‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 96 sur 192 · INSTRUCTION PASTORALK · texte numérisé non relu

INSTRUCTION PASTORALK

. n plus psnrtcinent la sainte (>riture, que

. s'il ne s’élait jamais élevé de pareille difliculté ; ■ i'I Vïuis rraifinez que les liéresies n'obscurcissent nu ii’afl'aililissent la foi de rf'.ijlise!

Mais, mes frères, je parle a vous; à vous, dis-je, qui faites l'objet de nos plus tendres inquiétudes dans la peine que vous avez île vous réunir avec nous : je vois ce qui vous arrête. Vous crai;;ne2 que, sous ce beau nom de l'autorité de l'Cp^lise et de la foi îles promesses, on ne vous pousse trop loin, etqu on ne se. mette en droit de vous faire croire tout ce qu'on voudra. O ceeurs pesants et tardifs ;'i croire non ce qui est écrit parles prophètes, mais ce quia éle promis par Jésus-Cliri.st même, commeiice/. par bien (le.ser toutes ces paroles; que veut dire ce loiliijt suis , ipii rend la chose si présente? que veut dire cet nfcc cons, ce tous tes Jours, et jusqu'à tafm du monde, qui ne souffre ni lin ni interruption? \dulc/.-vous toujours éluder les paroles de Jésus-Christ, les plus claires, et toujours opposer le sens huiiiain à sa puissance? Que craisnez-vous donc? Quoi, de trop croire a Jésus-Christ ; qu'il ne vous pousse trop loin, et ipi'à force de croire à l’Kalise, .à qui il promet .son assistance, vous ne tombiez dans l’absurdité? Mais, au contraire , la foi de l'Kglisc en est le reuiede. I.ursqu'on s'astreint à n'inventer rien , et a suivre ce qu'on a trouvé établi, on n'avancc ni absuriliténiriende nouveau. Consiiltezrespéricnce. D'où sont venues les absurdités? de ceux qui ont suivi la lipne de la succession , ou de ceux qui l'ont rompue ? Pour ne point ici parler des inarcionites, des manichéens , des donalistes, des autres anciens herctiques; qui sont , dans lesiècle précédent, ceux qui ont outré la puissance etropératioii de Dieu jusqu'à détruire le libre arbitre par lequel nous différons des animaux, introduire imc nécessité fatale, et faire Dieu auteur du péché? fie sont ce |>as les prétendus réformateurs, comme nous l'avons montré ailleurs plus clair que le jour, et de l'aveu de vos luini-stres '? Mais qui sont ceux qui en revenant de ce blasphème sont tombés dans un excès op|)osé, et sont devenus semi-péla”iens? Ne sont-ce pas encore les luthériens , c’est .i-ilirc , de tons les hommes ceux qui ont le plus tilelié d’obscurcir l’autorité de l’Kglise catholique? mais encore, d'où nous est venu ce prodige d’ubiquité? N’est-ce pas de la même source? et cette doctrine qui selon vous-mêmes confond les deux natures de Jésus-C.lirist, n’cst-cllc pas aujourd'Imi établie dans leplus grand nombredesUglises luthériennes, sans que les autres l'improuvent en s'en séparent? (’.’estce que personne n’ignore; et il ne faut pas se montrer vainement savant, en prouvant des faits constants. -Si vous rejetez de bonne foi ces erreurs dans votre reliuion , pourquoi pré.senter votre communion aux luthériens qui les défendent , et participer par ce moyen h tous leurs excès? Mais vous-mêmes considérez où vous jette votre doctrine de l’inainissibililc de la justice, et cette certitude infaillible de votre salut, qu'on vous oblige d’avoir, quelques crimes qu'on puisse commettre. Qn vous

• Hiil. des t’ar. lit'. »!V.

cache le plus qu'on peut.eiialHurHilés qui rendeiil votre religion si visiblemi'iit insoutenable. Pldt à Dieu que vous en fussiez bim revenus ; mais en* fin, bien certainement elles sont reçues parmi vous; on les y a déllnies de nos jours dans le synode de Dordrecl, et on n ena révoqué les décisions paraurim acte. Vous avez aussi defini dans ce synode^ selon qu’il éUiit porté dans vos catéchismes^ et dans la formule d'admini.strer le baptême, que les enfants des nJeies naissent tous dans Talliance et dans la gr/lee chrétienne •. Vojis n’y avez pas décidé moins elairement quela grâce chrétienne ne se perd jamais: d’où il résulte que quand cette grâce est une fois entrée dans une famille, elle n'en sort plus; en sorte que ni les pères ni les enfants ne la peuvent (>erdre jusqu'à la fin du inonde , si cette race dure autant. Quelle plus grande absurdité pouvait-on inventer; et à moins que d'élre insensible à la vérité , peut-on demeurer un seul moment dans une religion où l’on croit de tels prodiges ?

Venons néaiiinoins encore à des dogmes plus populaires : n’est-il pas de jiratique parmi vous, querh.inin, jusqu’aux plus grossiers et aux plus iL'iiorants , doit savoir former sa foi sur les l^.critiires; croire par cunsé(|iient qu’il les entend assez |K)ur y voir tous les articles de la foi; ne céder jamais à aucune autorité de l'Kglise, ni à aucun de ses décrets; se croire obligé à les examiner tous, et à les soumettre à sa censure : c’est là sans doute ce qu'il faut croire pour être bon protestant. Mais que feront ceux qui, de bonne foi, demeureront convaincus de leur ignorance, et se sentiront incapables de rien prononcer sur des matières si hautes et si disputi^s ? que feront-ils , dis-je, sinon à la fin de croire bonne toute religion , et se sauver dans l’asile de rindifTérence; qui est en effet la dis- |K)sition où l'expérience fait voir que vous mène votre réforme?

