SUR I.A POLYGAMIE
$éréHu$ime prince et trigiteur Piiiupriî, LAfil»CRAVR ne comte de CatzentenboÿCH, de Diets , de Zicgcn- Atiin, etde IVidda, notre ctemrttl seigneur, nous snuhfti- Ion* avant toutes choses la grâce de t>ien, par Jésus- Chrut.
SÉnÉinttiac PIUACC et seicrciRs
I. Nons avont appris de Bocer, et lu dans rinstrarlinn <fue Tolre altesse lui a donnée, les peines d’esprit et lit Inquiélu* des de conscienre nu elle est pré»entefDent; et (juokiu’jl nous ail paru trés difûcile de répondre si UH aui rioules qu’elle propose , nous n'avons pas néanmoins voulu laisser partir sans réponse le même Bucer, qui clail pressé de retourner vers vivfae altesse.
II. Nous avons re<;n une eilréme Joie, et nous avons loué l>kti de ce qu'il a guéri votre allesae dtune dangereuse ma-
morbo liberaverit, petimusque, ut Deus celsitudinem vestram in corpore et animo oonfortare et con* servare dignetur.
III. Nam, prout celsitudo vestra vidot, paiiper* cula et misera Kcclesia est, exigua, et derelicta, indigens probis dominis regentibus, sicut non dubitamus Deum aliquos conservaturum , quantum* vis tentationes diverss oecurrant.
IV. Circa quæstionem quam nobis Bucenis pro* posuit, hæc nobis occumint considerationedigna. Celsitudo vestra per se ipsam satis perspicit, quantum différant universalem legem condere, vel in certo casu gravibus de causis , ex concessione di* vina, dispensatione uti; nam contra X)eum locum non babet dispensatio.
V. Nunc suadere non possumus ut introducatur publiée, et velut lege sanciatur perniissio plures quam unain uxores dunendi. Si aliquid hac de re prælo committeretur, facile intelligit vestra cetii'* tudo,id prxcepti instar intellectum et acccptatuin iri : undeniulta scandalaet diflicultates orirentur. Consideret, quaesumus, celsitudo vestra, quam sinistre arciperetur, si quis convinceretur hanc leuem in (iermaniam introduxisse, quæ ælernarum iitium et iuquietudinumfquod timendum) futura esset seminarium.
VI. Quod opponi potest, quod coram Ueoæquuni estid umnino pennillendum, hoc certa ratione et conditione est accipiendum. Si res est mandata et necessaria, verum est quod objicitur; si uec mandata, nec necessaria sit alias circumstantias oportet expendere, ut ad propositam quæstionein pro* pius accedamus : Deus matrimonium instituit ut tantum duarum et non plurium personarum esset societas, sioatura non esset corrupta; boc inteodit
lailir; et noua le prions qu’il la veuille longtcinps conserver dons l’usage parfait de b santé qu’il vient de lui rendre.
III. Elle n'Ignore ikosconiblim nuire Eglise pauvre, misérable, pi'Ule vl abatKlonnée a besoin de princes n^genU vertiirux qui la protégeni; nous ne doutons point que Dieu ne lui en laisse loujoun quelques-uns, quoiqu'il mrtuce üs temps en temps de IVn priver, et qu'il b mette à l’épreuve par de différentes tentations.
tV. Voici donc c*^ qu’il y a d’imporbnt dans U question que Bucer nous a proposée. Votre altesse comprend asM*c d'Hle-méme la différence qu’il y a d’établir une lui universelle, et d’user de dispense en un cas particulier pour da pressmotea raisons , et avec la permission de Dieu : car U est d'ailleum évident que les dispenses n’ont point de lieu oon. Ire la première des lois , qui est b divine.
V. Nous ne pouvons pas consdllt-r maintenant que l'on fntroduise en public, el que l'on établisse, comme par une loi, dans le nouveau Ti’sUmeot, celle de l’ancim , qui permeltail d'avoir plus d'une femme. Votre altesse sait que si l'on faisait Imprimer quelque chose sur ortie matière, on le prendrait pour un précepte; d'oti il arriverait une Infinité de troubles et de sramlali’S- Nous prions votre altesse de considérer tes dangers ou ser.ilt exposé un homme convaincu d'avoir intrcMluit en Allemagne une S4-mhlable loi , qui div lsi*ralt les familles, cl les engagerait en tics procî's élemels.
