‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 44 sur 518 · ITS · texte numérisé non relu

ITS

chrétiens d'idolâtrie. On décida q>ie les Images seraient honorées en mémoire et pour l’amour des originaux ; ee qui s'appelle, dans le concile, culte relaUf, adoration et salutation honoraire, qn'on oppose au culte suprême, et à l’adoration de latrie, ou d’entière sujétion, que le concile résene à Dieu seul Outre les légats du saint-siège , et la présence du patriarche de Constantinople , il y parut des légats des autres sièges patriarcaux opprimés alors par les infidèles. Quelquesuns leur ont contesté leur mission : mais ce qui n'est pas contesté , e’est que , loin de les désavouer, tous ces sièges ont accepté le concile sans qu’il y paraisse de contradiction , et il a été reçu par toute l'Église.

I-es Français, environnés d'idolâtres ou de nouveaux chrétiens dont ils craignaient de brouiller les Idées , et d'ailleurs embarras.sés du terme équivoque d'adoration , hésitèrent longtemps. Parmi toutes les images, ils ncvoulalept rendre d'honneur qu'à celle de la croix, absolument différente des figures, que les païens croyaient pieines de divinité. Ils conservèrent pourtant en Heu honorable , et même dans les églises, les autres images, et détestèrent les Iconoclastes. Ce qui resta de diversité ne Ht aucun schisme. Les Français connurent enfin que ies Pères de Nicée ne demandaient pour ies Images que le même genre de cul te , toutes proportions gardées , qu’ils rendaient eux-mêmes aux reliques, au livre de l’Évangile et à la croix ; et ce concile fut honoré par toute la chrétienté, sous le nom de septième concile général.

Ainsi nous avons vu les sept conciles généraux ,qùerOrientct l’Occident, l'Eglise grecque et l’Église latine reçoivent avec une égale révérence. I-es empereurs convocpiaicnt ces grandes assemblées par l’autorité souveraine qu’ils avaient sur tous les évêques , ou du moins sur les principaux , d’où dépendaient tous les autres , et qui étaient alors sujets de l’empire. 1-es voitures publiques leur étaient fournies par l'ordre des princes. Ils assemblaient les conciles en Orient , où ils faisaient leur résidence, et y envoyaient ordinairement des commissaires pour maintenir l’ordre.

Les évêques ainsi assemblés portaient avec eux l’autorité du Saint-Esprit et la

■ Conçu. Aie. Il , -tel. va . t. va. Concil col. I>U.

tradition des Églises. Dès l’origine du An» christianisme , il y avait trois sièges prin- de J. c clpaux, qui précédaient fous les autres, celui de Rome, celui d’Alexandrie, et celui d’Antioche. Le coneiiede >'icéc avait approuvé que les évêques de la cité sainte eussent le même rang ' . Le second et le quatrième concile élevèrent le siège de Constantinople, et voulurent qu'il fût le second *. .Ainsi il se fit cinq sièges, que dans la suite des temps on appela patriarcaux. Iji préséance leur était donnés: dans le concile. Entre ces sièges , le siège de Rome était toujours regardé comme le premier; et le concile de Nieée régla les antres sur celui-là ’. Il y avait aussi des évêipies mé*trupolilains qui étaient les chefs des provinces , et qui précéslaient les autres évêques. On commença assez tard à les appeler archevêques; mais leur autorité n’en était pas moins recoimue.

Quand le concile était formé , on proposait l’Erriturc sainte; on lisait les passages des anciens Pères , témoinsdela tradition : c’était la tradition qui interprétait l’Écriture ; on croyait que son vrai sens était celui dont les siècles passés étaient convenus, etnul ne croyait avoir droit del’oxpliqucr autrement. Ceux qui refusaient de se soumettre au.x décisions du concile, étaient frappés d’anathème. Après avoir expliqué la foi, on réglait la discipline ecclésiastique , et on dressait les canons , c’est-à-dire, les règles de l’Église. On croyait que la foi ne changeait jamais , et qn 'encore que la discipline put recevoir divers changements, selon les temps et selon les lieux, il fallait tendre, autant qu’on pouvait , à une parfaite imitation de l’antiquité. .Au reste, les papes n’assistèrent que par leurs légats aux premiers conciles généraux ; mais ils en approuvèrent expressément la doctrine , et il n’y eut dans l’Église qu'une seule fui.

Constantin et Irène firent religieuse- na ment exécuter les décrets du septième concile : mais le reste de leur conduite ne se soutint pas. Lejeune prince, à qui sa mère fit épouser une femme qu’il n’aimait point, s’emportait à des amours déshonnêtes; et las d’obéir aveuglément A une mère si impérieuse, il tâchait de

' CoHC. JVic. Can. T1l,t. n. Conr. col. >1.

> Ift. C. P- t, C'iH. 1(1 » tftirf. col. (MB. Conc. Chat-

Can. xYViii, t. rv,col,70®.

* Id. AVr. Catt. Ti, uW fup.

