenait l’Espagne en sujétion.
Les Romains étaient occupés dans la guerre contre Tenta, reine d’Illyrie, qui exerçait impunément la piraterie sur tonte la cûte. Enflée du butin qu’elle faisait sur les Grecs et sur les Ëpirotes , elle méprisa les Romains , et tua leur ambassadeur. Elle fut bientét accablée : les ns »o Romains ne lui laissèrent qu'une petite sis ns partie de l’Illyrie, el gagnèrent l'Ile de Corfou , que cette reine avait usurpée. Us se firent alors respecter en Grèce par une solennelle ambassade, et ce fût la première fois qu’on y connut leur puissance.
Les grands progrès d’Asdrubal leur donluüent de la Jalousie; mais les Gaulais d’Italie les empêchaient de pourvoir aux affaires de l’EsiKigne '. Il y avait quarantecinq ans qu’ils demeuraient en repos. La Jeunesse qui s’était élevée durant ce temps ne songeait plus aux pertes passées , et commençait à menacer Rome ’. Les Romains, pour attaquer avec sûreté de si turbulents voisins , s’assurèrent des Carthaginois. I>e traité fut conclu avec Asdrubal , qui promit de ne passer, point au delà de l’Èbre.
La guerre entre les Romains et les Gau- sm m lois se fit avec fureur de part et d’autre : lesTransalpinsseJoignirentaux Cisalpins:
tous furent battus. Concolitanus , un des rois gaulois, fut pris dans la bataille ; Anéroestus, un autre roi, se tua lufmême. Les Romains victorieux passèrent le Pô pour la première fois , résolus d'ôter ^ aux Gaulois les environs de ce fleuve,
4 Palyb, lib. I , cap. LVXIX , LXXXIU , Lxxxvin.
I 4 Id. lib. Il, cap. XII, XXII.
4 Ibid. cap. XXI.
DISCOU us
5 düut ils étaient en possession depuis tant 1 2 de siècles. La victoire les suivit partout : p“* .Milan fut pris; presque tout le pays fut assujetti.
534 220 Ln ce temps Asdrubal mourut; et Annibal , quoiqu’il n’eùt encore que vingtcinq ans , fut mis à sa place. Dès lors on prévit la guerre. Le nouveau gouverneur entreprit ouvertement de dompter l’Espagne, sans aucun rcsix'ct des traités. iib *19 Rome alors écoula les plaintes de Sagonte son alliée. Les ambassadeurs romains vont à Carthage. Iajs Qirthaginois rétablis n’étaient plus d’humeur à céder. Ijx Sicile ravie de leurs mains, la Sardaigne injustement enlevée, et le tribut augmenté, leur tenaient au cœur. Ainsi 1a faction qui voulait qu’on abundonniit Annibal, se trouva faible.
Ce général songeait à tout. De secrètes ambassades l’avaient assuré des Gaulois d’Italie , qui , n'étant plus en état de rien entreprendre par leur propres forces , embrassèrent celte occasion do se relever.
Annibal traverse l’Èbiv;, les Pyrénées, toute la Gaule transalpine, les .Vlpes, et tombe comme en lui moment sur l'Italie. Les Gaulois ne manquent point de fortilier sou armée , et font un dernier effort jwur leur liberté. Quatre batailles perdues
636 218 font croire que Rome allait tomber. I.A
637 217 Sicile prend le parti du vainqueur. Hiéro- 636 210 nyme , roi de Syracuse , se déclare contre 639 216 les Romains : presque toute l’Italie les 642 212 abandonne; et la dernière ressource de
la république semble périr en Espagne avec les deux Scipions. Dans de telles c.xtrémités, Rome dut sonsiilut à trois grands hommes. La constance de Fabius Ma.\imus , qui , se mettant au-ilessus des bruits populaires, faisait la guerre en retraite , 540 214 fut un rempart à sa patrie. Marcellus , qui 642 212 lit lever le siège de Noie, et prit Syracuse, donnait vigueur aux troupes par ses actions. Mais Rome, qui admirait ces deux grands hommes, crut voir dans le jeune Scipion quelque chose de plus grand. Los merveilleux succès de scs conseils conllrmèrcnt l’opinion qu’on avait qu’il étuit de race divine, et qu’il conversait 613 211 avec les dieux. l’Age de vingt-quatre ans, il entrirprend d’aller en Espagne, où son iK're et son oncle, venaient de périr : il attacpic (Carthage la Neuve , comme s’il eût agi par inspiration, et ses soldats 644 210 l’emportent d’alwrd. Tous ceux qui le
voient sont gagnés au iieuple romain : ;b>. f les Carthaginois lui quittent l’Espagne : 1 à son abord en Afrique , les rois se don- ™ " o uent à lui : Carthage tremble à son tour, 548 206 et voit ses armées défaites : .\nnibal , vie- 555 203 torieux durant seize ans , est vainement rappelé, et ne peut défendre sa patrie : Scipion y donne la loi ; le nom d’Africain 502 20a est sa récompense : le peuple romain, ayant abattu les Gaulois et les Africains , ne voit plus rien ù craindre , et combat dorénavant sans péril.
