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ÉLEVATIOISS SUR
J'adore donc la miaéricorde qui les a faits heu> reux en 1m faisant persévérants; et, appelé par votre apdlre au témoignage des anges éius ' , je reconnais en eux comme en nous votre élection , en laquelle seule ils se glorifient. Car si je disais qu'ils se glorifient , pour peu que ce fût , en eux-mémes, je craindrais , Seigneur (et pardonnez*moi si Je l’ose dire), je craindrais, en les rangeant avec les déser> leurs, de leur en donner le partage.
Mais quoi donc , a-t«il manqué quelque chose aux mauvais anges du côté de Dieu ? Loin de nous cette pensée! ils sont tombés par leur libre arbitre. Ct quand on demandera ; Pourquoi Satan s’cst-il soulevé contre Dieu ? la réponse est prête : C'est pariée qu'il l’a voulu. Car il n'avait point comme nous à combattre une mauvaise concupiscence qui rentrajaôt au mal comme par force : ainsi sa ro> lonté était parfaitement libre ; et sa désertion est le pur ouvrage de son libre arbitre. Et les saints anges , comment ont-ils persévéré dans le bien ? Par leur libre arbitre sans doute, et parce qu'ils l'ont voulu. Car n'ayant point cette maladie de la concupiscence, ni cette inclination indélibérée vers le ma) dont nous sommes tyrannisés, ils n'avaient pas besoin de la prévention de cet attrait iodélibéré qui nous incline vers le bien , et qui est , dans les hommes enclins à mal faire, le secours médicinal du Sauveur. Au contraire , dans un parfait équilibre la volonté des saints anges donnait seule , pour ainsi parler, le coup de l'élection; et leur choix que la grâce aidait, mais qu'elie ne déterminait pas, sortait comme de iui-méme par sa propre et seule détermination. Il est ainsi, mon Dieu; et il me semble que vous me faites voir cette liberté dans la notion que vous me donnez du libre arbitre, lorsqu'il a été parfaitement sain.
Il était tel dans tous les anges; mais cq>endant ce bon usage de leur libre arbitre, qui est un grand bien, et en attire un plus grand encore, qui est la félicité éternelle , peut-il ne pas venir de Dieu? Je ne le puis croire ; et je crois , si je l’ose dire , faire plaisir aux saints anges , en reconnaissant que celui qui leur a donné rctrecommeà nous, la vie comme à nous, la première grâce comme à nous, la liberté comme à nous, par une action particulière de sa puissance et de sa bonté , leur a donné comme à nous encore, par une action de sa Imnté (Kirticulière, le bon usage du bien , c'est-à-dire le bon usage de leur libre arbitre , qui était un bien , mais ambigu , dont on pouvait bien et mal user , que Dieu néanmoins leur avait donné : et combien plus leur a-t-il donné le bien dont on ne peut pas mal user, puisque ce bien n’est autre chose que le Iwii usage } Tout vientde Dieu ; et l’ange , non plus que l’homme , n‘a point à se glorifier en lui-méme ' par quelque endroit que ce soit; mais toute sa gloire est en Dieu. Il lui a donné la justice commencée; et à plus forte raison la justice persévérante , qui est plus parfaite comme plus heureuse, puisqu'elle a pour sa récompense cet immuable aHermjssen>ent
» /. Tim. V, 21. - * /. Cor. i, 3|.
LES MYSTÈRES. r.47
de la volonté dans le bien , qui fait la félietté éternelle des justes.
Oui, saints anges, je me joins à vous, pour dire à Dieu que vous lui devez tout , et que vous voulez lui tout devoir, et que c'est par là que vous avez triomphé de vos malheureux compagnons; parce que vous avez voulu tout devoir à celui à qui vous deviez l’être, la vie et la justice; pendant que ces orgueilleux , oubliant ce qu'ils lui devaient, ont voulu se devoir à eux-mémes leur perfection , leur gloire, leur félicité.
Soyez heureux, saints anges. Venez à notre secours. Périssent en une nuit , par la main d'un seul de vous , les innombrables armées de nos ennemis ’ ! périssent en une nuit, par une semblable main, tous les premiers nés de l'Égypte, persécutrice du peuple de Dieu *!
Saint ange , qui que vous soyez , que Dieu a commis à ma garde , repoussez ces superbes tentateurs, qui pour continuer- leur combat contre Dieu, lui disputent encore rbomme qui est sa conquête, et vous le veulent enlever. O saint ange, puissant protecteur du peuple saint , dont vous ojfrez à Dieu tes prières comme un encens agréable ^ ! O saint Micliel, que je puisse dire sans lin avec vous : Qui est comme Dieuf O saint Gabriel , qui êtes ap^é la force de Dieu , vous qui avez annoncé à Marie la venue actuelle du Clirist^, dont vous aviez prédit à Daniel l'arrivée future^, inspirez-nous la sainte pensée de profiter de vos prédictions. O saint Raphaël I dont le nom est interprété la médecine de Dieuî guérissez mon âme d’un aveuglement plus dangereux que celui du saint homme Tobie : liez le démon d’impudicité, qui attaque les enfants d’Adam , même dans la sainteté du mariage ^ : liez-le , car vous êtes plus puissant que lui, et Dieu même est votre force. Saints anges, tous tant que vous êtes qui voyez la face de Dieu ? , et à qui H a corninandé de nous garder dans toutes mos cotes * , développez sur notre faiblesse les secours de toutes les sortes que Dieu vous a mis en main pour le salut de ses élus, pour lesquels il a daigné vous clablir des esprits administrateurs^.
O Dieu! envoyez-nous vos saints anges : ceux qui ont sei^i Jésus-Christ après son jeûne: ceux qui ont gardé son sépulcre, et annoncé sa résurrection : . celui qui l’a fortifié dans sou agonie" : car Jésus- Christ n'avait pas besoin de son secours pour luimême ; mais seulement parce qu'il s’était revêtu de notre faiblesse; et ne sont les membres infirmes que cetangeconsoldteur est venu fortifier en la personne de leur chef.
Sur ta dignité de la nature bumaine. Créalloo de rhoimor.
/ ’ous Tares abaissé un peu athdessous de l'ange : vous l'avez couronné d'honneur et de gloire
• ty, Heÿ. XIX, 35. /*. XXWll, 3e. — * Ezoâ. XII, 40. —
* /4poc. VIII, 3. — * /, MC. r, 24t. — * Dan. X, 3,22, £J, tJr. —
* Tob. y, 17. 41, 27. VIII, 3. XI, 13, U. IS. — * Mallh. |i|,