‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 45 sur 192 · IA · texte numérisé non relu

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la doctrine des premiers siècles rontre tous, sur

l'éternelle génération du Fils de Dieu.

Si votre ministre en doute , et qu’il ne veuille pas lire les doctes traité» d'un Père Thomassin', qui explique si profondément les anciennes traditions, ou la savante préface d’un Père Petau’, qui est le dénouement de toute sa doctrine sur cette matière; je le renvoie à Bullus >, ce savant protestant anglais, dans le Traité où il a si bien défendu les Pères qui ont précédé le concile deNicée. Vous devez, ou renoncer, ce qu’à Dieu ne plaise, à la foi de la sainte Trinité , ou présupposer avec moi que cet auteur a raison. L'antiquité n’a pas moins connu les autres points ; et sans m'arrêter ici à vous nommer tous les Pères, le seul saint Cyprien suffirait pour confondre M. Jurieu. Je le défie de me faire voir ddns ce grave auteur la moindre teinture des erreurs dont il accuse les trois premiers sièeles : au contraire, il serait aisé de lui faire voir toutes ces erreurs condamnées dans ses écrits , si c en était ici le lieu; et vous pouvez en faire l’essai dans un des passages que votré ministre produit.

Pour vous montrer que saint Cyprien n’enteiidait pas la satisfaction de Jésus-Christ , il a produit un passages où il dit • que la rémission des péchés . se donne dans le baptême par le sang de Jésus- . Christ ; mais que les péchés qui suivent le hap- . tftne sont effacés par la pénitence et par les bon- . nés œuvresL • 11 voudrait vous faire croire que la rémission des péchés , que saint Cyprien attribue à la pénitenceet aux bonnes œuvres , est opposée a celle qu’il attribue au sang du Sauveur; mais c’est | à quoi ce saint martvT ne songeât pas. U ne fait que rapporter les pas.sages de i'Ècriture, où la rémission des péchés est attribuée à l’aumône et aux lionnes œuvres. Si ces expressions emportaient l’exclusion du sang de Jésus-Christ , il faudrait donc faire le même procès , non plus à saint Cyprien , mais à Salomon , qui a dit que h phhf. a ité nettoyé partafbl et par lai/mône”;!! l’Ecclésiastique, qui enseigneque comme t’eati éteint le/eu ardenty ainsi raumûne résiste aux péchési ; à Daniel , qui a dit : Pachetn vos péchés par vos aumines'; au livre de Tohie, où il est écrit que f aumône délivre de lamort, ctqu’eflc lare les péchés^ à Jésus-Christ même, qui dit : Faites (aumône, et tout est pur pour vous Mais si tous ces passages célèbres , que saint Cyprien produit , et qu’il produit tous sous le nom d’f.crilurc sainle , même ceux de l’Ecclésiastique et de Tohie , ne veulent pas dire que l’aumône sauve indépendamment du sang de Jésus-Christ , pourquoi imputer cette erreur à saint Cyprien, qui ne fait que les répéter? Si donc il attribue particulièrement à Jésus- Christ la rémission des péchés dans le baptême , c’est à cause qu’il y agit seul, et sans qu’il soit nécessaire d’y joindre nos bonnes œuvres, ou, comme parle saint Cyprien”, nos satisfactions

particulières, ainsi qu*il paraît dans les enfant». Mais au surplus quand U dit quli/auf s atispaibk ; qu7/ Jaut HÉBiTeB la bienveillance de notre Juge , te fléchir par nos bonnes oeuvres , et le faire notre débiteur, il n’entend pas pour cela que la rémission des péchés, et la grâce que nous acquérons par ce moyen, ne viennent pas de son sang : car, au contraire, il reconnaît que lorsque ce juste Juge donnera à MS bonnes oeuvres et a nos mérites les récompenses qu’il leur apromises , la vie éternelle que nous obtiendrons nous sera donnée par son sang, il faut, dit-il ' , satispaibe à Dieu pour se.s péchés : n\z\s il faut aussi que la satisfaction soit reçue par notre Seign^^ur. Il faut croire que tout ce qu'on fait n’a rien de parfait ni de sufnsant en soi-méme; puisqu’aprèstout, quoique nous fassions, nous ne sommes que des serviteurs inutiles , et que nous n’avons pas même à nous glorilier du peu que nous faisons; puisque, comme nous Pavons déjà rapporté , tout nous vient de Dieu par Jésus-Christ , en qui seul nous avons accès auprès du Père >.

Voilà les paroles de saint Cyprien ; et vous voyea bien , mes chers frères, que sa doctrine est la nôtre. ?ious distinguons avec lui la grâce pleinement donnée dans le baptême, d’avec celle qu’il fout obtenir par de just^’s seUhfactions, comme parle le ntéme Père ^;et néanmoins qu’H ne faut attendre, dit-it encore dans le même endroit , que de la divine m Jsérirorde.

Votre ministre vous a donc fait voir que saint Cyprien ne connaissait pas , non plus que les autres Pères, la justifleation protestante. Il a raison, et il TOUS conflrmecequej’ai fait ailleurs 4 ; que votre justification, par pure imputation, est un mystère inconmt à toute l’antiquité ; comme nous avons démontré que les protestants, et Melaiicliton même, le plus zélé défenseur de cette doctrine, en demeurent d'accord. Ainsi saint Cyprien n'avait garde do parler en ce point-là comme vous faites; et tout ce qu’a gagné votre ministre en vous citant ce saint martyr, ç'a été de vous montrer la condamnation , non d'une vérité vraiment chrétienne, mais d’uu article particulier de votre réforme.

Mais enfin, direz-vous encore, il cite un passage exprès de saint Augustin , où ce sublime théologien reconnaît qu'en combattant les hérétiques, « l'iLglise <• apprend tous les jours de nouvelles vérités : ce ne B sont donc pas, conclut le ministre^, de nouvelles ■ explications et de nouvelles manières que les hé- « rétiques donnent moyen à l'Eglise d'apprendre,

• mais de nouvelles vérités. « Ce passage est concluant, direz-vous. 11 est vrai : mais , par malheur pour votre ministre, ces nouvelles vérités sont de sen invention. Voici ce que dit saint Augusüu

I dans le passage qu’il allègue : « Il y a . dit-il'', ptu-

• sieurs choses qui appartiennent à la foi catholique ,

• lesquelles étant agitées par les lierétiques , dans « l'ohligatioDOùron est de les soutenir contre eux.

» Doom, IW. Thonum. tom. in. - » Prtav. Pnrf. tom. Do9m.-^B>éU. dff.PP.-^it. su,p.:f,c.

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