‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 78 sur 192 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

lu’mi de Dieu , de qui il relire ses lumières , comme vous pourrei le dire d'un soeinien. Il est du nombre des enfants de Dieu , du nombre de ceux qu’il enseigne, qu'il reçoit à sa table et dans son royaume. Vuulcs-vous faire dé|iendrc la foi d'un simple fidèle, d'une dispute qui demeure encore indécise après un si long temps? Avouez donc la vérité ; sentez-la du moins : ce n’est pas l’Ecriture qui vous détermine, la méthode soeinienue vous entraîne; et de deux sens qu'on donne à ces paroles , Ceci es! mon corps , vous vous résolvez par celui qui flatte la raison humaine. Ainsi seront entraînés tous ceux qui mépriseront les décisions de l’Eglise; et tant qu’on ne voudra point fonder sur une promesse certaine une autorité infaillible , qui arrête la pente des esprits, la facilité déterminera , et la religion où il y aura le moins de mystères sera nécessairement la plus suivie.

Mais voici dans les écriU des indifférents un attrait plus inévitable pour les calvinistes. L'auteur des jtcU demande à M. Jurieu une règle pour discerner les articles fondamentaux d'avec les autres*. Car il est constant, et le ministre en convient • qu'outre les vérités fondamentales , l'Écriture

• contient cent et eentvéritésDBnaoiT etdkpait,

. dont l’ignorance ne saurait damner *. • Il s'agirait donc de savoir ai, en lisant l'Écriture , le peuple , les ignorants et les simples, c’est-à-dire, sans comparaison laplus grande partie de ceux que Dieu appelle au salut, pourraient trouver cette règle pour discerner les vérités dont l'ignorance ne damne pas , d’avec les autres , et connaître par consé^quent quelles erreurs on peut supporter, et jusqu’où l’on doit étendre la tolérance : eu un mot , quelle raison il y a d'en exclure les sociniens plutôt que les luthériens. C’est ce qu’il faudrait pouvoir établir par l’Ecriture ; mais c’est à quoi les ministres ne songent seulement pas. Au lieu de nous faire voir dans les saints livres la désignation de ces articles fondamentaux, le sommaire qui les ramasse, ou la marque qui les distingue de tous les autres objets <le la révélation, M. Jurieu se jette dans un long raisonnement où il prétend faire voir sans dire un mot de fÉcriturc, qu’il y a trois caractères pour distinguer ces vérités fondamentalesJ ; le premier est la révélation ; le second est le poids et l’importance; le troisième est la liaison de certaines vérités avec la fin de la religion.

Il ne faut p,xs s’arrêter au caractère de révélation , qui est le premier, puisque c’est là que le ministre est d’accord qii’if y a cent et cent rérités de droit Cf de /ai/ révélées dans l’Écriture, qui néanmoins ne sont pas fondamentales : ce caractère n’est donc lias fort propre à distinguer ces vérités d’avec les ;mlres. Passons au second , qui est le poids et l'im- }iorlance ; où d’abord il est certain qu’il faut entendre un poids et une importance qui aille jusqu’à rendre ocs vérités nécessaires au salut : car le ministre ne dira pas que Dieu qui se glorifie par son

' Jvit, Tr. l.arM.p — * Tab. Uü. «I , II*.—

prophète à'enicigner dtn choses utiln : Je luU, dil il ' , le Seignenr ton Dieu , gui t'enseigne des choses utiteSf prenne le soin d’en révéler de peu importantes. Ce nVsl done rien de prouver en général que ees vérités soient importantes, si Ton ne prouve qu’elles le sont jusqu’il être de I.i dernière nécessité pour le Ssalut. Cela posé, écoutons ce que . nous dira le ministre : ■ Stir le second caractère , qui

■ est le poids et l’imporlance, il faut savoir que le « 1)011 sens et In raison seule en peuvent juaer.

