‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 110 sur 192 · OSO · texte numérisé non relu

OSO

Nous dominerons lesaniinaux venimeux, quand nous saurons réprimer les haines, les jalousies et les mé* disanees. Nous mettrons le frein à la bouche d*un cheval fougueux , quand nous réprimerons en nous les plaisirs. Quelle nécessité de pousser plus loin la similitude , ni de nous appliquer celle des poissons ? ISoiis pourrons dire seulement que leur caractère particulier est d’étre muets, de ne respirer jamais l'air, et d'étre toujours attachés à un élément plus grossier, ’fels sont ceux qui , possédés du dfmon Siurdet muet*^ n’écoutent pas la prédieati«)n de l’Évangile, et sont empêches p.ir unemauvaise honte de confesser leurs péchés. Ils sont toujours dans des sentiments grossiers, et entrevoient à peine la ininièredu soleil. Sortons de ces mouvements charnels, où nous nageons, pour ainsi parler, par le plaisir que nous y prenons; nous exerçons une espece de basse liberté, en nous promenant d'une passion à une autre, et ne sortant jntnais de cette basse sphère, pour ainsi parler, iiîdecet élément grossier. Quoi qu’il en soit , dominons en nous tout ce qu'il y a d'animal, de volage, de rampant. S'il se faut servirde notre imagination, que ce soit en l'épurant de toutes pensées corporelles et terrestres, et l'occupant saintement des niy.stères de Jésus-Christ, des exemples des saints, et de toutes les pieuses représentations qui nous sont offertes par l'Ecriture; non pour nous y arrêter, mais pour nous élever plus haut, après en avoir tiré le suc, c'est-à-dire, les instructions dont nos Âmes se doivent nourrir ; par exemple, des mystères de la vie et delà passion de notre Seigneur, l'esprit de pauvreté, de douceur, d’humilité et de patience.

Pour donc corriger l’abus et l’égarement de notre imagination vagabonde et dissii>ée, il la faut remplir d'images saintes. Quand notre mémoire en sera pleine , elle ne nous ramènera que ces |)ieiises idées. La roue agitée par le cours d'une rivière, va toujours; mais elle n'emporte que les eaux qu’elle trouve en son diemin : si elles sont pures, elle ne portera rien que de pur ; mais si elles sont impures, tout le contraire arrivera. Ainsi, si notre mémoire se remplit de pures tdees , lu circonvolution, pour ainsi dire, de notre imagination agitée ne puisera dans ce fonds et ne nous ramènera que des pensées saintes. I.a meule d'un moulin va toujours; mais elle ne moudra que le grain qu'on aura mis dessous : si c'est de l'orge, on aura de l'orge moulu ; si c’est du blé et du pur froment , on en aura la farine. Mettons donc dans notre mémoire tout ce qu'il y a de saintes et de pures images; et quelle que soit l'agitation de notre imagination, il ne nous reviendra, du moins ordinairement dans l’esprit, que la line et pure substance des objets dont nous nous serons remplis. Remplissons-nous de Jésus-Christ, de ses actions , de ses souffrances, de ses paroles. Pour donner plus d'un objet à nos sens, remplissons-nous des saintes idéesd’un Abraiiam immolant .son Gis : d'un Jacob arrachant à Dieu par un saint combat la bénédiction qu'il en

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espérait; d'un Joseph laissant son habit entre les mains d'une impudique, pour en tirer son chaste corps : d'un Moïse, qui n'ose approcher du bui.ssou ardent que le feu ne consume pas, et qui se déchausse par respect : d'un Isaïe qui tremble devant Dieu jusqu'à ce que ses lèvres soient puriliées : d’un Jérémie qui bégaye si humblement devant 1 Dieu , et n'ose annoncer sa parole : des trois jeunes hoimnes dont la flamme d'une fournaise brillante respecte la foi : d’uu D.iniel aussi sauvé par la fol des dents des lions affamés ; d’un Jean-Baptiste précliant la pénitence sous la haire et sous le cilice : d'un Saul abattu par la puissante parole de .lésus qu'il persécutait ; et de toutes les autres belles images des prophètes et des apétres. Votre mémoireet votre imagination, consacrées comme un temple saint par ces pieuses images, ne vous rapporteront rien qui ne soit digne de Dieu.

Prenez ganle seulement de ne laisser jamais votre imagination s’échauffer trop, parce qti’excessivemeiit échauffée et agitée, elleseconsumeelleméme {>ar son propre feu , et offuMpie les pures lumières de l'intelligence , qui sont celles qu'il faut faire luire dans notre esprit; et à qui l’imagination I doit seulement préparer un trône, comme elle flt au saint prophète Ezéchiei, et aux autres saints prophètes ses compagnons , inspirés du même esprit.

