XVII, XVIII
> £nc/. Ibld. cap. XXIV
SIU L'HISTOIRE UMVERSEU.E.
Au pK>pare à la guerre de tous cdtés. Le cédi' J. c sar Sévère, que Calcrius envoya contre Maxcnec, le lit trembler dans Home Pour se donner de l'appui dans sa frayeur, il rappela son père Maximicn. vieillard ambitieux qintta sa retraite , où il n’était qu’à regret , et tâclia eu vain de retirer Dioclétien, son collègue, du jardin qu’il cultivait à Salone. Au nom de Maximien, empereur pour la seconde fois, les soldats de Sévère le quittent. Le vieil empereur le fait tuer ; et en même temps , pour s’appuyer contre Galérius, il donne A Constantin sa fille Fauste. Il fallait aussi de l'appui à Galérius après la mort de Sévère; c'est ce qui le fit résoudre A nommer Licinius empereur ’ : mais ce choix piqua Maximin, qui, en qualité de césar, se croyait plus proche du suprême honneur. Rien ne put loi persuader de se soumettre à Ucinios ; et il se rendit indépendant dans l'Orient. Il ne restait presque A Galérius que rillyrie, où II s’était retiré après avoir été chassé d’Italie.
Le reste de l’Occident obéissait à Maximien , A son fils Maxcnec , et A son gendre Constantin. Mais il ne voulait non plus , pour compagnons de l’empire , ses enfantsquelcsétrangers.lltAchadechas- !
ser de Rome son fils Maxence, qui le chassa lui-même. Constantin , qui le re- : ^t dans les Gaules, ne le trouva )>as moins ! perfide. Après divers attentats, Maxirairn | fit nu dernier complot , où il crut avoir I engagé sa fille Fauste contre son mari. | Elle le trom|«ilt ; et Maximien , qui pen- | sait avoir tué Constantin en tuant l'eunuque qu’on avait mis dans son lit, fut contraint de se donner la mort A lui-même.
Une nou velle guerre s’allume ; et Maxcnce, sous prétexte de venger son père, se dé- Sli clarc contre Constantin, qui marche à Rome avec ses troupes L En même temps, il fait renverser les statues de Maximien : cellesde Dioclétien , qui y étaient jointes , eurent le même sort. Le repos de Dioclétien fut troublé de ce mépris ; et il inourat quelque temps après, autant de chagrin que de vieillesse.
En ces temps, Rome, toujours ennemie du christianisme , fit un dernier ef-
* fbfit. cnp. xxn, XXTII.
* W. ibid. cap. xxvm, xxvix, xvx, xxxi,
» id. ibid cap. xca, xuii.
fort pour l'cteindrc, et acheva de l'cta- Ai» blir. Galérius, marqué par les historiens de J. c. comme l'auteur de la dernière persécution ', deux ans devant qu'il eut obligé Dioclétien à quitter l'empire , le contraignit A faire ce sanglant édit qui ordon- sot nait de persécuter les chrétiens plus violemment que jamais. Maximicn, qui les haïs.sait , et n'avait jamais cassé de les tourmenter, animait les magistrats et les bourreaux : mais sa violence, quelque extrême qu’elle fut, n'égalait point celle de Maximin et de Galérius. On Inventait tous les jours de nouveaux supplices. La pudeur des vierges ebreticnnes n’était pas moins attaquée que leur foi. On recherchait les livres sacrés avec des soins extraordinaires , pour en abolir la mémoire ; et les clirétiens n’osaient lès avoir dans leurs maisons, ni presque hs lire. Ainsi, après trois cents ans de persécution , la haine des pcrsécuteucsdevroait plusêpre.
Les chrétiens les lassèrent par leur po- Uence. Les peuples , touchés de leur sainte vie, se convertissaient en foule. Galérius désespéra de les pouvoir vaincre. Frappé d'une maladie extraordinaire , il révoqua si i ses édits , et mourut de la mort d'Autiochus, aveo une aussi fausse lainitence.
Maximin continua la persécution. Mais su Constantin le Grand, prince sage et victorieux , embrassa publiquement le christianisme.
OXXIÈME lïPOQOE.
Conslanfin, ou la paix de Vtgtiie.
Cette célèbre déclaration de Constantin arriva l’on 312 de Notre-Seigneur.
i Pendant qu'il assiégeait Maxcnce dans I Rome, une croix lumineuse lui parut en I l’air devant tout le monde, avec une inscription qui lui promettait la victoire : ,
la même chose lui est confirmée dans un songe. 1.6 lendemain , il gagna cette célèbre bataille qui défit Rome d'un tyran , et l'Église, d'un persécuteur. Lacroix fut étalée comme la défense du peuple romain et de tout l'empire. Cn peu après , Moxi- six min fut vaincu par Licinius qui était d’accord avec Constantin, et il fit une fin semblable A celle de Galérius. lat paix fut donnée A l'Église. Constantin la combla d'honneurs. I.a victoire le suivit partout ,
* Euub. HUt rccl. Hb. tiii , CAp. xvr. vlla Otêi^lonl. Hb. I. f.ip. Lvii. Lan. iWtl. cap. 1% rt
DISCOURS
t. AU et les barbares farent réprimés, tant par lui d< ]. c. que par ses enfants. Cependant Licinius se brouille avec lui , et renouvelle la persés<6 cution. Battu par mer et par terre , il est contraint de quitter l'empire , et enfln de perdre la vie.
tas En ce temps, Constantin assemble à Nicée, en Bithynie, le premier concile général , où trois cent dix-huit évéques , qui représentaient tonte l'Église, condamnèrent le prêtre Arlus, ennemi de la divinité du Fils de Dieu , et dressèrent le symbole où la consnbstantialité do Père et du Fils est établie. Les prêtres de l'Église romaine , envoyés par le pape saint Sllvestre, précédèrent tous les évéques dans cette assemblée ; et un ancien auteur grec' compte parmi les légats du salntsiége le célèbre Osins, évéque de Cordoue, qn) présida an concile. Constantin y prit sa séance, et en reçut les décisions comme un oracle du del. Les ariens cachèrent leurs erreurs , et rentrèrent dans ses bonnes grdees en dissimulant.
SM Pendant que sa valeur maintenait l'empire dans une souveraine tranquillité, le|repos de sa tamiile (ut troublé par les artifices de Faoste sa femme. Crispe , fils de Constantin , mais d'un autre mariage , accusé par cette marétre de l'avoir voulu corrompre, trouva son père Inflexible.
Sa mort fût bientét vengée. Faoste , convaincue , fut suffoquée dans le bain. Mais Constantin, déshonoré par la malice de sa femme , reçut en même temps beaucoup d'honneur par la piété de sa mère. Elle découvrit , dans les ruines de l'ancienne Jérusalem, la vraie croix, féconde en miracles. Le saint sépulcre fut aussi trouvé. La nouvelle ville de Jérusalem , qu' Adrien avait fait bitir; la grotte où était né le Sauveur du monde, et txms les saints lieux , furent ornés de temples superbes SW par Hélène et par Constantin. Quatre ans après, l'empereur rebâtit Byzance , qu'il appela Constantinople , et en fit le second siège de l'empire.