Au milieu de la première guerre- punique, Théodote, gouverneur de la Bactrienne, enleva mille villes à Antiochus, 534 2w appelé le Dieu , lils d’Antioebus Soter, roi de Syrie. Fresque tout l’Orient suivit cet exemple. Les Fartlics se révoltèrent sous la conduite d’Arsace , chef de la maison des Arsacides, et fondateur d’im empire qui s’étendit peu à peu dans toute lu haute Asie.
I.es rois de Sj rio et ceux d’Êgj'pte, acharnés le.s uns contre les autres, ne songeaient qu’à se ruiner mutuellement , ou par la force , ou par la fraude. Damas et son territoire , qu’on appelait la Cœlé- Syrie , ou la Syrie bns.se , et qui confinait aux deux royaumes , fut le sujet de leurs guerres; et les affaires de l’Asie étaient entièrement séparées de celles de l’Europe.
Durant tout ce temps, la philosophie florissuit dans la Grèce. La secte des philosophes italiques, et celle des ioniques , la remplissaient de grands hommes , parmi lesquels il se mêla beaucoup d'extravagants , à qui la Grèce curieuse ne laissa pas de donner le nom de philosophes. Du temps de Cy rus et de Cambyse , Fythagore commença la secte itali(|ue dans 1a grande Grèce , aux environs de Naples. A peu près dons le meme temps, Thalès, Milésien, forma la secte ionique. De là sont sortis ces grands philosophes , Héraclite, Dénu)crite, Empédocle, Farménide, Anaxîigore, qui, un peu avant la guerre du Féloponèse, fit voir le monde construit par un esprit éternel ; Socrate, qui un peu après ramena la philo.sophie à l’étude des honnes mœurs, et fut le pt're de la philosophie morale ;
Flaton , son disciple, chef de l’Académie; Aristote, disciple de Flaton, et précepteurd’Alexjmdrc, chefdespéripatéticiens ; sous les succc.sseurs d’.NIexandrc, Zénon , nommé Glicn, d’une ville de file de
SUR 1,'IUSTOIRK UMVERSKLLE.
? Chypre, où il était né, chef des stoïciens ; ^l’et Épicure, Athénien, chef des philo- • P sophes qui portent son nom , si toutefois on peut nommer philosophes ceux qui niaient ouvertement la Providence, et qui , ignorant ce que c'est que le devoir , définissaient la vertu par le plaisir. On peut compter parmi les plus grands philosophes Hippocrate, le père de la médecine, qui éclata au milieu des autres dons ces heureux temps de la Grèce. Les Romains avaient dans le même temps une autre espèce de philosophie, qui ne consistait point en disputes , ni en discours , mais dans la frugalité , dans la pauvreté , dans les travaux de la vie ru.stique, et dans ceux de la guerre , où ils fSisalent leur gloire de celle de leur patrie et du nom romain : ce qui les rendit enfin maîtres de ritolle et de Carthage.
NEUV1È.ME ÉPOQUE.
Scipion , ou Carüuxge vaincue.
