I.r$ prophriies sou* les p.xtHarrhra
Encore que les prophéties éclatent principalement depuis le temps de David , elles ont une plus haute origine. Nous les avons vues sous Adam, nous les avons vues sous Abraliam , Isaac et Jacob, dans cette bénie semence en qui la bénédiction SC devait répandre sur toutes les nations de la lerfeT. Mais de ces trois patriarches avec qui l’ai-
' A sm. xrv, 22 , 23, 30. — * Ü<Hi. xxxiv, «, s. ~ * tbid. 9. Joau. I, 2, 5,0,7 et $eq. — * Jo<m. xiv, 1. — » Heb. rx, U. IV, U. — * JW. IV. II. — ’ Cen. xii, 3, XXli, IS.
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES
liance avait été faite , le dernier était réservé |V>ur en développer tout le secret par ces paroles : Le scopfre, le gouvernement « la magistrature, ne sera point ôté de Juda ' :sa tribu, qui sera un jour le seul royaume où la loi et les promesses seront accomplies, ne cessera point de vivre selon ses lois, et d'avoir ses gouverneurs ei ses magistrats légitimes, qui sortiront de sa race, jusqu'à ceque vienne ceiui gui doit être envoyé; selon une autre letton qui revient au même sens : en qui l’accomplissement des promesses est réservé ; et U sera l'attente, l'espérance , le libérateur de tous Us peuples : quatre lignes, où est renfermée toute l'iiistoiredu peuple de Dieu, jusqu'à Jésus-Christ. Le caractère particulier qui en devait marquer le temps était la chute du royaume judaïque, destitué de son propre gouvernement : et la suite nécessaire de la venue du Christ était marquée par la concurrence de la réprobation des Juifs, avec l'établissement de son empire parmi tous les peuples de l'univers.
Il adresse la prophétie à Juda. C'est à lui qu'il se restreint quand il veut parler du Christ futur; et ce Christ, que nous savions déjà qui devait sortir d'Abraham , ü'isaac et de Jacob, nous est désigné comme devanlêtre le fruit de la tribu de Juda. Nous verrons ensuite que. dans la tribu de Juda , David est choisi pour en être le père , afin que Jésus , fils de David, auteur de la famille royale; (Ils de Juda, qui est toujours à la tête du peuple de Dieu ; fils d'Abraliam , en qui avait commencé l'alliance; pour encore remonter plus liant, fils de Sem, béni au-dessus de ses deux autres frères, recueillit en lui, par la plus belle de toutes les successions, tous les titres de distinction et de bénédiction qui avaient jamais été, et sortit du plus pur et du plus beau sang qui fût au monde.
O Jésus! que Jacob a vu en mourant, dans Textrémité de sa vieille.sse, avec une vue défaillante, puisse venir votre règne : et puissions-nous augmenter le nombre de vos sujets véritables par notre sincère obéissance!
Ile ÉLÉVATION.
La prupluHiedcMolAO.
Quoique tout l'état de Moïse et de la loi soit prophétique dans son fond, comme on a vu, il y a encore sur JésiLS-Christ une prophétie spéciale de Moïse; et la voici : Dieu vous suscitera un prophète comme moi , de cotre nation , et du milieu de vos frères : vous l'écoulerez *. C'est un prophète particulier que Dieu promet ù son peuple ; un prophète comme moi , dit Moïse : un prophète stmià mo/, comme il njonlednns la suite; c’està-dire un prophète législateur. Car au reste il est écrit des autres prophètes : qu*i7 ne s'en est jamais éUré comme Moïse Josué, qui lui succéda dnnslegouvernement du peuple deDicu , était beaucoup au-dessous de lui , non-seulement en prodiges
’ flrn. lux, 10. — * DfUt. Wiil, IS, ao. — * Dtul.
UMV, 10.
et en puissance, mais encore en dignité : ayant reçu l’esprit de sagesse , parce que Moïse avait mis Us mains sur lui On lui obéissait donc, nou pas comme à un législateur, mais sur des faits particuliers. Il n'en est pas ainsi de ce prophète que Moïse annonce comme devant lui être semblable. Il dit de lui : t ous l’écouterez : qui est aussi la même chose que le Père éternel a dit de son Christ ; CeliiLci est mon Fils bien-aimé : icoutez-U*.