Ces choses sont évidentes , et les plus ignorants les peuvent entendre. Mais, d malheur pour lequel nous ne répandrons jamais assez de larmes ! nos frères ne veulent pas nous écouter ; souvent ils sont convaincus; Us sentent hien en leurconsciencc qu’ils n'ont rien à nousrépliquer. Toute leur défense est de dire :Sinous avions nos ministres, iis sauraient bien vous répondre. Vous réclamez vos ministres, nos chers frères? Tous tes jours nous vous faisons voir à quoi vos ministres vous ont engagés, même dans les décrets de vos synodes : ce sont eux qui , dans ces décrets, vuusont faitpasser la ré-âlité aux luthériens, et non -seulement la réalité qui nonsestcominune ava* lesluthériens, mais encore l'uhiquilé ; et dans une autre matière ziussi importante , leur doctrinedemi-pélagienne contre la grâ* ce du Sauveur. Pressés de tels arguments, vous laissez là vos ministres et vos synodes. Que nous importe ? dites-vous , nous nous en tenonsà 1a seule p.-u'oledc Dieu qui nous est très-claire. Vous !il-on dans rf>angile les promesses de iwiis-Chrisl , où

• Cal. dim. 50, Form. du Bnpiéme; Sffü ü>ml, Srt$cap. 17. llist. des Var. lih. \\y.

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SliK LES PROMKSSKS DK J.’KGUSE,

TOUS n’nrez rien h irpnruJie; vous on nppelcz h vos ministres» que vous veniez de rejeier. Allons plus haut. Quand il a fallu quitter l'KsIise » où vos pères se sont sauvés avec nous» vous n*avez pas consulté vos anciens pa.sleurs, quoiqu'ils eussent rnutnrilé de la succession apostolique : PÉeriture alors vous paraissait claire : vousy trouviez aisément la résolution des plus $;randes dilïicultés ; maintenant vous ne savez rien : savants pour se laisser entraîner à l'esprit de division et de schisme» ils n'en savent plus assez pour en revenir : on leur a seulement appris, pour toute réponse» à demander la communionsous lesdeux espèces» comme si toute la reliiîion et toute leur prétendue réforme aboutissait h ce point.

Mais avant que de disputer sur les deux espèces» ne faudrait-ii pas savoir auparavant ce qu'on vous y donne» si c'est le vrai corps et le vrai sang en substance , ou bien le corps et le sang en figure et en vertu; si on vous les donne léellement séparés ou réelloment unis; et si Jésus-Christ est entier sous chaque espèce avec tout le divin et tout rhumain qui se trouve dans sa personne. Cest de quoi on ne veut plu.s parler : les calholiqtios sont trop forts dans eet endroit : les paroles de Jésus-Christ leur y sont trop favorables. Slais parce qu’on croit trouver quelque avantage(avanlagc vain, comme on va voir) dans la communion des deux espèces » on ne veut plus parler que de cela : celte communion qui» selon Luther, au commencement qu'il s’érigea en rclorinnteur, était une chose de néant, res nihiii,esi devenue le seul sujet de la dispute. « Nous la pren- « drons, disait Luther» si le concile nous la défend ; « et nous la refuserons s'il nous la commande ; » tant la matière lui semblait légère et indifférente. Maintenant on veut tout réduire à ce seul point, et cVsl là qu'on met toute la religion.

Nous avons explique à fond celte matière dans un traité qui n'est pas long; on n'y a pu opposer que les minuties et les chicanes que tout le monde a pu voir dans les écrits des ministres. Notre réponse est toute prèle , il y a longtemps : cl nous nous sentons en étal (nous le disons avec confiance ) , quand les sages le jugeront à propos, de pousser la dcim)nstrationjus()u'à la dernière évidence. Aujourd'hui, pour nous renfermer dons notre sujet, nous nous contentons d’appliquer à cette matière la foi des promesses et l'autorité de l’Kglise. Æez,en~ scUjwz, et baptisez : je suis avec vous. On dira de même : Allez» enseignez, célébrez reucliaristie, qui doit durer à jamais comme le baptême, puisque, selon la doctrine de l’apôtre,©;» ydoitan^ noncer ta mort du Seigneur jusrfu’a ce qu'Uvien’ «e*; par coiiséquent^ttjyu n (a fin, ainsi qu'il l’a dillui-mémedu baplétne. (1 la faut doDC trouver sans interruption également dans tous les siècles; et l'effet de la promesse de Jésus-Christ n'a point d'autre Gn que celle du monde.

Vous-ménies vous donnez pour marque de la vraie Église, avec la pureté de la parole, la droite

* I. Cor. SI,

administration des sacrements. 11 la faut donc trouver dans tous les temps, et daii-s les derniers comme dans les j)remiers. Jésus-Christ a également sariclilié tous les siècles, quand il a dit i Je suis at'cc vous jusqu à la fin, cl il ne peut y en .avoir aucun où l'on ne trouve la vérité du baptême et l.i vérité de reucliaristie. Voilà notre règle, et c'est Jésus-Christ iui-môme qui nous l'adonnée; il l’a lui-niéme appliquée à radmiiiistralion des saints sacrements : Jllez , enseignez et baptisez : je suis avec cous ; ree.é\et le iKiptême que vous donnera l'Église , recevez l’eucharistie qu'elle vous présentera : s.anscela il n'y a point de règle certaine; et parce que vous refusez ccUc règle, mes frères, je vous le dis» vous n’en avez point.

