‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 109 sur 192 · Pt. xr, li. —* H b. I. H- — rv, i». \x\iji · texte numérisé non relu

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2, " Luc. XXII, i3.

ÉLÉVATIOIVS SUE LES MYSTÈBBS.

et rota ravtzprépoté à tous le» oucrage» de oot main» Cest ce que diantait David en niéinoire delacréalioadeniomine. Et il est vrai que Dieufa mi» un peu au-dessous des anges: au^Jessous; car uni à uii cor|jtt , il est io£érieur à ces esprits purs : mais seulement un peu au-dessous ; car comme eux il a la vie et rintelligeoce et Tainour; et Tliomme n*est pas heureux par la participation d'un autre bonlieurque celui des anges : Dieu est la commune félicité des uns et des autres ; et de ce côté , égaux aux anges, leurs frères* et non leurs sujets, nous ne sommes qu'im peu au-dessous d'eux.

f ous Cacez couronné d'honneur et de gloire , aelou l'âme et selon le corps. Vous lui avez donné la justice, la droiture originelle, rimmortalité, et Teinpire sur toute la créature corporelle. Les anges n'ont pas besoin de ces créatures , qui ne leur sont d’aucuB usage, n’ayant point de corps. Mais Dieu a introduit l'homme dans ce monde sensible et corporel, pour le coDlcmpler et en jouir. Le contempler, selon que David le venait de dire par ces mots ; jTe verrai vos deux, gui sont l'œuvre de vos doigts : ie verrai la lune et les étoiles , que vous avez fondées^ ^ au milieu de la liqueur immense qui les environne, et dont vous avez réglé le cours par une loi d'une inviolable stabilité. L’homme doit aussi jouir du monde, selon les usages que Dieu lui en aprescrits;du soleil , de la lune et des étoiles, /loifr distinguer les Jours , les mois , les saUons et les annéesK Tout le reste de la nature corporelle est soumis à son em|Mre; il cultive la terre et la rend f^coode : il fait servir les mers à ses usage» et à son commerce ; elles font la communication des deux mondes qui- forment le globe de la terre : tous les animaux reconnaissent son empire, ou parce qu'il les dompte , on parce qu’il les emploie à divers usages. Mais le p^é a af&ibli cet empire , et ne nous eu a laissé que quelques malheureux restes.

Comme tout (ievaife être mis en la puissance do Vhomme, Dieu le crée apres tout le reste, et l'introduit dans l’univers, comme on introduit dans la salle du festin celui pour qui ié se fait, après que toutest prêt, etque les viandessontservies.L’homme est le complément des couvres de Dieu : et après l’avoir fait comme son chef-d'eeuvre , il demeure en repos.

Dieu honore l’Iiomme : pourquoi se déshonoret-il lui-même, en se rendant semblable aux bêles sur qui l’empire lui est donné?

Sur )r« UnxolArtt^ de la eréailoii de rhomme. Prrmièfe atocuIôrUe duos ce» parole» : faiauna l'hummt.

Uomne animal, qui te ravilis jusqu'à te rendre semblable aux bétes^^ et souvent te mettre dessous et envier leur état , il faut aujourd'hui que tu comprennes ta dignité pas les singularités admirables de ta création. La première esLd'avoir été fait, non poiiit comme le reste des créatures par une parole

*P».viy,«,7 xix.io. vui.O- — * Pi vu, i-

— t 6Va I, It. — * Pi. si.tiii, U, ai. — * lUà.

de coinmandemoit : fiai , que cela soU : mais ptr une parole de conseil : fadamus, faisons *. Dieu prend conseil en lui-même comme allant faire un ouvrage d'une plus haute perfection, et pour ainsi dire d’une industrie particulière, où reluisît plus exoeHemment la sagesse de son auteur. Dieu n'avait rien fait sur la terre ni dans la nature sensible , qui pùt entendre les beautés du monde qulW avait bâti , ni les règles de son admirable architecture : ni qui pdt s'entendre soi-même, à Texemplede son créateur; ni qui de soi-même se p^ elever à Dieu, et en imiter rifitelbgence et l'amour, et comme lui être lieureux. Pour donc créer un si bel ouvrage. Dieu consulte en loi-même ; et voulant produire un animal capable de conseil et de raison, il appelle en quelque manière à son secours, parlant à un autre luimême, à qui il dit : Faisons; qui n’est donc point uae chose faite, mais une diosequi fait commelui , et arec lui ; et cette chose ne peut être que son Fils et son étemelle sagesse , engendrée éternellement dans son srin, par laquelle et avec laquelle U avaK à la vérité fait toute chose; mais qu’H déclare plus expressément en faisant Hiomme.