Digilizcd by Googic

lie mscouRS

AU réloigner des afCures, où elle se mainte- Je n*ai pas oublié, dans cet abrégé, cette oétf» J. c. naît malgré loi. Alphonse le Chaste ré- lèbre division que font les chronologlstes de la 7M gnait en Espagne. La continence perpé- durée du monde en sept âges. Le commencement tuelle que garda ce prince , lui mérita ce de chaque âge nous sert d’époque : si J’y en mêle beau titre , et le rendit digne d'affranchir quelques autres , c’est aHn que les choses soient l'Espagne de l’infâme tribut de cent filles , plus distinctes , et que l'ordie des temps se déque son oncle Mauregat avait accordé aux veloppe devant vous avec moins de confusion. Maures. Soixante-dix mille de ces infl- Quand je vous parle de l’ordre des temps, je dëles tués dans une bataille, avec Mugalt, ne prétends pas, Monseigneur, que vous vous leur général, firent voir la valeur d'Al- chargiez scrupuleusement de toutes les dates; phonse. Constantin tâchait aussi de se encore moins que vous entriez dans toutes les dissignaler contre les Bulgares; mais les putes des chronologlstes, où le plus souvent U ne succès ne répondaient pas à son attente, s’agit que de peu d’années. La chronologie con* 11 détruisit à la fin tout le pouvoir d’Irène; tentieusc , qui s'arrête scrupuleusement à ces mi- 706 et, incapable de se gouverner lui-même nuties, a son usage sans doute, mais elle n’est autant que de souffrir l’empire d’autrui , pes votre objet , et sert peu à éclairer l’esprit d'un il répudia sa femme Marie, pour épouser grand prince. Jen’ai point voulu raffiner sur cette 7M Tbéodote , qui était à elle. Sa. mère irritée discussion des temps ; et , parmi les calculs déjù fomenta les troubles que causa un si f&its , j’ai suivi celui qui m'a paru le plus vraigrand scandale. Constantin périt par ses semblable , sans m'engager à le garantir, artifices. Elle gagna le peuple en mode- / Que dans la supputation qu’on fait des années , rant les impôts, et mit dans ses intérêts ^depuis le temps de la création jusqu’à Abraham , les moines avec le clergé par une piété ' B faille suivre les Septante, qui font le monde apparente. Enfin elle fut reconnue seule P^us vieux , ou l’hébreu , qui le fait plus jeune de impératrice. Les Romains méprisèrent ce plusieurs siècles ; encore que l'autorité de l’origouvernement et se tournèrent à Gbarle- gioel hébreu semble devoir l’emporter, c’est une magne , qui subjuguait les Saxons , répri- chose si iodiHerente on elle-même , que l’Église , mait les Sarrasins , détruisait les hérésies, ^ suivi avec saint Jérôme la supputation de protégeait les papes, attirait au christia- Tbébrett dans notre Yulgate, a laissé celle des nisme les nations Infldètes, rétablissait S«plaiitedansBonMartyrologe,En€(rel,qu’iinlesscienccs et la discipline ecclésiastique, porte à l’hutolre de diminuer ou de multiplier assemblait de fameux conciles où sa pro- siècles vides , où aussi bien l’on n'a rien à fonde doctrine était admirée, et faisait raconter? W’est-ce pas assez que les temps où les ressentir non-seulement à la France et à dates sont importantes aient des caractères âxes , ritalie , mais encore à l’Espagne , à l’An- distribution en soit appuyée sur des fon-

gleterre, à la Germanie, et partout, les déments certains? El quand même dans ces temps effets de sa piété et de sa justice. '' y aurait de la dispute pour quelques ainnées , ce

/ ne serait presque jamais un embarras. Par exem- DOUZIÈME ÉPOQUE. \ pie , qu’il faille mettre de quelques années plus

Charlemagne, ou rétablissement du nouvel Smpire. \ plus tard , ou la fondation de Rome , ou la

I naissance de Jésus-Christ : vous avez pu recon- Enfln, I an 800 de Notre-Seigneur, ce grand * naître que cette diversité ne fait rien à la suite protecteur de Rome et de l’Italie , ou pour mieux des histoires , ni à l’accomplissement des conseils dire de toute l’Église et de toute la chrétienté , de Dieu. Vous devez éviter les anachronismes qui élu empereur par les Romains sans qu il y pen- brouillent l’ordre des affaires, et laisser disputer sât, etoouronné par le pape Léon III, qui avait des autres entre les savants, porté le peuple romain à ce choix , devint le fon- Je ne veux non plus charger votre mémoire du dateur du nouvel empire et de la grandeur tem- compte des olympiades, quoique les Grecs, qui porelle du soint-si^e. s’en servent , les rendent nécessaires à fixer les

Voilà, Monseigneur, les douze époques que j’ai temps. Il faut savoir ce que c'est, afin d’y avoir suivies dans cet abrégé. J’ai attaché à chacune recours dans le besoin : mais, au reste, i! suffira d elles les faits principaux qui en dépendent. Vous de vous attacher aux dates que je vous proposa pouvez maintenant, sans beaucoup de peine, dis- comme les plus simples et les plus suivies, qui poser, selon I ordre des temps, les grands évé- sont celles du monde jusqu’à Rome, celles de nemeuts de Thistoire ancienne , et les ranger pour Rome jusqu’à Jésus-Christ , et celles de Jesusainsi dire chacun sous son étendard. Christ dans toute la suite.

SUR LHISTOIRE UNIVERSELLE

UT

Mais le vrai dessein de cet abrégé n'est pas de vous expliquer l’ordre des temps , quoiqu'il soit absolument necessaire pour lier toutes les histoires, et en montrer le rapport. Je vous al dit, Monseigneur, que mon principal objet est de vous faire considérer, dans l'ordre des temps , la suit? du peuple de Dien et celle des grands empires.

Ces deux choses roulent ensemble dans ce grand mouvement des siècles, où elles ont pour ainsi dire un même cours : mais il est besoin , pour les bien entendre , de les détacher quelquefois l'une de l'autre , et de considérer tout ce qui convient à chacune d’elles.

Page 1