‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 70 sur 192 · SR · texte numérisé non relu

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plissant seulement de ceJle des platoniciens? Que d« redites importunes! dira M. Jurieu. Il est vrai, ce sont des redites. J'ai relevé toutes ces erreurs de M. Jurieu dans mon premier Avertissement; mais je ne vois pas qu'on puisse, sans les répéter, lui faiie voir qu’il ne songe seulement pas à y faire la moindre réponse dans l'ouvrage qu’il vient de donner pour sa défense. Pourquoi ? Est-ce peut-être que ces matières ne regardent pas d'assez près res.<ieoee de la religion? Mais c’en sont les fondements. Ou bien est-ce qu’elles ne regardent pas lesocinianisine, dont M. Jurieu fait le tableau ? Mais H sait bien le contraire : et dans ce même tableau il reproche aux sociiiiens toutes ees erreurs*. Pourquoi donc se tait-i) sur tous ces points, si ce n’est qu’il évite encore autant qu'il peut M. de Meaux? ce lui serait trop d'affaires de chercher des faux-fuyants à tous les mauvais pas où il s’engage : il ne s’attaclie qu'à la Trinité et il espère se sauver mieux parmi les ténèbres d'un mystères! impénétrable. Il resteüonc à lui faire voir qu’il s'y abîme plus visiblement que dans les autres articles , et que ses excuses sonr de nouveaux crimes. Rendez-vous attentifs : voici le nœud. La matière est haute; et quelque ordre qu'on y apporte, elle échappe si on ne la suit ; mais, pour abréger la dispute, ou convaincra le ministre par ses propres paroles.

Il demeure d'accord d’avoir dit, dans ses Lettres de 1689, que selon la doctrine des anciens, qu'il trouve du moins tolérable, « reû'usion de la sagesse, » qui se Gt au commencTincnt du monde, fut ce « qui donna la dernière perfection et , pour ainsi « dire, la parfaite existence au Verbe et à la seconde « Personne de la Trinité *. • Il n'en faut pas davantage. Le Verbe avait donc manqué , dans l'éternité tout entière, de sa dernière perfection. Or ce qui manque de sa perfection, visiblement n'est pas Dieu. Quand il la recevrait dans la suite, il ne le serait non plus, puisqu’il serait muable et changeant. Le Fils de Dieu n’est donc Dieu , dans cette supposition que le ministre tolère, ni avant la création, puisqu'il n’avait pas sa dernière perfection , ni depuis, puisqu'il l'a reçue alors de nouveau. N’est-ce pas assez blasphémer, que d’enseigner ou de tolérer de pareils sentiments?

II s'excuse d’un autre blasplième en cette sorte. Voici ses paroles : J'al dit dans la sixième Lettre pastorale de IQ8Q ^ que , selon Tertultien, avec qui il veutque les autres anciens soient d’accord, /'(/s de Dieu n'a été personne distincte de celle du Père qu’un peu avant la création^ . Voilà un second hlnsphèine assez évident; mais voici comme il s'entire: Personne distincte, dil-iH, c'est-à-dire personne dévetopiiée et parfaitement née. .Mais |>our lui oler ce dernier refuge et ne lui laisser aucune évasion, je lui réponds en deux mots ; premièrement, que ce n’est pas là ce qu’il avait dit; secondement ,que ce qu’il veut avoir dit ne vaut pas mieux.

Premièrement donc, ce n’est pas là ce qu'il avait dit dans ses Lettres de 1GS9, puisqu'il y avait dit

• Ttib. LtU. I, 2. tic. — * Tab Lcti . vi, p. 2.011. — * /,*•/». VI de 1680, p. 44. Tilbl. Lf(t- VI. p. 260. — * Ibid.

SIXIEME AVERTISSEMENT

en termes exprès « que le Verbe o'cst pas étemel

• en tant que Fils; qu’il n’était pas une personne;

• que la génération du Verbe n’est pas éternelle;

• que la génération de la personne du Verbe fut

• faite au conimenceinent du monde ; que la Tri- « nitédes Personnes ne commença qu'alors,e/ qu'il « y avait trois personnes distinctes a la t'ériié, mats - engendrées et produites dans le temps, en sorte « qu’elles en venoient à une existence actuelle*: • après quoi il ne faut plus s’étonner qu'on les ait faites inégales : comment eussent-elles pu étreéga* les, puis(|u’elles n’étaient pas coéterneHes? M. Juheu fait dire tout cela aux anciens* : M. Jurieu soutient qu’il n’y a là rien it essentiel j ni de fondamental^. Il faut être bien assuré de faire passer tout ce qu’on veut , pour croire qu’on puisse réduire tant d'impiétés à un bon sens.

