VIII, I. — * Lot. Il, M. — . Ibid
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES
où la Verbe se fait entendre. Ouvrons TÉvangile, et surtout celui de saint Jean , où le mystère de Jésus- Christ est découvert plus à fond : c'est le plus parfait commentaire de la parole de Siméon. Ecoutons murmurer le peuple « les uns disaient : Ccst un
• homme de bien; les autres disaient : Non, il « trompe le peuple et abuse de sa crédulité. N'est-
• ce pas lui qu'ils voulaient faire mourir? Et il pré- « che, et personne ne lui dit mot : les prêtres au- « raient-ils connu qu'il est le • Christ ? « Mais on ne
■ saura d'où viendra le • Christ; « et celui-ci , nous « savons d'où U est venu « Et encore : • Que veut-
• il dire, qu'on ne peut aller où il va? Ira-t-il aux « gentils dispersés, et s'en rendra-t-il le docteur? Les « uns disaient : C'est le • Christ; « les autres disaient :
• Le " Christ » doit-il venir deGalilée? Ne sait-on pas
■ qu'il doit venir de Bethléem? Il y eut donc sur ce « sujet une grande dissension >. • Et le voilà • en
• butte aux contradictions des hommes. » Poursuivons : Jésus répète encore une fois : ■ Je
« m'en vais; et vous ne pouvez venir où je vais. • Où ira-t-il? • Se tuera-t-il lui-inénie ■ afin qu'on ne puisse le suivre ?Ce n'était pas seulement les infidèles et les incrédules qui contredisaient à ses paroles : ceux qui croyaient, maiifnon pas encore assez à fond, aussitôt qu'ils lui entendirent dire cette parole, la plus consolante qu'il ût jamais prononcée : « vé-
• rité vous affranchira, » s’emportèrent jusqu’à oublier leurs captivitéssi fréquentes, etjusqu’àlui dire : Vous nous traitez d'esclaves : • nous n'avons jamais « été dans l'esclavage^. « H leur fait voir leur captivité sous le péché , dont lui seul pouvait les affranchir. Ils ne veulent point s’apaiser; et de discours en discours, pendant que Jésus leur dit la vérité , ils s’emportent jusqu'à lui dire qu'il était « un samaritain,
« et possédé du malin esprit, « sans être touchés de sa douceur. L'entretien se finit par vouloir prendre des pierres pour le lapider.
Continuons. « Je donne, » leurdlPil, « ma vie de
• moi-même, et personne ne me la peut ôter^ ; » et il s’élève sur cette parole de nouvelles dissensions.
< C'est un possédé, disaient les uns, c'est un fui; pour-
• quoi l'écouter davantage ? D'autres disaient : Ce
« ne sont pas làlesparo)esd'unpossédé:un possédé I « rend-il la vue à un aveugle-né? «Les contradictions | étaient fortes, les défenseurs étaient faibles; et le ' parti des contradicteurs devint si fort, qu'à la fin il met en croix l'innocence même. > Ils s'amassent pourtant autour de lui; • et avec une bonne foi apparente, ils lui disent : ■ Pourquoi nous faire mourir,
• et nous tenir toujours en suspens? Si vous êtes le
• Christ, dites-le-nous ouvertement. > Il le leur avait dit tant de fois , et ses œuvres mêmes parlaient ; ce qui lui fait dire : • Je vous le dis, et vous ne me croyez pas; • et quand je metiirais, •> les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi •
« Ils ne l'en croient ps, et ils en reviennent à (Iren- 1 dre des pierres pour le lapider : tant il était né pour \ essuyer les contradictions du genre humain. i
> Joan. TU, 13, S6, S6, 37. — * Ibitt. S6 ei > Joan. ,
vm, SI, t3. — * Ibid. 33 , 33, S4 et ^ » Joan, x, fs, is. 90,31. — ' ibid. 3t, 36, 31. I
On le chicanait sur tout. « Pourquoi vos disciples
• méprisent-ils nos traditions? Ils se mettent à table
• s.ins se laver* . ■ Voici une chicane bien plus étrange.