VI. Quand à l'objection que l'on fait . que ce qui est juste devaulDIeu doit être absolument permis, on y doit réfwndre en cette manière : Si ce qui est équibble aux yeux de ^leu *v»l d’ailleurs commandé et mwksaire , l’objeclion est véritable; s’il n’rsl ni commandé ni néoessaire, il faut encore, avant que de te pcrnielire , avoir égarti h d'autres clrcon.vbnces : el pour venir a la question dont N s'.agit , Dieu a institué b mariage pour être une société de deux personnes , el non pas
ilia sententia : Erunt duo in came una , idque pri« luitus fuit ohs^rvatum.
VII. Sed I^inecli pluraltlateni uxorum in matrimnnium iiivexit, quod de illo Scriptura memorat tanquam introdurtum contra primam regulam.
VIII. Apud intideles tarnen fuit consuetudine receptum; postea Abraham quoque et posterî ejtis plures duxerunt uxorrs. Certum est hoc postmodiim lege Mosis permissum fuisse, teste 5»criptura ( l)euter. XXI, 15), ut homo halieret duas uxores :riam Deus fragili naturæ aliquid induisit. Cum vero priacipio et crcationi consentaneum sit unica iixore contentum vivere, hujnsinodi lex est laudabtlis, et ab F.cclesia accipienda , nec lex huic contraria sta* tuenda ; nam Christus repetit hanc sententiam : Eruntduoincame una ( MatUi. xix), et in memoriam revocat quale niatrimonium ante humanam fragilitatem esse debuisset.
IX. Certis tainen casibus locus estdispensationi. 8i quis apud exteras nationes captivus. nd curarn corporiset sanitateni , inibi aiterain uxorem superinduceret; vel si quis haberet lepro.sain : his casi> bus alteram ducere cum consilio sui pastoris, non intentlone norain legem inducendi , sed suæ necessitati consulendi, hune nescimus qua ratione damnare liceret.
X. Cum igitur aliud sit inducere legem, aliud utidispensatione, obsecramus vestramcelsitudinem sequeiitia vêtit considerare.
Primo ante oinnia cavendum, ne hæc res inducatur in orlH>in ad modum legis, quam sequendi lilhTa omnium sit potestas. Deinde considerare dignetur vestra celsiUido scandalum nimium, quod
dff pUts, nnpposé que la nature ne fût pas corrompue; et c*r»t là le sens du passaj^ de la Genèse : I/jt «*rDa/ deux e» vne whU c/inir; et c'est ce qu’on observa au conmiencTineut.
VII. Lainech fui le premier qui épousa plusieurs femme»; el I*C(Tilure témoigne que cet usage fut iolroduit «mire la preinirre h'gle
VIII. Il passa néanmoins en coutume dans les nalions infidèles; et l'on trouve même depuis, qu'Abraham et sa po«lérité mirent plusieurs femmes. Il est encore cotisi.iul par le Deutéronome, que la loi de Moïse le permit ensuite, el que Dieu eut en ce point de la oondesrendance pour la faiblesse de la nature. iMisqu'Il est donc conforme à la création des hommes, el au pretmler établisM-menl de leur sociélé, que chacun dVux »e contente d’une seule femme. Il sViihuU que la loi qui l’ordonne est louable; qu'elle doit èlre reçue dans ll^lUe; et que ron n’y doit pülnlinlroduirr une lolcunlraire; paire que Jésus-Christ a réfrté dans le chapitre |9 de saint Matthieu le passage de la Genèse : Ht serval deux en une seule chair; et y rappelle dans la mémoire des huinrars quel avait dû être le mariage avaut qu'il eût dégénéré de sa purelé.
IX. Ce qui o’empèche pourtant pas qu'il n’y ait lieu de dispense en de certains occasions. Par exemple , un homme marie, détenu captif en pays éloigné, y prenait uncsecomle femme pour recouvrer sa santé, ou que la sienne devint lépreuse, nous ne voyous pas qu'en ces cas on pût oundamiH-r le ttdele qui épouserait une aulrc friuine par le ronseii de Mm pasteur; pourvu que ce ne fût pas à deSM-io d’introduire une Joi nouvelle , mais srulüiienl pour satlslalre à son liesoin.
X. PuU(|Uc Cf sont deux choses toutes différenka d'introduire une loi nouvelle, et d'user de dispense à l'egard de la même loi , nous supplions votre altesse de faire réflexion sur oe qui suit.
