‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 31 sur 192 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

OepuU 1571 jusqu'à 1603-

jusqu'à 1CI5.

SOMMAIRE

En France même W fieliaea de ia tHoftnt Iroablëra da mn*' de Mibslanw. Il ni mnkitetiu eommt éuiai selon U parolo de Dieu daiu un Ryiioüe; ei dans Tautre réduit à rien en favrnr de» Suiues, qui te fàchnient de U déd»k)Q. Fol pour la France , et fui pour U Su hae. Aaseinhiée de Franofort, et projet de noavdte CoofcMioa de foi pour loot le aeoond parli drt prnle»lonU ; ce qu’on y voulait supprimer en favrur des luiliérieoa. DûtraUtluD de la prornee rrdie, établie et anppriinée en même lempa. L’arfaire de Fiscalor; ri déeUfon doetrinnie de qualae s>nodt-ft nallu- DRUR réduite A rien. Frincipc» des colvinlale», et déinooa- (raUoQS qu'oo en lire en Dotre faxeur. Prupoaitioiia de Du> moulin n<çnesaufvnoded'Ay. Rien de solide ni de aériroK dans U réforme.

I L'union de Sendomir nVul son efPel qu'en Polo- I Ml. rAr«. U,7.

• U. Ttm. U, 17.

gne. En Suisse, Ica zuingNens deninirèreat fermes à rejeter les équiroques. Déjà les Français cominençaient à entrer dans leurs sentiments. Plusieurs soutenaient ouvertement qu'il fallait rejeter le mot de substance, et changer l'article xsxvi de la Confession de foi présentée à Charles IX, où la Cène était expliquée. (> n'était pas des particuliers qui faisaient cette dangereuse proposition, mais les Églises entières; eteneore les principales Églises, celles de l'Ilede-Franœet de Brie, celle de i*aris,cellede Meaux, où l'exesciee du calvinisme avait commencé , et les voisines. Ces Églises voulaient changer un article si considérable de la Confession de fui que dix ans auparavant on avaitdonnéecommc n'enseignant autre chose que la pore parole de Dieu : c'eût été trop décrier le nouveau parti. Le synode de la Rochelle, où Rèze fut président, résolut de condamner ces réformateurs de la reforme en 1571.

C'était le cas de parler précisément, l-n contestation étant émue, et Ica parties ét.int présentes, il n'y avait qu'à trancher en peu de mots : mais oe n'est que les idées nettes qui produisent la brièveté. Voici donc de mol à mot comme on parla ; et je demande seulement qu'il me soit permis de diviser le décret en plusieurs parties , et de le citer comme à trois reprises.

On eominence ])ar rejeter ce qui est mauvais, et on le fait assez bien. Poser, ce sera la grande peine ; mais li.sons. • .Sur le xxxvi' article de la « Confession de foi . les députés de rile^le-France

• représentèrent qu'il serait besoin d'expliquer cet

• article, en ce qu'il parle de la partiri|iation de la

• substance de Jcsus-Christ. Après une a.ssez lon-

• gue runférenoe, le synode, ap|>rouvant l’article « XXXVI, EsaeTTS L'oeiMon de ceux qui ne veum lent recevoir le motdc substance; par lequel mot

• on n'enlend aucune confusion, commixtion ou

■ conjonction qui soit d'une façon charnelle ni au-

■ trement naturellr ; mais une conjonction vraie ,

• très-étroite, et d'une façon spirituelle, par la-

• quelle Jésus-Christ lui inéme est tellement fait

• ndtre,et nous siens, ipnl n'y a aucune eonjonc-

• tion de corps ni naturelle ni artilicielle qui soit

• tant étroite; laquelle ne tend pointa cette fin tou-

• tefoisqnede sa substance et |>er.sonne, jointe avec

■ nos substances et personnes, soit coniposeequel- . que troisième personne et substance; inaisscule-

• mentà ce que sa vektu, et tout cequi est en lui

• re(|uis à notre salut, nous soit par ce moven plus

• etroilemeut donné et comnmuiqué: ne consentant

• avec ceux qui nous disent que nous nous joignons

• avec TOUS ses msniTES et noxs et avec son

• ESPHiT seulement, sans quelui-méme soit nôtre. » Voilà bien des paroles sans rien dire. Ce n'est |i,is une commixtion chamelle ni naturelle : qui ne le sait pas? File n'a rien de commun aveu les mélanges vulgaires : la fin en est divine, la manière en est toute ccleste, et en ce sens spirituelle : qui en doute ? Mais quelqu'un a t-il jamais seulement songé que de la substance de Jésus-Christ unie à la mitre il v'en fit une troisième personne, une troisième substance? H ne faut point tant perdre de temps à re-

jeter CCS prodiges, qui ne sont jamais entrés dans aucun esprit.

