Acte* de foi H cTunoar sur tontes ors ehotet
Vous êtes tout puissant, ô Dieu de gloire! J’adore voire immense et volonUiire libéralité. Je passe tous les siècles, et toutes les évolutions et révolutions de l.i nature : je vous regarde comme vous étiez avant tout eommeucement et de toute elermtc; c’est-à-dire que je vous regarde comme vous Otes : car vous êtes ce que vous étiez; la créature a cliangé ; mais vous , Seigneur, vous êtes toujours ce que vous êtes. Je laisse donc toute créature, et je vous regarde comme étant seul avant tous les siècles. O la belle et rielie aumùne que vous avez faite en créant le monde! Que la terre était pauvrcsous les eaux, et qu’elle était vide dans 5.1 secheresse, avant que vous en eussiez fait germer les plantes, avec tant de fruits et de vertus differentes; avant la naissance des forêts; avant que vous 1 eussiez comme tapissée d’herbes et de Heurset avant encore que vous l’eussiez couverte de tant d animaux! Que la mer était pauvre dans la v.iste amplitude de son sein, avant qu’elle eilt été faite la retraite de tant de poi.ssons! Et qu’y avait-il de moins animé cl de plus vide que l’air, avant que vous y eussiez répandu tant de volatiles .’ Mais combien le ncl même était-il pauvre, avant que vous I eussiez semé d’étoiles , et que vous y eussiez allumé le soleil pour présider au jour, et la lune pour présider a la nuit! Que tüiile la masse de l'univers était informe, et que le cliaos eu était affreux et piuvre, lorsque la lumière lui manquait! Avant tout cela, que le néant était pauvre, puisque ce n était qu un pur néant! Mais vous , Seigneur, qui étiez , et qui portiez tout en votre toute-puissanw : vous n avez fait qu’oiicrir voire main, et cous W7. rempli de hênétlicUon < le ciel et la terre.
O Dieu ! que mon diiic est pauvre ! C’est un vrai neaut d où vous lirez peu à peu le bien que vous voulez y répandre; ce n’est qu’un chaos, avant que vous ayez commencé à en débrouiller toutes les pensées. Quand vous commencez par la foi à y faire poindre la lumière; qu elle est encore imparfaite, jusqu’à ce que vous l’avez formée parla chanté; «que vous qui êtcsle vrai soleil de justice
'la" • '««s "'oyez embrasé de
. otre amour! é Dieu! soyez loué à jamais par vos Kopres œuvres. Ce u’est pas assez de m'avoir illu-
* /*». fxiir. 16.
miné une fois; sans votre secours je retombe dans mes premières ténèlires. Car le soleil même est toû- «i'i'il éclaire, afin qu’il demeure ccJaire : combien plus ai-je besoin que vous ne cessiez de ni illuminer, et que vous diiez toujours : Qt/e la lumicre soit /aile!
Mf ÉLÉV.ATION.
L'oitlre dea ouvrages de Dieu.
Dieu a fait le fond de son ouvrage. Dieu l’a orné nieii y a nus la dernière main. Dieu s’est rennsé’
Quand 11 a fait le fond de son ouvrage , e’estl^' dire eu confusion le ciel et la terre, l’air et les eaui il n «t point dit qu’il ait parlé. Quand il a rom’ mencé à onier le monde, et à mettre l’ordre Ta distinction et la beauté dans «,n ouvrag™ c’est Mors qu’il a fait paraître sa parole. D/e,, „ rf,T.