Preinièn-incDt, Il faut prendre garde avant toutes choses que la pluralité de» femmes uc s’introduise point deux le
Evangelii hostes exclamaturi sinl, nos similes esse anabaptis'tis, qui simul piures duxerunt uxores. Item Kvangelicos eani sectari liberUitcin plures simul ducendi, quæ in Turcia in usu est.
XI. Item, prineiputn facta latius spargi quant privalorum considerel.
XII. Item consideret privatas personas, hujusmodi principum facta audientes, facile eadem sibi permissa persuadere, prout apparel talia facile irrepere.
XIII. Item oonsideranduni celsitudinem vestram abundarc nobilitute efferi spiritus, iii qua muiti, uti in aliis quoque terris, siiit, qui propter ainpios proventus, quilms ratione cathedralium beneficlorum perfruuntur, vaide Evangelio adversantur. Kon ignoramuti ipsi magnorum nobiliuni vaide insulsa dicta; et (pialem se nobilitas etsubdita ditio trga celsitudinem vestram sit præbilura, si publica inlroduclio fiat, haiid diflicile est arbitrari.
XIV. Item celsitudo vestra, quee Dci singularis est gratia, apud reges et potenles eliani exteros magno est in honore et respeetu : apud quos merito est, quod timeat ne hæc res pariat nominis diminulloncni. Cum Igitur hic mulla scandala conlluant, rogamus celsitudinem vestram, ut hauc rem maturojudicio expendere velil.
XV. Illud quwiue est verum, quod celsitudinem vestram omnl modo rog.imii5et hortamur, utfornicatioiiem el adullerium fugiat. Habuinius quoque, ut quod res est loquamur, longo teinpore non par- ’vum mœrorem, quod intellexcrimus vestram celsitûilinem ejiismodi iinpurilate oneratam, qiiain divina ullio, inorbi, aliaqiie pericula sequi possent.
momie, en forme de loi que tout le momie puUxe xulvre quand II voudra. Il faut en second lieu , que voire altesse ail égard à l’effroyable scandale qui ne manquera pu* d'arriver, ai elle donne occasion aux eonemU de l’Evangile de s’ikrier que nous nwmblons aux anabapllslet, qui font un jeu du njarlage, el aux Turc», qui prennent autant dofrmme» qu’il» en peuvent nourrir
XI. Kn troisième lieu , qu» le» action» de» prince* aont plu» en vue que celle» des particuliers.
XII. En quatrième lieu, que le» inférieurs ne sont pas plutôt informés que les su|^rleuri font quelque cliose, qu'il» s’Imagiiveiil avoir la liberté d'en faire autant ; et que c'est par là que la licence devient générale.
XIII. En cinquième lieu, que lesélaUde votre allesie lont remplis d’une noblcsae farouche , fort oppiKée pour la plus grande parlie à l’Evangile , à cause de l'espérance qu’on y a, comme dans 1rs autres pays, de parvenir aux tténéflee» de» églUi*s caitn-drales dont le revenu e»t ths-grand. Mous savons les impertinents discours que les plus illustres de voire noblesse ont tcnu»;el Iles! aisé déjuger ipiclle serait la dlsixisltiou de votre noblesse et de vos autres sujets, si votre alteiuic intruduisaJt une semblable roniveaulé.
XIV. En sixitiuc lieu, que votre alb-sse, par une grâce particulière Je Dieu , est en grande réputation dans l'Empire et d.ins 1rs pays étrangers; et qn'll est à craindre qtie l’on n« dimintie beaucoup de l'estime et du respect que l'on a prtur elle, si elle evreute le projet d’un double mariage. I41 mutliluJc des scandah-squi sont ici àcrnindrenousobügeaoonjurer votre altesse d’examiner la chose avec toute la maturité du jugement que Dieu lui a dontKv.