Nous on avons une autre , direz-vous, bien plus assurée, bien plus claire; c'est, pour commencer par l’eucharistie , d’y faire ce qu'y a fait le Sauveur du inonde, selon qu'il l'a ordonné, en disant: Faites ceci, lié bien! vous voulez donc faire tout ce qu'il a f.iit : être assis autour d'une table en signe de concorde et d’amitié, comme Us enfams bien aimésdu grand Père de famille; et, quand le nombreensera trop grand» être du moins distribués par ba}ides et par compagnies, j)cr conttdKrnin » . en sorte qu’on vous mette ensemble le plus qu'on pourra » cent à cent, cinquante à cinquante ,eomme les cinq mille que le Sauveur nourrit dans le désert. Vous voulez manger d'un même pain rompu entre vous , comme saint Paul l’insinue * , et comme Jésus-Clirist l'avait pratiqué , cl boire tous dans la même coupe en témoignage d'union » et pour accomplir ce qu'a pronom» Jésus-Clirfst : Buvez-en tous , et flititez-la entre vous, qui est un signe d'amitié» d'hospitalité » de Gdèle corres[K>ridaiice. Vous voulez f.iirn ce divin repas sur le soir» à la fin du jour, après le sotg}er ^ , pour exprimer que le Fils de Dieu nou.s préparait son banquet à la lin des siècles et nu dernier .âge du monde. Vous vous moquez » direz-vous» de nous réduire à ces ininutie.s. Dites donc que le Fils de Dieu a fait tout cela sans dessein . et qu'il n'y a pas du mystère en tout CO qu'il fait dans une action si importante et si solennelle; ou que» |Miur discerner ce qu'il veut qu’on fasse, vous avez i>our règle, non point sa pratique et s:i pan)ie» mais votre propre raisounement. Kst-<re là» mes frères» la règle que vous prenez |>our assurer votresaiut ? V enons pourtant à des chosi‘s<jUG vous croyez plus importantes ; que dites-vous de la fraction du p.iiQ ? N'est-elle pa.s essentielle à la sainte cène , comme le signe sacré du corps de Jésusd'Jinst rompu à la croix 4.’ Avouez la vérité; vous (e tenez tou.s, et vous ne. cessez d'avoir celle parole à la bouche; mais, en meme temps» pourquoi tolérez-vous les luthériens, qui n'ont point celle fraction? pourquoi , dis-je encore un coup» les tolérez-vous , non -seiiiement en généra) par votre tolérance universelle envers eux , mais encore par un acteexprès où cotte infrac-

» Marc. VI, , 40. — » I. Cor. X, 1«, l"». - > I. Cor. xt, Ib. — * Draité de la Comm. tous les deux eip. //. pari. r4.

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INSTRUCTION PASTORALli

lion d<* 1.1 Initie Jpsiis-Cliriàl leur (*sl pardonnée ? Let.iilnst const.int et avoué par vos ministres. Où avez-vous trouvé dans rKvanjtile qu* une chose si expres-irment prati<|uée par Jésus-Christ , et eneore par uneraistmsie.ssentielh», fût indifférente, nu ne fût point du nombre de celles dont il a dit : /•Vii7cjtcert?Ueronnaissez que v<is ministres vous nlmseiit , et qu’ils vous donnent pour reule , ni cette oiv.ision, non point la parole de Jesus-Clirist, MKUs leur politique et leur o\eusle cuinplaUance pour les luthériens.

I* issons outre. ferez-vous à ceux que leur aversion n.ituHteet Insurmonl.ihle pour le vin exclut de celle partie de la sainte cène? la refuserezvous tout entière à ces infirmes , pareeque vous ne pouvez pas la leur donner tant entière, ni comme vous la crovezelahiie par Jé>us-Christ ' ? Ce serait le bon parti, selon vos principes, mais il nVsl pas soiitenalde; cl vous leur donnez l’espèce du pain toute seule, comme le rèiile votre discipline après les synodes; mais en ce cas que leur donnez-vous? Ont-ils la cr.^ce entière du sacrement, ou ne l’onl- }ls pas? Où Jt^us-Chrisl ne prononce rien, comment prononcere/.-vous, si , comme nous, vous n’avez recours n la tradition et à rautorité de Tflclise? Ce qu'ils reçoivent, est-ce qiulqiio chose qui n’appartienne en anenne sorte au sacrement » , eommu le dit le ministre Jiirieu; ou quelque cliose qui y.ippnrtienne, comme le soutient contre lui le ministre de la Ho pie? l).*ierminez-vous , mes frères, M. Jurieusc fonde sur ce que le sacrement mutilé n’est pas le sacrement de Jésus-Christ, M. de la Hoque sniilient, au contraire, qu'on ne met {Miint dans l’Usiisc une inslitnlion Immaine à la place du sacrement de Jésus-Christ. Us ont raison tous deux selon vos principes, et vous n’avez point de règles pour sortir de cet embarras.