• Dieu adonné à rhomme un di.scernemenl capahie

• de jiiser si une vérité est importante ou non à la

• religion ; tout de même qu'il lui a donné des « yeux poiirdistinguersi un objet est blanc ou noir, « grand ou petit, et des mains pour connaître si

■ un corps est pesant ou léger. • Voilà de ces évidences que la réforme nous prêche. M. Claude nous les expliquait d'une autre façon, et nous disait : qu’on sent naturellement que l’ame e.'it suflisammenl remplie de la vérité, comme on sent naturellement que le corps a pris une nourriture sufllsunte. Ces ministres pensent par là trouver un asile où l’on ne puisse les forcer. Car qui osera disputer avec un homme sur ce qu’il vous dit de son goût, ou prouver à un entêté de sa religion quelle qu’elle soit , qu’il n'a pas ce goût qu’il nous vante, et qu*î1 ne sent pas comme à la main le poids des vérités du christianisme jusqu’à savoir discerner celles qui sont nécessaires au salut d’avec les autres? Sans doute ils ont trouvé là un beau moyen de chicaner. Mais ce qu’il y a d'abord à leur dire , c’est que, sous prétexte de cette évidence de goût et de sentiment, ils renoncent formellement à prouver par l’Écriture l’importance et la nécessité des vérités fondamentales. M. Jurieu y est exprès : > II est très- « certain, dit-il * , qu’il est très-important desavoir

• si Jésus-Christ est Dieu, ou s’il ne l'est pas ; s'il « est mort pour satisfaire à la justice de Dieu pour

• nous; si Dieu connait les choses à venir, s'il est « inCni ou non , s'il est l'auteur de tout le bien qui - se fait en nous. ■ Et un peu après : • Si l’^lcriture « sainte ne dit pas que ces vérités soient i>b la

« DSBNIBBB IMPOBTANCB ET NÉCBSSAIBB8 AU SA-

« LUT , c'est parce que cela se voit et se sect assez : A on ne s'avise point , quand on fait des philoso- « plies, de leur dire que le feu est chaud et que la A neiae est blanche, parce que cela se sent^. » Ce u'est donc point par l'Écriture qu’on prouve les articles foodanientaux ; chacun les connaît à son goû t , c’est-à-dire , chacun les désigne à sa fantaisie , sans qu'on le doive ou qu'on le puisse convaincre ou désabuser sur ces articles.

Quasi on sent que ces articles sont nécessaires au salut, à plus forte raison doit-on sentir qu'ils sont véritables. Si on sent, par exemple, comme M. Jurieu vient do le dire , qu’il est nécessaire au salut de croire que D/eu est l’auteur de tout le bit n qui se faiten nous, à plus forte raison doit-on sentir que c’est une vérité constante; C4ir il e.st clair que la croyance d'uno fausseté ne peut pas

U. uviu- 17. — * lil , p. \2^- — * P’

être nécessaire au salut. Voilà les controverses bien abrégées : on n’a qu’à dire qu’on sent et qu’on gmlte» pour se mettre hors de toute atteinte, et par la même raison , vous avez beau dire à un homme : Cela se godte , cela ce sent;s’il n’a ni ce sentiment ni ce godt. il vous quittera bientôt , et s.i perte sera sans remède comme ses erreurs.

Qu'ainsi ne soit : à quoi sentez-vous que la présence réelle confessée par les luthériens ne soit pas une erreur fondamentale, et qu’ils puissent impunément être des mangeurs de chair humaine? Mais cedoginedernbiquitc, « monstre affreux, énorme

• et horrible , comme vous l'appelez vous-miVnc • ,

• d’une laideur prodigieuse en liri-me*me , et encore

• plus prodigieusedaiisses conséquences, puisqu’il « ramène au monde la confusion des natures en ■ Jésus-Christ, et non-seulement celle de râine

