lue. VII
Digiti:- r, C ~.oo;’k'
ÉLÉVATIONS Sl)« IT:S MVSTÉUfô.
« )oics devant moi ; cl le Seigneur que vous cher-
• chez viendra dans son teiii|ile. •
C'est ainsi que ce docte prtUre établit par les prophètes la mission de son lils , et le propre carac> tère de son envoi , qui est de préparer les voies du Seigneur : mais il nous va encore expliquer ce que c’est que préparer les voies du Seigneur : c’est , dit> il S de « donner à son peuple la science du salut ,
• pour la réfiiissiûD de leurs péchés ; » qui est le propre ministère de saint Jean-Baptiste, dont saint Paul adit dans les Actes, après les evangélistes, que
• Jean avait baptisé le peuple du l)aplt'me de péni< •« tence; leur disant de croire en celui qui allait " venir, c’i‘Sl-ù-dire en Jésus*. »
Venez donc apprendre la grande science , qui est la science du salut; et apprenons qu’elle consiste principalement dans la rémission des p<^hés, dont nous avons liesoin toute notre vie : en sorte que notre justice est plutôt dans la rém ts.siun des |>c* cités , que dans la perfection des vertus.
Cestocqui a fait dire à saint Baul , après David :
• Bienheureux ceux dontsont remises les iniquités,
• et dont les pécltés sont couverts : bienheureux
• à qui le Seigneur ii’imputo {>oiut de |>éché > : > aOn que nous entendions que, ne pouvant être sans pédié , notre vraie science est c.eUe qui nous apprend à nous en puriücr de plus en plu» tous les jours, en disant avec David : • Lavez-moi de plus en plus de « mon péché 4. »
Celte science est en Jésus-Christ , dont il est écrit : « Mon serviteur en justifiera plusieurs dans sa € science, et il portera leurs iniquités • Voilà donc en Jésus-Christ la vraie science delà rémission des péchés, dont il fait l’expiation par son sang, en les ^jMrtantsurlui comme une victime ; mais Jean marche devant lui pour montrer au peuple que c’est en lui que les péchés sont remis.
Passons donc toute notre vie dans la pénitence, puisque la science du salut consiste dans la rémission des péchés ; et ne nous gloriUons point d’une justice aussi imparfaite que la nôtre : non qu’elle ne soit véritable, et parfaite h sa manière; mais parce que la plus parfaite en cette vie doit craindre d’étre accablée par la multitude des péchés, si elle ne prend un soin continuel de les expier par la pénitence et par les aumônes. C'est la science que prêchait saint Jean, en criant dans iedesert, et faisant retenir toute la Judée de cette voix : • Faites de di- « gnes fruits de pénitence^. »
• Par les entrailles de la miséricorde de notre « Dieu 7 : » c’est uniquement par la que nous trouvons la rémission de nos pécliés; c’est par là, poursuit Zacharie, que « l'Orient nous a visité d’en- « haut. • Cest la un des noms de Jésus-CJirist qu’un prophète appelle en la personne de Zorobnbel :
• Un homme viendra; et son nom est l’Orient*. » O prophètec'est Zacharie ; et Zacharie, père de saint Jean , en répète eten explique l’oracle. Jésus-Christ
• Lne. i'tt. — * ,ér/. XIX, 4. Vnlih. ni. M. Marc. |, 4. Luc. III, 8. Joan. i, ‘iii, al. — ^ R'>nt. iv, 7, fi. Pi. XXXI. i, 2. — * Pf. L,3. — * /«. un, II. — • ViU/A. M, fi. — ' Luc. i, 7»i — • /.tu k. VI , 12.
