‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 94 sur 192 · INSTRUCTION · texte numérisé non relu

INSTRUCTION

il l’avaitmi comme les autres . il avait tUé<^Ievédans celte foi : apres l’avoir changée , il y était revenu par deux fois, et, sans oser nier le fait constant de l'universalité de la croyance contraire à la sienne , il se contentait de rép!i<juer, à l'exemple des aulre.s hérétiques, dont nous avons vu les réponses, que

• les sages ne doivent pas suivre les sentiments ou

« plutôt les folies du vulgaire ^ ■ Mais I»anfranc, ce saint religieux, ce savant archevêque de Cant»)rbéry, et les autres, lui faisaient voir que ce qu’il ap|>elait le c’était tout le elergéet tout le

peuple de runivers; et après un fait si positif, sur le<juel on ne craignait pas d'être démenti, on concluait que si la doctrine de Bérenger était véritable, • l’Iiéritage promis à Jésus-Christ était t>éri,

• et ses promesses anéanties; enfin , que l'CgUse « catholique n'était plus, et que, si elle n'elait plus,

« elle n’avait jamais été^. • Comme donc , en toute occasion et en tout temps, les hérétiques tenaient le même langage, n-lglisc y opposait toujours les mêmes promesses : l'argument, loin des‘alfaiblir,se fortifiait ; et bien loin qu’il fdt plus clair au commencement de rfcglise, au contraire plus elle allait en avant , plus paraissait la merveille de son éternelle subsistance, et plus on voyait clairement la vérité de celte sentence : Le ciel et la terre passeront ; mais mes paroles ne passeront

Centans après Bérenger, saint Bernard alléguait toujours la même preuve, et toujours, s’il se pouvait , avec une nouvelle assurance. Jetons ai tenu, disait l’fepouse*, dje ne t*o«5 quitterai point. Ce Père expliquait ces paroii'S par celtes de /« promesae* : " Voilà, je stiis avec vous tous les jours jus- « qu’a la fin des siècles : elle lient Jésus-Oirisl, parce « qu’elle en est tenue : comment donc peut-elle tom- « her? » Il explique la fin des siècles par le retour des Juifs à IKglise : il faut quelle dure jusque-là : c’est pourquoi , poursuivait le saint 7 , « la race des

• chrétiens n’a pa.s dd cesser un moment, ni la foi ■ sur la terre , ni la charité dans rfcglise. Î4’s IUmi- « ves SC sont débordés, les vents ont souflle , » et sont venus fondre sur elle; mais « elle n’est point > tombée, parce qu'elle était fondée sur la pierre,

« qui (St Jèsus-Chrisl, « et sur sa promesse inviolable ; - ainsi elle n'a pu être séparée d’avec Jésus- « Christ, ni par les vains discours des philosophes,

« ni par les suppositions des hérétiques , ni par l'é- . pée des persi*cuteurs. » Fondé sur celte promesse, il oppose aux novateurs de son temps, comme on avait toujours fait , X'autoritéde f Èglisecatholique , et les Pères qui y ont toujours enseigné la vérité, cl les papes et les conciles toujours attachés à les suivre*. Cette suite ne peut être interrompue.

Au surplus, sans disputer davantage, il ne faut qu'un peu de bon sens et de bonne fol pour avouer que l’Eglise chrétienne , dès son origine , a eu pour une mar()ue de son unité sa comimmioii avec la chaire de saint Pierre , dans laquelle tous tes autres

« Ibid. — * tlid. cap. 4. — * Hng. Liagon., •■le. cap S3. —

* Jdatih. XMV, Cant. lU, 4. — • Scrm. I.XXU in

€ant. n» 5; /. i. co/. r»4i. - ’ Itnd. «• 4. - • ÿcrm. UXXX, N*7,SiiW. IMS.

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