• avec le corps, mais encore celle de la divinité avec « l’humanité , et en un mot reutychianisme détesté « unanimement de toute l’Église: > à quoi sentezvous, je vous prie, que le poids d’une telle erreur, si grossière , si charnelle et si manifestement contraire à l’Écriture, ne précipite pas les âmes dans l’enfer? Mais cette erreur abominnhie d’ôleràla créature toute liberté, et de faire Dieu en termes formels , auteur de tous les péchés, comment la pardonnez-vous à T.ulher? Vous l’en avez convaincu; vous lui avez démontré que c’est un hinsphcine qui tend au manichéisme qui renverse toute reWjion * , et dont néanmoins il ne s’est jamais rétracte. Où était le gortt de la vérité dans ce chef des rcforinateurs lors(pi’i! blasphémait de cette sorte? Maisuù était-il dans les autres réformateurs, qui constamment blasphémaient de même ■*? Et par quel goût sentez-vous que celle impiété ne les empêchait pas d’être fidèles serviteurs de Dieu? On a démontré plus clair que le jour aux luthériens, dans THisloire des Variations et dans le troisième Avertissement qu’ils sont devenus semi-pélagicus , en attachant la grôcedela conversion à une cho.se qui, selon eux, ne dépend que du libre aüiitre , c’est-àdire, nu soin d'assister à la prédication, ce qui est. en termes formels, attribuer à nos propres forceslecommenccnicntileiiotresaiut, sans que la grâce y soit nécessaire. J’ai rapporté les endroits de Beaulieu , fameux ministre de Sedan , où il a convaincu les luthériens de cette erreur M. Basnage l’û recouniie*,et il passe à M. de Meauxeelte insigne variation de la réforme. Mais l’aveu de M. Jurieu est encore ici plus considérable, puisque dans sa Consultation audocicur Scultet, il entreprend de lui démontrer ce semi-pélagiariisme des luthériens en les convainquant d'enseigner que, pour avoir la grâce de la conversion, il faut que l'homme fasse auparacantledecoir de seconveriir

* Jur. CoasuU. />. 2I2. f’itr. fiw liv. iiv , p. I26.

— * Ib. .Iddit. p. 123. 12i stiiv. Jur. tf pnrt.

e. b, p. Sl9 //* .Jvfrt. p. 3i».a, 204 etsuiv. — ^ far.

liv. XIV. p. as et tnitî. Addit, ibid. -- * far. lio. vm, p. WZ, 663 et suit'. I.iv. XlV, p. 119 et tuiv. Ut* Av^rt. p. 225 et «râ*. — » far. liv. XIV. m. tl9. — • T. u, /,

par ses forces et ses connaissances naturelles ' : ce qui est le pur et franc semi-pélagianisme , et enferme tout le venin de l'hérésie pélagienne. Ainsi le fait est constant; de l’aveu des ministres et de M. Jurieu lui-même.

J'en reviens donc à demander à ce ministre, que ferez-vous en celle ocasion? Vous n’oseriez abandonner les luthériens, à qui. en termes précis, vous offrez la communion et la poix, malgré celte erreur*. Que direz-vous donc pour les excuserPque la révélation du dogme opposé au semi-pélagianisme n’est pas évidente; et qu’il n'est pas clair, dans l’Érrilure , que c’est Dieu qui commence le salut , comme c'est lui qui l’achève par sa grâce? Mats y a-t-il rien de plus chair que cette parole de Paul : Celniqul commence en vous la banne œiotc, taccomplira pour ne point parler ici des autres passages? Ou bien est-eeque celle erreur des pclagiens et des luthériens n’est pas importante? Mais vous nous routiez tout à l’heure cette vérité, qno Dieu estt'auteiir de tout le bien qui est en nous 4, par conséquent du commencement comme du progrès et de raccomplissement de notre salut , parmi celles qu’on sentd’abonl comme necessaires au .salut; en sorte qu'on n’a pas besoin de les prouver. Comment doue le lutliérien, vrai enfant de Dieu, .selon vous, l’a l-il oublié, et commenta-t-il varié? Vous dites tout ce qui vous plaît , et votre théologie n’a point de règle.