C est quelqae chose de rvjeter ceux qui ne veulent participer qu'aux irritas de Jésus-Christ, à ses dons et à son esprit, sans que lui-méme se donne à nous : il ne faudrait qu’ajouter qu'il se donne à nous en la propre et naturelle substance de sa chair et de son sang; car c’est de quoi H s’agit, e’est ce qu’il faut expliquer. Les catholiques le font trèsnettement ; car lia diaent que Jésos-Cliriat, en prononçant Ctci al mon corpt, le même qui a été Uorépour vont; ceci at mon tanq, le même qui a été répandu pour vota', en désigne non la figure, mais la substance , laquelle en disant prenet, il irnd toute nôtre, n’y ayant rien qui soit plus à nous que ce qui nous est donné de cette sorte. Cela parle, cela

• s’expliquer ainsi neticmeot et précisément, nous allons roir nos ministres se perdre en vagues discours , et entasser passages sur passages sans rien conclure. Reprenons où nous avons fini ; voici ce qui se présente : • Ne consentant ,

• pourauivent-ils, avec ceux qui disent que nous

• nous joignons avec sei mérites et avee ses dons

• et son esprit seulement , ainsi admirant avec l'n-

■ poire , t-pà. 5 , ce secret siipernalurei et ioeoin- I « ptéheoaihle à notre raison, nous croyons que nous

« sommes faits participants du corps livré pour

■ DOU.S , que nous sommes cliair tic ta chair et ot

• de ses os , et le recevons avec tous ses dons avec

• |ui par foi engendré en nous par l’efficace et vertu

• incoiiiprélicnsibic du Saint-Esprit; en entendant

• ain.si ce qui est dit, Qui mange ta chair et toit le

• tang a la vie éterueJle; item, Chritl at te eep, et

■ nota tet tnrmcnlt, et qu’il nous fait demeurer

■ r»i lui afin de porter ton/ruil , et que nous som- - mes membra de ton corpt, de ta chair et ÿe ses

■ ot. . On craint assurément d’étre entendu, ou plutôt on ne s’entend pat soi-mème, qiund on se cliargc de tant de paroles inutiles, de tant de phrases enveloppées, de tant de (tassages conru-séinenl entassés. Car, enfin ,oe qu'il faut montrer c’est le tort qu’ont ceux qui ne roulant reconnaître dans reiirh.xristic que la conmiunicaliou des mérites et de l'esprit de Jésus-Christ, rejettent de ce mystère la propre tubstaucc de ton corpt et de ton tang. Or c’est ce qui ne (tarait dans aucun de ces (tassages entassés. Càîs passages concluent seulement que nous recevons quelque chose découléede Jésus-CItrist pour nous vivifier, comme les membres reçoivent du chef I esprit qui les anime; mais ne concluent iiullentenl que nous recevions la propre subsUoce de son corps et de son sang. Il it'y a aucun de ces passages , à la réserved un seul, c'est-à-dire, celui de saint Jean VI, qui regarde l'eucliaristie ; eteneore celui desoint Jean VI ne la regarde-t-il (tas, si nous en croyons les cal vinistes. Et si ce passage bien entendu montre en effet dans l'eucharistie la propre substance de I.1 chair et du sang de Jésus-Christ , il ne la muntre plus de la manière qu'il est ici employé par les ministres; puisque tout leur discours se réduit enfin à dire que nout recevons Jctus t hritl arec tout tet

' -Uauh. XX, VI, 28, 23. Luc. XAII, 12, 2il. /. t.,r U, 21.

ms VARIATIONS, LIV. XII.

fimu attc tai par foi eugeatlrr en uoas. Or Jésus- Christ par foi engendré en noua n'est rien moins que Jésus-Ohrist uni à nous eu la propre et véritable substance de sa duir et de son sang; la première de ces unions n'étant que morale, faite par de pieuses affections de l'dme , et la seconde étant pliyaique, réelle et immédiate de corps à corps et de substance à substance ; ainsi ce grand ajaio^ n'esplique rien moins que ce qu'il veut expliquée.

Je remarque dans ce décret que les calvinistes, ayant entrepris d'eipiiquer le mystère de l'eucliaristie, et dans ce mystère la propre substance du corps et du sang de jésus-Cliristquienest le fond, nous allèguent tout autre chose que les paroles de l'institution : Ceci est mon oorpt, ceci est mon sang ; car ils sentent bien qu'en disant que ces roots emportent la propre substance du corps et du sang , c'est faire clairement paraître que le dessein de notre Seigneur a été d'exprimer le corps et le sang , non point en ligure ni même en vertu , mais en effet, en vérité et en subsUnoe. Ainsi celte substance sera non-seulrniriit par la foi dans l'esprit et dans la pensée du Udèle, mais en effet et en vérité sous les espèces sacranwntelles où Jésus-Christ la désigne , et parla même dans nos corps où il nous est ordonné de la recevoir, afin qu'en toutes manières nousjnuissions de notre Sauveur et participions è notre victime.