XV. Ce n’est pas aussi avec moins d'ardeur que nouscoujuroos votre atlesM: d'evUer en toute maniéré la fumicatJoa et radullerv; et pour avouer sincéreincnl la vérité, nuusavooa eu longtemps un regret sensible de voir votre altesse altandonnée a de telles üiipuretés , qui pouvoleot être suivie» du»
DES VARIATIONS, LIV. VI
XVI. Eliam rogamus cfisîtudinem vestram ne talia extra matrimonium, levia peccata velit æstiiiiare, sicut inundus hæc ventis tradere et*parvi> pendere solet. Verum Deus impudicitiam sæpo se* verissime punivit : nam pœna diluvii tribuiturre* gentum adulteriis. Item adulterium Davidis est severum vindictae divinæ exemplum : et Paulus sspius ait : Deus non irridelur. Adulteri non intruibunt in regnuin Dei ; nam fidei obedientia eûmes es&e débet, ut non contra conscientiam asainus. /. Timoth. 3. Si cor nostrum non reprehenderlt, nos possumus læti Deum invocare; et Hom. 8. Si carnalia desideria spiritu mortiUcaverimus, vive* mus ; si aulein secunduin cartiem ambulemus , hoc est, si contra conscientiam agamus, innriemur.
XVII. llæc referimus, ut considerct Deum ob talia vitianonridere, prout aliqui audaces faciunt, et elhnicas cogitationes animo fovent. Libenter quoque intelleximus vestram celsitudinem ob ejus* modi vitia angi et conqueri. Incumbunt celsitudini vestræ negotia totum muiidum concerneiitia. Accedit celsitudinis vestræ complexio subtilis, et mi* nimerobusta, ac pauci somni; unde merito cor* pori parcendum esset, quemadmodum mulU alü facere euguntur.
XVTII. Legiturdelaudaiissimo principe Scander* bergo, quimulU præclara facinora patravit contra duos Turcorum imperatores , Amurathem et Mnhumelem, et Græclam, duin viveret, faciliter est tui* tus ac conservavit. Hic suos milites sæpius ad ca* stimoniam hortari auditus est, et dicere, nuilain
effets delà vengeance divine, de maladiei.ct de bcaocoup CauttrA inconvénient!.
X VI. ISous pricMM encore voire altesse de ne pas croire que l'o-Mge des femmes hors le mariage soit, un péché léger et méprisable, comme le monde se le figure; puisque Dieu a souvent châtié l'impudicHé par les peines les plus sévéres : que celle du déluge est Attribuée aux adultères des grands; que l'adultère de David a donné lieu k un exemple terrible de la vengeance divine : que saint Paul répété ivouvcnlque l'on-ne se moque point impunément de Dieu , et qu’il n*y aura point d'entrée pour les atlulléres au royaume de Dieu. Car II est dit au second rhapllrede rp.plire première a TlmoUM«, que l'ubéissaoce doit éUe compagne de i.i foi , si l'on veut év iter d'agir contre la conscience; au troisième chapitre de la prr> miére de saint Jean , que si notre cnftir ne nous reproche rien , nous pouvons avec Joie Invoquer le nom de Dieu : et au cha* pitre Tiiide l'EplIrenus Romains, que nous vivrons, si muts morlUloDs par l’esprit In désirs delà chair : mais que nous mourrons au runlraire,m marchant selon la chair, c'est-àdire en agissant contre notre propre conscience.
XVII. Nous avons rapporté ces passages , alin que votre al* tesse considère mieux que Dieu ne traite point en riant teVice de rimpurelé , comme le supposent ceux qui , pa r une extrême audace, ont des sentiments pat<>ns sur ces matières. C’est avec plaisir que nous avons appris le trouble et tes remords de conscience où votre altesse est maintenant pour cetto sorte de défauts, et que nous avons entendu le repentir qu’elle en téomlgne. Votre allase a présentement à négocier des affaires de Ig plus grande Importance qui soient dans le monde : elle estd'une complexion fort délicate et fort vire : elle dort peu; et ces raisons, qui ont obligé tant d'aotrea personnes prudentM à ménager Irurs corps, sont plus que suffisantes pour dbpoBcr votre atlesse à les imiter.