L'Église, ^sible sous Constantin, fut SW cruellement affligée en Perse. Une infinité de martyrs signalèrent leur foi. L'empereur tâcha en vain d'apaiser Sapor , et de l'attirer au christianisme. La protection de Constantin ne donna aux chrétiens persécutés qu'une favorable retraite. Ce
■ Gfl. CaHc. aiit. Cooc. Nie. Ub. II , cap. VI , XXTIl. Cote. Lahk. t. U, col. ICS, S37.
prince, béni de toute l'Église, moumt An plein de Joie et d'espérance, après avolrâe l. c. partagé l'empire entre ses trois fils. Cons- s» tantin , Constance et Constant. Leur concordefutbientâttroublée.Constantinpérit su dans la guerre qu'il eut avec son frère Constant pour les limites de leur empire. Constance et Constant ne furent guère plus unis. Constant soutint la fol de Mcée que Constance combattait. Alors l'Église admira les longues souffrances de saint Athanase , patriarche d'Alexandrie et défenseurdu concile de ISicée. Chassé de son siège par Constance , il fut rétabli canoniquement par le pape saint Jules I, dont Ornstant appuya le décret '.Ce bon prince S4i ne dura guère. Le tyan Magnence le tua sur par trahison : mais tât après , vaincu par wi Constance, il se tua lui-méme.
Dans la bataille où ses affaires furent »s minées , Valens , évéi(oe arien , secrètement averti par ses amis, assura Constance que l'armée du tyran était en fuite , et fit croire au faible empereur qu'il le savait par révélation. Sur cette fausse révélation , Constance se livre aux ariens.
Les évéques orthodoxes sont chassés de leurs sièges : toute l'Église est remplie de confusion et de trouble ; la constance du pape libère cède aux ennuis de l'exil : les tourments font succomber le vieil Osios , autrefeds le soutien de l'Église. Le ur concile de Rimini , si ferme d'abord , fléchit â la fin par surprise et par violence ; su rien ite se fait dans les formes ; l'autorité de l'empereur est la seule loi; mais les ariens, qui font tout par lâ, ne peuvent s'accorder entre eux , et changent tous les jours leursymbole:lafol de Nicée subsiste; saint Athanase, et saint Hilaire, évéque de Poitiers, scs principaux défenseurs, se rendent célèbres par toute la terre.
Pendant que l'empereur Constance, occupé des affaires de l'arianisme , faisait négligemment celles de l'empire, les Perses remportèrent de grands avautages.
Les Allemands et les Francs tentèrent de is7- sia toutes parts l'entrée des Gaules : Julien, parent de l'empereur, les arrêta et les battit. L'empereur lui-méme défit les Sarmates , et marcha contre les Perses. LA wi parait la révolte de Julien contre l'empereur, son apostasie, la mort de Constance , le règne de Julien , son gouverne-
I SofT. Hisl eccl. Ub. U, cap. xr. Soxom. Ub, m, cap. Tiii.
Digitizea by Ginylc
SUR L’HISTOIRE UNIVERSELLE
Km ment équitable , et le nouveau genre de de J. c. persécution qu’il lit souffrir à l’Eglise. Il en entretint les divisions : il exclut les chrétiens non-seulement des honneurs, mois des études ; et en imitant la sainte discipline de l’Église, il crut tourner contre elle ses propres armes. Les supplices furent ménagés , et ordonnés éous d'autres prétextes que celui de la religion. Les chrétiens demeurèrent fidèles à leur empereur : mais la gloire, qu’il cherchait ses trop , le fit périr ; il fiit tué dans la Perse, où i I s’était engagé témérairement. Jov ien , son successeur , zélé chrétien , trouva les affaires désespérées , et ne vécut que pour conclure une paix honteuse.
M4 Après lui , Valentinien fit la guerre en grand capitaine : il y mena son fils Gro- «w.3«7, tien dès sa première jeunesse, maintint ^ la discipline militaire , battit les barbares, fortifia les frontières de l’empire, et . protégea en Occident la foi de NIcée. Va- Icns, son frère, qu’il fit son collègue, la persécutait en Orient ; et ne pouvant gagner ni abattre saint Basile et saint GrégoiredeNazianze, il désespérait de la pouvoir vaincre. Quelques ariens joignirent de nouvelles erreurs aux anciens dogmes de la secte. Aërius , prêtre arien , est noté dans les écrits des saints Pères , comme l’auteur d’une nouvelle hérésie ' , pour avoir égalé la prêtrise à l’épiscopat, et avoir jugé inutiles les prières et les oblations que toute l’Église faisait pour les morts. Une troisième erreur de cet hérésiarque , était de compter parmi les servitudes de la loi , l’observance de certains jeûnes marqué , et de vouloir que le jeûne fût toujours libre. Il vivait encore, quand saint Épiphane se rendit célèbre par son Histoire des hérésies , où il est réfùté avec tous les autres. Saint Martin fut fait évêm que de Tours , et remplit tout l’univers du bruit de sa sainteté et de ses miracles, durant sa vie et après sa mort. Valentinien mourut après un discours violent qu’il fit aux ennemis de l’empire; son Impétueuse colère , qui le faisait redouter des autres , lui fut fatale à lui-même. Son successeurGratien vit sansenvie l’élévation de son jeune frère Valentinien II , qu’on fit empereur, encore qu’il n’eût que neuf ans. Sa mère Justine, protectrice des ariens , gouverna durant son bas âge.
' Spiph. m>. m , fuer. LXXV, L l, p. 90fl. ^ug. h<er. UU, t. vui, col. 18.
On voit Ici en peu d’années de merveil- Ans leux événements : la révolte des Gotlis <t« J- C. contre Valens : ce prince quitter les Perses pour réprimer les rebelles : Gratlen vn accourir à lui après avoir remporté une «78 victoire signalée sur les Allemands. Valens, qui veut vaincre seul, précipite le cornet, où il est tué auprès d’Andrinople ; les Gotbs victorieux le brûlent dans un village où il s’était retiré. Graticn , m accablé d’affaires, associe à l’empire le grand Théodose, et lui laisse l’Orient. Les Goths sont vaincus : tous les barbares sont tenus en crainte ; et ce que Théodose n’estimait pas moins , les hérétiques macédoniens, qui niaient la divinité du Saint-Esprit , sont condamnés au concile ni de Constantinople. Il ne s’y trouva que l’Église grecque : le consentement de tout l’Occident, et du pape saint Damase , le fit appeler second concile général
Pendant que Théodose gouvernait avec tant de force et tant de succès , Gratlen , qui n’était pas moins vaillant ni moins pieux , abandonné de ses troupes , toutes n* composées d’étra^ers, fut immolé au tyran Maxime. L’Église et l’empire pleurent ce bon prince. Le tyran régna dans ase, m7 les Gaules, et sembla se contenter de ce partage. L’impératrice Justine publia, sous le nom de son fils , des édits en faveur de l’arianisme. Saint Ambroise, évêque de Milan , ne lui opposa que la saine doctrine, les prières et la patience; et sut par de telles armes , non-seulement conserver à l’Église les basiliques que les hérétiques voulaient occuper, mais encore loi gagner le jeune empereur. Cependant Maxime remue; et Justine ne trouve rien de plus fidèle que le saint évêque qu’elle traitait de rebelle. Elle l’envoie au tyran , que ses discours ne peuvent flé- <^ir. Le jeune Valentinien est contraint de prendre la fuite avec sa mère. Maxime se rend maître à Rome , où il rétablit les sacrifices des faux dieux, pm* complaisance pour le sénat presque encore tout las païen. Après qu’il eut occupé tout l’Occident, et dans le temps qu’il se croyait le plus paisible. Théodose, assisté des Francs, le défit dans la Pannonie, l’assiégea dans Aquilée , et le laissa tuer par ses soldats.
