‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 77 sur 192 · JO · texte numérisé non relu

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du calvinisme, qui, scion les principes de la réfonne, ne peut lier les consciences.

Ainsi les indifférents ont ^agné leur cause contre Icü synodes et les Confessions de foi : et à parler sin* cèrement, il ne faudrait tes presser que par TÉcriture selon les anciens principes de la réforme.

Venons au second principe des indifférents : L'Ê’ mÏMre pour obliger doit être claire. Ce princi|>e n'est pas moins indubitable dans la réforme que le précédent; puisque c'est sur ce fondement qu'elle a tant dit que l'Ecriture était claire , et qu'il n'y avait personne, pour occupé ou pour ignorant qu'il fiU, qui n’y pdt trouver les vérités nécessaires, en considérant par lui'inéme attentivement les passapes , et les conférant avec soin les uns avec les autres. Cest par là qu'on Hattnit le monde et qu'on soutenait la réforme : mais c'est maintenant ce qui la perd. Car l'expcrieuco ofait sentir aux simples lidè- Ipj , et même aux plus présomptueux , aux plus entélés, qu’en effet ils n'entendaient pas ce qu'ils s'imaginaient entendre : ils se sont trouvés si embarrassés eiitreles raisonnements des vieux réformés et ceux des arminiens, des soeiniens, des pajonistes, pour ne point parler ici des catholiques et des luthériens , qu'on a été obligé de leur avouer qu'au milieu de tant d'ignorances, de tant de distractions et d’occupations nécessaires, l'examen de discussion leur étaitaussi peu possible , que d'ailleurs il leur était peu nécessaire.

C'est ce que M. Jurieu a expressément avoué : car, non content d'avoir enseigné dans son Système que< la discussion n'est nécessaire ni à ceux qui sont déjà dans l’^.glbe , ni à ceux qui veulent y entrer, et qu'il ne la peut conseiller ni aux uns ni aux autres* , il ajoute en termes formels, qu'un simple n'en est pas capable* \ et encore plus expressément : « Cette m voie detrouverlavéritén'est pas celle de l'examen ;

• car je suppose avec M. Nicole qu’elle est absurde , « impossible, ridicule, et qu'elle surpasse entière- « ment la portée des simples L »

Il nu faut pourtant pas ôtera nos prétendus réformés le mot d'examen, dont on les a toujours amusés. Outre l'examen de discussion, on sait que M. Jurieu en a trouvé encore un autre, qu'il appelle,

• d'attention ou d'application de la vérité à l'esprit , « qui, dit-il 4, est le moyen ordinaire par lequel la

• foi se forme dans les fldèles. Cela consiste, dit- B il , dans ce que la vérité, qui proprement est la

• lumière du niuude intelligible, vient s'appliquer

• à l'esprit, tout de même que la lumière sensible

• s'applique aux yeux corporels : » ce qu’il explique en un autre endroit encore plus précisément ^ , lorsqu'il dit que a ce qui fait proprement le grand ef-

• fet pour la production de la foi, c'est la vérité a même qui frappe l'entendement comme la lumière a frappe les yeux. »

A la vérité, ou ne voit pas bien pourquoi cette applkation de la vérité s’appelle examen; puisque les yeux bien assurément n'ont point à examiner si

* . liv. Il , r. >3 , p. 40 1 , 403 et luiv. — ’ ibid. Uw. né,

e. s, p. 473. — * Ibid, liv- u, e. 1.1, p. 137. — * Ibid. liv. n, e. le, p. 3M, 081 et tuiv. — * P. 383.

c'est la lumière qu’ils découvrent, et- qu’ils ne font d'autre cliose que s'ouvrir pour la recevoir. Mais sans disputer des mots, ni mlliner sur les réfloxinns dont M. Jurieu prétend que eelle appliealion de la vérité est accompagnée, souvenons- nous seulement que « cet examen , qu'il appelle d'attention et - d'application, n'csl rien que le gotU de l’dme qui

• distingue le bon du mauvais, le vrai du faux,

• comme le palais disiinguerainer du doux *. »