L'an SS2 de la fondation de Rome , environ 250 ans après celle de la monarchie des Perses, et 202 ans avant JésussM SOS Christ, Carthage (ht assujettie aux Romains. Annibal ne laissait pas sous main de leur susciter des ennemis partout où II pouvait : mais il ne fit qu'cntroiner tous scs amis auciens et nouveaux dons la ruine de sa patrie et dans la sienne. SM IM Par les victoires du consul Klamininus, sss IM Philippe, roi de Macédoine, allié des Carthaginois , fut abattu ; les rois de Macédoine, réduits à l'étroit, et la Grèce affranchie de leur joug. Les Romains entreprirent de faire mourir Annibal , qu'ils trouvaient encore redoutable après sa us» i»s perte. Ce grand capitaine, réduit à se sauver de son pays , remua l'Orient contre eux , et attira leurs armes en Asie. s«i lei Par ses puissants raisounements , Antiochus , surnommé le G rand , roi de Syrie , devint jaloux de leur puissanee , et leur fit la guerre; mais il ne suivit pas, en la faisant , les conseils d' Annibal , qui l'y avait engagé. Battu par terre et par mer, 11 reçut la loi que lui imposa le consul Lucius Scipion, frère de Scipion i'.Afrlcain , et il fut renfermé dans le mont Taurus. in isi Annibal, réfugié chez Prusias, roi de Rithynie , échappa aux Romains par le IKiison. Ils sont redoutés par toute la terre , et ne veulent plus souffrir d'au-
tre puissance que la leur. Les rois étaient J obligés de leur donner leurs enfants pour g 2 Lg otage de leur foi. Antiochus , depuis ap- ’ ^ n pelé l'illustre ou Épiphano , second fils d'.Vntiochus le Grand , roi de Syrie , demeura longtemps à Rome en cette qualité; mais sur la fin du règne deSéleucus, Phi- sts cm loi>ator, son frère aîné , il fut rendu ; et les Romains voulurent avoir à sa place Démétrius Soter, fils du roi , alors âgé de dix ans. Dans ce contre-temps , Séicucus mourut , et .\ntiochus usurpa le royaume s?» in sur son neveu. Les Romaius étaient appliqués aux affaires de la Macédoine, où Persée inquiétait ses voisins, et ne voulait plus s'en tenir aitx conditions Imposées au roi Philippe , son père. Ce mi its fût alors que commencèrent les persécutions du peuple de Dieu. Antiochus l'illustre régnait commeun furieux : il tourna toute sa fûreur contre les Juifs , et entreprit de ruiner le temple , la loi de Moïse et toute la nation. L'autorité des Romains ui ni l'empécha de se rendre maître de l'Égypte. Ils faisaient la guerre è Persée , qui, plus prompt à entreprendre qu'à exécuter, perdait scs alliés par son avarice, et ses armées par sa lâcheté. Vaincu par le consul Paul Émile , il fut contraint de se u« i« livrer entre ses mains. Gentius , roi de rillyrie, son allié, abattu en trente jours par le préteur .Anieius , venait d'avoir un sort semblable. Le royaumede Macédoine, qui avait duré sept cents ans , et avait près de deux cents ans donné des maîtres , non-seulement à la Grèce , mais encore atout l’Orient, ne fut plus qu'une province romaine. Les fUreurs d' Antiochus s'augmentaient contre le peuple de Dieu.
On voit paraître alors la résistance de Matbatias, sacrificateur, de la race de Phinées , et imitateur de son zèle ; les ordres qu'il donne en mourant pour le saint m? kt de son peuple; les victoires de Judos le ms ist Machabée , son fils , malgré le nombre infini de ses ennemis ; l'élévation de la famille des Asmonéens ou des Machabées; la nouvelle dédicace du temple que les m» ■« gentils avaient profané ; le gouvernement de Judas, et la gloire du sacerdoce réta- mo ist bile; la mort d’.Antiochus , digne de son impiété et de son orgueil ; sa fausse conversion durant sa dernière maladie, et l'implacable colère de Dieu sur ce roi superbe. Son fils Antiochus Eupator, encore en bas âge , lui succéda , sous la tutella
DISCOURS
?■ de Lystas , »on gouverneur. Durant cette | 1 2 minorité , Démétrius Soter, qui <était en ;