Maître absolu des deux empires, il rendit celui d’Occident à Valentinien, qui ne le garda pas longtemps. Ce jeune
DISCOURS
Ans prince elevn et abaissa trop Arbogaste, <leJ C. un capitaine des Francs, vaillant, désintéressé, mais capable de maintenir par toute sorte de crimes te pouvoir qu'il s'étoit acquis sur les troupes. Il éleva le m t)Tan Eugène , qui ne sav oit que discourir, et tua Valentinien, qui ne voulait plus avoir pour maître le superbe Franc. Ce co\ip détestable fut fait dans les Gaules auprès de Vienne. Saint Ambroise, que le jeune empereur avait mondé pour recevoir de lui le bajitème, déplora sa perte , et espéra bien de sou salut. Sa mort ne demeura pas impunie. Un miracle visible donna la victoire à Théodose sur Eugène, et sur les faiLX dieu.x dont ce JM tyran avait rétabli le culte. Eugène fut pris : il fallut le sacrifier & la vengeance publique, et abattre la rébellion par sa mort. Le fier Arbogaste se tua iui-méme , plutôt que d’avoir recours à la clémence du vainqueur, que tout le reste des rebelles venait d'éprouver.
Tbéodose , seul empereur, fut la joie et l'admiration de tout l’univers. Il appuya la religion : il fit taire les hérétiques : il abolit les sacrifices impurs des païens : il corrigea la mollesse, et réprima les désn> penses superflues. Il avoua humblement ses fautes, et il en fit pénitence. Il écouta saint Ambroise, célèbre docteur de l'Église , qui le reprenait de sa colère , seul vice d'un si grand prince, Toujours victorieux , jamais il ne fit la guerre que par r» nécessité. Il rendit les peuples heureux, et mourut en paix, plus illustre par sa foi que par ses victoires.
SM.3S7 De son temps, saint JérAme, prêtre, retiré dans la sainte grotte do Bethléem , entreprit des travaux immenses pour e.xpliquer l'Ecriture, en lut tous les interprètes , déterra toutes les histoires saintes et profanes qui la peuvent éclaircir, et composa, sur l'original hébreu, la version de la Bible que toute l'Église a reçue sous le nom de Vulgate.
L'empire, qui paraissait invincible sous Théodose , changea tout à coup sous scs deux fils. Arcade eut l'Orient , et llonorius, l'Occident : tous deux, gouvernés par leurs ministres, ils firent servir leur puisr^s sauce à des intérêts particuliers. Bufin J.» et Eutrope , successivement favoris d'.Arcade, et aussi méchants l'un que l'autre, périrent bientôt; et les affaiies n’en allèrent pas mieux sous un prince faible
. Sa femme Eudoxe lui fit persécuter saint Am Jean Glirysostômc, patriarche de Cons- de i. c.
’ tnntinople, et la lumière de l'Orient. I.e toji «is 1 pape saint Innocent, et tout l'Occident, soutinrent ce grand évêque contre Théophile, patriarciie d'.AIe.xandrie, ministre des violences de l'impératrice. L'Occident tMei était troublé ■ptu' l’inondation des barba- «ulv. res. Radagaisc, Goth et païen, ravagea l'Italie. Les Vandales, nation gothique et arienne, occupèrent une partie de la Gaule et se répandirent dans l’Espagne. .Alaric, roi des Visigoths, peuples ariens , contraignit Honorius à lui tibandonucr ces grandes provinces déjà occultées par les Vandales. Stilicon, embarnissé de tant de barbares, les bat, les méntige, s’entend et rompt avec eux, sacrifie tout à son intérêt, et conserve néanmoins l'empire qu'il avait dessein d'usurper.
Cependant Arcade mourut , et crut l’O- *o» rient si dépourvu de bons sujets, qu'il mit son fils Tbéodose, dgé de liuil uns, sous la tutelle d'Isdegcide , roi de l’crse.
.Mais Pulehérie, SŒUr du jeune empereur, se trouva capable des grandes affaires.
L'empire de Tbéodose se soutint par la prudence et par la piété de cette princesse.
Celui d'Honorius semblait proche de sa rubie. Il fit mourir Stilicon , et ne sut pas remplir la place d'un si habile ministre.
La révolte de Constantin , la perte entière «as de la Gaule et de l'Espagne , la prise et le sac de Rome , par les armes d'Alaric et des Visigoths, furent la suite de la mort 4ie de Stilicon. Ataulpbe , plus furieux qu'.Aloric, pilla Rome de nouveau, et il ne songeait qu’à abolir le nom romain ; mais, pour le bonheur de l’Empire , il prit l’Iacidie, sœur de l'empereur. Cette princesse captive, qu’il épousa, l'adoucit. Les Goths tis traitèrent avec les Romains, et s'établi- vu. «n rent en Espagne, en se réservant dans les Gaules les provinces qui tiraient vers les Pyrénées. Leur roi \ allia conduisit sagement ces grands desseins. L'Espagne montra sa constance ; et sa foi ne s'altéra pas sous b domination de ces ariens.
Cciiendant les Bourguignons , peuples gennains, occupèrent le voisinage du Rhin, d'où peu à peu ils gagnèrent le pays qui porte encore leur nom. Les Francs ne s'oublièrent pas ; résolus de faire de ' nouveaux efforts poors'ouvrirlesGauie*,
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SUR L’HISTOIRE UNIVERSELLE
Ans ils élevèrent à la royauté Pharamond , fils de J. c. de Marcomir ; et la monarchie de France,
420 la plus ancienne et la plus noble de toutes celles qui sont au inonde , commença sous lui.
423 Le malheureux Honorius mounit sans enfants, et sans pourvoir à l’Empire.
424 Théodose nomma empereur son cousin Valentinien III, fils de Placidie et de Ginstance, son second mari , et le mit durantsunbas ége sous la tutelle de sa mère,
* à qui il donna le titre d’impératrice.
411, 413 En ces temps, Célestius et Pélage nièrent le péché originel , et la grtlce par la-
410 quelle nous sommes chrétiens. Malgré leurs dissimulations, les conciles d’À-
417 frique les condamnèrent. Les papes saint Innocent et saint Zozime, que le pape saint Célestin suivit depuis, autorisèrent la condamnation , et l’étendirent par tout l’univers. Saint Augustin confondit ces dangereux hérétiques, et éclaira toute l’Église par ses admirables écrits. Le même Père , secondé de saint Prosper, son disciple, (ferma la bouche auxderai-pélagiens, qui attribuaient le commencement do la justification et de la foi aux seules forces du libre arbitre.
Un siècle si malheureux à l’empire , et où il s’éleva tant d’hérésies, ne laissa pas d’être heureux au christianisme. Nul trouble ne l’ébranla , nulle hérésie ne le cor- ' rompit. L’Église , féconde en grands hommes , confondit toutes les erreurs. Après les persécutions. Dieu se plut à faire éclater la gloire do scs martyrs : toutes les histoires et tous les écrits sont pleins des miracles que leur secours imploré, et leurs tombeaux honorés opéraient par toute la ^ terre •. Vigilance, qui s’opposait à des sentiments si reçus, réfuté par saint Jérôme, demeura sans suite. La fol chrétienne s’affermissait, et s’étendait tous les jours.
427 Mais l’empire d’Occident n’en pouvait plus. Attaqué par tant d’ennemis , il fut encore affaibli par les jalousies de ses généraux. Par les artifices d’Aétius , Boniface, comte d’Afrique, devint suspect à Placidie. Le comte maltraité fit venir d’Espagne Genséric et les Vandales, que les Goths en chassaient, et se repentit trop tard de les avoir appelés. L’Afrique fût ôtée à l'Empire.