C'est ce qu’il appelle ailleurs la voie d'adhésion ou d'adhérence * ^ et plus ordinairement la cote (f impression , de sentiment , ou de goùtf qu’il reconnaît être la même dont s’était servi M. Claude^. Par celte voie on rend aux réformés la facilité dont on les.a toujours flattés de se résoudre par euxmêmes, et on leur donne un moyeu aise de trouver tous les articles de la foi, non plus pur la discussion, qu'on reconnaît impossible et peu nécessaire pour eux, niais par sentiment et par goût *. Il no faut que leur proposer un amasde vérités , un sommaire de la doctrine chrétienne : alors, indépendamment de toute discussion , et même, ce qu’il y a de plus remarquable. « indépendamment du Ü- > vre où la doctrine de l'Evangile et de la véritable « religion est contenue^, » c’est-à-dire constamment de l’Ecriture, la vérité leur est claire; • on la sent

• comme on sent la lumière quand on la voit, la chaleur quand on est auprès du feu, le doux et l'amer quand ou en mange. * Cest ce qu'a dit M. Jurieu, c'est ce qu'a dit M. Claude et c'est à quoi se réduit toute la défense de la réforme.

Ce moyen est aisé sans doute : mais par malheur la même expérience qui a détruit la discussion, détruit encore ce prétendu goût, ce prétendu sentiment. Ne disons donc point aux ministres ce que nous leur avons déjà objecté ^ , que tout cela se dit en l'air et sans fondement, contre les propres princi|>es de la réforme, avec un péril inévitable de toml)cr dans le fanatisme : laissons les raisonnemenU et tenons-nous-eu à l'expérience. Ce qu'il y aura de gens sensés et de bonne foi dans la réforme avoueront franciiement qu’ils ne sentent pas plus ce goût, cetteévidencedela vérltéaussiclairequela lumière du soleil t dans les mystères delà Trinité, de l'inc.irnation et les autres, qu'ils ont senti par la discussion le vrai sens de tous les passages de l’Ecriture : on flattait leur présomption en leur disant qu'ils entendaient l'Ecriture par la discussion des passages; ou les flatte d'une autre nuanière eu leur disant qu'ils goûtent et qu'ils sentent la vérité des mystères avec autant de clarté qu'on sentie blanc et le noir, l'amer et le doux. Rien ne peut les empêcher de s'apercevoir de l'illusion qu’on leur fait , ni de sentir qu'un n'a fait que changer les termes; quecequ'onappelle goût et sentiment n'est au fond que leur prévention et la soumission qu'on leurinspire pour les sentiments qu’ils ont reçus de leur

> 5ÿ«l. liv. tl 31, p. 413. * Ibid. Itv. Il, e. 90, 31 .

U . liv. III, e. &, 0, 10. — * Ibid. liv. Ml, C. 9. 1. —

• loid. liv. Il, e. 45, p- 4W, 433 «/«NIC. P’er. liv. xv

ibid. p. 453. — * f ur. (ip. it,

ai.

SlMkMK AVRUTISSE>fENT

f.gtisp et <]p leurs ininislres; qu'on les mène en aveugle!^, et que quelque nom qu'otitiunne à la recherche qu'on leur propose de la vérité , soit celui de disciis* sion ou celui de sentiment et de goiU , on les remet par un autre tour sous rautorllé dont on leur a fait secouer le joug.

En cet état un soeinien ou rigide ou mitigé vient doucement et sans s'échauffer vous proposer son troisième et dernier principe, qui renferme toute la force ou plutôt tout le venin de l<i secte : je le répète : • Où ntcriUire paraît enseigner des choses « que la raison ne peut atteindre par aucun endroit, « il la faut tourner au sens dont la raison s'accom-

• mode, quoiqu’on semble faire violence au teite. » Je soutiens qu’un prétendu réformé tombe néces* sairemeut dans ce piège ; car, dil-il, la Trinité et rincarnntion sont mvslères inipcmélrables à ma raison : tout mon esprit, tous mes sens se révoltent roiitpet l'Écriture, qu'on me pro|>osepour me les faire recevoir, fait le sujet delà dispute : la discussion m’est impossible et mes ministres l’avouent ; l'évidence de sentiment dont ils me nattent n’est qu'iliusion : ils ne me iaissentsur la terre nulle autorité qui puisse me déterminer dans cet embarras : que rcsle-t-il à un liomme dans cet éut , que de se laisser doucement aller a cette religion de phin-pieti gui aplanit toutes les hauteurs , comme disait M. Juricii? On y tombe naturellement, et il ne faut pas s'étonner si la |)ente vers ce parti est si violente , et le concours si frequent de ce cdté-16.