■ Cet homme ne vient pas de Dieu : il fait des mira- « des, et il guérit les malades le Jour du sabbat*. • Us n'eussent pas « craint le jour du sabbat de reti- « rerd'un fossé leur âne ou leur bceuf^; * mais guérir le jour du sabbat une fille d'Abraham, et la délivrer du matin esprit dont elle était opprimée, c’est un crime abominable. Faut-il s'étonner si on contredit sa doctrine et ses mystères , puisqu'on trouve mauvais jusqu’à ses miracles et à ses bienfaits?
D'OÙ nxlMilent «• eootraïUetiooa.
yous été* cTen bas, et je svU d'en haut *. Je viens apprendre aux hommes des clioses hautes qui les passent ; et les hommes superbes ne veulent pas s'humilier pour les recevoir.
Koui êtes du monde, et je ne suis pas du monde Vous êtes charnels et sensuels; et ce que je vous annonce, qui est spirituel, ne peut entrer dans votre esprit. Il ùut que je vous régénère , que je vous renouvelle, que je vous refonde : car ce gui est né de la chair, est chair et on n’est spirituel qu’en renaissant et en renonçant à sa première vie.
« La lumière est venue au monde; et les hommes « ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce
• que leurs œuvres étaient mauvaises. » Car « celui
• qui fait mal, hait la lumière; et il ne vient point à la « lumière, de peur que ses œuvres ne soient tnani- « festees?. •
Voilà trois paroles du Fils de Dieu, qui contiennent trois raisons pour lesquelles les hommes n’ont pu le souffrir. Us sont superbes , et ils ne veulent pas s'humilier pour recevoir les sublimités qu’il leur annonce : Us sont charnels et sensuels , et ils ne veulent pas se dépouiller de leurs sens pour entrer dans les choses spirituelles où il les veut faire entrer; ils sont vicieux et corrompus, et Us ne peuvent souffrir d'être repris par la vérité.
• Vous me voulez faire mourir, » dit le Sauveur,
■ parce que ma parole ne prend point en vous, et
• n'y trouve point d'entrée*. > Ainsi elle vous révolte, parce que vous ne pouvez pasy entrer. Comme jamais il n'y eut devéritc , ni plus haute , ni plut spirituelle, ni plus convaincante et plus vivement reprenante que celle de Jésus-Clirist, il n’y eut jamais aussi une plus grande révolte, ni une plus grande oontradiction. C'est pourquoi il en faut venir jusqu'à la détruire , jusqu'à faire mourir celui qui l'annonce. « Vous cherchez à me faire mourir, moi qui suis un « homme qui vou.s dit la vérité. » Voilà le sujet de votrehaine: « Vous ne connaissez pas mon langage. ■ Pourquoi? « parce que vous ne pouvez passeule-
• ment écouter ma paroles : • elle vous est insupportable . parce qu'elle est vive , convaincante , irrépréhensible.
* Idatih. XV, s. — » Joan. n, is. — * Luc. xrv. 3, i . s. — * Joan. »TII, 33. — • ibid. — * Joan. ni, S. >- f Ibtd. 19, 30. — * Joan. YUI, 37. — * Ibéd. «0, 43.
jÿli.
ÉLÉVATIOiNS SUR LES MYSTERES.
C'est la grande contradiclion <|ue souffre Jésus. Les hommes sc révoltent contre lui , parce qu'ils ne veulent pas se convertir, s'Iiuiiiilier, se inortiner, combattre leurs cupidités et leurs passions. Us aimeront quelquefois ses vérités, qui sont l>e!les en ellesinémes : quand elles se tournent en jugement, en répréhension , en correction , ils se révoltent contre lui, et contre les prédicateurs qui prêchent les véritcj fortes ; et contre les supérieurs , contre les amis qui nous mettent nos défauts devant les yeux, et qui troublent le faux repos d'une mauvaise conscience. Cest de cc cùté-là plus que de tous les autres, que Jésus-Christ est en hutte aux contradictions i<i\. cet endroit est pour lui le plus sensible.
CuntriutidkHM dei cliréti^uii même» contre Jwus-ClirUt »ur fca perfeoune.