• Hier. conl. Vlgil. t. iv , part, il , col. 282 et seqq. Ctnnad. de Script, eccl.
L’Église souffrit des maux infinis parla am violence de ces ariens , et vit couronner de J. C. une 'infinité de martyrs. Deux furieuses hérésies s’élevèrent ; Nestorius, patriarche 4» de Constantinople, divisa la itorsonnc de Jésus-Christ; et vingt ansaprès, Eutychès, abbé, en confondit les deux natures.
Saint CjTille, patriarche d’Alexandrie, uo s’opposa à Nestorius , qui fut condamné par le pape saint Célestin. Le concile d’Éphèse , troisième général , en exécution de isi cette sentence , déposa Nestorius , et confirma le décret de saint Célestin , que les évêques du concile appellent leur père , dans leur définition '. La sainte Vierge fut reconnue pour mère de Dieu , et la doctrine de saint Cyrille fut célébrée par toute la terre. Théodosc , après quehiue eral)arras, sc soumit au concile, et bannit Nestorius. Sutychès, qui ne put combattre 44s cette hérésie , qu’en sc jetant dans un autre excès, ne fut pas moins fortement rejeté. Le pape saint Léon le Grand le condamna, et le réfuta tout ensemble, par une lettre qui fut révérée dans tout l’univers.
Le concile de Chalcédoine, quatrième 4&t général , où ce grand pape tenait la première place , autant par sa doctrine que par l’autorité de son si^e , anathématisa Eutychès et Dioscore, patriarche d’Alexandrie, son protecteur. La lettre du concile à saint Léon fait voir que ce pape y présidait par ses légats , comme le chef à ses membres *. L’empereur Marcicn assista lui-même h cette grande assemblée , à l'exemple de Constantin , et en reçut les décisions avec le même respect. Un peu auparavant, Pulchérie l’avait élevé à l’empire en l’épousant. Elle fut reconnue pour impératrice aprf» la mort de son frère, qui n’avait point laissé de fils. Mois il fallait donner un maître à l’empire : la vertu de Marcien lui procura cet honneur. Durant le temps de ces deux conciles , Théodoret , évé^e de Cyr, se rendit célèbre ; et sa doctrine serait sans tache, si les écrits violents qu’il publia contre saint Cyrille n’avaient eu besoin de trop grands éclaircissements. Il les donna de bonne foi, et fut eompté parmi les évêques orthodoxes.
Les Gaules commençaient à reconnol-
' Pari. Il Conc. Eph. act. i. Scnl. drpos. Nwlor. t. III. Cône. Labb. ool. 533.
* Relat. S. Syn. Clialc. ad Uoti, Couc. part, iii , L iv col. 837.
ISS
DISCOURS
Am tre les Francs. AéUus les avait défendus de !■ C. contre Pharamond et contre Clodion le Chevelu : mais Mérovée fut plus heureux, et y fit un plus solide établissement, à peu prés dans le même temps que les Anglais, peuples saxons, occupèrent la Grande-Bretagne. Ils lui donnèrent leur nom , et y fondèrent plusieurs royaumes.
Cependant les Huns , peuples des Palus Méntides, désolèrent tout l'univers avec une armée immense , sous la conduite d’Attila, leur roi , le plus affreux de tous Iis hommes. Aétius, qui le défit dans les Gaules , ne put l'cmpécher de ravager 46s l'Italie. Les Iles de la mer Adriatique servirent de retraile à plusieurs contre sa fureur. Venise s'éleva au milieu des eaux. Le pape saint Léon , plus puissant qu'Aétius , et que les armées romaines , sc lit respecter par ce roi barbare et païen, et sauva Rome du pillage : mois elle y fut exposée bientèt après, par les débauches 4M, 4M de son empereur Valentinien. Maxime, dont il avait violé la femme , trouva le moyen de le perdre , en dissimulant sa douleur, et se faisant un mérite de sa complaisance. Par scsconseils trompeurs, l'aveugle empereur fit mourir Aétius , le seul rempart de l'empire. Maxime , auteur du meurtre, en Inspire la vengeance aux amis d' Aétius, et fait tuer l’empereur. Il monte sur le trdne par ces degrés , et contraint l’impératrice Eudoxe, fille de Tbéodose le Jeune , à l’épouser. Pour se tirer de ses mains , elle ne craignit point de se mettre en celles de Genséric. Rome est en proie au barbare : le seul saint Léon l'empéche d’y mettre tout & feu et A sang ; le peuple déchire Maxime , et ne reçoit dans ses maux que cette triste consolation.
Tout se brouille en Occident : on y voit plusieurs empereurs s’élever, et tomber
444 presque en même temps. Mqjorien fut le plus illustre. Avitus soutint mal sa répu-
447 talion , et se sauva par un évêché. Ün ne put plus défendre les Gaules contre Mérovée , ni contre Childéric , son flis : mais le dernier pensa périr par ses débauches.
445 Si ses sujets le chassèrent , un fidèle ami 444 qui lui resta le fit rappeler. Sa valeur le
fit craindre de ses ennemis , et ses conquêtes s’étendirent bien avant dons les Gaules. L'empire d’Oriont était paisible sous 474 Léon Thracietf, successeur de Marcien , 474 et sous Zenon , gendre et successeur de
Léon. La révolte de Basilisque bientdt Km opprimé necausa qu’une courte inquiétude del. a à cet empereur; mais l’empire d’OccI- vm dent périt sans ressource. Auguste , qu’on nomme Augustule, fils d’Oreste, fut le dernier empereur reconnu à Rome ; et incontinent après, il fut dépossédé par Odoacre , roi des Hérules. C’étaient des peuples venus du Pont-Euxin , dont la domination ne fut pas longue.
En Orient l’empereur Zénon entreprit de se signaler d’une naanière inouïe. Il fut le premier des empereurs qui se mêla de régler les questions de la foi. Pendant que les demi-eutychiens s’opposaient au con- 4sa die de Chalcédoine, U publia contre le concile son Hénotique , c’est-à-dire , son décret d’union , détesté par les catholiques , et condamné par le pape Félix III. 4sa Les Hérules furent bientôt chassés de 4h>, 4ti Rome par Tbéodoric , roi des Ostrogoths , c’est-à-dire , Goths orientaux , qui fonda le royaume d’Italie, et laissa, quoique arien , un assez libre exercice à la religion catholique. L’empereur Anastasc. la troublait en Orient. Il marcha sur les pas de 4M Zénon son prédécesseur, et appuya les 4M hérétiques. Par là il aliéna les esprits des peuples, et no put Jamais les gagner, même en étant des impéts fâcheux. L’Italie obéissait à Tbéodoric. Odoacre, pressé dans Ravenne, tâcha de sc sauver par un traité que Tbéodoric n’observa pas ; et les Hérules furent contraints de tout abandonner. Tbéodoric , outre l’Italie , tenait 4M encore la Provence. De son temps , saint Benoit , retiré en Italie dans un désert , commençait dès ses plus tendres années à pratiquer les saintes maximes, dont il composa depuis cette belle règle que tous les moines d’Occident reçurent avec le même respect que les moines d’Orientont pour celle de saint Basile.
Les Romains achevèrent de perdre les Gaules par les victoires de Clovis , fils de Childéric. 1 1 gagnaaussi sur les Allemands 4M la bataille de Tolbiac , par ie vœu qu’il fit d’embrasser la religion chrétienne , à laquelle Clotilde, sa femme, ne cessait de le porter. Elle était de la maison des rois de Bourgogne , et catholique zélée , encore que sa famille et sa nation fAt arieune.