Mais le rusé soeinien ne s'eu lient pas là; et il ioulient ati calviniste, qu'il ne peut nier son principe. • Pourquoi , dit-il • , ne croyons-nous pas que

• Dieu ait des mains et des yeux , ce que l'Écriture ■ dit si expressément? c'est parce que ce sens est

• contraire à la raison. Il en est de même de ces pa- « rôles : Ceci est mon corps : si vous ne mange:, ma m chaU'etne burez mon sangt » etc. Ce s<mt les paroles du subtil auteur, quiadnnné niipublicdes aeîs Sur te Tableau du socinianisme ». Il engage M, Ju* rieu dans son principe par un exemple qu'il ne peut rejeter. Dans ces paroles , Ceci est mon corps, tout le calvinisme reconnaît une figure, pour éviter la viidcnce que la lettre fait à la raison et au sens humain : qui peut donc après cela empèclicr le soeinien d’en faire autant sur ces paroles : l.e f 'erbe était JHeu,le f'rrbea e7é/a<7cAob; et ainsi des autres? S’il faut de nécessité mettre au large la raison humaine, et que ce soit là le grand ouvrage de la réforme, pourquoi ne pas l'affranchir de tous les mystères et en particulier de celui de la Trinité ou de celui de l’incarnation, comme de celui de la pré- •ence réelle, puisque la raison n’est pas moins choquée de l’un que de l'autre?

M. Jurieu déleste cette proposition dcFaiiste Socin sur la satisfaction de Jésus-Christ : • Quand

• cela se trouverait écrit non pas une fois, mais

• souvent dans les écrits sacrés , je ne croirais pour-

• tant pas que la chose aIbU comme vous pensez :

• car, comme cela est impossible, j'interpréterais les

* sur U.Tub. itmSic. t. Tt/ttH. * Ibid urt.

• passages en leur donnant un sons commode, « comme je fais avec les autres en plusieurs autres « passages de l'Kcriture » ^otre ministre déteste, et avec raison, cette parole de Sorin. Car, en suivant la métimde qu'il nous y propose, il n’y a plus rien de fixe dans l'Écriture : à chaque endroit difUcile on sera réduit à soutenir thèse sur l'impossibilité ; et au lieu d'examiner en simplicité de cœur ce que Dieu dit, II faudra à chaque moment disputer de ce qu’il peut.

On ne saurait donc rejeter trop loin cette métho* de, qui soumet toute rr>riture et toute la foi aa raisonnement humain. Mais voyons si la réforme peut s'exempter de cet inconvénient.

L’auteur des A vis demande à M. Jurieu , comment il dispose son cœur dans les mystères qwe /a raison ne f)eut atteindre par aucun em/roll *. El cc ministre lui répond : • Je sacrifie a Dieu , qui est la pre- « mière vérité, toutes les résistances de ma raison : la « révélation divine devient ma souveraine raison^. • Cette ré|>onse serait admirable dans une autre bouche; mais , pour la faire avec efficace à un soeinien, il faut donc |)oser pour principe, que partout où il s’agit de révélation on doit imposer silence au raisonnement humain, et n’écouter qu’un Dieu qui parle. Ainsi , lorsqu’il s'agira de la présence réelle etdu sens de ces paroles : Ceciest mon corps, il n'est plus jiermis de répondre, comme fait M. Jurieu * : n L'Eglise romaine croit avoir une preuve invincible « de présence réelle, dans ces parolesde J esus-Christ : ■*.yi quelqu'un ne mange ma chair, etc. Prenez,

• mangez, ceci est. mon corps. Otte prétendue

> manducation nous conduit à des prodiges, à ren-

• verser les lois de la nature, l'essence des choses, "la nature de Dieu, et l'Écriture sainte, a nous « rendre mangeurs de chair humaine. De là je con- " clu.x, sans hnlancer, qu’il y a de l'illusion dans la