Mal.s voici bien pis : vous-même vous variez avec les luthériens; puisque ce point important de l.a nécessité de la grâce, qui était autrefois si fondamental, a cessé de l’être depuLs que les luthérichs Tout rejeté, et qii’cn ôtant à Dieu le commencement du salut, ils ne lui en ont plus réservé qt;e r.-iccomplissement. Comment poiirrai-je me fier » ce goût auquel vous me renvoyez, si vous-même vous variez dans voire gmU? si, en nous disant d*une/>té que jamais homme do bien ni vrai chrétien ou vrai dérof ne fut pêtagien eu semi-pétaqien , vous ne laissez pas de nous dire encore qu’un Iiilhcrien franc semi-pélaglen, selon vous, peut soutenir son erreur sans préjudice de son s.ilul , et sans être exclus du pain de vie^? Mais n’avez-vous pa.s démontré à ce même luthérien qu’il mine la nécessité des bonnes ODuvres. qu’il en ravale le prix; (pie, selon lui, l'exercice de l’.iniourde Dieu n'est nécessaire pour être sauvé ni à la vie ni à la mort *? A quoi reconnaissez-vous que ces dogmes luthériens sont de poids pour le salut , et que tant d’autres ii’en sont pas? Ne voyez-vous pas qtie vous avez un poids et un jyoids, choseabominahle devant le Selfjneun , et que vous pe*sez les erreurs avec une balance trompeuse et inégale?

De la vient que le ministre lui-même , à In fin , ne se fie pas à cette balance, où il pèse les vérités fon-

' Jar. CvnxuU. p. 117, lie. far. Addit. p. IS&. Itl* Avrrf. p. iibetsuiv. •- * CnuMuft. IWd. — ^ Philip, i. 6. — 4 Ci» (Inaus. — Méth. tect. Ib, p. lia, lai. far tiV. xiv, p. 114. ettuiv. Ilfl, Itl et tuiv. — * far. Addit. p. J25, Jur. Coniutt. li. {Htrt. c. 8, p. 243. //■ Averl. p. 2I4 et *niv. — • Prov. XX, 10.

SIXIEME AVERTISSEMENT

ikimcntales. « Je sais, ilit-il • , que les préjugés sont

• capables de corrompre ce discernement, et que

• nous Jugeons les arlicles et les vérités impor-

• tantes selon nos passions et nos préventions. « Mais premièrement, le l)on sens ne peut être

• corrompu qu’à certain degré. ■ Vous voilà donc à psaiiiiner en quel degre la prévention peut avoir corrompu votre goilt et votre bon sens : qui nous expliquera celle énigme?» Jlais ces vices, (wursuit»

• il , ne peuvent aller à faire paraître une montagne

• comme un grain ile sable, ou un grain de sable « comme une inonln^rne. Il en est de même du . jugement qui distingue l'important de ce qui ne

• Teslpasen toute matière. •D’où vientdonc que le luthérien trouve U présence réelle et même l ubiquité siiinportaule, pendant que lecalvinisle méprise ruueeiraulre?()u d’où vient que lecahiniste trouve si importante la nécessité de la grâce et celle de l'amour de Dieu , lorsque le luthérien ne la sent pas? Ou pourquoi est-eeque le calviniste lui-même se relâche en faveur du luthérien , et ne trouve plus essentiel ce qui l’était auparavant? Avouez que votre bon gotU et votre évidence de sentiment est imeillusiomiont vous amusez les entêtés. Mais voici dans le discours de M. Jurieule dernier excès de rextravagance et le renversement entier des maximes de la reforme. * De plus , continuc t-ll *, quand