L’empire de Dieu exprimé dans celui de l'âme sur le corps.

On passe toute sa vie dans des miracles continuels qu’on ne remarque meme pas. J’ai un corps, et, sans connailre aucun des organes de ses mouvements, je le tourne, je le remue, je le transporte où je veux, seulement parce que je le veux. Je voudrais remuer devant moi une paille, elle ne braille, ni ne s'ébranle en aucune sorte :jc veux remuer ma main, mon bras, ma tête, les autres parties plus pesantes , qu’à peine pourrais-je porter si elles étaient détachées , toute la masse du eorps; les mouvements que je commande se font comme par eux-mêmes, sans que je connaisse aucun des ressorts de celle admirable machine : je sais seulement que je veux me remuer de celte façon ou d'une autre, tout suit naturellement . j'articule cent et cent paroles entendues ou non entendues, et je fais autant de mouvements connus et inconnus des lèvres , de la langue , du gosier, de la poitrine , de la tête : je lève , je baisse , je tourne , je roule les yeux : j’en dilate, j'en rétrécis la prunelle, .selon que je veux regarder de près ou de loin ; et sans même que je connaisse ce mouvement, il se fait, dès que je veux regarder ou négligemment, et comme superlicielJemcut, ou bien délerminément, attentivement ou fixement quelque objet.

Qui a donné cel empire à ma volonté : cl comment puis-je mouvoir également ce que je connais , et ce que je ne connais pas ? Jo respire sans y penser , et en dormant : et quand je veux, ou je suspeuds ou je hâte la respiration , qui naturel-

ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES

lement va toute seule : cUe va aussi à ma volonté : i‘t encore que je ne connaisse ni la dilatation ni le resserrement des poumons, ni même si j'en ai , je les ouvre, je les resserre, j’attire, je repousse l’air avec une égale facilité. Pour parler d’un tonpiusaigu, ou plus gros, ou plus haut, ou plus bas, je dilate encore ou je resserre une autre partie dans le gosier, qu’ou appelle trachée artère, quoique je ne sache loôiue passi j’en ai une: il sufUtque je veuille parier ou haut ou bas, utin que tout se fasse comme de soi même : en un moment, je fais articulément et distinctement mille mouvements, dont je n'ai nulle connaissance distincte , ni même confuse le plus souvent : puisque je ne sais pas si je les fais, ou s'il les faut faire. .Mais, u Dieu! vous le savez, et nul autre que vous ne sait ce que vous savez seul : et tout cela est l’effet du secret concert que vous avez mis entre nos volontés et les mouvements de nos corps : et vous avez établi ce concert inviolable, quand vous avez mis l'dnie dans le corps pour le régir.

Klley est donc, n(Hi point comme dans un vaisseau qui la contient, ni comme dans une nioison où elle loge, ni comme dans un lieu qu'elle occupe : elle y est par son empire, par sa présidence, pour ainsi parier, par son action. Ainsi vous éte.s en nous, et vous ne pouvez en être loin, puisque c'est par rom que nou9 vituM, que nous moucons, et que nous sommes Et vous êtes de la même sorte dan.s tout l'univers : au-dessus en le dominant, au dedans en le remuant, et fjisant concourir en un toutesses parties ; au-dessous, en le portant, cointne dit Moïse, avec vos bras êlerneU. U nyapoint de Üieu comme Dieu f ajoute cet liointiie divin : />ar son empire magnijiqm les vetUs vont deçà et tlela, et les nuées courent dans te ciel*, li dit aux astres, Marchez : il dit à l'abline et à la baleine, Hendez ce corps englouti : il dit aux flots, Apaisez-vous : il dit aux vents , Soufflez , et meltezmoi en pièces ces gros niàt«; el tout suit à sa parole. Tout dépend naturellement d'une volonté : les corps et leurs mouvements dépendent naturellement d'un esprit et d'une intelligence toutepuissante : Dieu peut donner à la volonté, qu'il fait à l'image de la sienne, tel empire qu'il lui plaît ; et par là nous donner l'idce de sa volonté , gui meut tout el fait tout.

Rendons-lui l'empire qu'il nous donne : et au lieu de /aire servir tios membres a l iniquUé, puisque c’est Dieu qui nous les soumet, /u/suniles servir f comme dit saint PauP, à la justice,

X' élévation.

.Votre admiralilc singularité de la création de riiommc.

Dieu le furnie de »a propre taaln rtde ses doigts.

Que la terre produise des herbes et des planles : que les eaux produisent les poissons et les (Hseaux : que la terre produise les animaux *>. Tous les animau.\ sont créés par commandement,

• Act. xvn. 2s — * t)*ut xwm, sa, î7. — * Rom. vi,

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