Clovis , instruit par saint Vaast , fut baptisé à Reims , avec ses Français , par saint Remi , évêque de cette ancienne métrer pôle. Seul de tous les princes du monde,
SUR LUISTOIUE UNIVERSELLE.
An> il sontint la fol catholique , et mérita le de I. c. titre de très-chrétien à ses successeurs. SOS Par la bataille où il tua de sa propre main SC7 Alaric, roi des Visigoths, Tolose ' et l'Aquitaine furent jointes à son royaume.
608 Mais laTictoire des Ostroguths l’empéchu 610 de tout prendre jusqu'aux Pyrénées, et la fln de son règne ternit la gloire des eommencements. Ses quatre enfants partagèrent le royaume , et ne cessèrent d'entreprendre les uns sur les autres. Anastase mourut frappé du foudre.
6IS Justin , de bosse naissance , mais habile
et trèeeatholique , fut fait empereur par le sénat. Il se soumit avec tout son peuple aux décrets du pape saint Hormisdas , et 6M mit fin aux troubles de l'Église d'Orient. De son temps Oocee , homme célèbre par sa doctrine aussi bien que par sa naissance, et Symmaque , son beau-père , tous deux élevés aux charges les plus éminentes , (ùrent immolés aux jalousies de Théodoric , qui les soupçonna sans sujet de conspirer contre l'État. Le roi , troublé de son crime, crut voir la tète de Symmaque dans un plat qu'on lui servait , et mourut quelque tempsaprès. Amalosonte, sa fille, et mère d'Atalaric, qui devenait roi par la mort de son aïeul , est empêchée par les Goths de faire instruire le jeune prince comme méritait sa naissance; et, cotttrainte de l'abandonner aux gens de son Age , elle voit qu’il se perd sons pouvoir y apporter de remède.
sn L'année d’après, Justin mourut , après avoir associé A l’empire son neveu Justinien , dont le long règne est célèbre par les travaux de Tribonicn , compilateur du droit romain , et par les exploits de Bélisaire et de l’eunuque Narsès. Ces deux fameux capitaines réprimèrent les Perses , défirent les Ostrogoths et les Vandales, 6», 6S0 rendirent à leur maître l’Afrique , l’Italie 633.6S4 et Rome : mais l’empereur, jaloux de leur 6U,6S3 gloire, sans vouloir prendre part à leurs travaux, les embarrassait toujours plus qu'il ne leur donnait d’assistance.
Le royaume de France s’augmentait.
S3S Après une longue guerre, Childebert et Qotaire , enfants de Clovis, conquirent le i royaume de Bourgogne, et en même temps immolèrent à leur ambition les enfants mineurs de leur frère Clodomir, dont ils partagèrent entre eux le royaume. Quel-
■ Aaiuardliiil Tooloiue. {Uil. Se r'meUta.)
que temps après, et pendant que Bélisaire Ans attaquait si vivement les Ostrogoths, ce deJ. c. qu’ils avaient dans les Gaules fut abandonné aux Français. La France s’étendait alors beaucoup au delA du Rhin ; mais les partages des princes, qui faisaient autant de royaumes , l’empécbaient d’étre réunie sous une même domination. Ses principales parties furent laKeustrie,c’est- Adlre, ta France occidentale ; et l’Austrasie , c’est-à-dire , la France orientale.
La même année que Rome fut reprise 66S par Narsès , Justinien fit tenir à Constantinople le cinquième concile général , qui confirma les précédents, et condmnna quelques écrits favorables à Nestorius.
C'est ce qu’on appelait les Trois Chapitres , à cause des trois auteurs , déjà morts il y avait longtemps, dont il s’agissait alors. On condamna la mémoire et les écrits de Théodore, évêque de Mopsueste ; une lettre d’ibas, évêque d’Édesse; et parmi les écrits de Théodore! , ceux qu’il avait composés contre saint Cyrille. Les livres d’Origène , qui troublaient tout l’Orient depuis un siècle , furent aussi réprouvés. Ce concile , commencé avec de mauvais desseins , eut une heureuse conclusion , et fut reçu du saint-siège qui s’y était opposé d’abord.
Deux ans après le concile , Narsès , qui 66s avait été l'Italie aux Goths, la défeudit contre les Français, et remporta une pleine victoire sur Bucclin , général des troupes d’Austrasio. Malgré tous ces avantages , l’Italie ne demeura guère aux empereurs.
Sous Justin II, neveu de Justinien, et sas après la mort de Narsès , le royaume de Lombardie fut fondé par Alboln. Il prit Milan et Pavie : Rome et Ravenne se sau- 6to.67i vèrent à peine de ses mains ; et les I.ombards firent souffrir aux Romains des maux extrêmes. Rome fut mal secourue sri par ses empereurs, que les Avares, nation scythique; les Sarrasins, peuples d’Arabie, et les Perses, plus que tous les autres, tourmentaient de tous cdtés en Orient. Justin, qui iKS croyait que luimême et ses passions , fut toujours battu { par les Perses , et par leur roi Cbasroès. il se troubla de tant de pertes, Jusiiu’à tomber en frénésie. Sa femme Sophie soutint l’emt>ire. Le malheureux prince revint trop tard à son bon sens , et reconnut en mourant la malice de ses flatteurs, sts Ax>rès lui , Tibère II , qu’il avait noiumé 6w
DISCOURS
Au empereur, réprima les ennemis, soula- <la I. c. gea les peuples, et s’enricliit par ses aumOnes. Les victoires de Maurice, Cnppadocien, générai de ses armées, firent ssi mourir de dépit le superte Chosroés. KIIcs us fiirent récompensées de l'empire , que Tibère lui donna en mourant avec sa fille Constantine.
En ce temps, l'ambitieuse Frédégondc, femme du roi Chilpéric I , mettait toute la France en combustion , et ne cessait d’cxcitcrdcs guerres cruelles entre les rois fhmçnis.
Au milieu des malheurs de l'Italie , et pendant que Rome était affligée d'une m peste épouvantable, saint Grégoire le Grand fut élevé malgré lui sur le siège do saint Pierre. Cegrand paiieaiKilse la peste par ses prières ; instruit les empereurs , et tout ensemble leur fait rendre l'obéissance qui leur est due ; console l’Afrique et la fortifie ; confirme en Espagne les Visigolhs convertis de l'arianisme , et Recarède le Catholique, qui venait de rentrer nu sein de l’Église ; convertit l’.Angleterre, réforme In discipline dans laFrance, dont il exalte les rois, toujours orthodoxes, au-dessus de tous les rois de In terre; fléchit les Lombards ; sauve Rome et l’Italie , que les empereurs ne pouvaient aider; réprime l’orgueil naissant des patriarches de Constantinople ; éclaire toute l’Église par sa doctrine ; gouverne l'Orient et l’Occident avec autant de vigueur que d’humilité , et donne au monde un prfnit modèle du gouvernement ecclésiastique, on L’histoire do l’Église n’a rien de plus beau que l’entrée du saint moine .Augustin dans le royaume de Kent avec tpjarnntc de ses compagnons , qui , précédés de la croix et de l’image du grand roi Notre-Seigneur Jésus-Christ, faisaient des vœux solennels pour la conversion de l’Angleterre'. Saint Grégoire, qui les avait envoyés, les instruisait par des lettres véritablement apostoliques, et npprenait à saint Augustin A trembler parmi les miracles continuels que Dieu faisait par son ministère'. Berthe , princesse de France, attira au christianisme le roi Edhilbcrt, son mari. Les rois de France et la reine Brunehaut protégèrent la nouvelle mission. Les évêques de France entrèrent
• ntda. BM. UIBI. lib. I, cap. XIT.