Je frémis, je sèche, Seigneur, je suis saisi de frayeur et d’éionnemenl; inonemur sepâme, se flétrit , quand jevous vois en buttenux contradictions , non-seulement des infidèles, mais cncorede ceux qui se disent vos disciples. Et premièrement, quelles contradictions sur votre personne! Vous êtes tellement Dieu, qu'on ne peut croire que vous soyez homme; vous êtes tellement homme, qu'on ne peut croire que vous soyez Dieu. Les uns ont dit : Le yerbe est en Dieu * ; mais ce n’est rien de substantiel ni de subsistant : il est en Dieu comme notre pensée est en nous ; en ce sens il est Dieu comme la pensée est notre âme: car qu'est-ce que la pensée, sinon notre âme en tant qu'elle pense.’ Non , disent les autres; on voit trop que le Verbe est quelque chose qui subsiste : c'est un fils; c'estune personne : qui ne le voit pas |>ar toutes les actions et toutes les choses qu'on lui attribue? Mais aussi ne doit-on pas croire que cet homme qui est né de Marie, sans être rien autre ciiose , est cette personne qu’on nomme le ûls de Dieu? Quoi! il n'est pas devant Marie, lui qui dit qu’il est devant Abraham*^} lui qui était an commencement^} Vous vous trompez; il est évident, dit Arius, qu'il est devant que le monde fiU : c'est dès lors une personne subsistante ; ntais inférieure à Dieu , faite du néant comme le sont les créatures, quoique plus excellente. Tiré du néant? cela ne se peut :lui/7arç(/f tout a ététirédunéant^. Comment donc est-il lils? Un fils n'cst-il pas produit de lasulistance de son père , et de même nature que lui ? fils
de Dieu sera-t-il moins fils, et Dieu sera-t-il moins père que les hommes ne le sont? Il serait donc fils par adoption comme nous? Et comment avec cela être fils unique f qui est dane te sein du Pére^}
Arius, vous avez tort, dit Nestorius : le Ûls de Dieu est Dieu comme lui; mais aussi ne peut-il pas en mêoïc tcrapsêtrefaithomme’llhabitecni'homme comme Dieu habite dans un temple, par grâce ; et si le Fils de Dieu est fils par nature , l’homme qu'il s'est uni par sa grâce ne l'est que par adoption.
On s’oppose h cette perverse doctrine; on dit à
• Joan. I, I. » tiu, M. — 3 ibid. I, I, 1 —
‘ tbid. 3. — » Ibid. ni.
î Nestorius ; Vous séparez trop; il faut unir Jusqu’à I tout confondre, et faire de deux nature.s une nature. Hélas! quand finiront ces contentions? Pouvez-vous croire, disent ceux-ci, qu'un Dieu puisse en eCfetsc
rabaisserjusqu’aétre effectivement lmmme?La chair n'est pas digne de lui : il ii’en a point, si ce n’est une fantastique et imaginaire. Imaginaire? dit l’autre; et comment donc a-t-on dit : Jx f'erbe a été fait cAair*? en définissant l’incarnation par l’endroit que vous rebutez ; Il a une chair, et l'incarnalion n’est pas une tromperie. Mais le Verbe lui tient lieu d’âme : ou bien , si vous voulez lui donner une âme , donnons-lui celle des Wtes, quelle qu’elle soit ; mais ne lui donnons point celle des hommes. I.e Verbe est son âme, encore un coup; ou du moins il est son in- Udligence : il veut par sa volonté, et il ne peut en avoir d'autre. ?:st-ce tout enfin ? Oui , c’est tout. Car on a tout contesté, le corps, l'âine, les opérations intelli-ctuelles; et toutes \vs contradictions sont épuisée.s. Jésus est donc en butte aux contradictions de ceux qui sc disent ses disciples? C.ar, disent-ils, le moyeu de comprendre cela et cela? Mais Jésus avait prévenu les contradictions par une seule parole : • Dieu a tant aimé le monde, qu'il lui a donné son Fils «unique*.*
Pour tout entendre, il ne faut qu’entendre son amour. Dieu a tant aimé le monde. Un amour incompréhensible produit des effets qui le sont aussi. Vous demandez des pourquoi à Dieu? Pourquoi un Dieu se faire homme ?.Iésus-Christ vous dit cc pourquoi ?'Z>fcM a tant aimé le monde. Tenez- vous-en là ; les hommes ingrats ne veulent pas croire que Dieu les aime autant qu’il fait. Mais le disciple hien-aiiné résout leurs doutes, en disant: «Nous avons cruà « l'amour que Dieu a pour nous » Dieu a tant aimé le monde ; et que reste-t-il après cela , sinon de croire à l'amour, pour croire à tous les mystères?