■ ' n* otage à Rome, crut se pouvoir rétablir; I mais il ne put obtenir du sénat d'être renvoyé dans son royaume : la politique romaine aimait mieux un roi enfant. Sous wi ua AntioebusEupator, la persécution du iwuple de Dieu et les victoires de Judas le lOT m Macbabée continuent. La division se met dans le royaume de Syrie. Démétrius s'échappe de Rome , les peuples le reconnaissent ; le jeune .Antiochus est tué avec Lysias, son tuteur. Mais les Juifs ne sont pas mieux traités sous Démétrius j que sous ses prédécesseurs ; il éprouve le ! même sort ; scs généraux sont battus par ; Judas le Machabée ; et la main do superbe Nicanor, dont il avait si souvent menacé tes lei le temple, y est attachée. Mais un peu après , Judas, accablé par la multitude, fut tué en comlvattant avec une valeur étonnante. Son frère Jonathas succède à sa charge et soutient sa réputation. Réduit it l'extrémité, son courage ne l'abandonna pas. Les Romains, ravis d’humilier les rois de Syrie, accordèrent aux Juifs leur protection; et ralliance que Judas avait envoyé leur demander fut accordée , sans aucun secours toutefois : mais la gloire du nom romain ne laissait pas d'être un grand support nu peuple affligé. Les troubles de la Syrie croissaient tous les jours. Alexandre Ralas , qui se vantait d’être lils •no 154 d’ Antiochus l’illustre, fut mis sur le trêne par ceux d’Antioche. Les rois d’Egypte , perpétuels ennemis de la Syrie , se mêlaient dans scs divisions pour en profiter. Ptoloméc Philométor soutint Balas. La •04 150 guerre fut sanglante : Démétrius Soter y fut tué , et ne laissa , pour ven ger sa mort ,
que deux jeunes princes encore en bas âge, Démétrius Mcator et Antiochus Sidéti. Ainsi rusurpateur demeura paisible, et le roi d’Égypte lui donna sa fille Cléopâtre en mariage. Balas , qui se crut au-dessus de tout, se plongea dans la débauche , et s’attira le mépris de tous ses sujets. En ce temps, riiiloinétor jugea le fameux procès que les Samaritains •n 107 firent aux Juifs. Ces schismatiques , toujours opposés au peuple de Dieu , ne manquaient i»int de SC joindre à lems ennemis ; et, pour plaire à Antiochus fllliistrc , Unir persécuteur, ils avaient consacré leur temple de Garizira à Jupiter Hospi-
talier'. Malgré cette profanation, ces ^ impies ne laissèrent pas de soutenir quel- 1 que temps après, à Alexandrie, devant ’ Ptolomée Philométor, que cc temple devait l’emporter sur celui de Jérusalem.
Les parties contestèrent devant le roi , et s’engagèrent de part et d’autre, à pt'ine de la vie , il justifler leurs prétentions par les termes de la loi de Moïse’. Les Juifs gagnèrent leur cause ; et les Samaritains furent punis de mort, selon la convention. Le même roi permit à Onias, de la mec sacerdotale , de bâtir en Égypte le temple d’Hélinpolis, snr le modèle do celui de Jénisalem’ : entreprise qui fut condamnée par tout le conseil des Juift , et jugée contraire â la loi. Cependant Carthage remuait et souffrait avec peine les lois que .Scipion l’.Africain lui avait imposées. Ix-s Romains résolurent sa perte totale , et la troisième guerre punique fut entreprise. Le jeune Démétrius iVicator, «« 14» sorti de renfaiiec,songcnitàscrétablirsur le trêne de .ses ancêtres , et la mollesse de l’usurpateur lui faisait tout espérer. Ason nppiwhe. , Ihilas se troulila : son beau-père Philométorscdéclara contre lui, parce que «oe im Balas ne voulut pas lui laisser prendre son royaume : l’ambitieuse Cléopâtre, sa femme, le quitta pou r épouser son ennemi, et il périt enfin de la main des siens , après la perte d'une bataille. Philométor mourut peu de jours après des blessures qu’il y reçut , et la Syrie fut délivrée de-deux ennemis.
On vit tomber en ce même temps deux grandes villes. Carthage fiit prise et réduite en cendres par Scipion Émilien , qni confirma par cette victoire le nom d’Africain dans sa maison , et se montra digne héritier du grand Scipion, son aïeul. Corinthe eut la même destinée, et la république ou la ligue des Achéens périt avec elle. Le consul Mummius ruina de fond en comble cette ville, la plus voluptueuse de la Grèce et la plus ornée. Il en transporta à Rome les incomparables statues, sans en connaître le prix. Les Romains ignoraient les arts de la Grèce, et se contentaient de savoir la guerre, la politique et l’agriculture.
>,n. Afacfialr. vî,4. Joseph. lil). xxii,ca^
vn.at-f»’ . .
» Jotçph. Aul. lib. xm, cap. vi, «1. 3.
* Jbirl.
Aiu (le
SUR L’UISTOIRE UNIVERSELLE.
J Durant les troubles de Syrie , les Juifs |S l.?se fortinèrent. Jonnthas sc vit reeberclié ^ • O* des deux partis , et Nicator victorieux le traita de frère. Il en fut bientôt récom- «10 i«4 pensé. Dan.s une sédition, les Juifs accourus le tirèrent d'entre les mains des rebelles. Jonathas fut comblé d'honneurs: mais quand le roi se erut assuré, il reprit les desseins de scs ancêtres, et les Juifs furent tourmentés comme auparavant.