Il y a donc deux prophètes d'un caractère particulier : le ministère de l'un devait succéder à celui de l’autre; et il est dit singulièrement de chacun d'eux : Ecoutez-U: l’un médiateur de la loi ancienne; et l’autre, médiateur de la nouvelle : autant différents entre eux que les deux lois qu'ils ont établies. Toutefois il y a entre eux quelque chose de commun : c'est qu'à la tête de cliaque loi qui devait , pour ainsi dire, régner, il y a un prophète par excellence pour chacune : mais le dernier l’est, d'autant plus qu'il est U fds; au lieu que l'autre était U serviteur^. Celui dont le ministère était passager, montre l'autre dont le ministère était éternel : aussi ne lui nomme-t-il point de successeur, et il lui remet pour toujours l'autorité et la prophétie. Que si l'on a écouté Moïse avec une crainte si religieuse , et si ceux qui ont violé sa loi ont été pujds de mort sans miséricorde, de quels supplices seront dignes ceux qui auront foulé aux pieds le Fils de Dieu 4 , et qui n’auront pas obéi à Jésus.*
La prophétie de David.
Béni soit U nom et le régne de notre père David^ \ Béni soit U fds de ce saint roi par qui nous vient la vie et le salut! I>es psaumes de David sont un évangile de Jésus-Christ tourné en chant, en affections , en actions de grâces , en pieux désirs. Cest ici , disait Jésus-Christ , ta vie étemelte : de cous connaître, ô Père céleste! qui êtes le vrai Dieu, et Jésus-Christ, qw cous avez envoyé. i ,
, C’est par où commencent les psaumes. Le premier montre la félicité de celui qui garde la loi de Dieu * : et ensuite, dès le second, on voit paraître Jésus- Christ : toutes les puissances du monde conjurées contre lui : Dieu qui s'en rit du plus haut des deux, et qui, adressant la parole à Jésus-Christ même, le déclare son fds qu’il engendre dans l’éternité 9. Ccstfdèsle commencement, l’argument de tous les psaumes.
David l'a vu dans U sein de son Père engendré avant C aurore , avant tous les temps : il a vu qu’il serait sonJUs , et en même temps son seifçn^ur *®. Il l'a vu roi souverain : régnant par sa beauté, par sa bonne grâce, par sa douceur, etparsa jtistice : perçant U cœur de ses ennemis par une juste vengeance , ou celui de ses amis par un saint amour.
• Deut. xxxtv.9. — xni, 15. //rft.iii.a, 5, • —
< Ibid. *, 28, as. — ^ .Varc. xi, 10. — • .Vcf/A. XXJ, 0. P», r.xvil, 25. — ’ Joan . XVII , J. — • Pi. I. I <•/ $nj. — • Pt. U, 7.—'* Pt. CÏX, l,a, ♦,«, 7. Va«A. XXU. *4, 4.
ELEVATIONS SUR LES MYSTÈRES
liTa ador^ dans son trône éternei t comme un Dieu y que son Dieu a^acré par une dirine onction • ; père et protecteur des pauvres , dont le notn sera honorable devant lui; puissant auteur delabénédiction des Gentils consacrés et sanctijîés en son nom •; prédicateur d'un nouveau précepte dans la sainte montagne de Sion
Il a Vil toutes les merveiltes de sa vie y et toutes les circonstances de sa mort : il en a médité tout le mystère *. lia maudit en esprit son disciple qui le devait vendre; et il en a vu Vapostolat passé en d'autres mains
Ses pieds et ses mains percés, avec son corps violemment étendu et suspendu, ont été le cher objet de sa tendresse David s'est jeté par la foi entre ses bras amoureusement étendus à un peuple contredisant. Il a goûté le fiel et le vinaigre : qu'on lui a donnés dans sa soif. Il voit tout, Jusqu'à l'histoire tfe scs (fir/sés, et de sa robe jetée au sort *. II est touché des moindres circonstances de sa mort, et n'en peut oublier aucune. Il se réjouit en esprit de lui voir, après sa mort, annoncer la vérité aux Gentils dans ta grande Église 9 , où tous les peuples de l’univers devaient se réunir, où les pauvres comme les riches devaient être assis à sa table. Enfin il l’a suivi au plus haut des deux arec des captifs attachés à son char victorieux Il l'a adoré , assis à la droite du Seigneur *< , où il a été prendre sa place.
O Jésus, les chères délices, l'unique espérance, et l'amour de notre père David ! Cest principalement par cetendroit-là qu'il a été l'homme selon le coeur de Dieu ■*. Sa tendresse pour ce cher fils, qui est le Fils de Dieu comme le sien, lui a gagné le cœur du Père éternel. S'il a tant pensé à Jésus souffrant dans toute sa vie, à plus forte raison y a-t-il pensé lorsqu’il a été sa ligure en souffrant lui-méme. S'il est si doux à ceux qui l’outragent, s’il est muet, sans réplique et sans défense; si , loin de rendre le mal pour le mal, il rend à ses ennemis des prières pour leurs imprécations; si ce bon roi s'offre à être la seule victime pour tout son peuple désolé par la main d'un ange, il en voyait l'exemple en Jésus. Faut-il s'étonner s'il a été si humble et si patient dans sa fuite devant Absalon ? Ce Dis obéissant le consolait des emportements et des fureurs de son fils ingrat et rebelle.