11 distingue néanmoins : tn personne du Fils r*e IMfu n'était pas encore, et , pour parler plus généralement,fa Trinitédes Personnesn était pasencore : la Trinité des personnes développées ; il l’accorde : la Trinité des personnes véritablement distinguées en elles-mêmes , mais non encore enfantées ni développées; il le nie.

Nous verrons bientôt l’impiété de cette doctrine dans son fond : mais maintenant, pour nous attadier seulement aux termes, )e lui demande en un mot : si distincte ne voulait dire querfccc/o/7/>ée, que n’usait-il de ce dernier terme? que ne disait-il clairement que dans l'opinion des anciens la personne du Fils et celle du Saint-Esprit n'étaient pas encore développées, ce qui lui parait innocent; au lieu de dire distinctes, qui lui parait criminel et insoutenable?

C’est, dit-il *, que /ara/s à expliquer hriérement ce sentiment des Pères ^ n’aqant aucunlntérél alors de rexpliquer plus au long. Il n’y avait aucun intérêt ! C’est tout le contraire; cor une des choses qu’il s était le pins proposées, dans les lettres dont nous parlons, était de faire voir aux sociniens et à ceux qui les tolèrent, qu'il ne leur donnait aucun avantage en tolérant les Pères des trois premiers siècles : et puisqu’il mettait le dénodmeiit à leur faire dire que la personne du Verbe était dans le sein de son Père, comme un enfant dans celui de 80 mère, /orné et distinct, mais non encore enfanté ni (lévehpjié ; lui etU-il coOlé davantage de dire développé y que de AxTedislingné'ï Et pourquoi n’avoir pas donné d'abord à une si grande dinicnité une solution si facile, où il n'edt fallu que trois mots?

Mais, ajoute votre ministre, je m'étais assez expliqué, puisque j’avais dit que le l’eriye était caché dans le scin de son Père comme sapience : et, poursuit-il, ce gui est caché est pourtant, et existe cowiwie une personne^. Il dissimule ce qu'il avait dit, que ce \’erbe , qui était caché dans le sein du Père comme sapience, était seulement son Fils et son Ferbe en germe et en semence. Or ce qui est un germe et une .semence, visiblement n’esl pas une personne; le Fils de Dieu n’était donc pas une per-

' LfO. VI de nwn, p. 44, 4R,4«. — * P' .dirrf. p. I8l.—

4». — • Tab. Utl- VI, P‘ 2M- ~ ' Tab. p. 300. Utt. VI fU p- U.

Bonne, leloii M. Jurieii. Il tronque et (I fainfie se« propres paroles : que faut-il donc espérer qu'il laisse dorénavant en son entier ?

On voit plus clair que lejour qu’il ne lui reste aucune défense ; car , pour entrer dans le fond de son raisonnement , il sait bien qu'une chose peut être dans une autre, ou en acte et selon sa forme, ou en puissance et selon ses principes, comme l'epi dans le grain , l'arbre dans son pépin ou dans son noyau, un animal dans son germe , tous les ouvrages dont funivers est composé dans leurs principes primordiaus. Vja n'était donc pas assez à M. Jurieti de dire que le Fils de Dieu fût caché dans le sein de son Père; les ariens mêmes disaient, selon lui, qu'il y était caché en puittance < » et pour fenner la boudve aux sociniens et aux tolérants leurs amis, il fallait avoir expliqué que si le Verbe était csiché dans le sein du Père, ce n'était pas en puissance, comme l’enfant est dans le germe et dans l'embryon ; mais en effet et en acte, comme il est après sa conception OU sa naissance. Mais, loin de le dire ainsi , ou pluldt de le faire dire aux anciens, M. Jurieu dit tout le contraire dans l’endroit même qu’il cite pour SC jiistilier : et il en conclut un peu après, qu'on decait te représenter f)ieu comme muahte et divisible y cii4pigbai«t ce gbbub de som Fils en une personne». Ainsi, selon les anciens, approuvés ou tolérés par M. Jurieu, il ne m’importe, le Fils de Dieu était étemelleinent dans le sein de son Père comme un germe y comme une seme}\ce , et non pas comme une personne ; et ce germe ne fut diangi^ en une personne que dans le temps. Qui ne voit manifestement que faire parler ainsi les anciens, c’est les faire blaspliémer; et qu’approuver ou tolérer ces expositions de la foi .comme M. Jurieu les veut appeler, c’est blasphémer soi-inéme?