Esprits aussi insensibles à l'amour divin, que voua êtes d’ailleurs présomptueux! Le mystère de l’eucharistie vous rebute ? Pourquoi nous donner sa chair et s'unir à nous corps à corps, pour s'y unir esprit à esprit? Dieu a tant aimé te mondes dit Jésus; et saint Jean répond pour nous tous : \ous avons cru à r amour que Dieu a pour nous. Mais il est ineompréhciisible? Et c'est pour cela que je veux le croire, et m'y abîmer : il n'en est que plus digne de Dieu. Après cela U ne faut plus disputer, mais aimer; et après que Jésus a dit : Dieu a tant aimé le mondes il ne faudrait plus quedire. Le monde racheté a tant aimé Dieu.
XVc ÉLÉA'ATION.
CoDlmltctkms contre Jénis-Chnsl, sur le mytlère de la grice.
Voici encore un écueil terrible pour l'orgueil humain. T/hunime dit en son cœur : J’ai mon franc arbitra : Dieu m’a fait libre, et je me veux faire juste; je veux que le coup qui décide de mon salut éternellement vienne primitivement de moi. Ainsi on veut par quelque coin se glorifier en soi-méme. Où allez-
‘ Joan. I, 14. — > Ibid, iij, ic. — * Ibid, iv, is-
F.r.ÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES.
VOUS y vaisseau fragile ? vous allez vous briser contre Técueil, et vous priver du secours de ÜicUy qui u'aide que les humbles , et qui le.s fait humbles {tour les ai* der. Connaissez-vous bien la chute de votre nature pécheresse; et après même en avoir été relevé, l’extrême langueur, la profonde maladie qui vous en reste? Dieu veut que vous lui disiez ;f?McriS5e5-mo/ • ; car à toQt moment je me meurs, et je ne puis rien sans vous. Dieu veut que vous lui demandiez toutes les bonnesactions que vous devez faire ; quand vous les avez faites , Dieu veut que vous lui rendiez grâces de les avoir faites. Il no veut pas pour cela que vous demeuriez sans action, sans effort; mais il veut qu’en vous effon;jant, rommesi vous deviez agir tout seul , vous ne vous glorifiiez non plus en vousniéme, que si vous ne faisiez rien.
Je ne puis : je veux trouver quelque chose à quoi me prendre dans mon libre arbitre, que je ne puis accorder avec cet abandon à la grâce. Superbe contradicteur, voulez-vous accorder ces choses, ou bien croire que Dieu les accorde? Il les accorde tellement, qu’il veut sans vous relâcher de votre action que vous lui attribiiiiez linnlement tout l'ouvrage de votre salut; car il est le Sauveur, et il dit ; // ny a point (le Dieu qui sauce que moi ». Croyez bien que Jésus-CJirist est .Sauveur, et toutes les contradictions s’évanouiront.
X\h ÉLÉVATION.
Solution des conlndlctiORs par l'aulorité de
TÊglier.