Mais il y a quelque chose de plus essentiel encore : c'est b parole de consécration et de bénédiction où la forme du sacèemcnt est établie ^ Appelez-la comme vous voudrez : en général , parmi vous comme parmi nous et parmi tous les chrétiens, le sacrement consiste principalement dans la parole qui est jointe à ce qu’on appelle l’élément et la matière Je vmpi hfïpthe^eK le reste, doit être ajouté à l'eau pour faire le vrai baptême; et la vertu, l'efficace, la vie, pour ainsi parler, du sacrement, est dans la parole. F.n particulier dans la cène , Jésus- Christ a béni , il a prié, il a invoqué sou Père pour opérer la merveille qu’il préparait dans l’Kucliaristin. Il a parlé, l'effet a suivi. Saint Paul marque expressément dans l’Huchari-stie, la coupe bénie que noufc : le pain sacré n'est pas moins béni

ni moins consacré parla parole. Mais quelle est-elle? Kst-il libre, ou de ne rien dire, comme le permet voire discipline, ou de dire tout ce qu’on veut, sans se conformer â ce que l’i'lglise a toujours dit par toute la terre? Mais sî l’on peut ne rien dire, laissera-t-on un si grand sacrement sans parole, et le

» Tmili de ta Comm. etc. ch. 3. — * Ibid. — * Ibid. ch. 8. — * 1. i'itr. \ . 10.

CttUccde bénédiction , ainsi nommé par saint Paul , demeurera l-il sans t ire bmi? Celte bénédiction est-elle quelque chose de permanent, comme l’a cru l’ancienne flglise, ou (pielque chose de passager, comme le croit toute la réformalion prétendue? Quoi qu’il en soit, qui prononcera cettç bmédiction? ser.i-ce celui qui représente Jésus-t^lirist, et qui pre.side à l'action , c’c.'it-à-dire le ministre , ou , â son défaut, un prêtre, un ancien ? un diacre pour- M-t-il être le consécrateur, ou en tout cas le distril)uteur.4hi sacrement; surtout un diacre le sera-t-il de la coupe , selon la (tratûpie de l’ancicune Cglise? Tout cela est indifférent , dites-vous. C’est pourtant Jésus Clirist seul , comme celui qui présidait ù Faction,qui a béni, qui a dit : Prenez, mangez et buvez; ceci est mou corps, ceci est mon sang : et mil autre n'en a fait rofûce et la cérémonie. Si cela est indifférent, Il sera donc indiffèrent de faire ou ne faire pas ce qu'il a fait; et votre règle, qui se proposait pour modelé ce qu'il a fait, ne subsiste plus.

Mais la nûtreest invariable, nous l'avons apprise dès le hnptéme : sans nous informer si l’on nous plongeait dans l’eau , selon l’exemple de Jèsus-CJirist et desnpûtres, selon la pratique de toute FÉglise durant treize à quatorze cents ans, selon la force de cette parole, baptiser, qui constamment veut 6\re ^ pljHtjez ; selon le mystère marqué par Fapdlre même, qui est d'étre enserelU avec JéiU9-C'/trist* par celle immersion, nous recevons le baptême comme nous ledonne l'Kgliee, persuadés que cette parole, filiez, en.%eignez et baptisez; et coUàtje suis avec vous enseignants et baptisants, a un effet éternel. .Nous ne nous informons pas non plus si on sépare l'enseignement d’avec le baptême, contre ce qui semblait paraître dans l'institution de Jésus- Christ en /es Baptisés petits

enfants, sans témoignage de l’Kcriture, nous ne sommes point en peine de notre baptême : nous ne nous embarrassons pas non plus où nous l’avons reru, dans Fl^^glise ou hors de l'Uglise, par des mains pures ou par des mains infectées de la souillure du schisme et de l’erreur : il noussiifTit d’être baptisés, comme nous l'enseigne celle à qui Jésus-Christ a dit : Je suis avec cous.

Vous répondrez : Nous le recevons aussi de la même sorte, et nous nesomme.snon plus en peine de notre baptême que vous. C’est ce qui nous surprend , que vous ayez la même assurance sans en avoir le même fondement. Ou suivez la parole à la rigueur, ou cessez de vous fier à un baptême que vous n'y trouvez pas. Que si vous reconnaissez la foi des promesses et l'autorité de Fb^gltse, reconnaissez-lnen tout, et suivez-ln dams l’eucharistie, ainsi que dans le baptême. Pourquoi mesurez-vous à deux mesures? pourquoi marchez-vous d’un pas incertain dans les voies de Dieu? t'squequo dicatis inter duas rws*?

Jésus-Ciirist n institué et donné Fcucharistie à ses disciples assemblés : FKglise a-t-elle cru pour cela que cettepratiquefûtde la substancedu sacrement?

* VI, *. Cvl. Il, 12- - » III. Iteg. xvui, 23.

SUR LKS PROMKSSUS DI*: LKGLISK.

Point (!u tout : fièâ l'oripne du cliristiaiii^ime on o poili‘ l'euchoristip aux absents ‘ : on a réservé la (‘oiiunimion pour la donner aux malades : après la (‘urnmiinion reçue <)ans les assemblées ceciésinstiques , chacun a eu droit de l’emporter dans sa maison pour communier toute la semaine et tous les jours en particulier : ces communions se sont faites sous l'espèt'e du pain, et ces communions sous une ospcce ont été, sans comparaison, les plus eommu* nés r dans les assemblées ecclésiastiques, il était si librede recevoir unedes espèces, ou toutes lesdeiix, et on y prenait si peu parde, qu’on ne connut les manichéens, qui répugnaient à celle du vin , qu’après un long temps , par l’affeelatlon de ne le prendre jamais, et quand pour les distinsuer des lidèles, avec les({ueU ils tâchaient de se mêler, on crut nécessaire d’obliger tous les chrétiens aux deux espèces, on sait qu’il en fallut faire une loi expresse pour un motif particulier». Qui ne connaît pas le socrifice dos présanctifiés, où l’Orient et l’Occident ne consacrant pas, réservaient l’osfièce du pain consacrée dans le sacrillce précédent, pour en communier tout leclergé et tout le peuple^ ? Le mélange des deux especes, universellement pratique depuis quelques siales par toute l’Église d’Orient, se trouve-t-il davantage dans l'institution de Jesus-Lhrist, que la communion sous une espèce? Il est donc plus clair que le jour, par tous ces exemples, <i par ces diverses manières, pratiquées sans hésiter et sans scrupule dans l'Église, qu'il n'y a en cette matière que sa pratique et sa tradition qui fasse loi selon l’intention de Jésus-Christ , et enfin que la substance de ce diviu sacrement est d’y recevoir Jésus-Christ présent, mais comme une victime immolée; ce qui arrive toujours, soit qu’on prenne le sacré corps comme épuisé de sang, ou le sang sacré comme désuni du corps, ou l’un ou l'autre, quoique inséparables dans le fond , mystiquement séparés par la corsécration, et comme par l’épée de la parole.

