‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 104 sur 192 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

ET ABBBGB DE TOUT CB DiSCOUBS.

J’ose donc vous conjurer encore une fois de lire cette Instruction et l’Instruction précédente. Vous y trouverez la voie du salut et le repos de vos âmes dans les promesses de Jésus-Christ et de l'Évangile. Elles n’ont aucun einlnrras : tout y est clair , ou par les textes exprès de l’Écriture, ou par la seule exposition de notre doctrine, ou par l’aveu du ministre qui a voulu me combattre.

Puisqu'il est écrit que, pour éprouver la fol des chrétiens, H faut qu'il y ait des hérésies'; puis-

* /. Cur. XI, 19.

iLKVATIO^S SUR LES MYSTÈRES.

<|ü«, dès que Jfsus>Christ a paru dans le monde, il a été dit de lui qu7/ était mUpour être en butte aux contradictions ' , et que l'homme , ingénieux contre soi-méme, de\*ait épuiser la subtilité de son esprit à perrerUr en toutes manières les voies droites du Seigneur, avouez qu’il était de sa sagesse comme de sa puissance, de préparer un remède aisé, par lequel^ sans dispute et sans embarras, tout esprit droit pût connaître les schismes futurs. Le voilà dans la promesse de l'Evangile, qui exclut toute interruption dans la succession apostolique et dans l'extérieur de son Eglise. Par là l’intérieur est a couvert; puisque la prédication toujours véritable, et qui jusqu'à la fin des siècles ne cessera de passer de main en main et de bouche en bouche, aura toujours son effet au dehors par l’assistance de Jésus-Christ toujours présente. Voilà un caractère certain, qui jusqu’à la fin du monde notera les contredisants et les hérétiques.

Vous répondez : « On a tout, quand on a la « vérité : le salut est infaillible à ceux qui la possè- « dent; mais on n’a rien avec l’ancienneté, la suc- « cession et l'étendue, lorsque la vérité manque : ■ il faut donc chercher l'une , et se mettre peu « en peine de l’autre*. • Vous ne songez pas que Jésus-Christ a voulu mettre expressément la vérité à couvert, par l'assistance qu'il promet à la succession ; de sorte que quand vous dites, Ü/aut chercher l'une y et se mettre peu en peitie de (‘auire, c'est de m^ne que si vous disiez, U faut chercher la fin, et se mettre peu en peine des moyens donnés de Dieu pour y parvenir.

Mais, dites- vous ce remède est faible; l’autorité ne remédie point aux erreurs : il y a eu des divisions, dès le temps des apôtres : • si leur « autorité échoua dès le premier schisme, que fera « cellr des papes et des évéques? Arius, malgré « le condle qui lui dénonça un anathème étemel, « grossit son parti : » il en est de même des autres; comme qui dirait : La sévérité des lois n'einpéche pas qu'il n'y ait des vois et des massacres, donc ce remède est peu efficace. Que ferez-vous donc? Abandonnez tout; et parce qu’il y a des esprits superbes et contentieux qui résistent à tous les remèdes, cessez de les proposer aux simples et aux droits de cœur.

Mais, poursuit-on * , les apôtres o’avaient donc qu'à aller par toute la terre y faire lire dans te Symbole l’article de l'Église catholique, efo/U /e nom même ne se trouve pas dans Us écrits sacrés , et ils se sont tourmentés en vain à rechercher les prophéties; comme si choque chose n’avait pas sou temps, ou qu'il n’eût pas fallu établir l’Église catholique avant que d'en employer l'autorité.

C’est en vain qu'on tâche de l’affaiblir, en disant que le nom ne s‘en trouve pas dans Us écriti sacrés. Quoi qu'il en soit, il est gravé dans le cœur de tous les chrétiens ; et les protestants eux-mémesn’ont pu s’empêcher de professer, comme nous,

* /.UC. n, U. — * T. », p. &ia. — 3 7*. 73i, 735. 73#, 738 — • &îil , e(c.

la foi de l’Église eathoUquo avant toute discussion et tout examen.

On trouve de l'oeteotation dans les évêques et dans les curés, •* qui se voient les maîtres uoi- « quesde la religion; qui, ditH>n*, s’élèvent fort « au-dessus du reste des hommes , et qui veulent « qu’on les écoute comme autant d’apôtres iofail- « libles, dès le moment qu’ils portent le titre de ■ pasteurs. • Il est vrai , il y aurait là une ostentation énorme; mais, par malheur pour les protestants, elle n’est que dans leurs discours. Les évéques ne se croient inattres ni auteurs de rien : toute leur gloire est d’enseigner ce qu'ils ont reçu de ceux qui les précédaient : on n’a jamais besoin d'aller bien loin pour trouver le novateur; e'est un fait toujours constant ; nous avons dit plusieurs fois * que, dans l’Église catholique, nul ne se montre soimême en particulier, ni ne veut donner son nom à son troupeau ; tous montrent l'Église et tes promesses qu'elle a reçues en corps ; ce n’est pas présumer de soi , ni s’attirer une gloire vaine , que de mettre sa confiance aux promesses de Jésus Christ; et il est visible par le discours du ministre , qu’il n’a pu nous imputer de l’ostentation qu'en altérant tous nos sentiments.

Si l’on était demettré dans cette règle, si tout le monde avait noté ceux qui sont sortis de la ligne de la succession, il faut avouer qu’il n’y aurait eu ni schisme ni hérésie , dont la source de tout le mal sera éterneHemenl qu’il y a eu et qu’il y aura des esprits superbes , qui veulent se faire un nom , qui adorent les inventions de leur esprit, et se séparent eux-mémes.

Page 1