XVIII. On Ml de rinooroparabls Scanderl*erg , qui déOt en tant de rer contres les deux plus puissants empereurs des Turcs, Aoiurat II et Mahomet II , et qui tant qu'il vécut préserva ta Grèce de leur tyrannie, qu'il exhortait souvent ses soldais à la chasteté, et leur disait qu’il ny avait rien de
rem forllbus viris æque animes demore ac venerem. Iicm quod si vestra celsitudo insuper alteram uxorem hal^ret, et iiolletpravis affectibus et consuetudinibus repugnare, adhuc non esset vestræ celsitudini consiiltum ac prospectum. Oportet unumquemque in externis istis suorum membrerum esse dominura, uli Paulus scribit : Curate ut menibra vestra siiit arma justitiæ. Quare vestra celsitudo in consideratioiie aliarum causarum, nempe scandali, curarum, laborum, ac sollidtudinum, et corporis inQrmitalis, velit hanc rem æqua lance perpendere, et siimil in memoriam revocare, quod J)eus ei ex moderna conjuge pulcliramsobolem ulriusquesexus dederit, ita utoontenius hac esse posait. Quotalii in suo malrimonio debent patienitam exercere ad vitandum scandalum.’ Nobis non sedet animo celsitudinem vestram ad tam difficilem novitatem impellere, aut indu* cere, nam ditio vestræ celsitudinis, aliique nos impeterent, quod nobis eo minus ferendum esset, quod ex præcepto divine nobis incumbat matrimonium, oinniaque humana ad divinam institutionem dirigere, atque in ea quoad possibile, conservare, omneque scandalum removere.
XIX. Is jam est mos sæculi, ut culpa omnis in prædicatores conferatur, si quid diflicultatis incidat, et liumanum cor in summæ et inférions conditionis hominibus instabile; unde diversa perdmescenda.
XX. Si autem vestra celsitudo ab impudica vita non abstineat, quod dicit sibi inipossibile, optaremus celsitudinem vestram in meliori statu esse coram Deo, et secura conscientia vivere ad propriæ
si nuisible à leur profeaslon , que le plaisirde l’amoar. Que si votre altuMc, après avoir épousé une seconde remmeTM voulait pas quitter sa vie licencieuse, le rvméile dont elle propose de se servir lui serait iuutlle. II faut que chacun soit le mai Ire de son corps dans les actions extérieure, et qu’B biKae, suivant l’expression de saint Paul, que ses membres soient des armes de Justice. Qu'il plaise donc à votre altesse (TtniAmlner sérieusement les considérations du scandale , da traxaux, du soin, du chagrin, et des maladies qui lui ont été représentées. Qu’elle se souvienne que Dieu lui a donné de la princesse sa feroaie un grand nombre d'rnfanls des deux sexes , si beaux et si bien nés , qu’HIe a tout sujet d’en être satisfaite. Combien y en a-t-il d’autres qui doivent exercer la patience dans le mariage , par le seul motif d'éviter le scandale? Nou.^ n’avons garde d'exciter votre altesse à Introduire dans sa maison uue nouveauté si difficile. Nous alUrvrioru sur nous , en le faisant , k-s reproches et la persécution , non-seu* Isment des peuples de la Besse, mais encore de tous les autre» ; <^qul nous serait d’autant moins supportable, que Dieu nous commande, dans le ministère que nous exer^iis, da regler, autant qu'il nous sera possible , le mariage et les autres étals de la vie humaine, selon riastilulion divine; de les ounsorver en cet état lorsque nous les y trouvons , et d'évitfT toute sorte de scandale.
Xrx. Ce»t malmenant la coultime du siècle de rejeter sur les prédicateurs de l’Evangile toute la faute des actions ou ils ont ru tant soit peu de fiart, lorsque l'on trouve A redire. Le cmir de rhomme est également Inconstant dans les oondllions ktt plus relevées et dans l« plus basses; et on a tout à craindre de ce oùté-là.
XX. QiiantA ce que votre altesse du, qu’il ne lui est pas possible des'abslenir de la vie impudiquequ'elle mène tant qu'elle n'aura qu'une fnnme, nous souliailerions qu’elle fût en nieil- Irur étal devant Dieu ; qu'elle vécût en sûreté de conscience ; qu’HIe IravaillAt pour le salut de son Ame , et qu’ellcdoonit à scs sujets un meilleur exemple.
animæ salutem , et ditioDum ac subdUorum emoluinentum.
XXI. Quod si denique Tcstra celsitudo omnino concluserit adhuc unain conjugem ducere, judicainus id secreto faciendum, ut superius de disf^nsaiionc diclum, nempe , ut laniûm vestra celsitu* dini, illi personæ ac paucis personis fldelibus constet celsitudinisvestrs animus et conscieiitiasub sigillo confessionis. Hinc non sequuntur alicujus momenli contradictiones aut scandala. Nihil enim est inust* tati principes concubinas alere; et quamvis non omnibus e plebe constaret rei ratio, tamen prudcnliorcs intelligerent, et magis placeret hœc moderata vivendi ratio, quam adulteriumetaliibclluini et impudici actus; neccurandi aliorum sennones, si recte cum ponscientia agatur. Sic et in tantum hoc approbamus : nam quod circa matrimonium in Icge Mosis fuit permissum, Evangelium non revocat; aut velat quod extornum non regimen non immutal; sed adfert ælernam vium, etorditur ve* ram obedienliam erga Ueum , etconatur corruptam naturam reparare.