Au reste, comme le décret n'avait allégué aucun passage qui établit la propre substance dont il était question, mais plutét qu'il l'avait excluse en ne montrant Jésus-Christ uni que par fol , on revient coin à la substance par les paroles suivantes : • Et

• défait, ainsi que nous tirons notre mort du pre- « mier Adam, en tant que nous participons à sa

• substance; ainsi faut-il que nous participions « vraiment au second Adam Jésus-Dirist, afln d'en

• tirer notre vie. Partant seront tous pasteurs, et « généralement tous fidèles, exhortés à ne donner « aucun lieu aux opinions contraires à ce que des- > sus, quia fondement exprès xx la parole de ■ Dieu. •

Les saints Pères se sont servis de cette compar.nison d'Adam pour montrer que Jésus-Christ devait être en nous autrement que par foi ou par affection, ou moralement ; car ce n'est point seulement par affection et par la pensée qu'Adam et les parents sont dans leurs enfants ; c'est par la communication du même sang et de la même substance : et c'est pourquoi Piinion que nous avons avec nos parents , et par leur moyeu aven Adam d'où nous sommes tous descendus , n'est pas seulement morale, mais physique et substantielle. Les Pères ont conclu de là que le nouvel Adam devait être en nous d'une manière aussi physique et aussi substantielle, afin que nous puissions tirer de lui l'immortalité, comme nous tirons la mortalité de notre premier père. Cest aussi ce qu'ils ont trouvé, et bien plus abondamment dans l'eucharistie que dans la génération ordinaire , puisque ce n'est pas une portion du s,ingetde la substance , mais qire c'est toute la substance et tout le sang de notre Seigneur Jesus-

3li

Christ qui nous y est roimnuijK|ué. Dire maintenant avec les ministres que celle coinniunication se fasse simplement par fui , c'est non-seulement affaiblir la comparaison , mais encore anoantir le mystère ; c'est en ôter la substance : et au lieu quelle se trouve plus aboodamment en Jésus-Christ qu'en Adam, c'est faire qu'elle s'y trouve beaucoup moins, ou plutôt point du tout.

C'est ainsi que nos docteurs s'embarrassent, et que plus ils font d'efforts pour s'cx|iliquer, plus ils jettent d'obscurité dans les esprits. Ca-pendant à travers ces oliscurittis on démêle clairement que , parmi les défenseurs du sens figuré, il y avait à la vérité une opinion qui ne voulait dans l'euebaristie que les dons et les mérites do Jésus-Christ ou tout au plus son esprit, et non pas la propre substance de sa chair et de son sang; mais que eette opinion était esprcsséinent contraire à la parole de Dieu , et ne devait trouver aucun lieu parmi les fidèles.

Il n'est pas malaisé de deviner qui étaient les défenseurs de cette opinion : c'étaient les Suisses, dêsciples deZuingle, et les Français, qui, en approuvant leqr sentiment , voulaient faire réformer l'article. C'est pourquoi on entendit aussitôt les plaintes des .Suisses, qui crurent voir leur condamnation dans le synode de la Itoclulle.et la frate^ oité rompue; puisque, malgré le tour de douceur qu'on prenait dans le décret, leur doctrine au fond était rejetée comme contraire à la parole de Dieu, avec expresse exhortation à n'y donner aucun lieu parmi les pasteurs et les fidèles.

Ils écrivirent à Bèxe dans cet esprit', et la réponse qu'on leur fit fut surprenante. Bèze eut ordre de leur écrire que le décret du synode de la Itocliclle ne les regarda'ft pas, mais seulement certains Français; de sorte qu'il y avait une Confession de foi pour la France, et une autre pour la Suisse , comme si la foi variait selon les pays , et qu'il ne fdt pas aussi véritable qu'en Jésus-Cbrist il n'y a ni Suisses ni Français, qu'il est véritable, selon saint l’aul, qu'il n'y a ni Scythe ni Grec '. Au surplus, ajoutait liéze pour contenter les Suisses, que les Ggtises de l'rance détestaient ta présence substoH~ tielle et charuette, avec les monstres de la transsubslantiationctde la consubstantiation. Voilà donc, en (lassant, les luthériens aussi maltraités que les catiioliques , et leur doctrine regardée comme également monstrueuse ; mais c'est en écrivant aux Suisses ; nous avons vu qu'on sait s'adoucir quand on écrit aux luthériens, et que la consubstantiation est épargnée.

Les Suisses ne te payèrent pat de ces subtilités du synode de la Bochelle, et ils virent bien qu'on les attaquait sous le nom de ces Français. Bnilinger, ministre de Zurich , qui eut ordre de répondra à Bèze, lui sut bien dire que c'était eux en effet que l'on avait condamnés : • Vous condamnez, ré|>on-

• dit-iP, ceux qui rejettent le mot de propre tubs-

• tance; et qui ne tait que nous sommes de ce nom-

• bre ? • Ce que Bèze avait ajouté contre la présence charnelle et substantielle n'ôtait pat la difficulté :

■ ttospiH. IS7t, /e Ot4. — ' foleu. in, II. — t Hosp. ibtj.