• le bon sens pourrait être corrompu tout outre dans

• quelques sujets, comme il l’est en effet, la plu- « raülé n’ira jamais dececdlc-la; • cl il le prouve par cet exemple : « 11 y aura dans une grande ville vingt veux viciés qui verront vert et jaune ce qui « est blanc; mais le reste des liabitants, qui surpasse « infiniment en nombre, rectifieront le mauvais ju- « gement de ces vingt yeux , et feront qu'on ne les « en croira pas. ■ Vous voilà donc, à la lin, réduits à compter les voix. Kl où en était la reforme lorsqu’elle s’est séparée, et qu’onl’appelait au concile «eeumeniquede I Kglise qu’elle quitiait? Mais, quoi! si les sociniens prévalent ennn dans la réforme, si ce torrent, dont on ne peut arrêter le cours, s’enlle tellement qu’il prévale , et qu'ils en viennent à être surtous lesarlicies millecontre un , comme ils s’en vantent déjà sur la tolérance qui renferme tout le venin de la secte, sansqu’on ose les contredire , le socinianisme sera véritable, ou du moins inüifïérent? Mais cela, direz-vous, n'arrivern pas: la réforme est devenue infaillible contre les tolérants. Aveugles, ne verrez-vous jamais qu’avec ces illusions vous ne contenterez que des entêtés, et que tous les gens de bon sens de votre communion se donneront aux indifférents, si vous n’avez recours à d'autres principes ?

Knfm , le. troisième caractère, par où on distingue Icsarliclesfondamentauxd’avec lesaulres, c’est, scion M. Jurieu^, la liaison de certaines vérUés avec ta/in de la religion, c’est-à-dire, aufc la gloire de Dieu, accc la sanctification et le salut de rhomme. Je le veux : la fin de la religion en général r'est i*, ditea-vous, de ne croire gu’un Dieu : le

• rw* du Svf p. 11». — » Ihid. - ’ P. lîo, 121 , lié. l'J7.

Bocinien n'en croit qu'un , et il vous acaise d’en croire trois; 2* de n adorer que lui : ce qu'il faut eu» tendre sans doute d'une adoration souveraine : lesocinien le fait, et il vous accuse de rendre cette adoration à un homme pur. N'importe que vous le croyiez Dieu; vous voulez bienqueiecatholiquesoit idolâtre en adorant dans l’eucharistie Jésua^brist qu’il y croit présent. Vous direz que c’est une erreur damnablederendrea Jésus-Christ, homme, un culte inferieur qui so rapporte à Dieu : vous damnez donc tous les Pères du quatrième siècle, à qui néanmoins vous faites invoquer les saints et honorer leurs reliques sans préjudice de leur sainteté ni de leur salut. La 3^ fin de la religion, c'est, dit le ministre, de regarder Dieucomme celuiquigouverne le monde. Le socinieii le iiie-t-il? Vous sentez-vous si faible contre lui, que vous iie puissiez le combattre qu’en déguisant sa doctrine? 4* D'attendre de lui des peines ou des récompenses aprCs ta mot /. Lesocinien n'en allcnd-il pas? et pouvez-vous lui objecter qu'il rejette absolument les peinesde l’autre vie, à cause qu’il ne les crtiit pas éternelles? Voilà pour les caractères essentiels à la religion en général; mais il y en n , dit M. Jurieu ' , « qui sont particuliers à la « religion chrétienne, et qui la distinguent de toute

• autre, commede croire que Jésus e.>t le Messie; » le socinien le croit : que ce Messie est le Fils de Dieu et Dieu éternel comme le Pere : c’est la que.xtion que vous ne devez pas supi>oser comme résolue, pendant que vous vous donnez tant de peine à la résoudre : qu’t/ a satisfait pour les pé^ chés des hommes; autre question à examiner, et non pas à supposer avec le socinien et avec ceux qui le favorisent : que les morts ressusciteront ^ qu’fJ g aura un jugement dernier à ta fn du monde; vous calomniez le socinien , si vous l'accusez de nier ces vérités : savoir s’il les reconnaît dans toute leur étendue, et si ce qui manque à sa foi est fondanienlai, c’est de quoi vous avez promis de nous iii*»truire, et vous ne faites que le supposer : tant vous êtes forcé à reconnaître que les principes, |K)ur fermer la bouche au socinien , manquent à votre réforme.