XXII. Habet itaque celsitudo vestra non tantum omuiuin nostrum testiiuonium in casu necessitatis, sed etiam antécédentes nostras considerationes, quas rogamus, ut vestra celsitud i, tanqiiam lau< datus , sapiens , et chrislianus prinreps velit ponderare. Oramus quoque Deum, ut velit celsitudinem vestram ducere ac regerc ad suam laudem, et vestrae celsitudinis animæ salutem.
XXIll. Quod atiinel ad consilium hanc rem apud Cæsarem tractandi ; existimamus ilium ad ulterium inter minora peccala numerare; nam magnoi>ere verendum, ilium Papislica, cardinatilia, llalica, Hispanica, Sarraccnica imbutum lide, non cura-
XXI. Mais enlln si votre allesse e»t rntU-reouTil r<>Aolue dVpuvuer une fit^cornle frmnn* , nous Jugmms quVIle doil le faire 84>crHcracnl. comme nous avons <lil A l’occasion de la dispense qu'elle demandait pour le mt-mc sujet; c%-sl-a-dlrr qu’il n'y ait que la personne quelle épousera, et peu d’autres personnes Üdéhs , qui le sachent , en le» obllReanl au secret sous le sceau de lac»)nrewlon. Il n’y a point IcU craindre de contradicUun , ni de scandale considérable ;car il n'nl point extraordinaire aut princes de nourrir des concuhhies;et quand le menu peuple s’en scandalUera, les plusécl-dré» se douteront de la vérité; et les personnes prudentes aimeront toujours mleut cette vie modérée que l’adultcrc et autres actions iwtilates. L’on ne doit pat se soucier beaucoup de ce qui s’en dira , pourvu que la coru^lence aille bien. Citt ainsi que noua l'ip* prouvons, et dans les seules circonstances que nous venons de marquer : car l'Evangile o’a ni révoqué, ni défendu ce qui avait été permis dans la loi de Motec, A Tégard du mariage. Jéaus-Christ n'en a point changé la police extérieure; mais 11 a ^)outé iculemeot la Justice et la vie étemelle pour récompense. Il ensHgoe la vraie manière d’obéir A Dieu , et 11 lAcbe do réparer la corruption de la nature.
XXII. Votre allesso a doive d.ins c»'t écrit, nnn-seolement l'approbation de nous tou» , m ras de nécessité , sur ce qu’elle délire, mats encore les réflexions que nous y avons faites : nous la prions de les peser en prince vertueux , sage et chrétien ; id i>ous prions Dieu qu’il conduise (oui pour la gloire , cl pour II* Mlut de votre altesse.
XXIll. Pour ccqui rat de la vue qu’a votre altesse de communiquer à reropereur l’affaire dont il s'agit, avanl que de la conclure, U nous semble que ce prince met l’adulléreau nombre <tes molodrei péchés; et il y a beaucoup A craindre que sa fol étant A la mode de celle do pape, des caniinaux, des Ilalinis , des Espagnols et des Sarrasins , 11 ne traite de ridl-
turum vestrx celsitudinis postulatum , et In proprum emolumentum vanis verbis sustentaturum , sicut intelligimus perfidumacfallacemvirum esse, morisqiie germaoici oblitum.
XXIV. Viüet celsitudo vestra ipsa quod nullis necessitatibus christianis sincere consulit. Turcam siiiit irnperturbatum , excitât tantum rebcllioncs in Gcrmania,ut burgundicam potentiamefTcrat. Quare optandum ut nulli Christian! principes illius infidis macliinationibus se misceant. Deus conservet ves* tram celsitudinem! Mos ad serviendum vestrscelsitudini sumusprompüssimi. Datum Vittembergæ , die Merciirii post festumsancti Mcolai 1639.
Vestrx celsitiludinis parati aesubjecti servi,
Mabtim:s Luther. Pbilippus Mblatcchton. MaBTINUS BuCEBUS. Â^TONlUS COBVIKUS.
Adam. JuANNEsLEroNCUs. Justus Wimtpbbtb.
DlO>YSIUS MELA^THKR.