BuKiiiger sarnil assez que les catholiques aussi bien qtic les lulhcriens se plaignent qu’on leur attribue une présence chamelle à quoi ils ne pensent pas ; et d’ailleurs il ne sarait ce que cVlait de recevoir en substance ce qui ii’estpas substantiellement présent : atissi ne comprenant rien dans les raflinements de Rese, ni dans sa substance unie sans être présente, il Int répondit qii'iï faUa'U jtarler ntttement fit wi<7//ère rfe foi, pour ne point réduire tes simptes a ne saonir pt us que croire; d’où il conclut qu’/V fallait adoucir le décret , et ne proposa que ce seul moyen d’accommodement.

Il y fallut enfin venir; et l’année suivante, dans le synovie de Mmes, on réduisit la substance à si |)Cii de chose, qu’il edtaiitant valu lasupprimertoutà fait. Au lieu qu'au synode de la llochelle il s’agissait de réprimer tme opinion contraire à ce qui avait fondement exprès en la parole de Dieu, on tüche d'insinuer qu'il ne s'agit que d’un mot. On efface du dt^ret de la Roclielle ces mots qui en faisaient tout le fort : tx: synode rejette topinion de ceux qui ne ceuJent rececoir te mot de substance. On tiwlare qu’on ne. veut point préjudicier aux étrangers; et on a tant de complaisance pour eux, que ces grands mots de propre sultslance du corps et du sang de Jésus-Cimst, tant affectés par Calvin, tant soutenus par ses disciples, si soigneusement conservés au synode de la Hodielle, et à la fin réduits à rien {lor nos réforii»és, ne paraissent plus dans leur Conf^ession (b; foi que pour être un monument de l'impression de réalité et substance que les paroles de Jésus -Dirist avaient faite naturellement dans l'esprit de leurs auteurs et dans celui de Calvin même.

Cependant, s'ils veulent penser à ces afTaiblissenients de leur première doctrine, ils y pourront remarquer comment l’esprit de séduction le.s a surpris. Leurs pères ne se seraient pas aisément privés de la subslancedii cor|>s et du sang de Jésus- Clirist : ocroutuinés dans l'Kglise à cette douce présence du corps et du sang de leur Sauveur, qui est le gage d’un amour immense, on ne les aurait pas aisément réduits à des ombres et à des ûgures , ni à une simple vertu découlée de ce corps et de ce sang. Calvin leur avait promis quelque cliose de plus. Ils s'étaient laissés attirer par une idée de réalité et de substance continuelieimmt inculquée dans ses livres, dans ses sermons, dans ses commentaires, dans ses Confes<vions de foi, dans ses caU'ichistoes; fausse idée , je le confL^se, puis(|u'e}le y était en paroles seulement, et non en effet ; mais enfin cette belleidéelesavaitcliarmés; et, ne croyant rien perdre de ce qu’ils avaient dans l’f'.glise, ils n'out pas craint de la quitter. Maintenant que Zuingle a pris le dessus , de l’aveu de U-urs synodes , et que les grands mots de Calvin demeurent visîblemenl sans force et sans aucun sens , que ne rcvii;nnent-ils de leur erreur, et que ne clicrdientilsdans TÈglisc la n^lle possession dont onles avait flattés }

IjCS Suisses zuingliens furent apaisés par l’cxplicalion du synode de Mmes : mais le fond de la

division subsistait toujours. Tant de différeiric* Confessions de foi en étaient une marque trop convaincante pour pouvoir être dissimulée. Opeiufant les Fraixtnis, et les Suisses, et les Anglais, et les Polonais avaient la leur, que chacun gardait sara prendre celle des autres; et leur union seinbiait plus tenir de la politique que d'une concorde sincère.

