‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 69 sur 192 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Que te ministre reaeerse ses propres principes, et te fondement de ta foi , par tes variations qu'il Introduit dans l’ancienne Église.

ABTICLZ PBEUIER.

Drnomlm'mail de m rrmin : U TrInlM dimdrronil au.quiV avM nnimüUbllil*, el la .pirihialilr ou aimpIMM de l’Être du la.

Sur la première question, le ministre nous promet d'abord • d'expliquer etdejustiOer contre l'é-

• véqiie de Meaux la tliéalopie des anciens sur le

• mystère de la Trinité et celui de la génération du

• FilsdeDieu'. >Ilti'enpronietpasdavaalagedans cette sixième lettre de son Tablean. Mais d'abord ce n'est pas là satisfaire à F évêque de , Veaux. Il est vrai que Je l'accuse d'avoir reconnu et toléré dans les anciens une doctrine contraire à l’égalité, à la distinction et à la coéternité des trois personnes divines; mais ce n'est pas là tout son crime. Selon lui, les Pères du troisième siècle et même ceux du quatrième n'ont pas mieux entendu l'incaraation que la Trinité ; puisqu'ils nous ont fait un Dieu eonvertl en chair, selon f hérésie qu'on a attribuée à Eut, che. Leurerreur n’est pas moins extrême sur les autres points : puisque dans leurs seotimenls - la bonté

• de Dieu n'estqu’un accident, comme la couleur;

• la sagesse de Dieu n’est pas sa substance : c’était la

• théologie du siècle. On ne croyait pas que Dieu . rdt partout , ni qu'il pdtétre en même temps dans

• le ciel et dans la terre". • Faut-il s’éUmner après cela que la foi de la providence vadlbàt! Un Dieu qui n'était qu'au ciel ne pouvait pas également prendre garde à tout : aussi était-ce . l’opinion coaSTin- ■ TE EX nÊGNANTB, que Dieu avait abandonné le

• soin du toutes les choses qui sout au-dessous du > ciel, SANS sa exceptes uêms les houhes,

• et ne s’était réservé la providence immédiate que . des choses qui sont dans les deux ^ > La grâce n'était pas mieux traitée. . On la regarde aujour- « d’hui • (remarquez que c’est toujours la foi d’aujourd'hui que le ministre reçoit, et vous en verres d’autres exemples); > la grâce donc, qu’on regarde

• aujourd'hui avec raison comme un -des plus im- « portants artidesde la religion, jusqu'au temps

■ Tah. UU. VI , p. MO, or(. I , S, S, 4, p. «7 sa» aoî, ne. — • ihii. — s uu. y. p. 40. . • •

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sim LES LETTRES DE H. JURtEU.

• de saint Augustin était entièrement informe. • Ce mot dlnforme lui plaît, puisque même il l'attribue à la Trinité; et l'on verra comme il s'embarrasse en tâchant de se démêler de cette expression insensée. Mais peut-être que les erreurs qu’on avait sur la matière de la grâce, avant le temps de saint Augustin, étaient médiocres? Point du tout ; « Les uns « étaient stoïciens et manichéens, d'autres étaient > purspélagiens; les plus orthodoxes ontété se-

• mi-péiagiens : • ilssout tous par conséquent convaincus d'erreurs sur des matières si essentielles. Il enditautantdu péché originel. Quoi plus? « Lasatis-

• faction de Jésus-Christ, ce dogme si important, si ■ fondamental et si Clairement révélé par l’Ecriture , « est demeuré ai iNPoniiRjusqu’au quatrième siè-

• de , qu'à peine peut-on rencontrer un ou deux

• passagesquU'expliquentbien • Ontrouve même dans saint Cyprien • des choses très-injurieuses à cette doctrine : et , pour la JustiGcation , les Pères « n'en disent rien, ou ce qu’ilsdisent est faux, « maldigéréet imparfait*. • Preoezgardercenesont point ici des sentiments particuliers, mais partout kS OPINIONS RBCfNANTES, ET L4 THÉOLOGIE DU TEMPS. 11 ne dit pas quelques-uns, mais tous , et Us Pères en généra). Il ne dit pas : on s'expliquait, mal ou l'on parlait avant les disputes avec moins de précaution : mais o» croyait, on ne croyait pas; •t il s'agit de la foi. Earm l'ignorance de l'ancienne (église allait jusqu'aux premiers principes; et la foi n'était pas même arrivée à sa perfection • dans le € dogme d'un Dieu unique, tout-puissant, tout

• sage, tout bon, inGoi et inûniment parfait^. • On a varié sur des points si essentiels, et si connus , comme sur tous les autres, quoiqu'il n'y ait « point « d'endroit où les Pères de l’Eglise auraient dû être « plus uniformes et plus exempts de variations que « celui-là, s'y exerçant perpétuellement dans leurs

• disputes contre les païens. • Tous les savantssont d'accord qu’on a parlé plus correctement et avec plus de précision des clioses dont on avait à disputer, qpe des autres, parce que la dispute même excitait l’esprit : mais il n’y a que pour tes Pères des trois premiers siècles que cette règle trompe; •t ils avaient l'espritsi Lx)uchc, même dansles choses de Dieu, qu'ils ignoraient jusqu’à celles qu’ils avaient tous les jours à traiter avec les païens, et même son unité et sa perfection iiiGiiie. Nous le verrons mieux tout à l’heure; puisqu'on nous dira nettement qu'ils ne le croyaient ni immuable, ni indivisible, iene m’étonne donc pas si , en parlant des Pères de ces premiers siècles, le ministre les a appelés de \Hturres théologiens qui ne votaient que rez-pied reZ‘terre, Quand il voudra néanmoins, ce seront des aigles, et les plus purs de tous les docteurs. Mais on voit en tous ces endroits-là comme il les abîme. Et comment auraient-ils pu s’eo sauver, puisqu'ils n'étudiaient pas l'Écriture sur les matières les plus importantes, comme sur celles delà grdee^ , et qu'en général il ne parais pas qu'ils se soient beaucoup attachés à cette lecture ^ , se rem»

• r, p. *9. — * Ibid. — * Lett. VI , p. 4S. — * Letî. p. Ml. !•* .4v. p. IM. — *1«» Ail.p. I8t.

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