C’est aussi par cette raison que la communion du peuple, sous une espèce, s'est introduite sans contradiction et sans répugnance. On n'eut point de peine à changer ce qui avait toujours été réputé libre; et ce fut à peine trois cents ans après que la coutume en fut établie dans tout l'Occident , qu'on s'avisa en Bohême de s’en plaindre.

Enfin, mes frères, j’oserai vous dire que pour peu ' qu'on apportât de bonne foi à cette dispute , et qu’on en ôtât l'esprit de chicane et de contention, tant réprouvé par l’apotre, il n’y a point d'article de nos controverses où nous soyons mieux fondés sur l’aiilorité de l'Église, sur sa pratique constante, et sur la parole de Jésus-Christ même, comme il a été démontré dans le concile de Trente <.

On ne clierche que des apparences pour vous entretenir dans la division : témoin encore ce qu'on vous met sans cosse à la bouche sur le service en langue vulgaire, qui se fait , dit-on , en langue inconnue. Par ce discours, on pourrait croire que

' Traité tie tn Comm. sous irs deux esp. /. part ch. 2. —

* Tiid. chiip. 6. — » Ibiii. chap. 0. — * Sc*s. ixi, cap, I. rallie de la CvtHêH. II. part. chap. 9.

la langue latine n’est pas connue du clergé cl d'uiie très-grande partie du peuple. Mais ceux qui l'entendent vous l’expliquenl ; ceux qui sont chargés de votre instruction sont chargés aussi par l’Église, dans le concile de Trente’ , de vous servir d'interprètes.- i! ne tient qu’à vous, pmlant que l’Église chante, d’avoir cuire vos mains lcsPsauim‘s, les Lcriturt'S, les autres leçons et les autres prières de l'I-^dise. Qii’avcz-vous donc a vous plaindre? Aimet-on si ppurunitédu christianisme, qu’on rompe avec l’Eglise pendant qu’elle fait ce qu’elle peut pour édifier tout le monde? Qui* ne reconriaissexvous plutôt l'amour de l'antiquité dans le langage dont se sert l'Église romaine? Accmituinèe au style , aux expressions , à l’esprit des anciens Père.H qu’elle reconnaît pour es maîtres , elle en remplit son office, et se fait, |>our ainsi dire, un plaisir i d’avoir encore a la bouche, et de conserver eu leur entier les prières, le.s collectes, les liturgies, le.s messes , comme iis les ont eux-imhiies appelées, que ces grands pa()es, saint Léon, saint (lelase, saint Grégoire, a qui l'Eglise est si redevable, ont proférées à l’autel, il va mille et douze cents ans. Vos ministres affectent souvent de vous parler avec une es[)èce de dédain de ces grands papes, qu'ils trouvent contraires a leurs prétentions. Mais en leur cœur, malgré qu’ils en aient , iis ne peuvent leur refusiT la vénération qui est due à ceux qu'on a toujours crus aussi éminents par leur piété et par leur savoir, que parla dignité de leur siège. Ainsi nous uou« glorifions en notre Seigneur de dire encore les m**»ses comme ils les ont digérées. Le fondement, la substance, l’ordre même, et en un mut toutes les parties en viennent déplus haut : on les trouve dans saint Ambroise, dans saint Augustin, dans (es autres Pères, et enfin dès l’origiiin du christianisme. Car ce qui se trouve ancien et universel, en ces premiers temps, ne peut pas avoir une aulre source. L’Orient a le meme gmU pour saint Basile, pour saint Glirvsostdinc et pour les autres anciens Pères, dont il relient le langage dans le service public, quoiqu’il ne subsiste plus que dans cet usage. Toutes les Eglises du monde sont dans la même pratique. N'est-ce pasuneconsolation pourl'Église, de se voir si bien établie depuis tant de siècles , que les langues qu'elle a ouïes primitivement, et dès sa première origine, meurent, pour ainsi dire, à ses yeux, pendant qu’elle demeure toujours la même? Si elle les conserve autant qu'elle peut, cVsl qu'ello aime Tancienne foi, l'ancien culte, les anciens usages, tes anciens rites des chrétiens. Mais que serace si l'on vous (lit que les Juifs nicmes, par révérence pour le texte original des Psaumes de David, les chantaient en hébreu dans Jérusalem cl dan.s le temple, depuis même que cette languCiavait cessé d'être nilgaire? C’est ce qu’ils font encore aujourd’hui par toute la terre, de iradilian iniinémoriale. De celte sorte, il sera vrai que .lésu.s-Chrisl aura a.s.sislé a un tel service, et l'aura honoré de sa présence toutes les fois qu’il sera entre dans les synago-

• SfSS. IXU, Clip. 8.

