I,IB
avec nous dans rélernité, où Dieu sera tout en tous • : avec nous , pour nous purifier do nos péchés : avec nous , pour n’en plus commettre : avec nous, pour nous conduire à la vie, où nous ne pourrons plus en commettre aucun. Voilà, dit saint Augustin *, trois degrés par où nous passons, pour arriver au salut que nous promet le nom de Jésus, et à la grâce parfaite de la divine union par notre Emmanuel : heureux, quand non-seulement nous n’aurons plus de pécJiés sous le joug de qui nous succx)inbi()n8; mais quand encore nous n’en aurons plus contre qui il failJe combattre, et qui mettent en péril notre délivrance!
O Jésus ! û Emmanuel ! ô Sauveur! à Dieu avec nous! ô vainqueur du péclié! û lien delà divine union! J’attends avec fol ce bienheureux jour, où vous recevrez pour moi le nom de Jésus, où vous serez mon Emmanuel, toujours avec moi, parmi tant de tentations et de ^rils. I^venez-moi de votre grâce, uuissez-moi à vous; et que tout ce qui est en moi soit soumis à vos volontés.
Joseph prend lolo de Merie rt de l'enfant : vovaaa de Bethléem.
Après le songe de Joseph et ta parole de fange, c« saint homme fut changé : il devint père; il devint époux par le coeur. Les autres adoptent des enfants : Jésus a adopté un père. L'effet de son mariage fut le tendre soin qu’il eut de Marie, et du divin enfant. Il commence ce bienheureux ministère par le voyage de Bethléem; et nous en verrons toute la suite.
Que failes*vous, princes du monde, en mettant tout Tunivers en mouvement, afin qu’on vous dresse un râle de tous les sujets de votre empire? Vous en voulez connaître la force, les tribus, les soldats futurs, et vous commencez, pour ainsi dire, à les enrôler. C'est cela ou quelque chose de semblable, que vous pensez faire : mais Dieu a d’autres desseins que vous exécutez sans y penser par vos vues humaines. Son Fils doit naître dans Bethléem, humble patrie de David : il l’a fait ainsi prédire par son propliète *, il y a plus de sept cents ans ; et voilà que tout l’univers se remue pour accomplir cette prophétie.
Quand ils furent à Bethléem, au dehors, pour obéir au prince qui leur ordonnait de s'y faire inscrire dans le registre public, et en effet pour obéir à l'ordre de Dieu, dont le secret instinct les menait à l'accomplissement de ses desseins : Le temps d’enfanter de Marie arriva ; et Jésus , fils de David , naquit dans la oilte où David avait pris naissance *. Son origine fut attestée par les registres publics : l’empire romain rendit témoignage à la royale descendance de Jésus-Christ; et César, qui n'y pensait pas, exécuta l’ordre de Dieu.
Allons aussi nous faire écrire à Bethléem ; Betlti
• /. Cor. IV, se. — >5. Âng. pauim. — » Mich. v, S,
• /.l/c. n, î, «. — * Joon. vu, *1
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES
Irem, c^eit-à-dire maison du pain : allons y god> t»r le pain céleste, le pain des anges devenu la nour> rilure de Thomroe : regardons toutes les églises comme étant le vrai Bethléem , et la vraie maison du pain de vie. Ost ce pain que Dieu donne aux pauvres dans la nativité de Jésus; s’ils aiment avec lui In pauvreté, s'ils connaissent les véritables richesses. Edent pauperet , et uituradun/ur : Les pauvres mangeront, et seront rassasiés * ; s'ils imitent la pauvreté de leur Seigneur, et le viennent adorer dans la crèche.
L*éUble et la ertelie de l^aoa-Chrlit
Dieu préparait au monde un grand et nouveau spectacle, quand il fit naître un roi pauvre; et il fallut lui préparer un palais et un berceau conve> nable. Il est venu dans son bien : et les siens ne Contpas reçu *. Il ne s’est point trouvé de place pour lui ^ , quand il est venu : la foule et les riches de la terre avaient rempli les hôtelleries : il n'y a plus pour Jésus qu'une étable abandonnée et déserte , et une crèche pour le coucher. Digne retraite pour celui qui dans le progrès de son âge devait dire : Les renards ont leurs trous; et les oiseaux du ciel, qui sont les familles les plus vagabondes du monde, ont leurs nids; mais le Fils de l’homme n'a pas où reposer sa tête Il ne le dit pas par plainte : il était accoutumé à ce délaissement : et à la lettre, dès sa naissance, il n’eut pas où reposer sa tête.