d^o"resTe!“'""‘" '• Et ainsi
La parole de Dieu, c’est sa sagesse; et la s-i gesse commence à paraître avec l’ordre, la distine-
turcs corporelles , est la première qui porte son impression. Igi sagesse est la lumière des esprits- Pi' gnoranceest comparée aux ténèbres. Sans la lumièrl tout est difforme, tout es. confus; c’esi elle T. première embellit et distingue les objecs par l’éelaT quelle J répand, et dont, pour ainsi dirrelle les ^mt et les dore. Paraissez donc, lumière , la plu^ telle des créatures matérielles, et celle qui emtellissez toutes les autres; et faites voir que votre auleur est toute luinière en lui-même; que la lumière esl le vêtement dont il séparé : ,imictus tumtne sicut cestmento ■ : que la lumière qu'il habite est inoccejj/WfJenelIc-mêine; mais qu’elle s’étend quand il lui plaît, sur les natures in.elbgenœr e’t se tempere pour s’accommoder à de faibles veux • qu il est beau et embellissant; qu’il est éclatmit et éblouissant; lumineux, et par sa lumière obscur et impénétrable, connu et inconnu tout ensemble Pa raissez, encore une fois, belle lumière, et faite* voir que la lumière de l’intelligence prévient et di! rige tous les ouvrages de Dieu. Lumière èteriœlle je vous adore, J'ouvre à vos rayons mes yeux aveuT gles je les ouvre et les baisse tout ensemble , n’osant mèloigiier mes regards de vous, de peur de omber dans I erreur et dans les ténèbres; ni aussi les arrêter trop sur cet éclat infini, de peur que
Cestà la faveur de votre lumière que je vois naître la lumière dans le monde, et que, suivant vos ouvrages. J’en vois croître peu à peu la perfec! lion , jusqu a ce que vous y mettiez une fil, heureuse et digne de vous, en créant l’Iiomme, le speo
* Cfti. I, 3, * Pt, nii 5 __ J / ’F-
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTERES
tateur et Vadmirateur de tous vos ouvrages, et le seul qui peut profiter de tant de merveilles. Après t*ela que vous restait-il que le repos , pour montrer que votre ouvrage était parfait , et qu’il n’y avait plus rien à y ajouter ?
Béni soyez-vous, d Seigneur, dans le premier jour de lumière , où parut la création de la lumière ; et tout ensemble le symbole du jour que vous deviez sanctifier dans le nouveau Testament, qui est le dimanche , où reluit tout ensemble , et la lumière corporelle dans celte parole : Çue la lumière soit faite* : et la lumière spirituelle dans la résurrection du Sauveur, et dans la descente du Saint-Fsprit , qui a commencé à faire naître dans le monde la lumière de la prédication apostolique.
Que ce soit donc là notre premier jour : que ce jour nous comble de joie : que ce soit pour nous un jour d’allégresse et desanctilication, où nousdirons avec David : C’est ici lejour que le Seigneur a fait; réjouissons-nauty et tressaiHons d'aise en te jour*. C’est lejour de la Trinité adorable : le Père y parait par la création de la lumière ; le Fils par sa résurrection , et le Saint-F^prit par sa descente sur ses apdtres. O saint jour, 6 jour lieureux! puisses-tu être toujours le vrai dimanche, le vrai jour du Seigneur, parnotre fidèle observance; comme tu l'es par la sainteté de ton institution.
Voilàquelest notre premier jour. Mais n’oublions « pas le sixième , où l’homme a été créé. Ne nous réjouirons-nous pas en ce jour de notre création? Elle nous est devenue bientôt malheureuse , et |>eut-étre a ce été celui de notre clui^ ; du moins est-il bien certain que celui de notre chute l’a suivi de près. Mais admirons le mystère : lejour où le premier homme , le premier Adam a été créé, est le même où le nouvel homme, le nouvel Adam est mort sur la croix. C'est dune pour l'f^glise un jour de Jeûne et de deuil dans toutes les générations suivantes : jour qui est suivi du triste repos de Jésus-Clirist dans le sépulcre, et qui pourtant est plein de consolation par l'espérance de la résurrection future.
O homme ! vois dans ce sixième jour ta perte heureusement réparée par la mort de ton Sauveur. Renouvelle donc en ce jour la mémoire de la création, et In figure admirable de la formation de l'Eglise, par celie d'Eve notre mère, et la mère de tous les vivants.
O Seigneur! donnez-moi la grâce, en célébrant la mémoire des six jours de votre travail, de parveniràceluide votre repos, dans un parfait acquiescement à vos volontés : et par ce repos de retourner à mon origine, en ressuscitant avec vous, et me reu’iant de votre lumière et de votre gloire.
Ville ÉLÉVATION.
L'aft&btance üe U divine sagesse dans la créaUon de Tunhen.