On a souvent citerché des remèdesà cet inoonrénient , mais en vain. Kn 1&77 , il se tint une assembler à Francfort , où setrouverent les ambassadeurs de la reine Élisabeth avec des députés de France, de Pologne , de Hongrie et des Pays-Bas. I,e romto palatin Jean-Casimir, qui l’année précédente avait amené en France un si erand secours à nos réformés , procura cette assembU^ '.Tout le parti qui défendait le sens figuré, dont ce prince était lui-même, y était assemblé , à la réserve ih‘S Suisses et des bohémiens. Mais ceux-ci avaient envov é leur déclaration , par laquelle ils se soumettaient à ce qui serait résolu : et pour les Suisses, le palatin fitdéchrer par son ambassadeur qu'il s'en tenait assuré. Le dessein de celle assemblée , comme il parait tant par ladiscours du député lorsqu'ilen fit l’ouverture, que par lecoasentement unanime de tous lesautrea députés , était de dreaser une commune Confession de foi de ces Églises * ; et la raison qui avait porté le palatin à faire cette proposition , c’est que les lutl)ériefis d’Allemagne, après avoir fait ce fumeux livre de la Concorde dont nous avons souvent parlé , devaient tenir une as.semblée à Alagdebourg pour y prononcer d’un commun accord l'approbatian de ce livre, et à la fois la condamnation de tous ceux qui ne voudraient |>08 y souscrire ; en sorte qu’étant déclaré.s hérétiques. Ms fussent exclus de la tolérance que l'Kmpire avait accordée sur le sujet de la religion. Par ce moyen tous les défenseurs du sens figure étaient proscrits, et le monstre de rubiquilé soutenu dans ce livre était établi. H rUit do l'intcréi de ces Églises , que l’on voulaitoondamner , do paraître alors nombreuses, puissantes et unies. On les décriait comme ayant chacune leur Confession de foi particulière; et les luthériens, réunis sous le nom commun de laConfession d’Augsl>ourg , se portaient aisément à proscrire un parti que sa désunion faisait mépriser.

On y couvrait neanmoins le mieux qu’on pouvait un si grand mal par des paroles spécieuses ; et le député palatin disait que toutes ces Confessions de foi , conformes dans ta doctrine , ne différaieni quedansla etdans la manière de parler .

Mats il savait bien le contraire; et les différences n’élatent que trop réelles pour ces Églises. Quoi qu’il en soit, il leur iin|)ortait, pour arrêter les luthériens, de leur faire voir leur union par une Confession de foi aussi reçue entre eux tous, que l'était celle d’Augsbourg dans le parti luthérien. Mais on avait un dessein encore plus général : car en faisantcettenuuvdJe Confessionde foi commune aux défenseurs du sens figuré, on voulait chercher des expressions dont les luthériens défenseurs du

' Âçl. <iuth. üfvutt. p. {,9, 1 Jbid. p. su.

DKS VABIATIONS, LIV. XII.

sens littérnl pussent convenir , et faire par ce moyen uo in^nie corfis de tout le parti qui se disait réformé. Les dé|mtés n'avaient point de meilleur moyen d'einpécher la condamnation dont le parti luthérien les menaçait, ('/est poun|uoi le decret qu’ils firent sur cette ct)//iwiMne Confession df fol fut tourné de cette sorte : « Qu’il In fallait faire

> claire, pleine et solide, avec une claire et « briève réfutation de toutes les hérésies de ce

• temps; en tempérant néanmoins tellement le

• style, qu'on attirât plutôt que d'nigrir ceux

• qui confessent purement la Confession d’.Augs- •< bourg, autant que la vérité le pourrait per-

• mettre *. »

La faire claire, la faire pleine, la faire solide, cette Confession de foi , avec une claire et courte réfutation de toutes les hérésit^s de ce temps, c’était une grande affaire; de beaux mots , mais une chose bien difficile, pour ne pas dire impossible, parmi des gens dont les sentiments étaient divers : surtout pour n’irriter pas davantage les luthériens si zélés défenseurs du sens littéral , il fallait passer bien légèrement sur la présence réelle, et sur les autres articles si souvent marqués. On nomma des théologiens 6ien InstmitK des maux de l’ Église f c’està-dire des divisions de la réforme, et des Confessions de foi qui la partageaient. Rodolphe Gaultier et Théodore de Beze, ministres l’un de Zurich et l’autre de Genève, devaient mettre ta dernière main o Fourrage ^ qu’on devait ensuite envoyer à foutes tes églises pour être lu , examiné , corrigé et augmenté comme on le trowjcralt à propos.

Pour préparer un ouvrage d’un si grand raffinement, et empêcher la condamnation que les luthériens allaient faire éclore , on résolut d’écrire au nom de toute l’assemblée une lettre qui fût capable de les adoucir. On leur dit donc que • cette assem-

> blée avait été convoquée de plusieurs endroits du . mondechrétien , pour s’opposeraux entreprises du

• pape, après les avis qu'on avait eus qu’il réunissait H contre eux les plus puissants princes de la chré- « tienté : » c’était adirel’emperetir , le roi de France , et leroid'Kspngne; maisque • ce qui les avait leplus « affiigés était que quelques princes d’Allemagne, « qui invoquent, disaient-ils, le même Dieu que « nous, > comme si les catholiques en avaient un autre,* et détestaient avec nous la tyrannie de

• l’antechrist romain , se préparaient à condamner « la doctrine de leurs Églises; et qu’ainsi, parmi « les malheurs qui les accablaient, ils se voyaient

• attaqués par ceux dont la vertu et la sagesse fai- « sait la meilleure partie de leur espérance. »

