‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 483 sur 518 · LA DOCTRINE · texte numérisé non relu

LA DOCTRINE

I gilc , s'ils se lèvent par honneur quand on le porte ! devant eux, et s’ils le baisent avec respect, tout . cet honneur se termine à la vérité étemelle qui ' nous y est proposée.

1 1 faut être peu équitable, pour appeler idolâtrie ce mouvement religieux qui nous fait découvrir et baisser la tête devant l’image de la croix, en mémoire de celui qui a été crucifié pour l'amour de nous; et ce serait être trop aveugle que de ne pas apercevoir l'extrême différence qu’il y a entre ceux qui se conllaient aux idoles, par l'opinion qu'ils avaient que quelque divinité ou quelque vertu y était, pour ainsi dire, attachée, et ceux qui déclarent , comme nous, qu'ils ne se veulent servir des images que pour élever leur esprit au ciel , afin d'y honorer Jésus-Christ ou les saints, et dans les saints Dieu même qui est l'auteur de toute sanctification et de toute grâce.

On doit entendre de la même sorte l'honneur que nous rendons aux reliques, à l'exemple des premiers siècles de l'Église; et si nos adversaires considéraient que nous regardons les corps des saints comme ayant été les victimes de Dieu par le martyre ou par la pénitence , ils ne croiraient pas que l'honneur que nous leur rendons , par ce motif, pût nous détacher de celui que nous rendons à Dieu même.

Nous pouvons dire , en général, que s'ils voulaient bien comprendre de quelle sorte l'afTection que nous avons pour quelqu'un s'étend , sans se diviser, à ses enfants , à ses amis , et ensuite par divers degrés à ce qui le représente, àeequi reste de lui , à tout ce qui en renouvelle la mémoire; s'ils concevaient que l'honneur a un semblable progrès, puisque l'honneur, en effet, n'est autre chose qu'un amour mêlé de crainte et de respect; enfin , s'ils considéraient que tout le culte extérieur de l'Église catholique a sa source en Dieu même, et qu'd y retourne; ils ne croiraient jamais que ce cuite, que lui seul anime, pût exciter sa jalousie : ils verraient, au contraire, que si Dieu, tout jaloux qu'il est de l'amour des hommes , ne nous regarde pas comme si nous nous partagions entre lui et la créature , quand nous aimons notre prochain pour l'amour de lui ; ce même Dieu , quoique jaloux du respect des fidèles, ne les regarde pas comme s'ils partageaient le culte qu'ils ne doivent qu'à lui seul , quand ils honorent, par le respect qu'ils ont pour lui, ceux qu'il a honorés lui-même.

Il est vrai néanmoins que, comme les marques sensibles de révérence ne sont pas toutes absolument nécessaires , l'Église , sans rien altérer dans la doctrine, a pu étendre plus ou moins ces pratiques extérieures, suivant la diversité des temps, des lieux et des occurrences , ne désirant pas que

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