‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 68 sur 518 · M. VIII.S · texte numérisé non relu

M. VIII.S

DISCOURS

gcncc , lious donne quelque idée du FiU de Dieu concu éteriicllcjnent daits riuteUigeiice du Pere ccleslc. C’esl pourquoi ce Fils de Dieu prend le nom de \ erbe , afin que nous entendions qii il naît dans le sein du Pere , non l'amine naissiuit les corps f mais cuimue nuit dans notre iline celte parole intérieure que nous y sentons quand nous contemplons la vérité ‘ . j

Mais la récomlitu de notre esprit ne se tennlnc pas à cette parole intérieure , à cette pensée intelleetuelic, à eette invo^e de la vérité qui se forme ennous.>‘ous aimons et celte parole intérieure et l'esprit où elle naît; et en l’aimant nous sentons en nous quelque chose qui ne nous est pas moins pi*écieux que notre esprit et notre pensee, | qui est le fruit de l'un et de l'autre, qui le^ unit, I qui s'unit a eux , et ne fuit avec eux qu’une même vie.

Ainsi, autant qu'il sc peut trouver de rapport entre Dieu et l'homme; ainsi, dis-je,se piwlnit en Dieu l’amour eternel qui sort du Pere qui lieuse, et du Fils qui est sa pensée, i>our faire avec lui et pensée une même nature éi^alemeut heureuse et parfaite.

En un mot, Dieu est ptirfait; et son Verbe, : imaçe vivanted'uucvéritéinfinie, n'est pas moins \ parfait que lui ; et son amour, qui sortant de la source iuèpuisabledu bienen atoule laplénilude , ne peut manquer d’avoir une perfection infinie ; et puimjuc nou.s n'avous iMûnt d'autre idée de Dieu que celle de la i>erfeetiun, ebaeune de ces ^ trois chtssüs, couslderéo on elle-inéiiie, mérite j d’étre appelée Dieu : mais parce que ces trois i choses convicuiieiit nécessairement à une même nature , ces trois choses ne sont qu'un seul Dieu.

Il ne faut doue rien concevoir d'inégal ni de ' Si parédans ccttcTriuité adorable ; et quelque in- j compréhensible que soit cette i^alité, notre âme, j ii nous rré'outous, nous en dira quelque chose. |

Elle est; et quand elle sait parfaitement ce ' qu elle i^st, son Inlellltjimce réi>ond à la vérité j lia son être; et quand elle aime son être avec | son intelligence, autant qu'ils méritent d’étre ; aimes, son amour égale (a )x*rfeetiou de l'un et de l’autre *. Ces trois dioses ne sc séparent jamais, et s'enferment l'une l'aulre : nous enteii- j dons i{ue nous sommes, et que nous aimons; et ; nous a'mons à être, et à entendre. Qui le peut nier, s'il s' entend lui-méme? Et non-wnileineut une de ees choses n’est pas meilleure (|ue l'autre , mais les trois ensemble ue sont pas incilleures

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qu’une d’elles en particulier, puisque chacuno enferme le luut , et que dans les trois consiste ta félicité et ta dipiité de lu nature raisonnable. Ainsi, et infiniment au-dessus, est parfaite, inséparable, une en son essence, et enfin é^ale en tout sens , In ’l'rinitc que nous servons , et à laquelle nous sommes consacrés par notre baptême.

Mais nous-mêmes, qui sommes l’image de ta Trinité , nous-mêmes , a un autre égard , nous sommes encore l’image de rincarnalion.

Notre âme, d’une nature spirituelle et incorruptible , a un corps corruptilile qui lui est uni ' ; et de l’union de l’un et de l’autre résulte uo tout , qui est l'Iiomme, esprit et corps tout eiisciublo, iucoiTuptible et l'orniptible, intelligent et purement brute. Ces attributs conviennent au tout , l>ar rapport à chacune de ses deux parties; ainsi le Verbe divin, dont lu vertu soutient tout, s’unit d’une façon particulière , ou plutêt il devient iui-méme, par nue parfaite union, ce Jésus- Christ fils de .Marie : ce qui fuit qu’il est Dieu et homme tout ensemble, engendré dans rêternité,. et engendré dans le temps ; toujouis vivant dans le sein du Père, et murt sur la croix pour nous sauver.

