‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 75 sur 518 · CHAPITRE .VXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE .VXV

nedevions partirulii’rrs sur la ronversion de Cratila. Profond conseil du Dieu , qui les voulait convertir par la croix de Jèsus-Clirist. Baisonneinent de aoint Paul sur celle msuicre de Ira convertir.

Cette conversion des Gentils était la seconde chose qui devait arriver au temps du Messie , et la marque la plus assurée de sa venue. Nous avons vu comme les prophètes l'avaient claire* ment prédite ; et leurs (iromesses se sont vérifiées dans fes temps de Notrc-Scigneur. Il est certain qu'nlors seulement , et ni plus t6t ni plus tard , ce que les philosophes n'ont osé tenter , ce que les prophètes ni le peuple juif, lorsqu'il a été le plus proUgé et le plus fidèle , n'ont pu faire , douze pécheurs, envoyés par Jésns-Clirist et témoins de sa résurrection , l'ont accompli. C’est que la conversion du monde ne devait être l'ouvrage ni des philosophes , ni même des prophètes : il était réserve nu Christ, et c'était le fruit de sa croix.

Il fallait il la vérité que ce Christ et ses apùtres sortissent des Juifs, et que la prédication de l'Évangile commençât à Jérusalem. . Une « montagne élevée devait paraître dans les der- > nlers temps, • selon Isaïe ' : c'était l’Eglise chrétienne. • Tous les Gentils y devaient venir, et

• plusieurs peuples devaient s'y assembler. En ce « jour le Seigneur devait seul être élevé , et les

• idoles devaient être tout à fait brisées '. • Mais Isaïe, qui a vu ces choses , a vu aussi en même temps « quo la loi qui devait juger les GenUls

• sortirait de Sion , etque la parole du Seigneur,

• qui devait corriger les peuples , sortirait de

• Jernsalem . ce qui a fait dire an Sauveur que « le salut devait venir des Juifs » Et il était convenable que la nouvelle lumière dont les peuples plongés dans l'idolâtrie devaient un jour être éclairés , se répandit par tout l'univers , do lieu où elle avait toujours été. C'était en Jésus* Clirist , fils de David et d'Abraham, quo toutes les nations devaient être bénies et sanctifiées. Nous l'avons souvent remarqué. Maisnousn’avons pas encore observé la cause pour laquelle ce Jésus souffrant , ce Jésus crucillé et anéanti , devait être le seul auteur de la conversion des Gentils et le seul vainqueur de l'idolâtrie.

Saint Paul nous a expliqué ce grand mystère au premier chapitre de la première Epllre aux Corintliiens ; et il est bon de considérer ce bel endroit dans toute sa suite. • lx> Seigneur, dit-il *,

• m'a envoyé préicher l’Evangile, non par la sa- . gesse et par le raisonnement humain , de peur

' Il, 2.

■ ibiu. i, J, la, iB.

• IbiU.3.*.

1 Joan. IV. 22.

I 1 I. ror. I, 17. IB, 12, 20.

SUR L’HISTOIRE UNIVERSELLE

« de rendre inutile la croix de Jésus-Christ ; car la « prédication du mystère de la croix est folie à « ceux (pii périssent , et ne paraît un effet de la « puissance de Dieu qu’é ceux qui se sauvent, « c’est-à-dire, à nous. En effet , il est écrit ' : Je « détruirai la sagesse des sages , et je ivjctteral « la science des savants. Ou sont maintenant les « sages? où sont les docteurs? que sont devenus « ceux (pii recherchaient les sciences de ce siècle? « Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie le sagesse « de ce monde? » Sans doute, puisqu'elle n’a pu tirer les hommes de leur ignorance. Mais voici la raison (pié saint Paul en donne. C’est que « Dieu « voyant (pie le monde avec la sagesse humaine ne • l’avait point reconnu par les ouvrages de sa « sagesse, »» c’est-à-dire, par les créatures qu’il avait si bien ordonnées, il a pris une autre voie, et « a n^'solu de sauver ses fldcles par la folie de « la prédication ’ , » c’est-à-dire , par le mystère (le la croix , où la sagesse humaine ne peut rien comprendre.

Nouveau et admirable dessein de la divine providence ! Dieu avait introduit l'homme dans le monde, où, de quehiue côté qu’il tournât les yeux , la sagesse du Créateur reluisait dans la grandeur, dans la richesse et dans la disposition d’un si bel ouvrage. L’homme cependant l’a méconnu : les créatures, (pii se présentaient pour élever notre esprit plus haut, l’ont arrêté : l’homme aveugle et abruti les a servies ; et non content d’adorer l’oeuvre des mains de Dieu , il a adoré l’œuvre de ses propres mains. Des fables , plus ridicules (pic celles que l’on conte aux enfants, ont fait sa religion : il a oublié la raison; Dieu la lui veut faire oublier d’une autre sorte. Un ouvrage dont il entendait la sagesse ne l’a point touché; un autre ouvrage lui est présente, ou son raisonnement se perd , et où tout lui paraît folie : c’est la croix de JésusChrist. Ce n’e.st jKiint en raisonnant qu’on entend ce mystère; c’est « en captivant son intelligence sous l’obéis- « sance de la foi ; » c’est « en détruisant les raison- « nements humains, et toute hauteur (pii s’élève « contre la science de Dieu L »

En effet , que comprenons-nous dans ce mystère où le Seigneur de gloire, e.st chargé d’opprobres; où la sagesse divine est traitée de folie; où celui qui , assuré en lui-mème de sa naturelle grandeur, « n’a pas cru s’attribuer trop quand il « s’est dit égal à Dieu, s’est anéanti lui-mème -jusqu’à prendre la forme d’esclave, et à subir « la mort de la croix ■*? » Toutes nos pensées se

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