est le vrai Orient, lui • qui fait lever sur nous le « vrai soleil de justice', • comme disait Malachie : « Pour éclairer, * continue ici Zacharie,
• ceux qui sont assis dans les téiièhres, H dans l’om- « bre de la mort ; |>our dre.sser nos pas dans la voie « de la paix »
Encore qu'on ne vous parle que de la rémission de vos pécliés, et qu'elle soit toujours nécessaire durant tout le cours de cette vie; ne croyez pas que la justice ne soit pas infuse dans vos etcurs par Jésus-Christ. Il n'a pris le nom d'Orient que pour nous montrer qu'il est pour nouséclairerunelumièrc naissante : « Il était la véritable lumière, qui éclaire
• tout homme venant au momie L « Quand cette lumière commeneeà paraître, clles'appidle Orient, et c’est un des noms de Jésus-Christ. Comme *iou<: le soleil levant ne dissipe les ténèbres qu'en répanuAiil in lumière dont il embellit l’univers, ainsi le vrai Orient, qui se lève vraiment d'en haut, lorsqu’il sort du sein de son Père pour nous éclairer, ne nous remet nos pt'chés qu'en nous remplissant de la mmiere de Injustice, p.ir laquelle nous sommes nousmêmes « lumière en notre Seigneur; car vous « étiez, » dit saint Paul « les ténèbres • mêmes; > mais à présent vous êtes lumière; • non point toutefoisen vous-mêmes, mais en Jésus-Cluist , qui vous apprend à marcher toujours les yeux ouverts , et à dresser incessamment vos regards vers lui , par une bonne et droite intonlion.>dont s'ensuivra dans tout votre corps, dans toute votre personne, une lumière éternelle, et un flambeau lumineux dont vous serez éclairé.
> Pour dresser nos pas dans le chemin de la « paix*. » O paix! le clier objet de mon cœur : ô Jéaus; qui • êtes » ma « paix^, » qui me mettez en paix avec Dieu, avec moi-niéme, avec tout le « monde ; qui, par ce moyen, paciliez le ciel et la « lcrrt7. » Quand sera-ce , ô Jésus! quand sera-ce , que |iar la foi de la rémission des péchés, par la tranquillité de ma conscience, par une douce conflanen de votre faveur, et par un entier acquiescement, ou plutôt un attachement, une complaisance pour vos éternelles volontés, dans tous les événements de la vie, je posséderai cette paix qui est en vous, qui vient de vous , et que vous êtes vous-même?
Vir ÉLÉVATION.
Saint Jean aa désert dés son enfance
l'enfant croissait, rtson esprit se furti fiait, et il était dans le désert , jusqu au jour de sa manifestation dans Israël^. Ce que Dieu fait dans cet enfanteet inouï. Celuiqui dès leseindesa mère avait commencé à éclairer saint Jean-Baptiste, ctàle remplir de son Saint-Esprit . se saisit de lui des son enfance; et il parait que des lors il se retira dans le désert sans qu'on puisse dire a quel ôge. Que ne faut-il point penser d'un jeune enfant qu'on voit
• fJal. IV, 2. — » Luc. i, 79. /*• IX, I, 2. — ' Joau. I, ». — 4 Bfihtt. v.S. — ' Luc. i, 71*. — ‘ Ephet. ii. 14. — ' (.* Iiim. I, 2U. — • Luc. i, MI.
ÉLÉV ATIONS SUR LES M\*STÈBES.
tout d*un coup, npres le grand éclat queüt sa nais* sauce miraculeuse , disparaître de la maison de son père, pour être seul avec Dieu, et Dieu avec lui? Loin du commerce des hommes, il n'en avait aucun qu’avec le ciel; il se retire de si bonne heure d'une maison sainte, d'une maison sacerdotale, d'avec des parents d'une sainteté si éminente, élevéa au rang des prophètes, dont il devait être la consolation; mais les saints n’en ont point d'autre que de tout sacritier à Dieu.
Qui n'admirerait cette profonde retraite de saint Jean-Baptiste? Que ne lui disait pas ce Dieu qui était en lui , et pour qui dès son enfance il quittait tout? Que ne lui disait-il point dans ce silence, où il se iiHdtait pour n'écouter que lui l^langue, dit saint Jaa|ues *,«/ la source de toute iniquJté : qui veut fuir le péché doit fuir la conversation. Ce fut l’esprit de saint Jean -Baptiste qui s'est perpé* tue dans les solitaires. Une voix fut portée à saint Arsène : Fuis tes hommes; oui , si tu veux fuir le péché, et ne pécher point en ta langue. Mais à qui eette parole a-t-elle été dite plutôt qu'à saint Jean- Baptiste poussé au devions par le Saint-Esprit à se retirer dès son enfance dans le désert?
Tout le reste suivit. Cet homme, dès son enfance, d'une retraite et d'un silence si prodigieux, mène une vie si étonnante; n'ayant pour tout habit qu'un rude cUke de poiU de diamcaux; une ceinture aussi affreuse sur ses reins ; pour toute nourriture des sautereUes, sans qu'ou explique comment il les rendait propres à sustenter sa vie, et du miei saucage*\ et dms sa soif, de l'eau pure. Le désert lui fournissait tout; et sans rien emprunter des villes ni des bourgades , il n’eut Aucune société avec les hommes mauvais, dontil venait reprendre les vices, et réprimer les scandales.