Kl ce qui promue, plus clair que le jour , que le ministre ne sait où il en est, c'est ce qu’il ajoute, que « les vérités que les sociniens veulent dter à « la religion, sont révélées et clairemtnl révélées*. • Si elles sont révélées et clairement révélées, si les articles fondamentaux sont si évidents et si aisés à trouver dansTLcriture, pourquoi en craignezvous la discussion pourle peuple? Pourquoi le renvoyez-vous à son goût, à son sentiment? goût et sentiment que vous lui donnez avant même qu’il ait ouvert rKcrilure saillie. Continuons : • Ces articles « sont clairement révélés, et en même temps ils

• sont de la dernière importance. » Mais déjà, pour la vérité et pour l’évidence de la révélation, le ministre déclare souvent dans toutes ses lettres , qu'il n’y veut pas encore entrer. « On voit, dil-iP, où > un tel projet nous mènerait. Au lieu d’un petit

* i*. I« - » />. 123. - î Ibid.

^'oO‘ V

SUR LES LETTRES DE M. JUBIEÜ

« ûiivrage à l’usage des moins savants , il faudrait « faire un gros livre qu'à peine les savants auraient « le loisir de lire. • Mais si cette discussion est si rliffîcile aux savants inffmes, combien est-il manifeste que les moins savants s’y perdraient! Que fera-t-il donc? Il se réduira à deux articles, çut celai de la divinité de Jésus-ChrUt et de sa sa/is» faction. Mais songcra-t-il du moins à vous en prouver la vérité? Point du tout; il va entreprendir de vous en prouver VÙnportance * , et vous en fera voir la vérité dans une seconde partie qu’il ne trouve pas à propos de traiter. Voilà cette rare méthode. Il vous prouvera qu'un article est important avant que de vous montrer qu’il est véritable et clairement révélé. C'est où se termine aujourd’hui toute la théoloîîie réformée.

Vous direz peut-être, mes frères , que votre ministre, sans vouloir entrer dans le fond, suppose la vérité et l'évidence de In révélation , comme une chose dont les tolérants qu'il attaque, demeurent d'accord. Mais, visiblement, il leur impose: au contraire l’auteur des Jris, auteur que votre ministre voulait réfuter, avait raisonné en cette sorte :

• Je pose, lui avait -il dit» , le principe de la réfor- « mation, qui est celui du bon sens : c’est que Dieu

• ayant donné sa parole aux hommes afin de les con- « duire au salut, et Dieu appelant à ce salut beau- « coup plus de peuple que de grands et de savants,

• il s'ensuit nécessairement que ceux du peuple qui > ne sont pas privés entièrement de sens commun « pinivent se détertniner sur ces objets fondamen-

• taux, par la lecture de la parole de Dieu. » Ce principe présupposé, il raisonne ainsi : «Cela étant,

• il me semble que l'on en peut conclure que tous « ces dogmes, sur lesquels les savants ont tant de

• peine à se déterminer, quoiqu'ils travaillent de

• bonne foi à leur salut, ne sont pas de cette né-

• cessité absolue dont nous parlons. Car si les sa-

• vants , qui ne sont pas la millième partie du peu- « pie , trouvent tous ces embarras , qui retiennent «I les plus sages d'entre eux indéterminés, comment •> les simples , sans étude et sans application , pour- « ront-ils voir avec certitude que la foi demande ces - objets obscurs et douteux aux savants ? •

On voit donc que les adversaires de M. Jurieu ne supposent pas que les articles dont il s'agit soient si clairs : au contraire, ils présupposent qu’ils ne le sont pas au peuple; puisqu'ils excitent tant de disputes parmi les savants, et que les plus sages d'entre eux sont encore indéterminés : et quand même ces savants conviendraient que ces articles leur paraissent clairs dans l'Ecriture , il ne s'ensuit pas qu’ils les crussent clairs pour tout le peuple; au contraire, l’auteur des ^évit conclut ainsi ; « Plus

• j'y pense, plus je me persuade que les préjugés

• tirés des catéchismes, plutôt qu’uneconnaissance « puisée dans la parole de Dieu, sont aujourd'hui ■ presque l'unique fondement de la foi des peuples. » Ce n'est donc pas levidencc de la révélation , mais

' Tati. UtI. II. — » Ilid. ill tl$Hiv..dvUsurU Taliieau, art. il. p. to.

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