Cest lui-même qui le voulut de cette sorte. Lais* sons les lieux habités par les hommes : laissons les hôtelleries où régnent le tumulte et Tintérêt : che^ chez pour moi parmi les animaux une retraite plus simple et plus innocente. On a enfin trouvé un lieu digne du délaissé. Sortez, divin enfant; tout est piét pour signaler votre pauvreté. Il sort comme un trait de lumière , comme un rayon du soleil : sa mère est tout étonnée de le voir paraître tout à coup : Gâ enfantement est exempt de cris , comme de dou* leur et de violence : miraculeusement conçu , il naît encore plus miraculeusement : elles saints ont trouvé encore plus étonnant d’être né, que d'être conçu d'une vierge.
Entrez en possession du trône de votre pauvreté. I^ anges vous y viennent adorer. Quand Dieu vous introduisit dans le monde, ce commandement partit du haut trône de sa majesté : ■ Que tous les an- •I ges de Dieu l’adorent ^ « Qui peut douter que sa mère, que son père d'adoption ne l’aient adoré en même temps } C'est en figure de Jésus , que l'ancien Joseph fut « adoré de son père et de sa mère ^ : » mais l'adoration que reçoit Jésus est bien d'un autre ordre, puisqu’il est « béni et adoré comme Dieu « au-dessus de tout , aux siècles des siècles >
Ne pensez pas approclier de ce trône de pauvreté avec l'amour des richesses et des grandeurs. Dé-
I /•,, XX!, 27. — ’ Joan. I, II. — ’ L»c. n, 7. — * Ihid.
% Ueb.i.t. P$. XCVI, 7. — • (iem. xxxvu, », 10, II. . t Rom. IX, s.
trompez-vous, désabuKz-vous , dépouillez-vous, du moins en esprit , vous qui venez à la crèclie du Sauveur. Que n'avons-nous le courage de tout quitter en effet , pour suivre pauvres le Roi de pauvres ! Quittons du moins tout en esprit; et au lieu de nous glorifier du riclie appareil qui nous environne, rougissons d'étre parés où Jésus-Cbrist est nu et délaissé.
Toutefois il n’est pas nu : . sa mère l'enveloppe de . langes', . avec ses chastes mains. Il faut couvrir le nouvel Adam, qui porte le caractère du péché, que l'air dévorerait , et que la pudeur doit habiller autant que la nécessité. Couvrez donc , Marie . ce tendre corps; portez-le à cette mamelle virginale. Concevez-vous votre enfantement? N'avez-vous point quelque pudeur de vous voir mère? Osezvous découvrir ce sein maternel ? Et quel enfant ose en approcher ses divines mains? Adorez-le eu l'allaitant, pendant que les anges lui vont amener d'autres adorateurs.
L’ange annonce Jé»u« aux bergers.
Les bergers, les imitateurs des saints patriarches, et la troupe la plus innocente et la plus simple qui fdl dans le monde, veillaient la nuit parmi les champs
• à la garde de leurs troupeaux*. • Anges saints, accoutumés à converser avec ce-s anciens bergers, avec Abraham, avec Isaac, avec Jacob, aimoneez à ceux de la contrée , que le grand pasteur est venu ; que la terre va voir encore un roi ^rger, qui est le fils de David. « L’ange du Seigneur. • Ne lui demandons pas son nom , comme Manué : il nous répondrait peut-être : « Pourquoi demandez-vous mon nom, qui est admirable » Si ce n’est qu'il failleentendre que c'est le même ange qui vient d'apparaître à Zacliarie , et à la sainte Vierge. Quoi qu’il en soit , sans rien présumer où l’Évangile ne dit mot, « l'ange du Seigneur sc présenta tout à coup à eux :
■ une lumière céleste les environnna, et ils furent « saisis d’une grande crainte L » Tout ce qui est divin étonne d'abord la nature humaine, pécheresse et bannie du ciel. Mais l'ange les rassura, en leur disant ; • Ne craignez pas : je vous annonce une « grande joie. C’est que dans la ville de David : » retenez ce lieu qui de si longtemps vous est marqué par la prophétie : « aujourd'hui vous est né le Sau- « veurdu monde, le Christ, le Seigneur. Et voici le « signe que je vous donne pour le reconnaître : vous
■ trouverez un enfant enveloppé de langes, courbé
• dans une crèche. • A cette marque singulière d’un enfant couché dans une crèche, vous reconnaîtrez celui qui est le Christ, le Seigneur : • Petit enfant « qui est né pour nous : fils qui nous est donné : » qui en même temps, « est appelé l’admirable , Dieu
• fort, le vrai fort disraël, » comme l'Écriture l’explique ailleurs : le père de Véternité, le prince de paix^. Aussi* au même instant se joignit à l'ange
• Luc. Il, 7. — * 6 ». ~ s Jué. iiH, 17, le. .*
• Luc. Il, 0. 10, II, 13. — * Is. IX. e.