Il en est de même des autres pensées que le ministre attribue aux Pères. Pare.xem(ile, il leur faisait nier l’éternité de la génération du Fils : il s’explique: l’éternité de la seconde génération, il l’avoue : de la première, il le nie*. Il fallait donc deviner ces deux générations, dont il ne disait pas un seul mol ; reconnaître dans une seule personne selon la divinité deux générations proprement dites, et croire que le Père éternel avait engendré .son Fils à deux fois.

Les autres opinions quele ministre avait Imputées aux saints docteurs ne sont pas mieux excusées ; et il n’y a personne qui ne voie que ce qu’il dit aujourd’hui dans son Tableau est une réformaiion, et non pas une explication de son .Système. Pitoyable réformalion, puisque, loin de le relever du blasphème dont il a été convaincu, elle Py enfonce de nouveau , comme on va voir I

Il faut donc ici expliquer le nouveau mystère de cet enveloppement et développement du Verbe, de sa conception et de sa sortie hors des entrailles de son Père, et«de sa double nativité, l'une étemelle, mais imparfaite; l’autre parfaite, mais lemporelle, et arrivée seulement un peu avant la création du monde : car c’est là tout le déooâmen* que donne

* Tnh. Utt. VI, p. 276. — * Tab. Utt. VI, p. P* .iotri, p.iaa. — i Ltu. VI de l<m. Tub. Utt. vi.

sua LES LETTRES DE M. JURIEU.

51 . Juricu à la tliéolosic des anciens ; et il est temps d'en démontrer la visible absurdité selon lui-méme.

En effet , voici comme il parle ' : « Cette pensée « des anciens , > cette double nativité et ce nouveau développement du Verbe , « dans le sens métapho* a rique est belle et bonne; mais dans le sens pro*

• pre, comme ces anciens le prennient, elle ne s'ac«

« corde pas avec l'idée de la parfaite immutabilité

• de Dieu. •

Il n’y a ici qu'à ouvrir les yeux pour voir l’éçarenient de notre ministre. Cettedouble génération ou ce développement du Verbe, à le prendre proprement, est si al>surde qu’il n'entrera jamaisdans les esprits. Car qui pourrait croire qu'un Dieu s'enveloppe et se développe selon sa nature divine , ou que le Père en* gendre son Verbe à deux fuis? Il ne faut qu'ouvrir seulement l'Évangile de saint Jean , pour y remar- (|uer que s'il est engendré deux fois, l'une de ces générations le regardait dans l'éternité comme Dieu , et l'autre dans le temps en tant qu'homme. Mais que comme Verbe il ait pu être engendré deux fois , et qu'il falltlt au pied de la lettre le développer du sein paternel , comme un enfant de celui de sa mère , c'était dans cette divine et immuable génération une im{)crfcction si visible et si indigne de Dieu, qu'il faudrait être insensé pour le dire ainsi dans le sens propre.

C'est pourquoi le docteur Bullus, le plus savant des protestants dans cette matière, lorsqu'il a vu dans cinq ou six Pères (car U n'en met pas davantage) cette double génération, avait entendu la seconde d’une çénérafion métaphorique : qui ne signifîe outre diose que son opération extérieure , et la manifestation de ses desseins éternels |)ar la création de l'univers, à la manière que nous verrons si clairement dans la suite, qu'il n'y aura pas moyen d'en disconvenir. Aussi M. Jurieu est-il déjà d'accord avec nous que cette pensée des anciens est irréprochable en ce sens. Cependant il refuse de la suivre; cl, obstiné à trouver dans les anciens l'erreur dont un si savant protestant les avait si clairement justiCés : « Pour n>oi , dit-il *, je tiens pour certain

• qu'il n'y a point là de métapliore. > Et un peu « plus haut^: « J'entendstoutcela sans figure, et je « comprends que des théologiens (ce sont les Pères