O Jésus! je viens avec David m'unir à vos plaies, TOUS rendre hommage dans le trône de votre gloire, me soumettre à votre puissance. Je me réjouis, Fils de David, de toute votre grandeur. Non, vous n'avez point connu ta corruption vous qui étiez par excellence te saint du Seigneur^*, tous avez suie chemin de ta de, ta gloire et la joie tous accompagnent **. fous régnez aux siècles des
' Pt. xuv, 3, 4, 5, 8, 7, 8. — • Pt. I.XU, 1,4. 14, 19. — • Pt. Il, 8. — * Pt. XXI et i.xviii. — * Pt. cvm. 8. JooH. xm.
IS. jéet. 1, 18, 50. — •/»*. XXI. 18. 17, 18, 19. /»#.LXVIli, a. joun. XIX, ‘.M, Î9, 30. — ■ P$. XXI, 19 et teq. — • Jbid. 35t — *• Pt. LXVII, 18, 19. gphet. IV, 8. — •• Pt. TJX, 1 , 8. — '* /. Reg. XIII, 14. — Pt. XV. JO. j4ct. il, SI. XUl. S3. — ** ifdrc. J, 34. Luc. I, 38. — Pt. XV, lo.
siècles * , et votre empire n'aura point deJU ».
IVe ÉLÉVATION.
Les autres prophètes.
Nous avons expliqué ailleurs les oracles sacrés des prophètes sur notre Seigneur Jésus-Christ^. Je dirai ici en abrégé qu'ils ont tout vu :ses deux naissances; la première toute divine, dés le jour de l'élemité : le lieu marqué pour la seconde, dans Bethléem^ : une vierge qui le conçoit et qui C enfante : un enfant qui nous est né : un fils qui nous est donné Enfant, homme dès le premier jour; et tout ensemble Dieu fort et tout -puissant^. Reconnaissons avec Zacharie l'humble monture de ce Hoi juste, clément et doux "i, lorsqu'il fait son entrée dans sa ville royale. Considérons avec lui les tiente deniers pour lesquels il a été vendu ; et remploi de cet argent pour acheter le champ d'un potier*. Tout s'accomplit en son temps. Le pasteur est frappé, et le troupeau se dissipe. Les disciples se retirent chacun chez eux, et Jésus demeure seul 9. On crache sur son visage, etit ne se détourne pas pour éviter les coups et les infamies qu'on lui fait*'*. On le perce; et tout Israël voit tes ouvertures des plaies qu'il lui a fades Comme un autre Jonas, on le jette dans la mer pour sauver tout le vaisseau ; et comme lui U en sort au bout de trois Jours •».
A mesure que le temps approche , ses mystères se découvrent de plus en plus. Daniel compte les années où se devait accomplir son onction , scs souffrances, sa mort, suivie d'une juste vengeance, et de l’éternelle désolation de l'ancien peuple qui a méprisé \e Saint des saints*^. Il voit en esprit fr de l'homme à qui est donné tm empire , à qui nuis lieux, nuis temps ne donnent des bornes. Cet empire, le plus auguste qui eût été et sera jamais, jcro t'empire des saints du Très-Haut Daniel , étonné de sa grandeur, se trouble dans ses pensées, et conserve cette parole dans son coeur. Mais il faut que ce Fils de l'homme souffre une mort violente.
Isaïe nous apprend à goûter ses souffrances ; il ôo\\ porternos pédiés , et par là s'acquérir l'empire, et partager les dépouilles des forts: et la cause de ses victoires, c'est qu’il s'est livré à la mort. H a été mis au rang des scélérats, crucifié entre deux larrons : c'est \e dernier des hommes, et tout ensemble le plus grand. Ce n'est point par force qu'il souffre la mort. H s'y est offert, parce qu'il l'a voulu. Il n'a point ouvert la bouche pour se défendre ; il est muet comme l'agneau sons la main qui le tond. Le silence du Fils de Dieu parmi tant d’outrages et tant d'injustices , qui est le plus
» Apoe.Wy 15,17. — » Lue. l, 39 , 13. — » fHrl'Hitt. Vuiv. Il* pnrtie. La tuile de la IteligioH. — * Mieh. V, t. Mali. Il, 8. — ^ VII. 14. MaUh. 1, 91 , 57, 13. ~ » /a. IX, 8. î Zack. IX. 9. Matlh. xxi, 6. — • Zmeh. XI, 12, IX Matlh. XXVll, 9, 10. — * Z/ick. XIII, 7. Mattk. xxvi, 31, 88. — •• It. L. 6. — " Zaeh. III, 10. JtMin. xix, 37. • *» Jon. n, 9.
SiaUh. XII, 40. XTI, 4. ~ etuq. Malt, xxiv