Mais où Dieu se trouve mêlé , jamais les comparaisons tirées des choses humaines ne sont qu’imparfaites. Notre êmc n'est pas devant notre corps , et quel<iue cltose lui manque lorsqu’elle en est séparée. I-e Verbe, parfait en lui-même dés l’éternité , ne s'unit ù nutre nature que pour riionorer. Cette âme ({ui préside au eoijis, et y fait divers ciiangemcnts , elle-même en souffre ü son tour. Si le corps est mu au commandement et selon la volonté de l’âme, l’âme est troublée, l’âme est afUigée et agitée en mille manières, ou fâcheuses ou agréables, suiviuit les disposition» du corps , en sorte que, comme l’âme élève la corpsàelle en le gouvernant, elle estaliai.ssée audes.sous de lui par les choses ipt’elic eu souffre. Mais, en Jésus-Clirist, le Verbe préside à tout, te ^ erbe tient tout sous sa main. .Vins! l'homme est élevé , et le Verbe ne sc raltaisse par aucun endroit : immuable et inaltérable, il domine en tout et partout la luture qui lui est unie.

De là vient qu’en Jésus-Christ, l'homme, absolument soumis à la dirwtiou intime du ^ erhe qui l'élève à soi, n’a que des ptuisées et des mouvements divins. Tout ce qu’il pensi-, tout ce (lu'il veut, tout ce qu'il dit, luut ce qu'il eaeite au dedans, tout ce qu'il monlie au dehoi-s, est animé par le Vcrl>e, eondnit par le \ erbc, digne du Verbe, c’est-à-dire, digue de la raison

• F.p. lit . îmI Volus. mine. c\x\vti,cvip. itt, n° Il , l Il , Col. 44I&. IK' Civil. Del , lit». X , c.ap. xxix , t. vu , c«»l. 2dv ('•jril. Ep. imI Vnlcrian. part. iii. < tii/tes. L lu. CuncU Cül. II.VC1 iH »c(|. etc- etc.

SUR LllISTOIRF, UNIVERSELLE.

m^mc, de l« sagesse nu'ine, et de la vérité même. C’est pourquai tout est lumière eu Jésus-Christ; sa conduite est une rè«le, ses miracles sont des instructions , scs paroles sont esprit et vie.

Il n'est pas donné à tous de bien entendre ces sublimes vérités , ni de voir parfaitement en lulméme cette merveilleuse imn^e des choses divines , que saint Augustin et les autres Pores ont crue si certaine. I.es sens nous gouvernent trop ; et notre imagination, qui se veut mêler dans toutes nos pensées , ne nous permet pas toujours de nous arrêter sur une lumière si pure. Nous ne nous connaLssons pas nous-mêmes , nous ignorons les richesses que nous portons dans le fond de notre nature ; et ii n y a que les yeux les plus épurés (pii les puissent apercevoir. Mais si peu que nous entrions dans ce seeret, et que nous sachions remarquer en nous l’image des deux mystères qui font le fondement de notre fui , c’en est assez pour nous élever au-dessus de tout , et rien de martel ne nous pourra plus toucher.

Aussi Jésus-Christ nous appelle-t-il é une gloire Immortelle , et c’est le fruit de la foi que nous avons pour les mystères.

Ce Üicu-homme, cette vérité et cette sagesse incarnée , qui nous fait croire de si grandes choses sur sa seule autorité, nous en promet dons l’éternité la claire et bienheureuse vision , comme la récompense certaine de notre foi.

De cette sorte , la mission de Jésus-Christ est relevée infiniment au-dessus de celle de Moïse.

Moïse était envoyé pour réveiller par des récompenses temporelles les hommes sensuels et abrutis. Puisqu’ils étaient devenus tout corps et tout chair, il les fallait d'abord prendre par les sens, leur inculquer par ce moyen la connaissance de Dieu , et l'horreur de l'idulétric, à laquelle le genre humain avait une inclination si prodigieuse.

Tel était le ministère de Moïse : il était réservé à Jésus-Christ d’inspirer à l'homme des pensées plus hautes, et de lui faire connaître dans une pleine évidence la dignité, riminortalité, et la félicité élenielle de son âme.

Durant les temps d’iguorance, c'est-à-dire, durant les temps qui ont précédé Jésus-Christ , ce que l'âme connaissait de sa dignité et de son immortalité l’induisait le plus souvent a erreur. Le culte des hommes morts faisait presipie tout le fond de l’idolâtrie : presque tous les homme-s sacrifiaient aux mânes, c'est-à-dire, aux âmes des morts. Do si anciennes erreurs nous font voir à la vérité combien était ancienne la croyance de l'immortalité de l'âme, cl nous montrent ((u’elle doit être rangée ixirmi les premières traditions du genre humain. Mais 1 homme , qui gâtait tout , en avait étrangement abusé , pui.squ’elle le [wrlait

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