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jifues. Mais laissons les disscrtalions. N‘i*sl-ce pas assez que saint Paul , que vous produisez si souvent contre les langues inconnues, les |>erinettc même dansl'Rglise, pourvu qu'on les inlerprèle j>our Pé- (lifîcation des (iilcles»? C’est ce qu'il ré|>ète par trois fois dans lediapitre que l'on nous oppose. Nous sommes visiblement de ceux qui avons soin ffu'on vous interprète ce qu'il y a do plus mystérieux et de plus caché ; curel ni inierpretetnr.^iow^ vous avons déjà avertis que le concile de Trente a nrdounéaux pasteurs d’expliquer dans leurs instructions pastorales chaque partie du service et des saintes cérémonies de l’Kglise*. Nous-mêmes nous vous avons donne, par le même concile de T rente, une Kxposition de la doctrine catholique, qui n'est pas la notre; mais, nous Posons dire, celle des évêques et du pape même, qui Pa honorée deux fois d une approbation authentique. Ou t;1che en vain de nous aigrircontrcce concile. On en trouve la vraie défense, comme celle des autres coneües, dans scs decrets et dans sa doctrine irrépréhensible. Nou.s vous avons aussi donne notre Gitécliisme, et en particulier celui des fêtes, où tous (es mystères sont expliqués , et des Heures , où sont en français les plus communes prières de Pfiplise. Que si ce n'est pas assez, nous sommes prêts à vous donner, par écrit et de vive voix, et la lettre et Pesprit de toutes les prières ccclésia-sliques, par les explications les plussimpU*s, ntiesplus de mut à mot. Ne voyez- vous pas les saints empressements des évêfjiies de France , dont nous tdchons aujourd'hui d’imiter le zèle, à vous donnerdansles premiers sièges les instructions les plus particulières sur les articles où Pon nous impose, et a la fois h vous mettre en main un nombre infiui de fidèles versions* ? Reconnaissez donc que vos ministres, par leurs vaines plaintes, ne songent <|u'à faire à Pé^lLse une querelle , pour ainsi parler, de guet-apens, et contre le précepte du Sage, ne c/ierchant qu'une occasion de rompre avec leurs amis et avec leurs Jrcres^. La paix et la charité n’est pas en eux.

Cessez donc dorénavant de vous glorifier de Pintelligencc de PKcriture, et ne vous lais.scz plus Ilatter d'une chose qui aussi bien ne vous est pas nécessaire. .Soyez de ces petits et de ces humbles, que ta simpUcité de croire met dans une entière sûreté: quos credendi simplicitas tidissimosfacit. Je parle après saint Augustin , et saint Augustin a parlé après Jésus-Christ même. Il a dit : Ta/oi t'a sQuré^ : la foi , dit Torlullicn , H non pas d'être exercé dans tes tCcritures : l'idcs tua te satcum fcclt, nonexercitatio Script urarum 5. Le Saint- Fsprit a confirmé celle vérité par une sainte expérience,

« }. Tôt. XIV, 5. 1.x, 2". <•//•. — * Sets, xxii, r<tp. ft.

• Dossiirl a pfi viir M. Ip cArdliwl dp . arrhPMVftie

df l'aris ; M. Odiwrl , afche^ eque dp Roupn ; M. dp ftpstnond , <’\t<qup <1p lUotU.iu)»3n, <*i d’»utrps êvVtjuPs qui puhüpppnt fps InMnjplIuns sur drs maUrrr» dr conirovprsp, pI qui pnrirhlmil leur» dloPi-scs dp plusipurs llvpps di* prlPrrji pt dp plPt«. Impurs iruitruriUuis p.xslurait’ft Ii-nrTnpriliTPtU üp lap-trl du minjilpe B.ij.twgp di-s .'iltAqups fort vivps. f.Yofp de Ur»i. \

^ Prvv XVIII , I. — 4 MaUh. |\ , 32. M>nc. X , 52. — ■ » XJp Prtcsf. »i* II.

en donnant la fui comme à nous, à des peuples qui ii'avaient pas i'F.critiire sainte. Saint Irénée et les autres Pères en ont fait la remarque dès leurs temp.s, c'est-à-dire, dès les premiers temp.s du christianisme, et on a suivi cet exemple danstou.s les siècles. Car. aussi la charité ne permettait pas d’attendre à prêdier la foi, jusqu'à ce qu'on sût assez des langues irrégulières, ou barbares , ou trop recherchées, pour y faire une traduction au.ssi difficile et aus.si importante que celle des livres divins , ou bien d'en faire dé(>endre le salut dt*s peuples. On leur (lortait seulement le sommaire de la foi dnrt le Symhoie des apôtres. 11$ y apprenaient qu'il y avait une Église catholique qui leur envoyait ses prédicateurs, et leur annonçait les promesses dont ils voyaieiityleurs yeux raccumplisscnienl par toute la terre comme parmi eux, à la manière qu'on a expliquée. Ils croyaient ; et comme les autres chrétiens, ilselaient justifiéspar la fol en Jésus-Christ et en .scs promesses sacrées. Au surplus, j'oserai vous dire, nos chers frères , qu'il y a plus d'ostentation que de vérité dans la fréquente aliégatton de l’Écriliirc où vos ministres vous portent. L’expérience fera avouer à tous les hommes de bonne foi , que cc qu'on apprend par cette pratique , c'est le plus souvent de parler en l’air, et de dire à la fois ce qu'on entend comme ce qu'on a'entend pas. Ce n’est pas l'effet d'iincbonncdiscipline de rendre les ignorants présomptueux, cl les femmes mêmes disputeiises. Vos ministres vous font accroire que cc n'est rien attribuer de trop au simple peuple, que de lui présenter l'Écriture seulement poiiry former sa foi. Vous ne songez pas que c'est là précisément la difficulté qu'il lui fallait faire éviter. C'est une ancienne maxime de la religion, que nous trouvon.s dans Terlulllen , dès le.s premiers temps , qu’il faut savoir cc qu'on croff, et ce qu'on doit (^serrer ar<int que de. l'aroir appris • , par un examen dans les formes. I/aulorité de l'Église précède toujours, et c'est In seule pratique qui peut assurer notre .salut : .sans ce guide, on marche à hltons dans l.i profondeur des Écritures, au hasard de s'égarer chaque pas. Nous l'avons démontré aillcur.s plus amplement pnur ceux qui en voudront savoir davantage * ; mais nous en di.sons assez ici pour convaincre les gens de bonne foi , et qui savent se faire justice sur leur incajiacité et leur ignorance. Que ceux l.à donc cherchent leur foi dans les Écritures, que l’Église n'a pas instruits et qui ne la connaissent pas encore. Fohr ceux qu’elle a conçus dans son sein et nourris dans son école, ils ont le bonheur d'y trouver leur foi toute formée, et ils n’ont rien à chercher davantage.