V Urvp. lib.ix,ep. Lvui;Duoclib. XI. iaj. l,i-p. XXTIU, t il, col. IIIO.
dans cette bonne œuvre , et ce furent eux Ans qui par l’ordre du pape sacrèrent saint da l- C. Augustin. Le renfort que saint Grégoire aoi envoya au nouvel év^uc , produisit de soa nouveaux fruits ; et l’Église anglicane prit sa forme. L’empereur Maurice, ayant éprouve la fidélité du saint pontife , so corrigea par ses avis , et reçut de lui cette louange si digne d’un prince chrétien, que la bouche deshérétiiiucs n'osait s'ouvrir de son temps. Un si pieux empereur fit pourtant une grande faute. Un nombre soi infini de Romains périrent entre les mains des barbares, faute d’étre rachetés A un écu par tête. On voit , incontinent après , les remords du bon empereur, la prière cfu’il fait A Dieu de le punir en ce monde plutôt qu’en l’autre ; la révolte de Phocas, soi qui égorge A scs yeux toute sa famille ; Maurice tué le dernier, et ne disant autre chose iiarmi tous ses maux, que ee verset du Psalmiste : « Vous êtes juste,
• ô Seigneur I et tous vos jugements sont « droits '. • Phocas, élevé A l’empire par une action si détestable , tâcha de gagner les peuples, en honorant le saint-siège, dont il eonfirma les privilèges. Mais sa ao< sentence était prononcée. Héraclius, pro- sis clamé empereur par l’armée d’Afrique , marcha contre lui. Alors Phocas éprouva que souvent les débauches nuisent plus aux princes que les cruautés ; et Photin , dont il avait débauché la femme , le livra A Héraclius, qui le fit tuer.
La France vit un peu après une tragédie bien plus étrange. Iji reine Brunehaut, livrée A Clotaire II, fut immolée A sis l’ambition de ce prince ; sa mémoire ftit déchirée; et sa vertu, tant louée par le pape saint Grégaire, a peine encore A se défendre.
L’empire cependant était désolé. Le roi de Perse Chosroés II, sous prétexte de venger Maurice, avait entrepris de perdre Phocas. Il poussa ses conquêtes sous Héraclius. On vit l’empereur battu , et la vraie croix enlevée par les Infidèles : es» es* puis, par un retour admirable, Héraclius cinq fois vainqueur ; la Perse |>énétrée par les Romains ; Chosroés tué par son fils , et la sainte croix reconquise.
Pendant que la puissance des Perses était si bien réprimée, un plus grand, mal s’élevncontrel’emplre, et contre toute
■ Put. CXVUI, 137.
SUR L’HISTOIRE UNIVERSELLE
iri
Aui la chrétienté. Maliomet s’érigea en pro- i üe J. c. phètc parmi les Sarrasins : il fut chassé
632 de la Mecque par les siens. A sa fuite coraraeuce la fameuse Hégire, d’où les mahométaus comptent leurs années . Le faux prophète donna ses victoires pour toute marque de sa mission. Il soumit en neuf ans toute l’Arabie de gré ou de force, et jeta les fondements de l’empire des califes.
629 A ces maux se joignit l’hérésie des monothélites, qui, par une bizarrerie presque inconeevable , en reconnaissant deux natures eu Notre-Seigneur, n’y voulaient reconnaître qu’une seule volonté. L’homme, selon eux, n’y voulait rien , et il n’y avait en Jésus-Girist que la seule volonté du Verbe. Ces hérétiques cachaient leur venin sous des paroles ambiguës : un faux amour de la paix leur lit proposer qu’on ne parlât ni d’une ni de deux volontés. Ils imposèrent par ces artifices au
633 pai>e Honorius I, qui entra avec eu.x dans un dangereux ménagement , et consentit au silence , où le mensonge et la vérité furent également supprimés. Pour comess ble de malheur, quelque temps après,
l’empereur Héraclius entreprit de décider la question de son autorité, et proposa son Ecthèse, ou exposition, favorable aux monothèlites : mais les artiiiees des hérétiques furent enfln découverts. Le pape MO Jean IV condamna l'Ecthèse. Constant, 618 petit-Ols d’Uéraclius, soutint l’Édit de son aïeul par le sien appelé Type. Iaî saint- (H9 siège et le pape Théodore s’opposent à cette entreprise : le pape saint xMartin I assemble le concile de Latran , où il anathématise le Type et les chefs des monotliélites. Saint Maxime, célèbre par tout l’Orient pour sa piété et pour sa doctrine , quitte la cour infectée de la nouvelle hérésie, reprend ouvertement les empereurs qui avaient osé prononcer sur les questions* de la foi, et souffre des maux infinis pour 060 la religion catholiifue. Le pape, traîné CM d’exil en exil, et toujours durement traité par l’empereur, meurt eniin parmi les souffrances, sans se plaindre, ni se relâcher de ce qu’il doit ù son ministère.
Cependant la nouvelle Église anglicane, fortifiée par les soins des papes Boniface V et Honorius, se rendait illustre par toute la terre. Les miracles y abondaient avec les vertus , conune dans les temps des apétres : et U n’y avait rien de
plus éclatant que la sainteté de ses rois. Ans Edwin embrassa , avec tout son peuple , de j. c. la foi qui lui avait doimé la victoire sur m ses ennemis , et cenvertit ses voisins.
Oswalde servit d’interprète aux prédica- 63« teurs de l’Évangile; et renommé par ses conquêtes, il leur préféra la gloire d’étre chrétien. Les Merciens Rirent convertis 06& parle roideNorthumberiand Oswin: leurs voisinset leurs successeurs suivirent leurs pas ; et leurs bonnes oeuvres furent Immenses. Tout périssait en Orient. Plaidant 6M, eas que les empereurs se consument dans des disputes de religion, et inventent des hérésies , les Sarrasins pénètrent l’empire ; iis occupent la Syrie et la Palestine ; la sainte cité leur est assujettie ; la 'Perse 636 leur est ouverte par ses divisions , et ils 6:17 prennent ce grand royaume sans résistance. Ils entrent en Afrique, en état d’en 617' faire bientôt une de leurs provinces : l’tle 6M de Chypre leur obéit; et ils joignent, en moins de trente ans, toutes ces conquêtes ù celles de Mahomet.
LTtalio, toujours malheureuse et abandonnée, gémissait sous les armes des Lombards. Constant désespéra de les chasser, et se résolut ù ravager ce qu’il ne put défendre. Plus cruel que les Lombards mê- 663 mes , il ne vint à Rome que pour en pilier les trésors : les Églises no s’en sauvèrent pas : ü ruina la Sardaigne et la Sicile; et, devenu odieux à tout le monde , il périt de la main des siens. Sous son fils Constan- 66s tin Pogonat, c’est-à-dire, le Barbu, les Sarrasins s’emiiarèrent de la Giicic et de la Lycie. Constantinople, assiégée, ne fut 67i sauvée que par un miracle. Les Bulgares , 673 peuples venus de l’embouchure du Volga , sts se joignirent à tant d’ennemis dont l’empire était accablé , et occupèrent cette partie de la Thrace appelée depuis Bulgarie , qui était l’ancienne Mysie. L’I^lisc anglicane enfantait de nouvelles Églises ; et saint Wilfrid , évê<pie d’York , chassé de son siège, (invertit la Frise.
