‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 485 sur 518 · DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DE L'ÉGLISE

divins, la suite des mystères et de la doctrine, l'intention de Jésus-Christ dans la Cène, les paroles mêmes dont il s’est servi, et l’impression qu’elles font naturellement dans l’esprit des fidèles, ne donnent que des idées de réalité. C’est pourquoi il a fallu que lios adversaires trouvassent des mots dont le son du moins donnât quelque idée confuse de cette réalité. Quand on s’attache, ou tout à fait à la foi , comme font les catholiques, ou tout h fait à la raison humaine, comme font les infidèles , on peut établir une suite, et faire comme un plan uni de doctrine : mais quand on veut faire un composé de l’un et de l’autre , on dit toujours plus qu'on ne voudrait dire ; et ensuite on tombe dans des opinions, dont les seules contrariétés font voir la fausseté toute manifeste.

C’est ce qui est arrivé à messieurs de la religion prétendue réformée; et Dieu l’a permis de la sorte , pour faciliter leur retour à l’unité catholique. Car puisque leur propre expérience leur fait voir qu’il faut nécessairement parler comme nous, pour parler le langage de la vérité, ne devraient-ils pas Juger qu’il faut penser comme nous pour 1| bien entendre? S’ils remarquent dans leur propre croyance des choses qui n’ont aucun sens que dans la nôtre , n’en cst-ce pas assez pour les convaincre que la vérité n’est en son entier que parmi nous? Et ces parcelles détachées de la doctrine catholique, qui paraissent deoù et delà dans leur Catéchisme, mais qui demandent, pour ainsi dire, d’étre réunies à leur tout, ne doiventelles pas leur faire chercher dans la communion de l'Église la pleine et entière explication du mystère de l’eucharistie? Ils y viendraient sans doute si les raisonnements humains n'embarrassaient leur foi , trop dépendante des sens. Mais après leur avoir montré quel fruit ils doivent tirer de l’exposition de leur doctrine , achevons d’expliquer la nôtre.

Puisqu’il était convenable, ainsi qu’il a été dit, que les sens n’aperçussent rien dans ce mystère de foi , il ne fallait pas qu il y eût rien de changé à leur (^ard dans le pain et dans le vin de l’eucharistie. C est pourquoi , comme on aperçoit les mêmes espèces, et qu on ressent les mêmes effets qu’auparavant dans ce sacrement, il ne faut pas s’étonner si on lui doune quelquefois et en certain sens le même nom. Cependant la foi , attentive à la parole de celui qui fait tout ce qu’il lui platt dans le ciel et sur la terre, ne reconnaît plus ici d autre substance que celle qui est désignée par cette même parole , c’est-à-dire , le propre corps et le propre sang de Jésus-Christ , auxquels le pain et le vin sont changés : c’est ce qu’on appelle transsubstantiation.

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