-d by Cîooglt
ELEVATIONS SUR LES MYSTÈRES
• uoe grands troupe de l’armée célrste, qui louait « DioUt et disait ; Gloire à Oieu, et paix sur la » terre*. »
Remarquons ici un nouveau Seigneur a qui nous appartenons : un Seigneur qui reçoit de nouveau ce nom suprême et divin avec celui de Clirist. C'est le DieuquiestointdeDieu,àquiDavidachanté: « Vo> « tre Dieu , 6 Dieu ! vous a oint ; vous êtes Dieu éter- « noilement*.»Maisvousêtesde nouveau le Christ, Dieu et homme h la fois : et le nom du Seigneur vous est alTecté, pour exprimer que vous êtes Dieu à même titre que votre Père : dorénavant , à l'exem* . pie de l'ange , on vous appellera le Seigneur en toute souveraineté et hauteur. Commandez donc à votre peuple nouveau : vous ne parlez point encore ; mais vous commandez par votre exemple : et quoi? Tes. time du moins et l’amour de la pauvreté ; le mépris des pompes du monde; la simplicité; l'oserai-je dire , une sainte rusticité daus ces nouveaux adorateurs que l'ange vous amène, et qui font toute votre cour, agréable à Joseph, à Marie, et de même parure qu’eux , puisqu’ils sont également revêtus de la livrée de la pauvreté.
VIII» ÉLÉVATIO^.
Les marques pour coonaiUe Jésus.
Repassons sur ces paroles de l'ange : ■ Vous trou- ■ verez un enfantdansdes langes, surunerrèi'he^. • vous connaîtrez h ce signe que c'est le Seigneur. Allez dans la cour des rois; vous reconnaîtrez le prince nouveau-né par ses couvertures rehaussées d’or, et par un superbe berceau dont on voudrait bien faire un trône. Mais pour connaître te Christ qui vous est né, ce Seigneur si haut, que David son père, tout roi qu’il est, appelle son Seigneur* : on ne vous donne pour signal que la crèclie où il est couché, et les pauvres langes où est enveloppée sa faible enfance; c’est-à-dire qu'on ne vous donne qu’une nature semblable à la votre; des infirmités comme les vôtres ; une pauvreté au-dessous de la vôtre. Qui de vous est né dans une étable ? Qui de vous , pour pauvre qu’il soit, donne à ses enfants une ciMe pour berceau? Jésus est le seul qu’on voit délaissé jusqu'à cette extrémité : et c'est à cette marque qu’il veut être reconnu.
S’il voulait se servir de sa puissance, quel or couronnerait sa tête! quelie pourpre éclaterait sur ses épaules! quelles pierreries enrichiraient ses habits! Mais f poursuit Tertullien ^ « il a jugé tout ce faux « éclat, toute cette gloire empruntée, indigne de « lui et des siens : ainsi en la refusant, il l'a mépri- > sée ; en la méprisant, il l’a proscrite; en la pros- « crivant, il l’a rangée avec les pompes du démon • et du siècle. «
C’est ainsi que parlaient nos pères, les premiers chrétiens : mais nous, malheureux , nous ne respirons que l'ambition et la mollesse.
* Luc. n, 13, H. — > Pi, »uv, 8. — » Luc. Il, li. —*Ps. i
ax, I. — ^ TeriuU. de patienUa, c. tu. !
Le caoUque des anges.
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix « sur la terre aux hommes de Iwnne volonté *. » paix se publie par toute ta terre : la paix de l’hommt avec Dieu par la rémission des pédiés : la paix dos hommes entre eux : la paix de l'homme avec luimême par le concours de tous ses désirs à vouloir ce que Dieu veut. Voilà la paix qiio les anges chantent et qu’ils annoncent à tout l’univers.