Seigneur, vos mystères sont enveloppés de ténèbres. Vous avez ré|>aiidu dans votre Écriture des obscurités, vénérables à la vérité, mais enfin qui déconcertent notre f.iible esprit : je tremble en les voyant , et je ne sais par où sortir de ce labyrinthe. Vous ne savez par où en sortir! Mais Jésus a-t-fl parlé obscurément de son Église? N'a-t-ii pas dit qu’il la mettait sur une montagne^^ afin qu'elle fdt vue de tout le monde? N’a-l-il pas dit qu'// la posait sur le chandelier, a/in quelle lulsU à tout l'unit'trs *f N*a-t-il |us dit assez clairement : Les portes (fen/er ne prêoaudront pas contre elle N’a-t-il pas assez clairement renvoyé jusqu’aux moindres diHicultés, à la décision de l’Église, et rangé* parmi « les païens et les péagers^ * ceux qui refuseraient d'en passer par son avis? Et lorsque montant aux cieux on aurait pu croire qu’il la laissait destituée de son assistance, n'a-l-il pas dit \ Allez, baptisez, enseignez, et voila que je suis avec vous ( enseignant ainsi et baptisant ), « jusqu’à la lin des siè- •I des?! • Si donc vous avez des doutes, allez à l’Église; elle est en vue; elle est toujours inébranlable , immuable dans sa foi ; toujours avec Jésus- Christ, et Jésus-Christ avec elle. Disons ici encore une fois : Dieu a tant aimé le monde , que pour en résoudre les doutes il n'a point laissé de doute sur son Église qui les doit résoudre.
* VI, a. — » /». xmi, H, II. — » Malth. V, M. — » Jfrirf. IS. — » Matih. xvt, IS. — ^ Hatth. XTitl, 17. - ’ Motth. xxvui.i»,sa.
Mais combien de sociétés prennent le titre d’Eglise? Pouvez-vous vous y tromper? Ne vovez-vous pas que celle qui a toujours été; celle qui demeure toujours sur sa base; celle qu’on ne peut pas seulement accuser de s’élre sépar(«d'un autre corps, et dont tous les autres corps se sont séparés, portant sur leur front le caractère de leur nouveauté; ne voyez-vous pas,enc*ore un coup, que c’est celle qui est l'Église? Soumettez-vous donc. Vous ne pouvez ! j’en vois la cause. V'ous voulez juger par vousniéme; vous voulez faire votre règle de votre jugement; vous voulez être plus savant et plus éclairé que les autres ; vous vous croyez ravili en suivant le chemin battu, les voies communes : vous voulez être auteur. Inventeur, vous élever au-dessus des autres par la singularité de vos sentiments; en un mot, vous voulez, ou vous faire un nom parmi les hommes , ou vous admirer vous-même en secret comme un homme extraordinaire. Aveugle, conducteur d’aveugles, en quel abîme vous allez vous précipiter, avec tous ceux qui vous suivront ! SI vous étiez tout à fait aveugle, vous trouveriez quelque excuse dans votre ignorance. Mais vous dites: .Yo/a rayons , nous entendons tout, et le secret de l’Écriturc nous est révélé, f ’otre j)éché demeure en vous ' .
L’humilité K%oul tuut4's le» dlfücullês.
Pourquoi nous renvoyer à l’Église? Ne pouviezvous pas nous éclairer par vous-mêino, et rendre votre Écriture si pleine et si claire qu'il n’y restât aucun doute? Superbe raisonneur! n'entendez-vous pas que Dieu a voulu faire des luimbles?Votrc m.!ladie, c’est l’orgueil : votre remède sera l'humilité. Votre orgueil vous révolte contre Dieu , l'humilité doit être votre véritable sacrifice. Et pourquoi a-til répandu dans son Écriture ces ténèbres mystérieuses, sinon pour vous renvoyer à l’autorité de l’Église, où l’esprit de la tradition , qui est celui du Saint-Esprit, décide tout? Ignorez-vous, vous qui vous plaignez de l'obscurité des Écritures, que sa trop grande lumière vous éblouirait plus que ses saintes ténèbres ne vous confondent? N’avez-vous pas^u les Jui& demander à Jésus qu’il s'explique; et Jésus s'expliquer de sorte, qtu'ind il Ta voulu, qu'il n'y avait pins d'ambiguïté dans ses discours ? Et qu’en csl-U arrivé? Les Juifs en ont-ils été moins incrédules? Point du tout; la lumière même les a éblouis : plus elle a été manifeste, plus ils se sont révoltés contre elle; et, si on le veut entendre, la lumière a été plus obscure et plus ténébreuse pour leurs yeux malades, que les t^èbres mêmes.
