XXI» SEMAINE
LA PBÉDICATIOn DI SAINT JIAN-BAPTISTB.
PREMIÈRE Elévation.
U parole de Dieu lai eat admaèe.
Verrons-nous donc bientôt paraître Jésus? 5ouf le cachera-t on encore long-temps? Qu'il vienne : qu’il illumine le monde, ^on : vous n'êtes pas encore assez préparé : sa lumière vous éblouirait: il faut voir auparavant saint Jean-Baptiste.
L’an quinzede /'empire de nb&re César , Ponce Pilate étant gouverneur de Judée , Hérode étant té/rarque de la Galilée y Philippe son frère l'éiant deClturée et>du pays des Trachonitesy etl.ysanlas de ta contrée d'.ébilaSy sous le pontifeat cCdnne et de Calphe, la paroUde IMeuf ut adressée a Jean ^(üs de Zacharie dans le désert K Elle lui e.sC adressée comme aux anciens prophètes : l'esprit de prophétiese renouvelle et se fait entendre parmi les Juifs après cinq cents ans de silence; et les dates sont bien marquées selon le style de l’Écriture.
Il n’étnil pas nécessaire que Jean Ht des miracles pour autoriser sa mission et sa prophétie. Les autres propliètes n’en avaient pas toujours fait : la conformité avec l'Écriture et la convenance des choses justifiaient leur envoi. La vie de saint Jean était un prodige perpétuel. Il était né sacrificateur, et sa mission tenait de l’ordinaire : on se souvenait des merveilles de sa conception et de sa naissance. Né comme Samson d’une mère stérile, comme lui il était Nazaréen, c'est-à-dire consacré à Dieu dès qu'il vint au monde* : tout ce qui naissait de la vigne, ou qui peut enivrer, lui était interdit : sa retraite dans le désert était miraculeuse, et son abstinence étonnante : en se nourrissant de sauterelles Il prenait une nourriture vile, desagréable et légère, mais expressément rangée parmi les viandes permises par Moïse dans le Lévitique, où « les animaux « qui avaient de longues cuisses, comme tout le genre «des sauterelles , quoiqu’ils marchassent à quatre • pieds, étaient séparés desvolatiles impurs^, • qui n'avaient pas cette distinction. Ainsi il vivait en tout selon les règles de la loi : il prouvait son envoi par les prophètes précédents : et surtout la sain- ' Lue, ui . t, 9. ~ * Jud. xm , 9 , S. — ’ Lev. xi , 91, S, SS.
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES
« la cognée est déjà à la racine des arbres*. > Il ne s’agit pas d’un ou de deux : c'est une vengeance publique etuniverselJe : « Tout arbre qui ne porte point « de bon fruit sera coupé et jeté au feu*. » Toutes ces paroles sont autant de coups de tonnerre sur les cœurs rebelles. El celles-ci où il parie de Jésus- Christ ne sont pas moins fortes : « Il a un van en sa main, « et il purgera son aire, et il recueillera le bon grain « dans son grenier, et il brûlera la paille d’un feu
• qui ne s’éteint pas^. •
Tout cela est préparé par ees premières paroles : « Faites pénitence, car le royaume des deux est « proche*. ■ Le monde dans peu de temps verra paraître son juge ; plus il apporte de miséricorde , plus ses jugements seront rigoureux. Abaissez-vous donc, orgueilleuses montagnes, qui semblez vouloir menacer le ciel, abaissez vos superbes têtes.