Gardons-nous donc bien de noos laisser entraîner aux aveugles impulsions de nos passions, ni à ce que le monde appelle hasard et fortune. Kous sommes produits par un conseil manifeste; toute la sagesse de Dieu’, pour ainsi dire, appelle. Ne eroyeiis donc pas que les choses humaines puissent aller un seul moment h l'aventure : tout est régi dans le noonde par la Providence : mais surtout ce qui regarde les liomnoes est soumis aux dispositions d'une sagesse occulte et portieulière ; parce que, de tous les ouvrages de Dieu, l'homme est celui d'oè son ouvrier veut tirer leplus degloire. Soyons doue toujours aveuglément soumisà ses ordres, et mettons là toute notre sagesse. Quoi qu’il nous arrive d'imprévu, de biaarre ei d'icrégiilier en apparence, souvenons-nous de cette parole: Faisons l'homme; et du conseil particulier qui nous a donné l’être.

Seconde dUllocUon de b création de l'homme : dan» on parole» , à notrt image et nutmblattce.

Faisons l'homme à noireimageei ressembtanee *. A ces admirables paroles , élève-toi au-dessus des oieux , et des deux des cieux , et de tous les esprits célestes, âme raisonnable, pfiisque Dieu t'apprend que , pour te former, il ne s'est pas proposé un autre modèle que lui-même. O n'est pas aux deux ni aux astres, ni au soleil, ni aux anges mêmes, ni aux archanges, ni aux séraphins, qu’il te veut rendre semblable : Fedsons, dit-il, o notre image : et pour inculquer davantage : Faisons à notre ressemblance : qu’on voie tous nos traits dans cette belle créature , autant que la condition de la créature le pourra permettre.

S'il fautdistinguer ici l’image et la ressemblance; ou si c'est, comme on vient de le pvoposar, pour

» CtH. ». 5s.

OÎQiiiz^tinj u>

ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTERES

Inculquer davantage cette vérité , que Dieu emploie ces deux mots à peu près de même force , je ne sais si on le peut décider. Quoi qu'il en soit, Dieu ex> prime ici toutes tes beautés de la nature raisonna* ble , et à la fois toutes les richesses qu'il lui a don* nées par sa grdee : entendement, volonté, droiture, innocence, claire connaissance de Dieu, amour infus de ce premier être, assurance de jouir avec lui d'une même félicité , si on eût persévéré dans la justice où l'on avait clé créé.

Chrétiens, élevons-nous à notre modèle, et n'aspirons à rien moins qu’a imiter Dieu. Soyn m/xérkordieux t dît le Fils de Dieu , comme votre Père eéiesU est miséricordieux '. Dieu est l>on par sa nature ; il ne faitque le bien, et ne fait du mal à personne que forcé. Ainsi, /a/sons du bien a tant le mondes et nhéme à tous nos ennemis , comme Dieu, f/ui Jait luire son soleil sur les bons et sur les mauenis, et pleut sur te champ du juste comme sur celui du pécheur *. Dieu est indulgent , et s’apaise aisément envers nous, in.ilgré notre malice : pardonnons à son exemple. Il est saint : Soyez saints comme je suis saint t mol te Seigneur votre Dieu^. Kn un mot, il est parfait : Soyez pafaits ^ comme votre i*ére céleste est parfait *. Qui peut atteindre à la perfection de ce modèle? Il faut donc croitre toujours , et ne se donner aucun repos, ni aucun relâdie. C'est pourquoi saint Paul s’avance toujours dans ta carrière : oubliant ce qu’W hissait derrière , et ne cessant de s’étendre en avant * par de nouveaux et continuels efforts. Pesez toutes ces paroles, cet oubli, cette extension, cette infatigable ardeur. C’est au liout d'une telle course qu’on fronre ta ronronne et te prix proposés par la vocation dirine en Jésus-Christ. Que nul chrétien ne s'imagine être exempt de ce travail; ou que cette perfection ii'cst pas pour lui. Cette voie demande, dit saint Aiiguslin, des gensgi/l marchent sans cesse; e//e ttesmf fre pas ceux qui reculent; elle ne souffre pas ceux qui se détournent ; enfin elle ne souffre }His ceux qu’i s'arrêtent^ jnyur jieu que ce soit. Kn quelque point qu'ils s'arrêtent , là les prend l'orgueil , là les prend la paresse : ils pensent avoir avancé , ou avoir fait quelque chose; et, dans ce relâchement, leur pesanteur naturelle les entraîne en bas et il n'y a plus de ressource.