Rnstiite ils replantaient à ceux de la Confession d*Aiigsbourg« le pape en ruinant les autres Égli-

ses ne les épargnerait |kis : • car comment, poursui- « vent-ils, hairait-il moins ceux qui les premiers « lui ont donné le coup mortel? • c’est-à-dire les luthériens, qu'ils mettent par ce moyen à la tête de tout le parti. Ils proposent un concile libre pour s’unir entre eux, et s'opposera rennemi commun. Knlln, après s’étre plaints qu’on tes voulait coii-

' A\'l. tuhi. ühnii. p. S'i.

damner sans les ouîr, ils disent que la controverse qui les divise le plus d’avec ceux de la Confession d’Augsbourg, c'est-à-dire celle de la cène et de la présence réelle, n’a pas tant de difOculté qu’on s'imagine, et qu’on leur fait tort en les accusant do rejeter la Confession d’ Augsbourg. Mais ils ajouteni qu’rlle avait besoin d’explication en quelques endroits , et que Luther même et Melanchton y avaient fait quelques correction ; par où ils entendent manifestement ces diverses éditions où l’on a fait les changements que nous avons vus durant la vie de Luther et de Melanchton.

L’année suivante, les calvinistes de France tinrent leur synode national de .Sainte-Foi, où ils donnèrent pouvoir de chatiger la O)nfession de foi qu’ils avaient si solennellement présentée à nos rois, et qu’ils se glorifiaient de soutenir jusqu'à répandre tout leur sang. Le décret en est mémorable : il y est porté - qu’après avoir vu les instructions de

• rassemblée tenue à Francfort par le moyen du

• duc Jean-Casimir, Us entrent dans le dessein de « lier en une sainte union de pure doctrine toutes - les Églises BKFOSMÉES DELA ClIRBTIEÏfTB, dont > certains théologiens protestants voulaient con- « damner la plus grande et saine partie ; et approu- « vent le dessein de faire et dresser un formulaire de

• Confession de foi commune à toutes les Églises,

• aussi bien que l'invitation faite nommément aux

• Églises de ce royaume , pour envoyer au lieu as-

• signégensbienapprouvés et autorisés, avec ample

• procuration , pour traiter, accorder et décider de « tous les points de la doctrine, et autres choses

• concernant l'union , repos et conservation de

• l’Égliseetdu pur service de Dieu. • Kn exécution de ce projet iis nomment quatre députés pour dresser cette commune Confession de foi ; mais avec un pouvoir beaucoup plus ample que celui qu'on leur avait demandé dans l'assemblée de Francfort, (^r au lieu que cette assemblée, qui n'avait pu croire que les Églises pussent convenir d'une Confession de foi sans la voir, avait ordonné qu’après qu’elle aurait été composée par certains ministres et limée par d'autres , elle serait envoyée a toutes les Églises pour l’examiner et corriger ; ce spode facile au delà de tout ce qu’on avait pu imaginer, non-seulement donne charge expresse h ces quatre députés « de se trouver aux lieu et jour assignés , avec am- ■ pies procurations tant des ministres , qu’en parli- « culier de monseigneur le vicomte de Turenne; • mais y ajoute de plus, « qu’en cas même qu'on

• n’«U le moyen d'examiner par toutes les provin- « ces cette Confession de foi, on se remet à leur « prudence et sain jugement pour accorder et con-

• clure tous les points qui seront mis en dclibéra- « lion , soit pour la doctrine , ou autres choses con- « cernant le bien , union et repos de toutes les « Églises*. *

Voilà donc inanifestJ*m€nt, par l’autorité de tout un synode national, la fol des Églises prétendues de France entre les mains de quatre ministres et de

• dt Cou. de Franc. ÀrL oatk. Blond, p. S3 Sjfn. de Sointe-Foi, p. b, C.

118 HISTOIBE

M. de Turennc , avec pouvoir d'en régler ce qu'il leur plairait ; et ceux qui ne veulent pas qu'on puisse 8*en rapporter à toute l'Eglise dans les moindres points de la foi, s'en rapportent à leurs députés.

Oo s'étonnera peut* être de voir M. de Tureime DomnM entre ces docteurs; inaisc'esl que ce bien» union et repos de tontes les Églises , pour le(|uel on faisait la députation , disait beaucoup plus qu'il ne paraissait d'abord. Car le duc Jean-Casimir et Henri de La Tour, vicomte deTurenne, qu'on députe avec les ministres , songeaient à établir ce repos par autre chose que par des discours et des Confessions de foi : mais elles entraient nécessairement dans la négociation; et rexpérience avait fait voir qu'on ue pouvait liguer comme il faut ces Églises uouvellemeot réformées, sans auparavant coDvenir dons la doctrine. Toute la F rance était embrasée de guerres civiles; elle vicomte de Turenne, jeune alors , mais plein d'esprit et de valeur, que le malheur des temps avait entraîné dans le parti depuis deux ou trois ans seulement , s'y était donné d'abord tant d'autorité, moins encore par son illustre naissance, qui le liait aux plus grandes maisons du royaume, qus par sa haute capacité et par sa valeur, qu'il était déjà lieutenant du roi de Navarre, depuis Henri IV. Un homme de ce génie entra aisément dans le dessein de réunir tous les jirotestants : mais Dieu ne periuit pas qu'il en vînt a bout. On trouva les luthériens intraitables ; et les Confessions de foi, malgré la résolution qu'on avait prise uuanimement de les changer toutes, subsistèrent comme contenant la pure parole de Dieu, à laquelle il n'est permis ni d oler ni d'ajouter.