Cette paix est le sujet de la gloire de Dieu. Ne nous réjouissons pas de cette paix, a cause qu’elle se fait sentira nous dans nos cccurs ; mais à couse qu'elle glorifie Dieu dans le haut trône de sa gloire : élevons-nous aux lieux hauts ; à la plus grande hauteur du trône de Dieu, pour le glorifier en lui-même, et n'aimer ce qu'il fait en nous que par rapport à lui.
Chantons dans cet esprit avec toute l'Église : Oloria in exeelsls Deo. Toutes les fois qu’on entonne ce cantique angélique , entrons dans la musique des anges par le concert et l’accord de tous nos désirs. Souvenons-nous delanais.sance de notre Seigneur, qui a fait naître ce chant. Disons de cceur toutes les parole.v que l'Église ajoute pour interpréter le cantique des anges : nous vous louons : nous vous adorons ; laudamus te : aioramus te; et surtout : Grattas agùnus tibi, propter magHam gto^ riam tuam : nous vous rendons grâces à cause de votre grande gloire ; nous aimons vos bienfaits, à cause qu’ils vous glorifient; et les biens que vous nous faites , à cause que votre bonté en est honorée.
Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Le mot de l'origiiial qu’on explique par la bonne volonté , signifie la bonne volonté de Dieu pour nous , et nous marque que la paix est donnée aux hommes chéris de Dieu.
L’original porte mol à mot : • Gloire à Dieu
• dans les lieux hauts ; paix sur la terre : bonne
• volonté du côté de Dieti dans les hommes. » C’est ainsi qu’ont lu de tout temps les Églises d’Orient. Celles d’OccIdenty reviennent en chantant la paix aux hommes de bonne volonté, c'est-à-dire premièrement à ceux à qui Dieu veut du bien ; et en second lieu à ceux qui ont eux-mêmes une bonne volonté, puisque le premier effet de la bonne volonté que Dieu a pour nous est de nous inspirer une bonne volonté envers lui.
La bonne volonté est celle qui est conforme à la volonté de Dieu .* comme elle est bonne par essenco et par elle-même; celle qui lui est conforme, est bonne par ce rapport Réglons donc notre volonté par celle de Dieu ; et nous serons des hommes de bonne volonté, pourvu que ce ne soit pas par insensibilité, par indolence, par négligence, et pour éviter le travail ; mais par la fol , que nous rejetions tout sur Dieu *. Les âmes molles et paresseuses ont plus tôt fait en disant tout à coup : Que Dieu fasse ce qu’il voudra ; et ne se soucient que de fuir la peine et l'inquiétude. Mais pour être véritable*
' Lue. il, U. — * /. Pel. r, 7.
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES
ment conforme h la volonté de Dieu , il faut savoir lui faire un sacrilice de ce qu'un a do plus cher; et avec un cœur déchiré, lui dire : Tout est à vous, faites ce qu'il vous plaira. Ainsi que le saint homme Jol), qui ayant perdu en un jour tous ses biens et tous ses enfants , comme on venait coup sur coup lui en rapporter la nouvelle, se jetant à terre, adora Dieu , et dit : /^SeiçTicur m'avait donné tout ce que j'avais; le Seigneur me Ta ôté: il en est arrivé ainsi qu'il a plu au Seigneur : le nom du Seigneur soit béni*. Celui qui adore en cette sorte, est le vrai homme de bonne volonté; et, élevé au-dessus des sens et de sn volonté propre, il glorifle Dieu dans les lieux hauts. C’est ainsi qu’il a la paix : il tâche de calmer le trouble de son cœur, non point à cause que ce trouble le peine, mais parce qu’il empêche la perfection du sacrifice qu’il veut faire à Dieu; autrement il ne chercherait qu’un faux repos : et voilà ce que c’est que la bonne volonté.
ÏJx bonne volonté , c’est le sincère amour de Dieu ; et comme parie saint Paul : > C’est la charité d'un
• cœur pur, d’une conscience droite, et d'une foi « qui ne soit pas feinte *. » La foi est feinte en ceux où elle n'est pas soutenue par les bonnes œuvres ; et les bonnes œuvres sont celles où l'on chercJie à contenter Dieu, et non pas son humeur, sou inclination, son propre désir. Alors , quand on cherche Dieu avec une intention pure, les œuvres sont pleines : sinon, l'on reçoit de Jésus-Christ ce reproche : « Je ne trouve pas vos œuvres pleines devant
• mon Dieu^. >
Comnenreraent de rEvaoglle.
