‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 100 sur 192 · II- iNsrrRücrioN pastorale · texte numérisé non relu

II- iNsrrRücrioN pastorale

< la doctrine, dont elle-mfmefDiuit profesaion le

• jour précédent : • il ne fallut ni effort ni violejice : toute i’figlise par elle-même se trouva catholique, c’cst-à-dire qu'elle se trouva dans son naturel ; et cependant ce ministre veut imaginer qu'elle avait perdu sa succession.

Mais, dit-il ■, ■ les ariens avaient vanté la cona-

■ tanteet paisiblepossessionde leurs dogmes, criant

■ à I.ibérius ; Vous êtes le seul : pourquoi neconi-

• muniez-TOUS pas avec toute la terre? ■

Encore un coup , mes cliers frères , on vous doit

plaindre, si vous êtes capables de croire qu’au temps que les ariens parlaient ainsi è Libérius, ils pussent se vanter de la constante et paisible possession de leurs dogmes. C’était en l’an J.M que ce pape eut avec l’empereur l’entretien célèbre où votre ministre leur fait tenir ce discours : il n’y avait pas encor* trente ans que le concile de Kicée avait été célébré i car il le fut, comme on sait, en 9ÏS : la foi de Nicéc vivait par toute l’Église ; il n’y avait pas douze ans que le grand concile de .Sardique, comme l’appelait saint Athannse, en avait renouvelé les dccn'ts ; ce concile était vénérable, pour avoir msseniblé trente-cinq provinces d’Orient et d’Occident, le pape à la tête , par scs légnts , avec les saints confesseurs qui avaient déjà été l’ornement du concile de Nicée. la- scandale de Rimini , où les ministres veidcnt croire que tout fut perdu , et que l’Église visible fut ensevelie, n’était pas encore arrivé, et ce concile ne fut tenu que douze ans apres l’an 33!). et l’année (|ui précéda la niortde Constance. Cependant on voudrait vous faire accroire que les ariens se glorillaient di-s-lors d'une constante et tranquitte possession de leurs dogmes, pendant que la résistance des orthodoxes, sous la conduite de saint Atbanase et des autres , était la plus vive.

31ais ils ne portaient pas si loin leur témérité : et voici ce qu'on objectait à Libérius : Je souhaite (c’est Constance qui lui parle ainsi), que cous rejetiez ta communion lie l’impic llhanase, puisque tout runicers , apr^s le concile (de Tvr), le croit condamnable • ; et un peu après -. tout tunirers a prononcé cette sentence , et ainsi du reste. Il s’agit donc simplement du fait de saint Atbanase; et encore que ce fdl en un certain sens attaquer la foi, que d’en condamner le grand défenseur : à ce seul litre, il y a une distance infinie entre cette affaire et la tranquille possession des dogmes de l’arianisme.

M.ais était-il vrai, du moins, que tout l’univers fdt condamné saint Atbanase? Point du tout. Constance abusant des termes, et tirant tout à son avantage, veut appeler tout le monde tout ce qui cédait à ses violences : il veut compter pour tout l’univers le seul concile de Tyr, où il avait ramassé les ennemis déclarés de saint Atlianase. Mais I.iliérius , nu contraire , lui demande un jugement légitime où Atbanase soit ouï avec ses accusateurs ; et bien éloigné de croire ipie tout le monde l’ail condamné, il SC promet la victoire dans ce jugement. Il n'y a donc

I y. p, — > Thcinl. Hiit. ecfi. lib. 11. Ctipf 16,

rien de plus eaptieox, ni vuiblemenlde plutÛNix, que cette tranquille possession du dogme arien.

Mzïs que dironsHious de la chute de Libérius et de la prévarication du concile de Rimini? L’I^lise cooserva-t-elle sa succession , lorsqu’un pape rejeta la communion d'Atlianase , communia avec les ariens , et souscrivit à une Confession de foi , quelle qu'elle soit, où la foi de Nicée était supprimée?

Pouvez-vous croire, mes frères, que la sucre», sion de rP.glise soit interrompue par la riiute d'un seul pape, quelque affreuse qu'elle soit, quand il est certain dans le fait que iui*méme il n’a cédé qu'à la force ouverte, et que de lui-méme aussi il est retourné à son devoir ? Voila deux faits impor* Unis qu'il ne faut pas dissimuler, puisqu'ils lèvent entièrement la difliculté. Le ministre répond sur le premier, que la violence qu'il souffrit fut légère ; et tout ce qu’il en remarque , c'est qu'il ne put supporter la privation des honneurs et des délires de Rome Il fait un semblable reproche aux évéqties de Rimini *. Mais fallait-il taire les rigueurs d'un empereur cruel , et dont les menaces traînaient après elles non-seulement des exils , mais encore des tourments et des morts? On sait, parle témoignage constant de saint Atlianase ^ et de tous les auteurs ' du temps, que Constance rép^indit beaucoup de saiiR ; et que ceux qui résistaient à ses volontés, sur ! le sujet de l’arianisme, avaient tout à craindre de sa colère, tant il était entête de cette hérésie. Je ne le dis pas pour excuser Libérius; mats afin qu'on sache que tout acte qui est extorqué par la force ouverte est nul de tout droit, et réclamé contre luiméiiip.