C’est le moyen, dites-vous, d’inspirer aux hommes un excès de crédulité qui leur fait croire tout ce qu'on veut sur la foi de leur curé ou de leur évêque. Vous ne songez pas , nos chers frères , que la foi de ce curé et de cet évêque est visiblement la foi qu'enseigne en commun toute l’Église : il no

• /> Cnro/i. 5. — * //m/. de* fur. lie. xv. Cfin/rr, avec .V. Clnude. Dtsc. tttrVHisi. imir, //. jKxrt. vmla lia.

SUR LES PROMESSIÙS DE L'ÉGLISE

faut rien moins h un catlioUque. Vous errez donc , en croyant qu*il soit aisé de l’ébranler dans les matières de la foi : il n'y a rien au contraire de plus difncile, puisqu’il faut pouvoir à la fois ébranler tonte l'ÉKlisCf mal<tré la promesse de Jésus- Christ. Ainsi, quand il s’élève un novateur, de quelque couleur qu'il se pare, et quelque beau tour qu'il sache donner aux |>assa^es qu'il allc;;ue, l'expérience de tous les siècles fait voir qu'il est bientôt reconnu, et ensuite bientôt repoussé, malqrc tes spécieux raisonnements, par l'esprit d'unité qui est dans tous les corps, et qui ne cesse jusqu'à la fin de réclamer contre.

Mais vous, qui vous gloriliez de ne croire qu'avec connaissance , et nous necusez cependant d'une trop légère créance, souffrez qu'on vous représente comment on vous a conduits depuis les commenccmentsde votre réforme prétendue. Aux premiers cris de Luther, Rome, comme une nouvelle Jéricho, devait voir tomber ses murailles. Lepuîs ce temps, combien vous a-t-on prédit la chute de Rabylone! Je ne le dis pas pour vous confondre: mais enfin rappelez vous-inéines en votre pensée combien on* vous a déçus, mérnede nos jours. Toutes les fois que quelque gr.-md prince s'est élevé parmi vous , comme il s’en élève partout, et môme parmi les païens et les infidèles; de quelles vaincs espérances ne vous ôtes-vmis pas laissés llatter? Quels traités n’allait-on pas faire eu votre faveur? Quelles ligues n’a-t-on pas vues, sans pouvoir jamais entamer le défenseur de l'Église? Qu'a-t-il réussi de ces projets tant vantés par vos ministres? Ceux qu'on vous faisait regarder comme vos restaurateurs, ontils seulement songé à vous dans la conclusion de la paix? Jusqu'à quand vous laisserez-vous tromper? Encore à présent il court parmi vous un Calcul exacte que nous avons en main, scion lequel n.ibylone votre ennemie devait tomber sans ressource, tout récemment et dans le mois de mai dernier. On donne tels délais qu'on veut aux prophéties qu’on renouvelle sans fin ; et, cent foistrom|>ës, vous n'en ôtes que plus crédules.

Je veux bien rapporter ici la réponse de M. Basnage, dans un ouvrage dont il faudra peut-être vous parler un jour. • On trouve , dit-il » , un livre en- « lier dans l'Histoire des Variations , où l'on rit de

• la durée de nos maux , et de l'illusion de nos peu- ■ pies, qui ont été fascinés par de fausses espéran-

• ces. Mais, en vérité, M. de Meaux devait crain- « dre la condamnation que l’Écrituro prononce « contre ceux à qui la prospérité a fait des entrail- « les cruelles ; car il faut être barbare pour nous

• insulter sur les maux que nous spuffrons , et que

• nous n'avons pas mérites. Une longue misère ex-

• cite la compassion des .Imes les plus dures , et on

• doit so reprocher d’y avoir contribué par ses « vœux , par ses désirs, et par les moyens qu'on a

* Ou le minbtre Jurit;u et In petils proptiL-tes des Ovenpes.

* iTart de trt dinèc de t\mpire papal , rtc. <V<ii IStP. J II est de Juriru. ) — * /U$l. Eccl. iiv. y, clup. 3, 9,p. usa.