Toute l’Église reçut une nouvelle lumière par le concile de Constantinople, no sixième général, où le pape saint Agathon présida par ses légats, et expliqua la fM catholique par une lettre admirable. Le concile frappa d’anathème un évêque célèbre par sa doctrine , un patriarche d’Alexandrie, quatre patriarches de Constantinople, c’est-à-dire, tous les auteurs do la secte des monothèlites; sans épargner
DISCOURS
Au le pipe Honorioi , qui les avait ménagés. | c. Apréslamortd’Agathon,quiarrivadarant le concile , le pape saint Léon 11 en confirma les décisions , et en reçut tous les anathèmes. Constantin Pogonat, imitateur du grand Constantin et de Marcien , entra au concile, à leur exemple; et comme il y rendit les mêmes soumissions, il y fut honoré des mêmes titres d'orthodoxe, de religieux, de pacifique empereur, et de restaurateur de la relises gion. Son fils Justinien 11 lui succéda encore enfhnt. De son temps la foi s’éees tendait et éclatait vers le Nord. Saint Kilien , envoyé par le pape Conon , prêcha l'Evangile dans la Franconie. Du SW temps du pape Serge , Ceoduol , un des rois d'.Angleterre, vint reconnaître en personne l'Église romaine d'où la foi avait passé en son lie ; et après avoir reçu le baptême par les mains du pape, il mourut selon qu'il l'avait lui -même désiré.
La maison de Clovis était tombée dans une faiblesse déplorable : de fréquentes minorités avaient donné occasion de Jeter les princes dans une mollesse dont ils nesortaient point étant auteurs. De lù sort une longue suite de rois fainéants qui n'avalent que le nom de roi , et laissaient tout le pouvoir aux maires du palais. Sous ce ws titre. Pépin Uéristel gouverna tout, et aK éleva sa maison à de plus hantes espérances. Par son autorité , et après le martyre de saint Vigbert, la foi s'établit dans la Frise, que la France venait d’ajouter à scs conquêtes. Saint Swibert, saint Willebrod , et d'autres hommes apostoliques , répandirent l'Évangile dans les provinces voisines.
Cependant la minorité de Justinien s'était heureusement passée : les victoires de Léonœ avaient abattu les Sarrasins , et rétabli la gloire de l'Empire en Orient. •M Mais ce vaillant capitaine arrêté injustement, et relâché mal â propos, coupa le nez ù son maître , et le chassa. Ce rebelle •H souffrit un pareil traitement de Tibère , nommé Absimare , qui lui-même ne dura •m guère. Justinien rétabli fut ingrat envers ses amis ; et en se vengeant de ses ennemis , il s'en fit de plus redoutables , qui le III tuèrent. Les images de Philippique, son successeur, ne furent pas reçues dans Rome, â cause qu'il favorisait les monotbélitcs , et se déclarait ennemi du concile
sixième. On élut & Constantinople Anas- Ans tase 11, prince catholique, et on creva les yeux â Philippique. 7is
En ce temps , les débauches du roi Roderic ou Rodrigue firent livrer l'Espagne aux Maures ; c'est ainsi qu'on appelait les Sarrasins d'Afrique. Le comte Julien, pour venger sa fille, dont Roderic abusait, appela ces infidèles. Us viennent avec des troupes immenses : ce roi périt : l'Espagne est soumise, et l'empire des Goths y est éteint. L'Église d'Espagne fût mise alors A une nouvelle épreuve; mais comme elle s'était conservée sous tes ariens , les mahométans ne purent l'abattre. Us la laissèrent d'abord avec assez de liberté ; mois dans les siècles suivants il fallut soutenir de grands combats ; et la chasteté eut ses martyrs , aussi bien que la fol , sous la tyrannie d'une nation aussi brutale qu'infldèie.
L'empereur Anastase ne dura guère, tu L'armée força Théodose 111 à prendre la pourpre. U fallut combattre : le nouvel empereur gagna la bataille, et Anastase fut mis dans un monastère.
Les .Maures , maîtres de l'Espagne , espéraient s'étendre bientét au del# des Pyrénées : mais Charles Martel , destiné à les réprimer, s'était élevé en France , et avait succédé , quoique bâtard , au pouvoir de son père Pépin Héristel , qui laissa l'Austrasie A sa maison comme une espèce de principauté souveraine , et le commandement en Nenstrie par la charge de moire du palais. Chartes réunit tout pur sa valeur.
Les affaires d'Orient étaient brouillées, via Léon Isanrien, préfet d’Orient, ne reconnut pas Théodose, qui quitta sans répugnance l'empire qu’il n'avoit accepté que par fUrce ; et retiré A Éphèse , ne s'occupa plus que des véritables grandeurs.
Les Sarrasins reçurent de grands coups durant l'empire de Léon. Us levèrent honteusement le siège de Constantinople. Pé- rts loge , qui se cantonna dans les montagnes vit d'Asturie , avec ce qu'il y avait de plus résolu parmi les Goths, après une victoire signalée opposa A ces infidèles un nouveau royaume, par lequel ils devaient un jour être chassés de l'Espagne. Malgré les efforts et l'armée immense d’Abdérame , leur général , Charles Martel ga- tis gna sur eux la fameuse bataille de Tours.
I 11 y périt un nombre infini de ces infldè-
V ’Oglu
SUR L HISTOIRE UNIVERSELLE
An les, et Abdcnune lui-méme y demeara < c. sur la place. Cette \ictoire fut suivie d'autres avantages, par lesquels Charles arrêta les Maures, et étendit le royaume jusqu’aux Pyrénées. Alors les Gaules n’eurent presque rien qui n’obéit aux Français j et tous reconnaissaient Charles Martel. Puissant en paix, en guerre, et rnaitre absolu du royaume , il régna sous plusieurs rois , qu’il üt et délit à sa fantaisie , sans oser prendre ce grand titre. La jalousie des seigneurs français voulait être ainsi trompée.
La religion s’établissait en Allemagne.
m Le prêtre saint Boniface convertit ces peuples, et en fut fait évêque par le pape Grégaire II, qui l’y avait envoyé.
L’empire était alors assez paisible ; mais TM Léon y mit le trouble pour longtemps. Il entreprit de renverser, comme dis idoles, les images de Jésus-Christ etde ses saints. Comme il ne put attirer à ses sentiments saint Germain , patriarche de Constanti- Dople, il agitde son autorité, et, après ime ordonnance du sénat , on lui vit d’abord briser une image de Jésns-Christ qui était posée sur la grande porte de l’église de Constantinople. Ce fût par là que commencèrent les violences des Iconoclastes , c’est-à-dire des Brise -images. Les autres images , que les empereurs , les évêques , et tous les fidèles avaient érigées depuis la paix de l’Église , dans les lieux publics St particuliers , furent aussi abattues. A ce spectacle le peuple s’émut. Les statues de l’empereur furent renversées en divers endroits. Il se crut outragé en sa pet^ sonne : on lui reprocha un semblable outrage qu’il faisait à Jésus-Christ et à ses saints, et que, de son aveu propre, l’injure faite à l’image retombait sur l’original. L’Italie passa encore plus avant : l’impiété de l’empereur fut cause qu'on lui refusa les tributs ordinaires. Luitprand , roi des Lombards, se servit du même prétexte pour prendre Ravenne, résidence desexai^ ques. On nommait ainsi les gouverneurs que les empereurs envoyaient en Italie.