Les troubles de Syrie recommencèrent :
Diodote, surnommé Tryphon, éleva un fils de Halos, qu'il nomma Antiochus le Dieu, et lui servit de tuteur pendant son bas âge. L’orgueil de Démétrius souleva les peuples : toute la Syrie était en feu : •Il i«3 Jonathas sut profiter de la conjoncture , et renouiela l'alliance avec les Romains.
Tout lui succédait, quand Tryphon, jMir un manquement de parole, le lit périr avec ses enfants. Son frère Simon , le plus prudent et le plus heureux des Machahées, lui succéda; et les Romains le favorisèrent , comme ils avaient fait scs préilécesseurs. Tryphon ne fut pas moins infidèle à son pupille Antiochus , ipi'il l'avait été ii Jonathas. Il fit mourir cet enfant par le moyen des médecins, sous prétexte de le foire tailler de la pierre qu'il n'avait pas, et se rendit maître d’une partie du royaume. Simon prit le parti de Démétrius Nicator, roi légitime; et après avoir obtenu de lui la liberté de son pays, il la soutint |>ar les ormes contre le rebelle •la lia Tryphon. Les Syriens furent chassés de la citadelle qu'ils tenaient dans Jérusalem, et ensuite de toutes les places de la Judée. Ainsi les Juifs affranchis du joug des Gentils par la valeur de Simon, accordèrent les droits royaux à lui et à sa famille; et Démétrius Nicator consentit à ce nouvel établisseineut. Là commence le nouveau royaume du peuple de Dieu , et la principauté des Asmoneens , toujours jointe au souverain sacerdoce.
En ces temps , l'empircdes Parthes s'étendit sur la llactrienne et sur les Indes , par les victoires de Mithridatc, le plus vaillant des .Vrsacides. Pendant qu'il •n 141 s’avancait vers l’Euphrate, Démétrius Nicator, appelé par les peuples de cette contrée que .Mithridale venait de soumettre , espérait de réduire à l’obéissance les Parthes que les Syriens traitaient toujours de rebelles. Il remporta plusieurs
victoires ; et prêt à retourner dans la Syrie ^ 3 pour y accabler Trvphon , il tomba dans | » Lg un piège qu'un gcnérul de .Mithridate lui ' « p avait tendu : ainsi il demeura prisonnier des Parthes. Trvphon, qui sc croyait assuré par le malheur de ce prince, se vit tout d'un coup obanduuné des sieus.
Ils ne pouvaient plus souffrirson orgueil, su us Durant la prison de Démétrius, leur roi légitime. Us sc donnèrent à sa femme Cléopâtre et à scs enfants: mais il fallut chercher un défenscuràccs princes encore enbasâge. Ce soin rcgardaitnaturellement Antiochus Sidétès , frère de IKniélrius : Cléopâtre le fit reconnaître dttiis tout le royaume. Elle fit plus : Phraate, fréro et successeur de Mithridatc, traita Nicator en roi , et lui donna sa fille Rodogunc en mariage. En haine de cette rivale, Cléopâtre, à qui elle était la couronne avec son mari , épousa Antiochus .Sidétès et su résolut à régner par toutes sortes de crimes. Le nouveau roi attaqua Tryphon:
Simon se joignit à lui dans cette entre- <is iw prise; et le tyran, foroé dans toutes scs places, finit comme il le méritait. Antiochus , maître du royaume , oublia bientôt les services que Simon lui avait rendus dans celte guerre , et le fit périr. Pendant qu'il ramassait contre les Juifs toutes Ica eio lu forces de la Syrie, Jean Hyrean, fils de Simon , succéda au pontificat de son pere , et tout le peuple se soumit à lui. Il soutint le siège dates Jérusalem avec beaucoup de valeur ; et la guerre qu'Antiochus méditait contre les Parthes , pour délivrer son frère captif, lui fit accorder aux Juifs des conditions supportables.
En même temps qtie cette paix se conclut, les Romains, qui commençaient à être trop riches, trouvèrent de redoutables ennemis dons la multitude effroyable de leurs esclaves. Euniis , esclave lui-même, les souleva en Sicile; et il fallut employer à les réduire toute la puissance romaine.