Ego.Georgius Nuspinher, accepta a Cæsare potestate, notarius publicus etscriba, tester, lioc meo cliirograplio publice, quod hanccopiam ex vero et inviolato original! propria manu a Philippe Me* iauchtone e.xarato, ad instantiam et petitionem mei clementissimi domini et principis Hassiæ, ipse scripserim. et quinque foliis numéro, excepta ins* criptione, complexus sim; etiam omnia proprie et diligenter auscultarim et contulerim , et in omnibus cum originali et subscriptione nominum con* cordet. De qua re ilcruin te.stor propria manu. Geobgius ?iuspiCHEB, notorius.
culc la proposition de votre altesse, ou qu’il n'en prétende tirer avanlAC* en amusant votre altesse ptir de v.’iincs paroles. Nims savons qu'il e^l trompeur et p<‘rflile, et qu'il m lient rien des uirruis allemandni.
XXIV. Votre altesse voit qu’II n'apporte aucun soulagement sincère aux maux extrêmes de la chrétienté, qu’il laisse le Turc en repos . et qu'il no travaille qu’A dh Iser l’Empire , afin d'a;trandkr sur ses ruines la maison d’Autriche-. Il est donc A souhaiter qu’aucun prince chrtdlen ne se joigne à ses pernicieux desreins. Dieu conserve votre altesse ! Mous sommes très-prompts A lut rendre service. Fait à Vitemberg, le mercredi après la fête de saint Micolas, l'an I&39.
Les très-humbles el Irès-obélssaota serviteurs de votre altesse,
Martin Lctber. Phiuppc MEiJtRcirroN. MARnn Boom. Axtoikf.Cortim. Adam. JFjtn Le.x0(ci'e. Jvstè Wlattcste. Dfjus MEiAKmUl.
Je , Geoige Muspicher, notaire Impérial , rends témoignage par Taete prrseul. écrit et signé de ma propre malu, que J’ai transcrit ta présente copie sur l'origioal véritable eC Udélement conservé Jusqu’à présent de la propre main de Philippe Melaochton , A la requête du sérrnissime priuoede Hesae; que J’en si examiné avec une extrême exactitude chaque ligne el chaque mol , que Je les ai coofrontés avec le même original : que te les ai trouvés cooformes, TMMi-seuIement po>ie les choses . mais encore pour les signatures ; et J’en ai délivré la présente copie en cinq feuilles de itou papier. De quoi rends encore témoignage. George MusPicflEn, notaire.
DES VARIATIONS. LIV. VT
INSTRÜMEXTÜM COPULATIONIS ^
rillUPPI LAMMHATII, rr MinCARCr^ DB BA4U
!;< NOMINB Doutm. Àmen.
Notum sit omnibus et singulis « qui hoc publicum iostrumentum vident, audiunt, Icgunt.quod anno post Christum natum 1540, die Mercurii niensis Martii , post meridiein , circa secundam circiter, !n* dictionis aniio 13, potentissimi et invictissimi Ro< manorum imperatoris Caroli QuiiUi , clementissimi nostri Doniini, anno regiininis 21 , coram me in> fpascripto nolario et teste, Rotemburgi in arce comparuerint serenissimus princeps et domiims Philippus, landgravius, cornes in Catznelcii* bogen, Dieu, Zingenhain, et Nidda, cum aliquibus suæ ceUiludiiiis consiliariis ex una parte ; et lioncsta ac virtuosa virgo, Margarela de Saal, cum aliquibus ex sua consanguinitate, et altéra parte; ilia intenlioneet voluntate, coram me publico notario ac teste, publice confessi siint ot matrimonio copulentur : et postea ante memoratus meus clemenlissimus dominuset princeps landgravius Philippus per reverendum dominuiii Dionysium Melandriim, suæ celsiliidinis concionntorem, euravit propoui ferme hune sensum. Cum omnia aperta sint oculis Dei, et homines pauca lateant, et sua celsitu dovelit cum nominata virgine Margnrcta matrimonio copulari, elsi prier suæ cHsitudinisconjux adhuc sit in vivis; ut hoc non tribuatur levitati et curiositati , ut evitetur scandalum, et nominatæ virginis et illius honestæ consanguinitatis honor et f.ima lion patiatur; cdicil sua celsitudo hic corarn I)<*n, et in siiam conscienlîam et animam hoc non tlcri ex levitate aut curiositate, nec ex aliqua vilipen-