LIVRE IV
Depuis 1530 jusqu’à 1537.
SOMMAIRE
Le* ligues îles prolt’sI.inU, et la K-soIulion ife prendre I.-s arme* .nutorisée p.nr LuUicr. Emborras de Meljoclitirn sur ces nouveaux projets, si contraires au pnnnierplnn. Biicer déploie ses érjuivoques pour unir (ont ]<• parti protestant, et le.s sacr.unentaires arec les liilliéricns. Les ruiiiEliens et Luther les rejeltenl iqtniemenl. Bucer à ta lin (rr»m))e Luther, en avouant que les indignes reçoivent la vérité du corps. Accord de Vlteail»ers eoïK-lu sur ce fondement Fendant qu'on revient au M-nlimenl de Lutiter, MeUncfitoncomnirnee 8 en douter, et ne }ai>H* pas de souscrin* tout ce que veut Luther. Articles de Smalcalde, et mmvelte explicaüon de la préM*nce rri-thi par I.uiher. I/imltatlon de Melanchlon sur rarliclt' qui regarde le Pape.
Le décret de la diète d'Augsbourg contre les pro- ' liô.l-e/J. «.—^Ziô.rv.ej». 96. 6.1 J, ^
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DES VARIATIONS, LIV. IV
testants fut rigoureux. Comme l'empereur y établissait une espèce de ligue défensive avec tous les États catholiques contre la nouvelle religion, les protestants de leur côté songèrent plus que jamais à s'unir entre eux : mais la division sur la cène, qui avait si visiblement éclaté à la diète, était un obstacle perpétuel à la réunion de tout le parti. landgrave, peu scrupuleux, fit son traité avec ceux de Rôle, de Zurich et de Strasbourg Mais Luther n’en voulait point entendre parler; et l’èlcctcur Jean-Kréderic demeura ferme à ne faire avec eux aucune ligue : ainsi , pour accommoder cette affaire , le landgrave fit marcher Bucer, le grand négociateur de ce temps pour les affaires de doctrine, qui s'aboucha par son ordre avec Lutlier et avec Zuingle.
En ce temps un petit écrit de Luther mit en rumeurtoute l'Allemagne. Nous avons vu que le grand succès de sa doctrine lui avait fait croire que l'Église romaine allait tomber d'elle-méme; et il soutenait fortement alors, qu'il ne fallait pas employer h>s armes dans l'affaire de l'Évangile, pas même pour se défendre de l'oppression •. Les luthériens sont d'ji'curd qu'il n'y avait rien de plus inculqué dans tous ses écrits, que cette maxime. Il voulait donner à sa nouvelle Église ce beau caractère de l'ancien christianisme : mais il n’y put pas durer long-temps. Aussitôt après la dicte et pendant que les protestants travaillaient à former la ligue de Smalcalde, Luther déclara qu'encore qu'il etU toujours constamment enseigné jusqu’alors, « qu'il « n'était pas |M'rmis de résister aux puissances lé- ■ gitimes; maintenant il s'en rapportait aux ju- « risconsultps, dont il ne savait pas les maximes, •I quand il avait fait scs premiers écrits. Au reste,
• que rÉvangilc n'était pas contraire aux lois poli. « tiques; et quedansuntempssifôcheux un pourrait « se voir réduit à des extrémités, oùnon-seiileinent
• le droit civil , mais encore la conscience obligerait > les fidèles à prendre (es armes , et à se liguer contre « tous ceux qui voudraient leur faire la guerre, et
• même contre l'empereur *. »
La lettre que Luther avait écrite contre le duc Cicorge de Saxe ^ avait déjà bien montré qu'il n'étnit plus question parmi les siens de cette |>aticnce évangélique tant vantée dans leurs premiers écrits : mais ce n était qu'une lettre écrite à un particulier. Voici maintenant un écrit public, où T.uther autorisait ceux qui prenaient les armes contre le prince.
Si nous en croyons Mehmehton*, LuÜicr n’avait pas été consulté précisément sur les ligues : on lui avait un peu pallié l’affaire ; et cet écrit était échappé sans sa participation. Mais ou Mclanchtnn ne disait |»ns tout ce qu'il savait; ou l'on ne disait pas tout à Melanchton. Il est constant |>ar Sletdan 7 , que l.uther fiit expressement consulté , et on ne voit pas que son écrit ait été public par un autre
• ReccêS. Aug. Sleid. /. Vil , III. — ■ i.V. 1, «.