> preuve et de la figure dans te texte. • Mais, je vous prie, que fait atilre chose le soeinien? Ne trouve-t-il pas dans la Trinité, dans l’incarnation, dans l'immutabilité de Dieu, dans sa prescience, dans le péché originel , dans l’éternité des peines, des prodiges, des renversements de la nature de IHeu et de tessence des ehosesf Faut-11 donc entrer avec lui dans cette discussion, et jeter de simples fidèles dans la plus subtile et la plus abstraite métaphysique ? Où est donc ce sacrifice de résistance de notre raison , qu'on nous promettait ? Et s'il noua faut disputer et devenir philosophes, que devient la simplicité de la foi ?

M. Jurieu dira peut-être : remploie, Il est vrai, la résistance de la raison contre la présence réelle : mais c'est aussi que la raison y résiste plus qu'à la Trinité, à l’incarnation et aux autres mystères que le soeinien rejette. Vous voilà donc, encore un coup, à disputer sur le plus et sur le motn.s de la ré.sistance : il faut faire argumenter le simple fidèle il en faut faire un piulosophe, un dialecticien, et

« Tab. Lrtl. lu, p. UC. Sortn. tib. îC, Sfrvnlorr, r. 4 ft s. — * Tr. I, art. l, p IS — * l^tl. III . p. 131. — */#»• driti Souv. loa.

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SUH LES LETTRES DE M. JURIEU

celui dont vous ne voulez pas cliar;;er la faiblesse ou l’ignorance . de la discussion de l'Ecriture, est jeté dans la discussion des subtilités de la philoso* pliie la plus abstraite et la plus contentieuse. Est* ce là c!C chemin aisé et celle voie abrégée de conduire le chrétien aux vérités révélées?

Mais , direz-vous , il ne s'agit pas de raisonnement : j’ai les sens mêmes pour moi ; et je vois bien que du pain n'est pnsun corps. Ignorant, qui n'entendez pas que toute la difticulté consiste à savoir si Dieu peut réduireuncorpsàunesi petite étendue! 1^ luthérien croit qu’il te peut ; et si vous vous obstinez à vouloir conserver le pain avec le corps , il le conserve , et donne aux sens tout ce qu'ils demandent. Vous n'avez donc rien à lui dire de ce cdté-là, et vous voilà à disputer sur la nature des corps ; à examiner jusqu’à quel point Dieu a voulu que nous connussions le secret de son ouvrage , et s'il ne voit pas dans la nature des corps comme dans celle des esprits quelque chose de plus radié et de plus foncier , |)oiir ainsi dire , que cequ’il en a découvert à notre faible raison. Il faut donc alambiquor son esprit dans ces questions de la possibilité ou impossibilité , c'est-àdire, dans les plus fines disputes où la raison puis.se entrer, ou plutôt dans les plus dangereux labyrinlhes où elle puisse se perdre. Et api'cs tout , s’il se trouve vrai que Dieu jmisse réduire un corps à une si petite étendue, qui doute qu’il ne puisse le cacher où il voudra, et sous telle apparence qu’il voudra? Il a bien caché ses anges, des esprits si purs, sous la figure des corps, et fait paraître son Saint-Esprit sous la forme d’une colombe ? pourquoi donc ne pourrait-il pas cacher quelque corps qu'il lui plaira sous la figure, sous les apparences, sous la vérité s’il te veut ainsi , de quelque autre corps que ce soit ; puisqu’il les a tous également dans sa puissance? Donc te sens ne deciile pas : donc c’est le raisonnement le plus abstrait qu’il faut appelerà sonsecours, et la plus line dialectique. Mais s’il faut être dialecticien ou philosophe pour être chrétien, je veux rêtre partout, dira le socinien : je veux soumettreà ma raison tous les passages de l’Écriture où je la trouverai clioquée, et autant ceux qui regardent la Trinité et l’incarnation, que ceux qui regardent In présence réelle. On peutdiscourir , on peut écrire, on peut chicaner sans fin ; mais à un homme do bonne foi ce raisonnement n’a point deréplique.