Le commencement de l'Évangile est dans ces paroles de l’ange aux bergers : « Je vous annonce, « de mot à mot, je vous évangélise, je vous apporte
• la bonne nouvelle qui sera le sujet d’une grande « joie ; • et c’est celle « de la naissance du Sauveur du « inonde *. «Quelle plus heureuse nouvelle que celle d'avoir un Sauveur.’ Lui-méme, dans la première prédication qu’il fit dans la synagogue au sortir du désert, nous explique ce sujet de joie par les paroles d'Isale, qu’il trouva à l'ouverture du livre : « T/esprit du Seigneur est sur moi : c'est pourquoi « il m’a consacré par son onction : il m’a envoyé an-
• noncer l’Évangile aux pauvres, et leur porter la
• bonne nouvelle de leur délivrance; pour guérir ceux « qui ont le cœur aflligé; pour annoncer aux cap-
• tifs qu’ils vont être mis en liberté, et aux aveugles
• qu’ils vont recevoir la vue; renvoyer en paix ceux
• qui sont accablés de maux ; publier l'auuée de mi- « sérleorde et le pardon du .*^igneur, et le Jour où
• il rendra * aux gens de bien « leur récompense*, « comme le châtiment aux autres.
Quelle joie pareille pouvait-on donner aux hommes de bonne volonté , et quel plus grand sujet de joie ? Mais n’est-ce pas en même temps le plus grand sujet de glorifier Dieu? Et que peuvent désirer les
» Joi I. 31,52. Jl. Tim. I. s. — 3 .^poc. II, *, — n, 10. — * Ibid IV. H. 19. h. uu, 1,3.
gens de bien, que de voir Dieu exalté par tant de merveilles? Voilà donece quec'estque l'Évangile : cVst, en apprenant l'heureuse nouvelle de la délivrance de l'homme, se réjouir d’y voir la plus grande glûirede Dieu. Élevons-nous aux lieux hauts, à la plus sublime partie de nous-mêmes; élevonsnous au-dessus de nous, et cherchons Dieu en luimême, pour nous réjouir avec les anges de sa grande gloire.
Ln brr,irrs à la crèche de JéMU-CJirUt .
Apres le cantique des anges, «« les bergers se dl- « salent les uns les autres : Allons à Bethléem. Et « s'étant hâtés de partir, ils trouvèrent Marie et Jo- « seph, et l’enfantcouchédans la crèche Le voilà donc, ce Sauveur qu'on nous a annoncé! Hélas! à quelle marque nous le fait-on connaître! A la marque d’une pauvreté qui n’eut jamais sa semblable. Non, jamais noms ne nous plaindrons de noire misère : nous préférerons nos cabanes aux palais des rois : nous vivrons heureux sous notre chaume, et trop glorieux de porter le caractère du Roi des rois. Allons répandre partout celte bienheureuse nouvelle : allons partout consoler les pauvres, en leur disant les merveilles que nous avons vues.
Comme Dieu prépare la voie à son Évangile! chacun était étonné d’entendre ce beau témoignage de ces bouches aussi innocentes que rustiques. Si c'étaient des hQmmes célèbres, des pharisiens ou des docteurs de la loi , qui racontassent ces merveille.s, le monde croirait aisément qu’ils voudraient se faire un nom par leurs sublimes visions. Mais qui songe à contredire de simples bergers dans leur récit naïf et sincère? La plénitude do leur joie éclate naturellement , et leur discours est sans artifice. Il fallait de tels témoins à celui qui devait choisir des pêcheurs pour être ses premiers disciples et les docteurs futurs de sou Église. Tout est, pour ainsi parler, de même parure dans les nn-stères de Jésus-Christ. Tâchons de sauver les pauvres, et de leur faire goûter la grâce de leur état. Humilions les richesses du siècle, et confondons leur orgueil. St quelque chose nous manque; età qui ne manque-t-il pas quelque chose?aimons, adorons « baisons ce caractère de Jésus-Christ. Ne souhaitons point d’être riches : car que gagnonsnous? puisque, après tout, quand nous aurons entassé dignités sur dignités, terres sur terres, trésors sur trésors, il faut nous en détacher, il en faut perdre le goût, il faut être prêt à tout perdre, si nous voulons être chrétiens.