■ Ce n’est pas, « dit saint Chrysostôme^ • auxfeuil- « les ni aux branches, mais à la racine que la co-
• gnée est attachée. • Il ne s’agit pas des biens du dehors, des honneurs et des richesses, qu'on peut appeler les feuilles et les ornements de l’arbre; ni de la santé ou de la vie corporelle que l’on peut comparer aux branches qui font partie de nous-mêmes : c’est à la racine , c’est à l'âme qu'on va frapper : il y va du tout; et le coup sera sans remède. Et ce ne sont pas seulement les plantes venimeuses et malfaisantes qu’on menace; c’est In paille, les serviteurs inutiles; ce sont les arbres infructueux que le feu brûlera toujours sans les consumer ; et pour périr à jamais, il suffît de ne porter pas de fruit Car c’est alors que vient la rigoureuse parole du sévère Père de famille, qui, visitant son jardin, prononce cette sentence contre le Üguier stérile : • <3ar pour- « quoi occupe-t-il la terre? coupez-le et le mettez
• dans le feu®. ■ Tremblez donc, pécheurs endurcis : tremblez, âmes superbes et impénitentes : craignez cette inévitable cognée qui est déjà mise à la racine. Si le serviteur tonne ainsi, que fera le maître quand il aura pris laparole? ■ Si ceuxqui oottrans- « gressé la loi de Moïse, sont inévitablement punis, « quel traitement recevront ceux qui auront outra-
■ gé le Fils de Dieu , méprisé sa parole et foulé son « sang aux pieds?? » Où irons-nous donc , race de vipères, qui ne produisons que des fruits empoisonnés ? Qui nous apprendra à éviter la colère du Tout- Puissant qui nous poursuit? Où nous cacheronsnous devant sa face? « Collines, couvrez-nous ;
• montagnes , tombez sur nos têtes®. >
teté de sa vie, le zèle et la vérité qui régnaient dans ses discours, l’autorisaient parinilepeuple, et le faisaient paraître un nouvel Élie.
C’était en effet sous cette flgure qu’il avait été annoncé par le prophète Malachie * : et c’était un grand avantage au saint précurseur, iion-seulementd'avoir euun prophète qui le prédît si expressément, comme On a vu; mais encore d'être fîguré dans le prophète le plus zélé et le plus autorisé qui fût jamais , c'està-dire par Elle, que son zèle fît transporter au ciel dans un chariot enflammé.
Isaïe même l'avait annoncé comme celui « dont la « voix préparait le chemin du Seigneur dans le dé-
• sert*. • Elquandonl’envilsortir tout d’un coup, après y avoir passé toute sa vie dès son enfance, pour annoncer la pénitence dont il portait l'habit, et dont il exerçait avec tant d’austérité toutes les pratiques, le peuple ne pouvait pas n’étre point attentif à un si grand spectacle.
Allons donc écouter avec tous tes Juifs ce nouveau prédicateur de la pénitence, si saint, si admirable, et si renommé par toute la contrée.
prophétie d'Itele wr Mini Jeen-BapUtte, et coouDrnt U prépara la voie du Seigneur.
• Comme il est écrit dans le livre des paroles du
• prophète Isaïe : La voix de celui qui crie dans le
• désert, préparez les voies du Seigneur : rendez
• droits ses seniiers ; aplanissez le chemin :
• toute vallée sera comblée, et tonte montagne et « toute colline abaissée et aplanie : et toute chair « verra le salut qui vient de Dieu »
Deux moyens de préparer les voies au Christ nous sont montrés dans cet oracle d'Isaïe : l'un, qu'il devait « prêcher devant lui à tout le peuple d’Israël
• le baptême de la pénitence*, » pour préparer son avènement, ainsi que saint Paul le dit dans les Actes : et l'autre, qu'il devait « montrer au peuple « ce Sauveur , » comme il est encore porté dans le même sermon de l’apôtre.
Concevons donc ces deux caractères de saint Jean- Baptiste; laissons-nous préparer par le grand précurseur à l’avénement du Sauveur des âmes.
lir ÉLÉVATION.
Pmnlèr. préparatloo par In terreur, de la peoitenr».
La prédication de la pénitence a dent parties ; l’une, de relever les consciences huiniliécs et abattues : c'est ce qu'IsaTe appelle, . combler les . vallées : . l'autre; d'abattre les cœurs superbes : c'est ce que le même prophète appelle • abaisser les
• montagnes et aplanir les collines. . Saint Jean fait l’un et l'autre, et pour commencer par le dernier, il abat les superbes, en disant aui pharisiens et aux saduccens : . Race de vipères, de qui ap-
• prendrez-vous à fuir la vengeance qui doit venir? . Faites donc de dignes fruits de pénitence car
* -Ve/, ni, I. — > /g. St, a, A/arv. 1,1,3. — ) Varv I
tue. ni,4,s. ’
Lâ ooiuoUUoD Mit le* terreon.
• Pour moi, je vous donne un baptême d’eau, « afin que vous fassiez pénitence : mais celui qui • vient après moi , e.st plus puissant que moi ; et je « ne suis pas digne de lui porter scs souliers : c’est « lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit et dans •• le feu9. • Si saint Jean nous inspire tant de
< Jlfatfk. m , 7. a. — * /M. 10. — * JM. ts. • ÂfoUk. III , 3- — * CArÿâ. in JUalth. Hom. il , «i* 3. * J.tK. im,