Le pape Grégoire II s’opposa au renversement des images ; mais en même temps il s’opposait aux eimemis de l’empire, et tâchait de retenir les peuples dans l’obéisa» sance. LapaixsefltaveclesLombards, et l'empereur exécuta son décret contre les images plus violemment que jamais. Mais le célèlne Jean de Damas lui déclara qu’en
matière de religion il ne connaissait de au décrets que ceux de l’Église , et souffrit de J. C. beaucoup. L’empereur chassa de son siège lepatriarchesoint Germain,quimouruten exil âgé de quatre-vingt-dix ans.
Un peu après , les Lombards reprirent 7» tu les armes; et dans les maux qu’ils Rüsaient souffrir au peuple romain , ils ne furent retenus que par l’autorité de Cbai^ les Martel, dont le pape Grégoire II avait imploré l’assistance.
Le nouveau royaume d’Espagne , qu’on appelait dans ces premiers temps le royaume d’Oviéde, s’augmentait par les victoires et par la conduite d’Alphonse, gendre dePélage, qui, à l’exemple de Recaréde , dont il était descendu , prit le nom de Catholique.
Léon mourut, et laissa l’empire aussi Tsi bien que l’Église dans une grande agitation. Artabaze, préteur d’Arménie , se fit proclamer empereur, au lieu de Constantin Copronyme , fils de Léon , et rétabUt les images.
Après la mort de Charles Martel, Luitprand menaça Rome de nouveau :
l’exarchat de Ravenne fut en péril , et l’Italie dut son salut à la prudence du pape saint Zacharie. Constantin, embarrassé tu dans l’Orient , ne songeait qu’à s’établir ; t4s il battitArtabaze, prit Constantinople, et la remplit de supplices.
Les deux enfants do Charles Martel , t4t Carloman et Pépin , avaient succédé à la puissance de leur père, mais Carloman, dégoûté du siècle , au milieu de sa grandeur et de ses victoires , embrassa la vie monastique. Par ce moyen , son frère Pépin réunit en sa personne toute la puissance. II sut la soutenir par un grand mérite , et prit le dessein de s’élever à la royauté. Childéric , le plus misérable de tss tous les princes , lui en ouvrit le chemin , et joignit à la qualité de fainéant celle d’insensé. Les Français, dégoûtés de leurs fainéants , et accoutumés depuis tant de temps à la maison de Charles Martel , féconde en grands hommes, n’étalent plus embarrassés que du serment qu’ils avalent prêté à Childéric. Sur la réponse du pape Zacharie , ils se crurent libres , et d’autant plus dégagés du serment qu’ils avaient prêté à leur roi , que lui et ses devanciers semblaient depuis cent ans avoir renoncé au droit qu’ils avaient de leur commander, en laissant attacher tout le pouvoir à
WSCOIIRS
kta la charge de maire du pahds. Ainsi Pe|dD te I- c. fut mik sur le trâue , et le nom de roi fiit réuni avec l'autorité.
7U Lo pape Étienne III trouva dans le nouveau roi le même zeie que Charles Martel avait eu pour le saint-siège contre les larmbords. Après avoir vainement imploré le secours de l'empereur , il se Jeta entre les bras des Français. Le roi le 7S1 reçut en France avec respect , et voulut être sacré et couronné de sa main. En même temps, Il passa les Alpes , délivra Rome etl'exarchatde Ravenne, et réduisit Astolphe , roi des Lombards, à une paix équitable.
Cependant l’empereur faisait In guerre aux images. Pour s'appuyer de l'autorité ecclésiastique , Il assembla un nombreux concile à Constantinople. On n'y vit pourtant point paraître , selon la coutume , ni les légats du saint-siège , ni les évêques ou les légats des autres sièges patriarcaux Dans ce concile , non-seulement on condamna conune idoMtrie tout l’honneur rendu aux images en mémoire des originaux; mais encore on y coodatrma la sculpture et la peinture, comme des arts détestables*. C'était l'opinion des Sarrasins , dont on disait que Léon avait suivi les conseils quand il renversa les images. Il ne parut pourtant rien contre les reliques. Le concile de Copronyme ne défendit pas de les honorer , et il frappa d'anathème ceux qui refusaient d'avoir recours aux prières de la sainte Vierge et dessoints^ Les catholiques, persécutés pour l’honneur qu’ils rendaient aux images , répondaient à l'empereur qu'ils aimaient mieux endurer toute sorte d'extrémités , que de oe pas honorer Jésus- Christ jusque dans son ombre.
7SS Cependant Pépin repassa les Alpes , et châtia l'infidèle Astolphe qui refusait d'exécuter le traité de poix. L’Église romaine ne reçut Jamais un plus beau don que celui que lui flt alors ce pieux prince. Il lui donna les villes reconquises sur les Lombards, et se moqua de Copronyme, qui les redemandait , lui qui n'avoit pu les défendre. Depuis ce temps , les empereurs furent peu reconnus dans Rome : ils y devinrent méprisables par leur fai-
* Cotée, flé'ie. Il , ad. vi , 1. vil. Coétr. col. 39S.
e Iféiét. Dejln. Paowrfo-lya. C. P. roi. ISS.W».
» J*id. Pamrfo-fya. C. P. Can. u et il . ool. I.Z3 , en.
blesse , et odieux par leurs erreurs. Pépin xm ’ y fut regardé romnie protecteur du peuple de i. c. romain et de l’Église romaine. Cette qualité devint comme héréditaire à sa maison et aux rois de France.
Charlemagne, fils de Pépin , la soutint avec autant de courage que de piété.
Le pope Adrien eut recours à lui contre tjs Didier, roi des Lombards, qui avait pris plusieurs villes , et menaçait tonte l’Italie. Charlemagne passa les Alpes. Tout fiéehit; 771 Didier fut livré : les rois Lombards , cime- 771 mis de Rome et des papes, fUrent détruits : Charlemagne se fit couronner roi d'Italie , et prit le titre de roi des Français et des Lombards. En même temps, il exerça dans Rome même l'autorité souveraine, en qualité de patrioe, et confirma au saintsiège les donations du roi son père. I.es empereurs avaient peine A résister aux Bulgares, et soutenaient vainement contre Charlemagne les Lombards dépossédés.
La querelle des images durait toujours. Léon IV, fils de Copronyme , semblait d’abord s’être adouci ; mais il renouvela la persécution aussitôt qu'il se crut le maître, il mourut bientôt. Son fils Cons- Tes tautin , âge de dix ans , lui succéda , et régna sous la tutelle del'imiiératrlce Irène , sa mère. Alors les choses commencèrent à changer de face. Paul, patriarche de Tst Constantinople, déclara , sur la fin de sa vie, qu'il avait combattu les images contre sa conscience , et se retira dans un monastère , où il déplora , en présence do rimpératricc le malheur de l'Église de Constantinople , séparée des quatre sièges patriarcaux, et lui proposa la célébration d'un eoncile universel comme l'unique I remède d'un si grand mal. Taraise, son successeur, soutint que la question n’avait pas été Jugée dans l'ordre, parce qu'on avait commencé par une oixlonnance de l'empereur, qu'un concile tenu contre les formes avait suivie ; au lieu qu’en matière de religion , c'est au concile à commencer, et aux empereurs â appuyer le Jugement de l'Église. Fondé sur cette raison , il n’aecepta le patriarcat qu'à condition qu'on tiendrait le concile universel ; il fut m commencé à Conshantinople, et continue à Nicéc. Le paiie y envoya ses légats : le concile des iconoela.stes fut eondainné:
ils sont détestés comme gens qui, à l’exemple des Sarrasins, accusaient lea
SUR L'HISTOIRE UiHlVERSELLE.