M. Jurieu dira sans doute que ce n’est pas la raison seule, mais encore l’Écriture sainte qu’il oppose au luthérien et au catholique sur ces paroles ; Ceci eU mon corps. Mais outre, comme nous verrons, que le socinien en fait bien autant, voyons ee qui a frappé M. Jurieu, et répétons le passage que nous venons de citer sur ces paroles : Ceci est mon corps : le sens de la présence réelle « nous conduit, dit-il, à des prodiges, à reover-

• ser les lois de la nature, l'essence des choses,

■ la nature de Dieu, l'Écriture sainte; à nous ren-

• dre mangeurs de chair humaine. » L'Écriture est Dominée ici, je l'avoue; car aussi pouvait-on l'omettre sans abandonner la cause? Mais l’on voit par où l’on commence , ce qu’on exagère, ce qu’on met

devant l’Écriture, ceqil'ou met apres; et on ressent maiiife'^lemcnl que ee qui choque et ce qui décida eu wtle occasion, c’est enfin naturellement la raison humaine. On sent qu'elle a succombé à la tentation de ne pas vouloir se résoudre à croire des choses où elle a tant à souffrir : c’est en effet ee qui frappe tous les calvinistes. Un catholique ou un luthérien commence avec eux une dispute : forcé par l'impénétrable luiuteur des mystères dont la croyance est commune entre nous tous, le calviniste reconnaît qu’il ne faut point appeler la raison humaine dans les disputes de la foi. I.ii-dessus on lui demande qu'il la fasse taire dans 1a dispute da l’eucharistie comme dans les autres. I.a condition est équitable : il faut que te calviniste la passe. Cen est donc fait ; ne parlons plus de raison humaine , ni d’impossibilité, ni des essences changiTs; que Dieu parle ici tout seul. I.e calviniste voiislepromot- Iracenl fois; cent fuis il vous manquerade parole, et vousie verrez toujours revenir aux peines dont sa raison se sent accablée : ^lais je ne vois que du pain? Maisrommentuncorps humain en deux lieux etdan.s cet espace? Je n'en ai jamais vu un seul qui ne so n*plongeôl bientôt dans ces dinicitltés, qui, à vrai dire, sont les setiU>squi les frappent. (îalvin, c imme les autres, promettait souvent aux luthériens, lorsqu’il disputait avec eux sur crttc matière *, de ne point faire entrer de philosophie (m de raisonnement humain dans cette dispute : cependant à toutes les pages il y retombait. Si les calvinistes se font justice, ils avoueront qu'ils ii’en usent pas d'une autre manière, et qu'ils en reviennent toujours à des fvointilirs du raisonnement humain.

Mais n'allèguenl-ils pas l’I-Uriture? Sans doute, de la même sorte que font les sociniens : Je suis la vigne ^ je suis la porte; la pierre Hait Christ : ils prouvent parfaitenH‘ul bien qu'il y a dans l'Écriture des façons de parler liuurces : donc celle ci , Ceci est mon corps ^ est de ce genre. C’est ainsi qu'un socinien raisonne : il y a tant de façons do parler où il faut admettre une figure; poun{uoi celle-ci, Le ferbe était Dieu, le f erbe a été fait chair , ne serait-elle pas de ce nombre ? Ils sauront fort bien vousdireque Jésus-Christétant surla terra le représentant de Dieu , revêtu de sa vérité, inondé de sa vertu toute-puissante, on le peut aussi bien appeler Dieu et vrai Dieu , que le pain de l'eucliaristie est appelé corps. Vous voilà donc dans les discussions, dans la conférence des passages, dans l'embarras des disputes , auxquelles vous ne vouliez pas vous assujettir.

Mais , direz-vous , l’Écriture est claire pour moi : c’est la question. socinien ne prétend pas moins à cette évidence que voua : voilà donc toujours la foi dépendante des disputes, et ce moyen abrégé do l'établir tout d’un coup et sans disi’us&iun vous échappe. iSlais enfin si l'Ecriture est si claire en cette matière, d’où vient que le luthérien ne peut l'entendre depuis plus de cent cinquante ans do dispu- U*s? Vous ne direz pas que c'est uo profane, eo-

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SIXIÈME AVERTISSEMENT

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