Nous voyons que l'année d'apres, c'est-à-dire en 1579, on espérait encore l'union : puisque les calvinistes des Pays-Bas écrivirent en commun aux luthériens auteurs du livre de la (k>ncorde, à Kerniiice, à Chytré, à Jacques-André, et aux autres outrés défenseurs de l'ubiquité, qu'ils ne laissaient pas d'appeler non-seul entent leurs frères, mais leur cliair; tant leur union était intime, malgré des divisions si considérables; les invitant • à « prendre des conseils modérés , à entrer dans les

• moyens d'union pour lesquels le synode de France

• (c'était celui de Sainte-Foi) avait nommé des dc-

• pûtes, et a l’exemple, disent-ils, de nos saints «Pères Luther, Zuingle, Capiton , Buoer, Melan- « cliton, Bulliuger, Calvin , > qui s'étaiententendus comme on a vu. Voilà donc les Pères communs des sacramentaires et des luthériens; voilà ceux dont les calvinistes vantent la concorde et les conseils modérés.

Tous ces desseins d'union furent sans effet; et les défenseurs du sens Hguré , loin de pouvoir convenir d'une commune Confession de foi avec les luUiérieos défenseurs du sens littéral , n'en purent pas même convenir entre eux. On en renouvela souvent la proposition, et encore presque de nos jours en l'an 1Ô14, au synode de Tonneins; ce qui fut suivi en 1G15 des expédients proposés par le célébré Pierre Dumoulin. Mais quoiqu’il en eût été remerrie par le sviiodc de l’Ile-de-France, tenu la

même année au bourg d’Aî en Champagne * , et qu'il eût lecréditqu'on sait non-seulementenFrancu parmi ses confrères, mais encore en Angleterre 'et dans tout son parti ; tout demeura inutile. Les Égli* ses qui défendent le sens llgurë ont reconnu le mal essentiel de leur désunion ; mais elles ont reconnu en même temps qu'il était irrémédiable : et cette commune Confession de foi tant désirée et tant recherchée est devenue une idée de Platon.

Ce serait une partie de l'histoire de rapporter leo réponses des ministres à ce décret de Sainte-Foi après qu'il eut été produit*. Mais tout tombe par le récit que je viens de faire. Les uns disaient qu'il s’agissait seulement d’une tolérance mutuelle : mai» on voit bien qu'une commune Confession de foi n'y eût pas été nécessaire, puisque l'effet de cette tolérance n’est pas de se faire une foi commune, mais de se souffrir mutuellement chacun dans la sienne. D'autres, pour excuser le grand pouvoir qu'on donnait à quatre députés de décider de la doctrine, ont répondu que c'est qu'on savait à peu prés de quoi on pouvait convenir Cet à peu prés est admirable. On est sans doute peu délicat sur les questions de la foi, quand on se contente de savoir à peu prés ce qu'il en faut dire; et on sait encoro bien peu à quoi s'en tenir, quand, faute de le savoir, 00 est contraint de donner à des députés un pouvoir indéfini de conclure tout ce qu'ils voudront. Le ministre Claude répondait qu'on savait précisément ce qu'on pouvait dire; et que si les députés eussent passé outre, on eût été en droit de les désavouer comme gens qui auraient outrepassé leur pouvoir 4. Je le veux : mais cette ré^ionse ne satisfait pas à la principale difficulté. C'est enfin que pour complaire aux luthériens U eût fallu leur abandonner tout ce qui tendait à exclure tant la présence réelle que les autres points contestés avec eux , e'ost-à-dire changer manifestement dans des articles si considérables une profession de foi qu'on dit expressément contenue dans la parole de Dieu.