Maissi le ministre liésuise le fait de la cruauté de Constance , il se tait entièrement du retour de 1 .ibérius à son devoir. Il est certain que ce pape , après un égarement de quelques mois , rentr.i dans ses premiers sentiments, et acheta son pontificat, qui fut long , lié de communion avec les plus sainU évéques de l’Église, avec un saint Atbanase, avec un saint Basile, et les autres de pareil mérite et de même réputation. On sait qu'il est loué par s;nnt Épiphane 4, et par saint Ambroise, qui l'appelle par (leux fois le pape Liliérius de sainte mémoire et insère dans un de ses livres, avec cet éloge , un sermon entier de ce pape, où il célèbre hautement letrroité, la toutc-puissance, en un mot la divinité du Fils de Dieu , et sa parhiite égalité avec son Père. L'empereur savait si bien qu'il était rentré dans la profession publique de la foi de Nicée , qu'il ne voulut pas l'appeler au concile de Rimini, et craignit de pousser deux fois un personnage de cette autorité, et qu'il n’avait pu abattre qu'avec tant d'efforts.

Le ministre n’altère pas moins le concile de Rimini. II convientqu'il n'a été (imposé que des évéques d'Occident C’est donc d'abord un fait avoué, qu'il n’était pas œcuménique ; mais il ne fallait pas oublier qu'il ne fut pas même de l'Occident tout

« T. Il, p. 606. — * P. 696. — > ni Cotnt. elr. -

* Epiph. httf, lU, lin». Ep. 7t. — * .^mb. de f'irg. lib. Hi, enp I, n. », 1. — • T. Il , p. e»7 . etc.

sim LES PROMESSES DE L'ËGLISE.

entier, puisqtie Ton convient que le pepe , qui en est le chef particulier, pour ne point parler des autres évéques, nV fut pas même appelé Le second fait avoué, c>st que le premier décret de ce concile fut un renouvellement du concile de Nicée et de la condamnation desariens. I>e ministre passe en un mot sur un fait si essentiel , mais eofln il en convient Il ne fallait pas oublier la vive exhortation, que le concile fait à l’empereur, de ne plus troubler ta foi de i’flglise, ni alTaiblir le concile de Micée qui avait été assemblé par le grand Constantin, son père. Le ministre .sembleavoir peine à faire voir la sainte disposition du concile, tant qu'il agit naturellement et en liberté. Après vinrent les menaces et les fraudes. A la faveur des prnclamatinns, où l’on déclarait la génération éternellf du Fils de Dieu, non pas du néant , de son Père à qui il était Cüéternel , et né avant tous les siècles et tous /es fempx, on coula la trompeuse proposition, qu’// n'était pas créature, comme les autres rréatures I.,es évêques, que Ton pres.sait avec violence, à la réserve d'un petit nombre, ne furent pas attentifs au venin caché sous ces paroles , dont la malignité semblait effacée par le dogme précédent. Le ministre déguise ce fait, et semble ne vouloir pas le recevoir; mais il est constant , et nous verrons ailleurs ce qu'il en dit. Ce qu'il fallait le moins oublier, c'est que les évéques retournèrent dans leurs sièges, où, réveillés par le triomphe des hérétiques, qui se vantaient par toute la terre d'avoir enHn rangé le Fils de Dieu au nombre des créatures, en lui laissant seulement une faible distinction , ils gémirent d'avoir donné lieu par surprise, et sans y penser, ù ce triomphe de l'arianisme ; et c'est ce que saint Jérôme voulait exprimer par cette parole célèbre, que te monde avait gémi d'étre atien : c'était à dire, que tout s'était fait par surprise et non de dessein. Quoi qu'il en soit, ils revinrent tous à la profession de la foi catholique qu'ils avaient déclarée d'abord, et qu'ils portaient dans le cœur. Ce changement, qui est appelé par saint Ambroise leur seconde cor~ recthii *, fut aussi prompt qu'il était heureux; et ce Père dit expressément qu’//s récoquérent aussi' tôt ce qu’ils avaient fait contre l’ordre, ^ :

ce fait n'est pas contesté. Votre ministre avoue bien que les évêques revinrent manifestement et bientôt * ; niais il passe trop légèrement sur les circonstances :il ne devait pas taire que ce fut alors une question dansl'l^.glise, non passi ces évêques étaient ariens, car tout le monde savait qu'ils ne l'étaient pas, mais si on les laisserait dans l'épiscopat; ou 8Î, en tes dégradant, on les mettrait au rang des pénitents?. Mais les peuples ne voulurent (K>int souffrir qu'on leur ôtôt leurs évêques, dont ils connaissaient la foi opposée ù l'arianisme, et firent peneher rEglise au sentiment le plus doux. Le seul Lucifer, évêque de Cagüari en Sardaigne , se sépara de 1'!%glise par un zèle outré, à cause qu'elle conservait

‘ Soz. lib. tv,cop. 17,18. Theod. iib. U , cap, 32.—*/*. 48R, Air. — * Hier. Diat. adv. Luri/. eap. 7. — • .^mb. tib. I, dr Fid. eup. w, n* 132. — * Id. ep. Ub. i; ep. ixi, «* is. — ' T. Il . p. «17. — * Hier. adv. Lur(jk. cap. 7.

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