Enfîn, par-dessus toutes choses, vous avez besoin de croire que ceux qui croient doivent tout à Dieu; qu'ils sont, comme dit le Sauveur, enseignés de lui : doctbiles Dei ; de mot à mot, docti a Deo* : qu'il faut qu’il parle dedans, et qu’il aille chercher dans le cccurceux à qui il veut spécialement se faire entendre. Ne raisonnez donc plus :
» Joan. IX, 41. - » Ibid, n, iS-
ÉLÉVATIOISS SUB LES MYSTERES
humilif i-vous. Quiadtt oreilles pour (router, qu’il écoute ' ; mais qu'il sache que ces oreilles qui toutent, c’ert Dieu qui les donne : Aurem audientem, et ocutum cidentfm !>ominus fecit vtrumqve ■.
XVIID ÉLÉVATION.
ContradlcUoM <Un* rÊnU»e p»r pochés de* fidèle* , et
MIT la morale de Jé»us*ChrUt.
Mais la contradiction la plus douleureuse du Sau- »eur est celle de nos péchés : de nous qui nous disons ses Odèles , et qui sommes les enfants de son Éïlise. laî désordre , le dérèglement , la corruption se répand dans tous les états , et toute la face de l'Égliae parait infectée. • Depuis la plante des |ne^
. jusqu'à la tâte, il n'y a point de santé en elle *.
« Voilà , dit-elle , que mon amertume la plus amére . est dans la paix*. Ma première amertume, qui « m'a été , ■ disait saint Bernard * , « bien amère ,
. a été dans les persécutions des gentils : la seconde . amertume, encore plus amère, a été dans les . schismes et dans l'hérésie : mais dans la paix,
• et quand j'ai été triomphante, mon amertume très- . amère est dans les déréglements des chréüens
• catholiques. • . ,
Que chacun repasse ici ses péchés : il verra par quel endroit Jésus-Christ, durant tout le cours de ta vie, et dans son agonie au sacré jardin, a éU le plus douloureusement contredit. Les Juifs, qui ont poussé leur dérision jusque parmi les horreurs de sa croix, ne l'ontpas percéde plus de coups, ni n'ont pas été • un peuple plus contredisant envers celui ITqui étendait ses bras vers eux*, • que nous le sommes. Et si le cœur de Jésus pouvait être afflige dans ta gloire, il léserait de ce cêté-là, plus que par toute autre raison. C’est vous, chrétiens et catholiques, c'est vous " qui faites blasphémer mon . nom par touula terre ■ On ne peut croire que ma doctrine soit venue du ciel , quand on la voit si mal pratiquée par ceux qui portent le imm de lidèles.
Ils en sont venus jusqu'à vouloir courber la règle , comme les docteurs de la loi et les pharisiens : ils se font des doctrines erronées , de fausses traditions, de fausses probabilités : la cupidité résout les cas de conscience ; et sa violence est telle , qu'elle contraint les docteurs de la flatter. O malheur ! on ne peut convertir les clirétiens, tant leur dureté est extrême , tant les mauvaises coutumes prévalent ! et on leur cherche des excuses : la régularité pasM pour rigueur; on lui donne un nom de secte : la règle lie peut plusse faire entendre. Pour affaiblirtous les préceptes dans leur source , on attaque celui de l'amour de Dieu : on ne peut trouver le moment où l’on soit obligé de le pratiquer; et à force de reculer l'obligation , on l’éteint tout à fait. O Jésus ! je le sais, la vérité triomphera éternellement dans votre E^ise : susdtez-y des docteurs pleins de vérité et
* itatth. Il , 15. Xlll , a «1 «rv ■ — * Pruv. xx , 12. — ‘ /•.
I, 6. — * nid. xxivlll. 17. — * S. Brru. Sm». XXXIIl, 1» l'eut, n. 1». — * tt XXV, 2. Bom. X , 21. — ’ Ji. ul, 6 «»ia.