Un peu après, la succession d’.àttalus, «11 lia roi de Pergamc, qui fit par son testament le peuple romain son héritier, mit la division dans la ville. Les troubles des Gracches commencèrent. Ix- séditieux tribunal de Tilwrius Gracchus, un des premiers hommes de Rome, le fit périr : tout le sénat le tua par la main de Sciplon Nasira, et ne vit que ce moyen d’cmpécher la dange-
ta
DISCOURS
J reuse distribution d'argent dont cet élo- 5 L,g quent tribun ilattiüt le peuple. Seipion > p' Kmilien rétablissait la discipline militaire ; et ce grand homme , qui avait détruit Carthage, ruina encore en Espagne Numance , la seconde terreur des Romains, ns 131 Les Partiiessc trouvèrent faibles contre Sidctès : ses troupes , quoique corrompues par un luxe prodigieux , curent un succès surprenant. Jean li yrcan , qui l’avait suivi dons cette guerre avec ses Juifs, y signala sa valeur, et lit respecter la religion Judaïque, lorsque l'amic'c s'arrêta pour lui donner le loisir de célébrer un jour de fête '. Tout cédait, et Phraate vit son empire réduit à ses anciennes limites ; mais loin de désespérer de ses affaires, il crut que son prisonnier lui servirait à les rétablir et à envahir la Syrie. Dans celte conjoncture , Démétrius éprouva un sort bizarre. lifut souvent relâché , et autant de fois retenu , suivant que l'espérance ou la crainte prévalaient dans l'esprit de son beau-père. Enfin un moment heureux , où Phraate ne vit de ressource que dans la diversion qu’il voulait faire en Syrie par son moyen , le mit tout à fait en liberté. es4 130 A ce moment , le sort tourna : Sidétès , qui ne pouvait soutenir ses effroyables dépensesque par des rapines insupportables, fut accablé tout d'un coup par un soulèvement général des peuples , et périt avec son armée tant de fois victorieuse. Ce Rit en vain que Phraate fit courir après Démétrius : il n’était plus temps ; ce prince était rentré dans son royaume. Sa femme Cléopâtre , qui ne voulait que régner, retourna bientôt avec lui , et Bodogune fut oubliée.
Hyrcan profita du temps : il prit SIchem aux Samaritains, et renversa de fond en comble le temple de Garizim, deux cents ans après qu'il avait été bâti par Sonaballat. ^ ruine n’empécha pas les Samaritains de continuer leur culte sur cette montagne; et les den.x peuples »» i» demeurèrent irréconciliables. L’année d'après, tonte l’Idumée, unie par les victoires d'Hyrcan au royaume de Judée, reçut la loi de Moïse avec la circoncision. Les Romains continuèrent leur protection ù Hyrcan, et lui firent rendre les villes que les Syriens lui avaient ôtées.
■ Mr. banUÊT. npud Jotrph. Anl. Ilb, Xlll. cio. IS, «I. a
L’orgueil et les violences de Démétrius j Nicator ne laissèrent pas la Syrie long- 1 S temps tranquille. Les peuples se révol- ' » p' terent. Pour entretenir leur révolte l’É- sis i» gypte ennemie leur donna un roi : ce fut sia i» .■tlexandreZébiua, lilsde Balas. Démétrius fut battu; et Cléopâtre, qui crut régner plus absolument sous scs enfants que sous son mari, le fit périr. Elle ne traita pas mieux son fils aîné Séleucus, qui voulait régner malgré elle. Son second fils , Antio- «3o ii« chus, appelé Grypus, avait défait les rebelles , et revenait victorieux : Cléopâtre S33 iii lui présenta en cérémonie la coupe empoisonnée , que son fils , averti de ses desseins pernicieux, lui fit avaler. Elle laissa en mourant une semence étemelle de divisions entre les enfants qu'elle avait eus des deux frères Démétrius Nicator et Antiochus Sidétès. La Syrie ainsi agitée ne fut plus en état de troubler les Juifs. Jean Hyrcan prit Samarie , et ne put convertir les Samaritains. Cinq ansaprés, il mourut: la Judée demeura paisible à ses deux su lot enfants, Aristobule et Alexandre Jannée , om loa qui régnèrent l’un après l’autre sans être incommodés des rois de Syrie.
Les Romains laissaient ce riche royaume se consumer par lui-méme, et s’étendaient du côté de l'Occident. Durant s» iis les guerres de Démétrius Nicator et de Zébina, ils commencèrent â s’étendre au delà des Alpes ; et Sextius , vainqueur des mi i» Gaulois nommés Saliens , établit dons la ville d'Aix une colonie qui porte encore son nom. Les Gaulois se défcndaientmal. aai iis Fabius dompta les Allobroges et tous les peuples voisins ; et la même année que 033 iii Grypusfit boire à sa mère le poison qu'elle lui avait préparé , la Gaule Narbonnaise, réduite en province , reçut le nom de province romaine. Ainsi l'empire romain s’agrandissait , et occupait peu à peu toutes les terres et toutes les mers du monde connu. Mais autant que la face de la république paraissait belle ou deliors par les conquêtes, autant était-elle défigurée par l'ambition désordonnée de ses citoyens et par scs guerres intestines. Les plus illustres des Romains devinrent les plus pernicieux au bien public. Ix^sdcux Graeches, en flattant le peuple, commencèrent des divisions qui ne finirent qu'avec la république. Coïus, frere de Tibérius, ne put souffrir qn’on eût fait mourir un si grand honune d'une manière si tragique. Animé
SUR L'HISTOIRE UMVERSELLE.