L’Inage de la Trinité dans TAme raisonnable.

Faisons l’homme ^ : nous l'avons dit , à ces mots l'image de la Trinité commence à paraître. Elle reluit magniflqueinent dans la créature raisonnable: semblable au Père , elle a l'être : semblable au Fils , elle a l'intelligence : semitlable au Saint-Esprit , elle a l’amour : semblable au Père, au Fils et au Saint- Esprit , elle a dans son être , dans son intelligence , dans son amour, une même félicite et une même vie. Vous ne sauriez lui en rien êter, sans lui ôter tout. Heureuse créature, et parfaitement semblable, si elle

' Lhc. VJ. afl. — ’ Matth. V, 41, 4S. — * /.«’</. XI*, î. — • Malt. V, 4s. — 5 PMipp. III, la, H. — * Oeit. I, 'JS.

s'occupe uniquement de lui. Alors parfaite dans son être, dans son intelligence, dans son amour, elle entend tout c« qu’elle est, elle aime tout ce qu'elle entend : son être et ses opérations sont inséparables : Dieu devient la perfection de son être, la nourriture immortelle de son intelligence, et la vie de son amour. Elle ne dit comme Dieu qu'une parole , qui comprend toute sa sagesse : comme Dieu, elle ne produit qu'un seul amour, qui embrasse tout son bien : et tout cela ne meurt point on elle. La grâce survient sur ce fond, et relève la nature i la gloire lui est montrée, et ajoute son complément à la grâce. Heureuse créature , encore un coup , si elle sait conserver son bonheur! Homme , tu l'as perdu. Où s'égare ton intelligence, où se va noyer toit amour? Hélas! hélas! et sans Ou hélas! reviens à ton origine.

Mil** I LÊV.ATION.

LVmpire de riiomme »ur tol-inéme.

Faisons l’homme à notre image et ressemblance ^ afin qu’il commande aux poissons de la mer, aitr oiseaux du ciel , aux bêtes et à toute la terre , et àiouteequise remue ou rampe dessus' .'Ttolsltnw caractère particulier de la création de l’homme : c'est un animal né pour le commandement : s'il commande aux animaux, à plus forte raison se commande-t-il à lui-même, et c’est en cela que je vois reluire un nouveau trait de la divine ressemblance. L’homme commande à son corps, à ses bras , à ses mains , à ses pieds ; et dans l'origine nous verrons jusqu'à quel point tout était soumis à son empire. Il lui reste encore quelque chose du commandement absolu qu'il avait sur ses passions. Il commande à sa propre intelligence, qu'il applique à quoi il lui plaît ; à sa propre volonté par conséquent, à cause de son libre arbitre, comme nous verrons bientôt : à ses sens intérieurs et extérieurs, et à son imagination qu'il tient captive sous l'autorité de la raison, et qu'il fait servir aux opérations supérieures. Il modère les appétits qui naissent des images des sens ; et dans l’origine il était maître absolu de toutes ces choses. Car telle était la puissance de l’image de Dieu en l'âme, qu'elle tenait tout dans la soumission et dans le respect.

Travaillons à rétablir on nous-mêmes l'empire de la raison : contenons les vives saillies de nos pensées vagabondes; par ce moyen nous commanderons en quelque sorte aux oiseaux du ciel. Empêchons nos pensées de ramper toujours dans les nécessités corporelles, comme font les reptiles sur la terre ; par ce moyen nous dominerons ces bas sentiments, et nous en corrigerons la bassesse. Ceux-là s'y laissent dominer, qui, toujours occupés de leur santé , de leur vie mortelle , et des besoins de leurs corps, sont plongés dans la chair et dans le sang, et se remuent sur la terre à la manière des reptiles ; c’est-à-dire, qu'il.x n'ont aucuns mouvements, que ceux qui sont terrestres et sensuels. Ce sera dompter des lions que d’assujettir notre impétueuse colère.

■ CtH. I, 3C.

KIÆVATIONS Sim LES MYSTÈRES.

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