■ des trois premiers siècles) ont cru que les deux per- > « sonnes divines , le Fils et le Saint-Esprit, étaient « renfennéea dans le sein de la première, comme m un enfant est enfermé dans le sein de sa mère,

« parfait de tous ses membres , ayant vie , être ,

« mouvement et action ; mais n’étant pas encore

• développé et séparé de la mère. »

5Iais s'il faut prendre au pied de la lettre et sans figure, comme le ministre nous y veut contraindre, tout ce qu'il vient de raconter; il y a donc, comme dans la mère et dans son enfant lorsqu'il vient au monde, un double changement en Dieu : un dans le Pere qui développe ce qui était renfermé dans Kcseiiirailies; un dans le Fils qui est séparé et développé de scs entrailles paternelles: etoiiôleégaleinent

• lub. UH. VI, /». - » JWrf. — » P. IM. '

au Père etau Fils la parfaite simpllci té cCimmiitaUlité de leur être.

Après ces extravagances, qu'on nous débite comme des oracles, le ministre m'avertit sérieuiement « de ne continuer pas à harceler la théologie des " Pères par des conséquences , en disant que, selon « le sentiment que je leur attribue , il faut que la « 'rrinité soit nouvelle et non éternelle; que Dieu

• soitmuable; qu'il faut que Dieu puisse s'étendre « et se resserrer ' . * Voilà des objections contre sa doctrine qui sans doute sont considérables; mais il les rt^out en un mot. Tout cela est chicane^ dit-il. C’en est fait, l'oracle a parlé. 5lais est-ce dticane de dire que celui qui ouvre son sein , et qui développe ce qu'il y tenait enfermé, et celui qui sort de ce sein où il était auparavant, aient ce double défaut d'être muables et divisibles? Je le demande à tout homme qui a les premiers principes de l'intelligence.

Pour la mutabilité, la chose est claire. Le ministre demeure d'accord que , dans la supposition qu'il attribue aux anciens, « l'effusion faite dans le temps « de la sagesse divine donna la dbbnièbb peb- « PECTiON et, pour ainsi dire , la parfaite existence « au Verbe età la seconde personne de la Divinité. » Sur ce fondcfmmt je raisonne ainsi : Ce qtii reçoit de nouveau .sa dernière perfection , en termes formels est changé ; or, dans la siip(>ositioii de M. Jurieu *, la seconde personne reçoit de nouveau sa dernière perfection . donc dans cette supposition la seconde personne, en termes formels, est changée. Vous le voyez, mes chers frères, j’aime mieux tomberdans la sécheresse d'un argument en forme, que de donner lieu, quoique sans sujet, à votre ministre de dire que j'exagère et que je fais le déclamateur.

Voulez-vous ouïr un autre argument également clair, écoutez ce qu'on attribue à Tertullien et aux autres Pères ^ : « Dieu dit , la lumiàe « soit : voilà la seconde génération du Fils : ce que « Tertullien appelle la parfaite naissance du Verbe ,

• et qui fait voir qu’il en reconnaissait une autre « mpAnrAiTe en comparaison de celle-ci : c'était la « génération éternelle, par laquelle le Verbe, en tant

• qu’entendement et raison divine , était en Dieu

• éternellement, bien distingué à la vérité de la « personne du Père, mais encore envc!oi>pé. • Demeiirons-en là, et disons : Ce qui passe d’un état imparfait à unétat parfait, change d'état ; mais, dans cette supposition, leFilsdeDieu passe d'un état imparfait à un état parfait; par conséquent le Fils de Dieu change d’état. II passe manifestement de l'imparfait au parfait; qui est, non parconséquence, mais précisément et selon la délliiition,ce qu'on appelle changer.

Kt remailliez que son état imparfait est celui où il était mis par sa naissance éternelle : c'est cet état qu’on regarde comme imparfait, à comparaison de celui où il est élevé dans le temps et au commencement du monde. Dieu donc dans l’éternité a engendre un Fils imparfait, qui a acquis sa perfeclum

* Tab. IaU. VI , p. 2i>S. — * Ibid. p. * i6^<L

ru uy Cjüxj^ic

SIXIÈME avertisseme:<«t

arec le temps. Si ce n'est pas là Maephëmer m ter* nips formels contre le Père et le Fils , je ne soi» plus ce que c'est.

