II. De Jesus-ChrUt et <Ie hck myatàrex
La grâce du mystère de l’Epiphanie, c'est un es-
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ni. 4. — IV, 33. — * v/J Jor. l'pitf. xvi , n* lo. —
CnUKTiENNES
prit (Tudoralion envers Jêsus-Clirist et Jésus en* fsnty et Jésus inconnu* Jésus dans rabjcction : esprit d'adoration des états inconnus de Jésus- Clirist; esprit d'adorutiun pour attirer à ce Dieu inconnu ceux qui le connaissent le moins, et qui I en sont le plus éloignés : entrez-y pour toutes les ! créatures qui ne le connaissent pas. Kt nous, comment adorerons-nous ? comme si nous en entendions parler la première fois, comme si son étoile ne nous avait apparu que de ce jour. Car, en effet , qu'avons-oous vu? qu'avons-nous connu ? Si nous le connaissons tant soit peu, tous les jours nous cessons de leconnaltre; nous nous enfonçons tous les jours dans le centre d'une bienheureuse ignorance, où nous n'avons de vuequ'en ne voyant rien. Sortons donc du fond de cette ignorance comme d’un pays éloigné; et sous la conduite de l’étoile, la foi , tantôt lumineuse, tantôt obscurcie, paraissant et disparaissant, suivant le plaisir de Dieu, allons adorer ce Dieu dont la gloire, dont la grandeur c’est de nous être inconnu, jusqu'à ce qu’il nous ait mis en état de ne plus rien connaître qu’en lui.
Doue, ô Dieu caché, ô Dieu inconnu, anéantissez en nous* mêmes toutes nos lumières ; et ne vous faites sentir à nos coeurs que par un poids toutpuissant, qui nous presse de sortir de nous, pour nous élancer, pour nous perdre en vous!
Qu'il vous baptise , non point d'un baptême d'eau, mais d’un baptême de feu, mais d'un baptême d'esprit, mais d'un baptême de sang. Jetez-vous dans le sang de sa passion, dans ses souffrances intérieures et extérieures; perdez terre dans cet océan; enivrez-vous de ce vin, tant que ses fumées, non moins efDcaces que délicates et pénétrantes, vous fasseut perdre toute attache à vous-même, tout goiU, tout sentiment des choses présentes, pour être, dans le fond et dans les puissances, captive de la vertu cachée et toute-puissante, qui est dans le sang et dans les souffrances de votre Époux sous le pressoir. Ainsi puisse-t-il changer t'eau en vin, et accomplir en votre cœur tous les mystères que l'Église adore dans la fête de l'Épiphanie!
Oubliez tout, chère épouse; oubliez ce que vous faites et ce que vous êtes, vos lumières , vos connaissances , vos grâces , votre paix , vos agitations , votre néant même; oubliez tout de moment à autre, et n'ayez dans l'esprit et dans le cœur que ce que le cher enfant y imprimera. O enfance, ô abjection, ô être inconnu de Jésus, faites-vous des adorateurs aussi inconnus que vous ! Qu’ils ne se connaissent pas eux-mêmes; qu’ils vous aiment sans en rien savoir; qu'ils vous soient ce que vous leur êtes , adorateurs cachés à un Dieu caché. Oui , cachez en eux votre mystère : éloignez-en les superbes et les curieux; n’y appelez que les simples, les enfants, les ignorants que vous éclairez, et dont vous êtes vous seul toute la science.
O vie , ô mort , ô péché , ô grâce , ô lumière , ô ténèbres, vous n’êtesplus rien! O néant, conçu et aperçu, vous n’êtes plus rien; vous êtes perdu fl) Dieu ! Mais , ô Dieu connu , vous êtes vous-inêlue cache dans le ncant! Uéi^nez, ô Jésus, ô Dieu