Il se faut bien garder de confondre ensemble ce qu'on voulut faire alors et ce qu'oii a fait depuis , en recevant les luthériens à la communion au synode de Charentoii en 1631. Cette dernière action marque seulement que les calvinistes peuvent supporter la doctrine luthérienne comme une doctrine qui ne donne aucune atteinte aux fondements de la foi. Mats certainement c'est autre chose de supporter dans la Confession de foi des lutitériens ce qu'on croit y être une erreur; autre chose de supprimer dans la sienne propre ce qu'on y croit une vérité révélée de Dieu , et déclarée expressément par sa parole. C'est ce qu'on avait résolu de faire dans l’assemblée de Francfort et au synode de Sainte- Foi : c'est ce qu'on aurait exécuté s'il avait plu aux luthériens : de sorte qu'il n'a tenu qu'aux défenseurs de la présence réelle qu'on n'ait effacé tout ce qui la choque dans les Confessions de foi des sacramentaires. Mais c'est qu’on s'expose à clianger sou-

* ^et. ttulk. Blond, p. 72.— * arl. xx.— » .inom. â.

r>p. p. 3SS. — • ,V. Claudv dont la Con/. Mèp. ù t'Bxp.

DLS VARIATIONS, UV. Xll.

vent quand oo a une fois changé : on« Confessioa de foi qui change la doctrine des siècles passés foontre dès là qu'elle peut eUe-méme être changée ; et il ne faut pas s'étonner que le iynode de Sainte-Foi ù% cru pouvoir corriger en f S78 ce que le synode de Paris avait établi en 15&9.

Tous ces moyens d'aceommoderoent dont nous venons de parler, loin de diminuer la désunion dé nos réformés, l'ont augmentée. On voyait des gens qui, sans bien savoir encore à quoi s'en tenir, avaient commencé par rompre avec toute la chrétienté. On sentait une religion billie sur le sable, qui n'avait pas même de stabilité dans ses Confessions de foi, quoique faites avec tant de soin et publiées avec tant d'appareil. On ne pouvait se persuader qu'on n'edt pas le droit d'innover dans une religion si cliangeante; et c'est ce qui produisit les nouveautés de Jean Fischer ou le Pescheur, connu sous le nom de Piscator, et celles d'Arminius.

L'affaire de Piscator nous apprendra beaucoup de choses importantes ; et je demande qu'il me soit permis de la rapporter tout au long, d'autant plus qu'elle est peu connue par la plupart de nos réformés.

Piscator enseignait la théologie dans l'académie de Herborne, ville du comté de Nassau, vers la fin du siècle passé. En examinant la doctrine de la justice imputée, il dit que la justice de Jésus-Christ, qui nous était imputée, n'était pas celle qu’il avait pratiquée dans tout le cours de sa vie; mais celle qu’il avait subie en portant volontairement la peine de notre péché sur la croix : c'était à dire que la mort de notre Seigneur étant le sacrifice de prix infini par lequel il avait satisfait et payé pour nous , c'était aussi par cet acte seul que le Fils de Dieu était proprement sauveur; sansqu'ü fiU besoin d'y enjoindre d'autres, parce que celui-ci était suffisant : de sorte que , si nous avions à étrejustifiéa par imputation , c’était par celle de cet acte , en vertu duquel précisément nous nous trouvions quittes envers Dieu , et où T original de la sentence por* tée contre nous aoait Hé effacé t comme dit saint I Paul * , par le saf^ qui pac{fie le ciel et la terre.

Cette doctrine îal détestée par nos calvinistes dans le synode de Gap en IG03, comme contraire aux articles xviii, xx et xxii de la Confession de foi; et on arrête qu’il sera écrit à .1/. Piscator ^ et à Cunicersité en laquelle U enseigne

U est certain que ces trois articles ne décidaient rien sur l'affaire de Piscator : c'est pourquoi nous ne voyons plus qu'on ait parlé des articles xx et XXII. Et pour le xvtii* , où l'on prétendit toujours qu'était la décision, il ne disait autre chose sinon que nous étions jusU^fés par Cobéissance de Jésus- Christ, laqueUe nous était allouée, sans spécifier quelle obéissance; de sorte que Piscator n'avait point de peine à se défendre de la Confession de h>i. Mais, puisqu'on veut qu'il ait innové, au pré- I Judice de la Confession des prétendus réformés de ce royaume , qui avait été souscrite par ceux des Pays-Bas , j'y cousens.

* Col. Il, U.— ^ dt Coj», ck. de la Cou/, de/ot

. On éeritit i t>ucau>r de la part du synode , aini i qu'il avait été réwlu; et ta réponte modeste, inaii ferme dans son aentiment , fut lue au synode de la Rochelle en l'année 1007. Aprèseette lecture, on Ht ce décret ; • Sur les lettres du docteur Jean Pisca-

• tor, professeur en l'académie de Herborne , res- . ponsires à celle du synode de Gap , pour raison . de sa doctrine, où il établit la justiOeation par la

• seule obéissance de Christ en sa mort et passioo,

• imputés à Justice aux croyants , et non par l'obéis*

• sanee de sa vie : la compagnie, n'appiouvant

• la division de causes si conjointes , s déclaré que .toute l'obéissance de Christ en sa vie et en sa mort

• nous est imputée pour l'entière rémission de nos « péchés , COHMB N'STAnT QU'ONB SBULB ET MiMB

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