J à la vengeance par des mouvements qn'on I” ^.jcrut Inspirés par l'ombre de Tibérius, il ■ ^ J) arma tous les citoyens les uns contre les autres; et à la veille de tout détruire, il pi'rit d'une mort semblable à celle qu'il voulait «K 140 venger. L'argent faisait tout à Rome. Ju- »it 134 gurtha, roide.Mumidie, souillé du meurtre de scs frères , que le peuple romain protégeait, se défendit plus longtemps par 04B KM ses largesses que par scs armes; et .Marins, qui acheva de le vaincre, ne put parvenir au commandement qu'en animant le peuple contre la noblesse.
CM KM Les esclaves armèrent encore une fois dans la Sicile, et leur seconde révolte ne coûta pas moins de sang aux Romains que la première. Marins battit les Teutons , les Ombres et les autres peuples C53 un du .\ord , qui pénétraient dans les (iaules, dans l'Espagne et dans l'Italie. Les victoires qu'il en remporta furent une occasion de proposer de nouveaux para4 100 tages de terre : Métellus , qui s'y opposait, ftit contraint de céder nu temps ; et tes divisions ne furent éteintes que par le sang de Saturninus, tribun du peuple, mi 04 Pendant que Rome protégeait la Cap- «M SS padoce contre Mihridate, roi de Pont, et qu'un si grand ennemi cédait aux forces romaines, avec la Grèce qui était SM SS entrée dans ses intérêts , l'Italie , exer- 603 SI cés; aux armes par tant de guerres , soutenues ou contre les Romains, ou avec eux, mit leur empire en péril par une révolte universelle. Rome se vit déchirée dans les mêmes temps par les fusso os reurs de Marius et de Sylla , dont l'un et soi», avait fait trembler le Midi et le Nord , et l'autre était le vainqueur de la Grèce cTj os et de l'Asie. Sylla , qu'on nommait l'IIeurcu-x , le fut trop contre sa patrie, que sa dictature tyrannique mit eu servitude. Il «s 7» put bien quitter volontairement la souveraine puissance ; mais il ne put cmiiécher l'effet du mauvais exemple. Chacun voulut dominer.
fsü 74 Sertorius, zélé partisan de Marius, se cantonna dans l’fepagne et se ligua avec 6»i 73 Mithridatc. C/mtre un si gi-aud capitaine , la force fut inutile ; et Ponqiée ne put réduire ce i>ai ti qu’en y mettant la division. Il n'y eut pas jusqu'à S[iartneus, gladiateur, qui no crût [louvoir as- «83 71 pirer au commandement. Cet esclave ne fit pas moins de peine aux préteurs et aux consuls, ipic Mithridatc en faisait à
Lucullua.Ia guerredesgladiatcurs devint j
redoutahle à la puissance romaine : Crus- 1 ° L.9 sus avait peine à la finir, et il fallut en- '' ® p voyer contre eux le grand Pompée.
Lucullus prenait ledessusen Orient. Les oso «« Romains passèrent l'Euphrate : mais leur général, invincible contre l'ennemi, ne put tenir dons le devoir ses propres soldats. Mithridatc, souvent battu , sans jamais perdre courage, se relevait; et lo bonheur de Pompée semblait nécessaire à terminer cette guerre. Il venait de purger 6»i «7 les mers des pirates ipil les infestaient , depuis la Syrie jus(|u'aux Colonnesd'Hcrcuie, quand il fut envoyé contre Mithridatc. Sa gloire parut alors élevée au comble.
Il achevait de soumettre ce vaillant roi; r.àrméiiic, ou il s'etait réfugié; l'Ibéricct «» a r.àlbanie, qui le soutenaient; la Syrie, déchirée par ses factions ; la Judée , où la division (les Asmonéens ne laissa à Hyrean II, fils d’Alexandre Jannée, qu’une «9i «3 ombre de puissance, et enfin tout l’Orient : mais il n'eût pas eu où triompher de tant d’ennemis, sans le consul Cicéron, qui sauvait la ville des feux que lui préparait Catilina suivi de la plus illustre noblesse de Rome. Ce redoutable parti fut ruiné par l’éloquence de Cicéron , plutût que par les armes de C. Antonius, son collègue.