Xir ÉLÉVATION.
Le aUenee et Padmlratlon de Morte et de Joseph.
Nous avons vu les bergers s’en retourner glorifiant Dieu, et le faisant ^rifier à tous ceux qui les écoutaient. Mais voici quelque chose encore de
* Lue. n, IS, IS.
Ét.ÉVATIONS SUn I.KS MYSTÈRES.
plus miTveilIfüx et de ph:5 édifiant : « Marie con:
• serrait toutes ces choses, les repassant dans son «cœur. • Ft dans la suite:* Le père et la mère de
• Jésus étai'.'nt duiis l'ndmirntion des choses qu'on
• disait de lui *. <• Je ne sais s'il ne vnudrctit pas pcut'èire mieux s'unir au silence de Marie, que d'en expliquer le mérite par nos paroles. Car qu’y a-t-il de plus admirable, après ce qui lui a été annoncé par range, mais après ce qui s’est passé en elle-même, que d'écouler parler tout le monde , et demeurer cependant la Iwuche formée ? Klle a porté dans son sein le Fils du Très-Haut : elle l'en a vu sortir comme un rayon de soleil d'une nuée , pour ainsi parler, pure et lumineuse. Que n’a-t-elle pas senti par sa présence? et si , pour en avoir approché, Jean dans le sein de sa mère a ressenti un tressaillement si miraculeux; quelle paix, quelle joie divine n'aura pas sentie la sainte Vierge h la conception du Verbe que le Saint-Esprit formait en elle? Que ne pourrait-elle donc pas dire ellemême de son cher Fils? Cependant elle le laisse louer par tout le monde; elle entend les bergers; elle ne dit mot aux mages qui viennent adorer son Qis; elle écoute Simeon et Anne In prophétesse; elle ne s'épanche qu'avec sainte Elisabeth , dont la visiteavait fait une prophétesse; et sans ouvrir seulement la bouche avec tous les outres, elle fait l'étonnée et l'ignorante : ErarU mirantes. Joseph entre en part de son silence comme de son secret, lui à qui l'ange avait dit de si grandes choses , et qui avait vu le miracle de l'enfantement virginal. Ni l'uii ni l'autre ne parlent de ce qu’ils voient tous les jours dans leur maison, et ne tirent aucun avantage de tant de merveilles. Aussi humble que sage, Marie se laisse considérer comme une mère vulgaire, et son Fils comme le fruit d’un mariage ordinaire.
Les grandes choses que Dieu fait au dedans de ses créatures , opèrent naturellement le silence, le saisissement et je ne sais quoi de divin, qui supprime toute expression. Car que dirait-on, et que pourrait dire Marie , qui pût égaler ce qu’eUe sentait? Ainsi on tient sous le sceau le secret de Dieu, si ce n’est que lui-même anime la langue , et la pousse à p,arler. he$ avantages humains ne sont rien, s’ils ne sontoonnus, et que le monde ne les prise. Ce que Dieu fait, a par soi-même son prix inestimable que l’on ne veut goûter qu'entre Dieu et soi. Hommes, que vous êtes vains, et que vaine est l’ostentation qui vous presse à faire valoir aux yeux des hommes aussi vains que vous, tous vos faibjps avantages!
« Enfants des hommes, jusqu’à quand aurez • vous « un cœur pesant • et charnel ? » jusqu’à quand aim mereZ'Vous la vanité, et vous plairez-vous dans le
* mensonge*? •> Tous les biens dont on fait parade sont faux en eux-mêmes, l’opinion seule y met le prix ; et il n'y a de bien véritable que ce qu’on goûte seul à seuldansie silence avec Dieu.< Mettez-vous
• dans un saint loisir pour connaître que je suis « Dieu. Goûtez et voyez combien (c Seigneur est
‘ Lur II, 19, 11. — » Ps. IT, 3.
• doux > Ailliez la rclrailc et le silence : relirezvous des conversations tuimillueu.ses du monde : taisez-vous, ma lioiiche, n'etourdissez pas iiioii emur I|iii écoute Dieu , et cessez d'interrompre ou de troubler une attention si douce, f'acateet uUtete: ■ V ivez, • dit le l’solmiste, « dons un saint loisir,
• et voyez. • Et encore : . Godiez et voyez com-
• bien le Seigneur est doiiv. > Et laissez parler en vous ce godt cêle.ste. Gustate H videte quonlam suavisest Domi/uts.