11 n’y a ici qu’à lire ce bel endroit des Proverbes où la Sagesse incréée parle ainsi : Le Seigneur
• <;«!. I, 3. — * Ps. c\VM,2t. —3 Prov. VUI, 22, 2a, -ii, etc.
m'a possédée y m*a engendrée au commencement de ces voies. Je suis moi-même ce commencement, étant l’idée ouvrière de ce graïul artisan , et le modèle primitif de toute sonarchitecture.il m’a engendrée dès le commencement, et avant qu'il eût rien fait. Avant donc tous ces ouvrages j'étais, et j’étais par conséquent de toute éternité , puisqu’il n’y a que l’élernîté avant tous les siècles. De toute éternité j'ai été ordonnée, selon la Vulgate : j’ai été le commandement et l'ordre même de Dieu, qui ordonne tout. J'ai été fondée , disent les Septante : j’ai été l'appui et le soutien de tous les êtres, et la parole par laquelle Dieu porte le monde, fai eu la primautéytaprincipauté, ta sourerainetésur toutes ctMsesy selon l’original hébreu. J’ai été dés te cornmencementy et avant que la terrefiU. Lesabtmesn’étaientpasencoreyet moi j’étais déjàeonruey déjà forméedans le sein de Dieu, et toujours parfaite. Devant qu'il eût fondé les montagnes avec leur masse pesante; devant les collines et les co/«i«x, j'étais enfantée. Il n'avait point fait ta terre ni les lieux habitables et inhabttableSy selon les Septante ; ni ce gui tient ta terre en état, et ce qui l'empêche de se dissiper etipoudrey selon l’hébreu ; selon la Vulgate, les gonds et les soutiens de ce ioufd et sec élément J'étais avec lui, non pas seulement quand il formait, mais encore quand il préparait les cleue, quand ii tenait tes eaux en état , et les formait en cercle, avec son compas : quand il élevait les deux : quand il affermissait la source des eaux, pour couler éternellement et arroser la terre : quand il faisait la loi à ta mer, et ta renfermât dans scs bornes : quand ii affermissait la terre sur set fondements , et la tenait balancée par un contrepoids : j’étais en iuietavec tui, composant, nour^ rissant, réglant et gouvernant toutes choses; me réjouissant tous tes jours, et disant à chaque jour avec Dieu que tout était bon , et me jouant en tout temps; me jouant dans Tunivers par la facilité, la variété et l’agrément des ouvrages que je produisai.s : magnifique dans les grandes choses, industrieuse dans les petites; et encore riche dans les petites, et inventrice dans les grandes. Et mes délices étaient de converser avec tes enfants des hommes : formant riiomiuc d'une manière plus familière et plus tendre, comme la suite le fera paraître; car l’homme mérite bien sa méditation particulière, que nous ferons dans les jours suivants.
Cependant, admirons l'ouvrage de la sagesse de Dieu, assistante et coopérante avec sa puissance. Louuns-le avec le Sage, et mettons en abrégé toutes ses louanges, en disant encoreavec lut : LeSeigneur a fondé la terre avec sa sagesse; son intetligence a établi tes deux, les abtmes sont sortis toussa conduite; et c’est par elle que la rosée s'épaissit en nuages
Concluons : Dieu a orné et ordonné le monde par sa parole ; c’est dans l'ornement et dans l’ordre que Popération de sa parole et de sa sagesse commence à paraître, lors(|u’il a mis la distinction et la beauté
* Prtn'. III,
OiQitizeu uy
ÉLÉVATIONS STIR LES MYSTÈRES
tfan< Tunivers. Ce n'est pas que Dieu n'en ait fait le fond, comme l'ordre et l'ornement, par sa sagesse. Car, comme nous avons vu, si la sagesse seule pouvait ordonner et former le monde, elle seule pouvait aussi le rendre capable d'ordre et de forme. On attribue donc principalement à la parole et à la sagesse l'ordre et l'ornement de Tunivers : parce que c'est où son opération parait plus distincte et plus propre. Mais, au reste, il faut dire avec saint Jean : Le f'erbe éiaitau comnxei\cen\enX ; par lui tout a été fait ; et rien n'a été fait $ans lui ' . Par lui donc ont éié faits le ciel et la terre, a vec tout leur ornement *. Tout l'ouvrage de Dieu est plein de sagesse ; et la sagesse nous en doit apprendre le bon usage.
I.e premier l>on usage qu'on en doit faire , c'est do Jouer Dieu par ses oeuvres. Chantons-lui donc ici en actions de grâces le cantique des trois enfants; et, invitant tous les ouvrages de Dieu à le bénir, Unissons en nous y invitant nous-mêmes , et eu disant par- dessus tout : O enfants des hommes , 6c- Htssez le Seigneur! Qu’Israél bénisse le Seigneur : bénhsez-le , vous gui êtes ses ministres et ses sacr{fivateurs : bénissez-ie , serviteurs du Seigneur : âmes des justes, bénlssez-le: bénissezde^ ô cous tous qui êtes saints et humbles de aew'i loue^le et CexaUezaux siècles des siècles. .4men^.