Enfin, c’est trop disputer; et il n’y a qu’à répéter au ministre ce qu’il écrivait en 1G89 , « que les an- « ciena représentaient Dieu comme muable et divi- . aible, chanj^eant ce germe de son Fils en une per-

• sonne , et donnant une portion de sa substance

- pour son Fils, sans Indétacberde soi ». «Qu’y a-til de plus scandaleux et de plus impie tout ensem- Me, que de réduire le Fils de Dieu à l'imperfection d’uuÿermeetd’unese/nenre^comineil parle? Mais n'est-oe pas clairement et en termes assez foniiels le reconnaîire muable, et faire un Dieu changeant et un Dieuchangé? Mais que fallait-il davantage pour faire un I>ieu corporel , que de l'avouer divisiÛe , et de lui attribuer des divisions et des portions de substance? Où réduit-on le christianisme? et ose-t-on se vanter de confondre les sociniens , lorsqu'on dit que de semblables blaspltèines ne ruinent pas le fondement de la foi ?

Voilà ce qu'il écrivait en IC89 ; et loin de corriger ces blasphèmes dans une lettre qu'il compose exprès pour s’en justifier, il y assure de nouveau que la seconde nativité du Verbe est s» par/aile mf icilé et que la {>reinière est plutôt une cancepfion qu'un enfantement parfait Go n’est pas tout : par cette seconde nativité, rfc sagesse il est devf^nu / 'erbe , et personne parfaitetnenl née * ; par conséquent quelque chose de fait et de plus formé qu'il u'élait auparavant : en sorte que « la Trinité a pris

• dans cette naissance son être développé et par-

• fait; ce qui a fait croire aux docteurs des trois

• premiers siècles , qu'ils étaient en droit de cornp- « ter la naissance de la Trinité, de ce qu’ils appe-

• laient sa parfaite nativité *. • Non content d'avoir proféré tant d'impiétés, il y n>et le comble en rette sorte : « A Dieu ne plaise, dit-il ® , que je

• voulusse porter n» complaisance pour cotte théo- ■ iogiedes anciens jusqu'à l'adopter ni même la to-

- lérer aujouri>’hui1 On doit pourtant bien reinar-

• quer que l'on ne saurait réfuter par i’Ècriture « rette théologie bizarre desanciens, et c'est une rai-

• son pourquoi on ne leur en saurait faire une hé- « résie. Il n'y a que la seule idée que nous avons « aujourd'hui de la parfaite immutabilité de Dieu, « qui nous fassevoirla fausseté de cette hj-pothèse : « or nous n’avons cette idée de la p;trfnite et entière a immutabilité de Dieu, que des lumières natua relies qu'une mauvaise philosophie peut obscura cir. ■

On ne sait en vérité par où commencer pour démontrer rimpiclédecediscours. Mais ce qui frappe d’abonl , c’est que les anciens croyaient Dieu vérilablemcnl muable ; et ce qui passe toute absurdité , que la parfaite immutabilité de Dieu est une idée itanjourd'hd. Elle n’ctail pas hier; elle est nouvelle dans rf^lise, et ne doit pas être rangée au nombre de ces vérités qui ont toujours été crues,

* LttL TI, de UM«. Avert. — • Tab. Lett. ti, p. 3S9, Ul. - * Jbid. 203, 362. - * Ibid. 233, S8S. Ibid. KO, 201.

- a tùid. VUS.

et partout : Qu»d vbiqve, guorl temper. Sfabi c« qti'ii y a de plus absurde et de plus impie, c'est qu’elle est nouvelle non-seulement à l'F.glise primitive, mois encore aux prophètes et aux apdtros ; puisque, selon M. Jurieu , on ne peut réfuter par (‘Écriture cette bizarre théologie des anciens. Ce n'est que des philosophes que nous prenons cette idée, que nous avons atgouriThui, de la parfaite immutabilité de Dieu : sans la philosophie , la doctrine des clirétiens sur un attribut aussi essentiel à Dieu serait intparfaite. Crohre ce premier être muable, ce n'est pas une erreur contre b foi : c'est , si l’on vent, une erreur ou une hérésie philosophique, laquelle n’est point contraire à la révélation ; les philosophes ont mieux connu Dieu (fue les chrétiens, et mieux que Dieului-mémenes'est fait connaître parson Erriture.

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