La liberté du peuple romain n’en fut pas plus assurée. Pompée régnait dans le sénat , et son grand nom le rendait maître absolu de toutes les délibérations. Jules César, en domptant les Gaules , fit à sa cm «« patrie la plus utile conquête qu'elle eût et saiv. jamais faite. Un si grand service le mit en état d'établir sa domination dans son pays.
Il voulut premièrement égaler et ensuite surpasser Pompée.
Les immenses richesses de Cras.sus lui firent croire qu'il pourrait partager lagloire de ces deux grands hommes , comme il partageait leur autorité. Il entreprit témé- 7<« «4 rairement la guerre contres les Parthes, 701 ss fune.stc à lui et à sa patrie. Les Arsocides , vainqueurs, insultèrent par de cruelles railleries à l'.ambilion des Romains, et à l'avarice insatiable de leur général. Mais la houle du nom romain ne fut pas le plus mauvais effet de la défaite de Crassus. -Sa puissance conire-balançait celledc Pompée et de (x-sar, qu’il tenait unis comme mab gi'C eux. Pur siv mort , la digue qui les re- 7u« 4s tenait fut rompue. Ix:s deiu rivaux , qui avaient en main toutes les forces de U
DISCOURS
république, décidèrent leur querelle à |S ^îPhursale pur une bataille sanglante. Cè- » P sar, victorieu.x , parut en un moment par 71» 4» tout l'univers, en Égjpte, eu Asie, en 7U7 47 Mauritanie, en Espagne : vainqueur de 708 48 tous côtiTî, il fut rccoiinu comme maitrc à 70* 40 Rome et dans tout l'empire. Brutus et
710 44 Cassius crurent affranchir leurs citoyons
en le tuant comme un tyran , malgré sa clémence.
Rome retomba entre les mains deMarc-
71 1 4s Antoine, de Eepide, et du jeune César Oc-
tavlen , petit-neveu de Jules César, et son 7IJ 47 fils par adoption , trois insupportables tyrans, dont Ictr umvirat et les proscriptions font encore horreur en les lisant. Mais elles furent trop violentes pour durer longtemps. Ces trois hommes partagent l’empire. Césargardel'ltalie; et changeant incontinent en douceur ses premières cruautés, il fait croire qu'il y a été entrainc par ses collègues. Les restes de la république périssent avec Brutus et 718 38 Cassius. AntoineetCésar,aprèsavoirruiné Lé'pide , se tournent l'un contre l'autre. 73* 43 Toute la puissance romaine se met sur la mer.
733 31 César gagne la bataille Actiaque : les
forces de l'Égv’ptc et de l’Orient, qu’Antolne menait avec lui , sont dissipées : tous
734 30 ses amis l’abandonnent , et même sa Cléo-
pâtre pour laquelle il s’était perdu. Hérode Iduméen, ipii lui devait tout, est contraint de se donner nu vainqueur, et se maintient par ce moyen dans la possession du royaume de Judée, que la faiblesse du vieux Hyrcan avait fait [lerdre entièrement aux Asraonéens. Tout cède à la fortune de César ; Alexandrie lui ouvre ses portes : l’Égypte devient une province romaine. Cléopâtre , qui désespère de. la pouvoir conserver, se tue elle-mémcaprès T37 37 Antoine. Rome tend les bras à César, qui demeure, sous le nom d'Auguste et sous le titre d'empereur, seul maitrc de tout l’empire. Il dompte, vers les l’yri-nécs, les
730 31 Cantnbrcs et les Asturiens révoltés ; l'É- 733 33 thiopic lui demande la paix ; les Parthes ,
731 30 épouvantés, lui renvoient les étendards
pris sur Crassus , avec tous les prisonniers romains; lesindes recherchent son alliance; ses armes se font sentir aux Rhètes 73* 18 ou Grisons, ipic leurs montagnes ne |>eu- 743 13 vent défendre; la Pannonie le reconnaît; 747 7 la Germanie le redoute, et le Véser reçoit ses lois. Victorieux pur mer et parterre, il
ferme le temple de Janus. Tout l'univers Am vit en paix sous sa puissance, et Jésus- d« i.c. Clirist vient au monde. tss 784