Cette vie rude et rigoureuse n'etait pas inconnue clans l'ancienne loi. On y voit dans ses prophètes les nazaréens qui ne buvaient point de viii^. On y voit dans Jérémie^ ies réchabites, qui , non contents de se priver de cette liqueur, ne labouraient ni ne semaient, ni ne cultivaient la vigne, ni ne bâtissaient de maison, mais habitaient dans des tentes. Le Seigneur les loue par son prophète Jérémie, d’avoir été fidèles au commandement de leur père Jonadab ; et leur promet en récompense, que leur institut ne cesserait jamais. Les esséeiis, du temps même du Sauveur, en tenaient beaucoup. La vie prophétique qui parait dans Elie , dans Elisée, dans tous les prophètes, était pleine d'austérités semblables à celle de Jean-Baptiste, et se passait dans le désert, où iis vivaient pourtant on société avee leur famille. Mais qncjamais on se fût séquestre du monde, dévoué à une rigoureuse solitude , autant et d'aussi bonne heure que Jean-Baptiste, avec une nourriture si affreuse, exposé aux injures de l’air, et n'ayant de retraite que dans les rochers; car oo ne nous parle point de tentes ni de pavillons ; sans secours ,
* Jae. III, 6. — ’ Matth. ni , * !^vm. ri, 1 $eq.
/« /. Xin, 6, 7. Thrtf. iT, 7. Anua, ii , II. !. !âanh. ni, if. — • J.'Ttm. XXXV, 5, «, 7 fC itq.
sans serviteurs, et sans aucun entretien : c'est de quoi on n'avait encore aucun exemple.
C’est une autre sorte de prodige, que Jean- Baptiste qui avait senti sur la terre le Verbe incarné dès le sein de sa mère , et à qui son père avait prédit qu'il en serait le prophète, et lui devait préparer les voies, ne quitta point son désert pour l'aller voir parmi les hommes. Il le eonnaissait si peu, qu'rl fallut que le Saint-Esprit lui donnât un signe pour le connaître, quand le temps fut arrivé de le manifester au monde. Pousser la retraite jusqu'à se priverde la vue et de la conversation de Jésus-Christ, e'est une sorte d’abstinence plus divine et plus admirable que toutes celles que nous avons vues dans saint Jean-Baptiste. Il savait que le Verbe opère invisiblement, et de loincommede près; il s'occupait de ses grandeurs qu*il devait prteher; il l'adorait dans le silence, avant que de l'annoncer par sa parole; il l'écoutait au dedans; il s'enricliissail de son abondance, de sa plénitude, avant que d’apprendre aux hommes à s'en approcher. Que ne pensait-il point enattendantee Dira, queperjonnrn'acail ru; mais qw son fiis unique qui était dans son sein venait annoncer » ? C’est ce que saint Jean devait préclier; c'est ce qu'il contemple en secret; et ne demande à voir ce Fils unique, que dans le temps que Dieu le' ferait paraître pour le montrer, et lui préparer les voies. Ainsi attaché aux ordres de Dieu, sans s’ingérer de quoi que ce soit, sans aucun empressement de paraître, il passa sa viedans ledésert jusqu'à ce que l'heure destinée deDieu pour sa manifestation en Israël fût arrivée.
Mourez , orgueil humain; mourez, curiosité, empressement, désir de paraître ; si vous voulez préparer la voie à Jésus, et llntroduire dans vos cœurs, mourez tous à la gloire Inimaine. Mourez -y principlement, solitaires sacrés, imitateurs de saint Jean-Baptiste et des prophètes : puissiez-vous aimer la vie séparée, quitter les villes, aimer le désert; vous en faire un dans les villes mêmes, et recevoir la liénédiction des enfants de Jonadab, fidèles aux institutions de leur père! Mais nous, fidèles , sorons-le donc à plus forte raison aux commandements sortis delà boucite de Dieu. Si les réchabites, si les moines, ont avec raison tant de scrupule, tant de honte de manquer à leurs règles , combien devons-nous trembler à manquer à la loi de Dieu , dK le Seigneur par la bouche de son prophète Jérémie
* Juan I, IR. ^ xxw, 13, U <1 «rv-