« employés pour perdre tant de familles, plutôt « que d'en faire le sujet d'une raillerie. » Kl un peu après, sur le mémo ton* : <« Quand il serait « vrai qu'on court avec trop d'ardeur après les « objets qui entretiennent rcspérance, et qn’on « se repaît de quelques idées éblouissantes, dont «• l'on sentirait fortement la vanité, si le.sprit était « dams la tranquillité naturelle; ce ne serait pas un « crime qu'on dût noircir par im terme emprunté « de la magie , » c'est-à-dire, par celui de fascination. .M. Rasnage voudrait nous faipe oublier que le sujet de nos reprodns n'est pas que les prétendus réformés reçoivent de fausses espérances : c'est une erreur assez ordinaire dans la vie humaine; mais que leurs pasteurs, que ceux qui leur interprètent l'forilure sainte s'en servent pour les tromper ; qu'ils prophétisent de leur cœur, et qu'ils disent : Ix Seigneur a (lu, gufin'i le Seigneurn'a /wm/;«jr/é*;qucrillusi«u était si forte , que cent fois déçu , par un abus manifeste des oracles du Saint-Esprit cl du nom de Dieu, on ne s'en trouve que plus disposé à sc livrer à l'erreur : toute l'cloquence de M. Rasnage n'empécliera pas que ce ne soit un digne sujet, non pas d'une raillerie, dans une occasion si sérieuse et dans un si grand péril des âmes rachetées du sang de Dieu , mais d'un éternel gémissement pour une fascination si manifeste. Ce terme, que saint Paul emploie envers les Calâtes ses enfants ^ n'est pas trop fort dans une occasion si deplgrable, et nous tâchons de l'employer avec la meme cliarité qui animait le cœur de l'apôtre de qui nous l'empruntons.

Malgré tous ces inutiles discours , et sans craindre les vains reproches de M. Basnage, qui visiblement ne nous touchent pas, je ne cesserai, nos chers frères, devons représenter que c'est là préciséinent ce qui vous devait arriver par le juste jugement de Dieu. Vous vous faites un vain honneur de ne pas croire à l'Église, dont Jésus-Clirist vous ditque.fi vou4 ne l'écoutez t vous serez semblables aux paUns et aux puHicains L Vous ne croyez pas aux promesses qui la tiennent toujours en état jusqu'à la fin des siècles : il est juste que vous croyiez les prophéties imaginaires, semblables à ceux dont il est écrit que , pour s'être rendus insensibles a tamour de la vérité ^ »4< sont livrés à l’opération de /errewr, en sorte qu'ils ajoutent fai au mensonge

Voyons néanmoins encore quel usage de l'Écri* ture on vous apprend dans nos controverses. Je n'en veux point d'autre exemple que l'objection que vous ne cessez de nous faire, comme si nous étions de ceux (}ui disent : Jésus-Chrhi est ici , ou il est la ®. Avouez la vérité , nos chers frères ; aussitôt qu'on traite avec vous de la présence réelle , ce passage vous revient sans cesse à la bouche; vous n’eu pesez pas la suite : Il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes. Si Con vous dit donc : U est dans le désert ^ ne sortez pas pour le chercher : U est d(ms les lieux tes plus

' P. n«l. — * F.Sfrh. XIII, 7. — • Gui. ni, I. — * Malth. xun, 17. — * 1- 7'Ar«. ii, lu. — * JVdUA. xxiv,33.

I^STUUCTlO.^ PASTORALE

tachés ik la maison ^ ne le croyez pas • : il est plin; clair que le jour qu'il parle de ceux qui viendront ù latin ile6 teinp;» , et dans la grande tentation de la lin du monde, s'attribuer le no:n de t'hrist. La m^ine chose est répêlêediiis saint Marc*. Saint Luc le dwdare encore par ces paroles : WonneZ'Vous garde (CtHre séiiuit'i; car phsieurs viendront en mon nom en disant : C'est moi , et le temps est proche : n'allez donc point après eux Ce sens n’a aucun doute , tant U est exprès. Cependant, s’il vous en faut croire , celui qui dit , C’est moi, elle temps de ma venue approche, c‘est le Christ que nous croyons dans l'eucharistie ; c'est celui-là qui se veut faire chercher ou dans le désert ou dans les maisons, iecrois bien que vos ministres se moquent eux-mémes dans leur cœur d'une illusion si gros.sière; mais cependant ils vous la mettent dans la bpuehe; et, pourvu qu'ils vous éblouissent en se jouant du son des paroles saintes, ils ne vous épargnent aucun abus, aucune profanation du texte sacré.

C’est l’effet d'un pareil dessein qui les oblige à TOUS proposer, contre la durée éternelle promise à l’Eglise, ces paroles de Jésus-Clirisl : }j>rsque te Fils de l'homme viendra , pensez-vous qu'il trouve de la foi sur la lerre^? Mais s'il faut on toute rigueur qu'en ce ienifisla, où l’iniquité croîtra , et où la charité se refroidira dans la multitude^, cette foi qui opère par la charité sera non point offusquée par les scandales , mais entièrement éteinte , à qui est-ce que s'adressera cette parole : Quand ces choses commenceront , regardez, et levez la tête; jmrcc que votre rédemption approche 6 ? Où sera ce d'ispensateur fidèle et prudent, que son maître, quand il viendra, trouvera attentif et vigdanl 7 ? A quelle Eglise accourront les Juifs, si miraculeusement convertis , apres que la plénitude de la «entilité y sera entrée? Que si vous dites qu'aussitôt après, le monde se replongera dans rincrédulité , et que l'Ivglise sera dissipée sans se souvenir d’un événement qu’on verra accompagné de tant de merveilles ; comment ne songez-vous pas à ce beau passage d’Isaie, cite par saint Paul*, pour le pré<lire, et dont voici rhcureiise suite : ■ Le pacte que je ferai avec vous ,

• c'est que mon esprit qui sera en vous, et ma

* parole que je mettrai dan.s voire bouche , y de-

meurcra . et dans la bouche de vos enfants, et

« dans la bouche des enfants de vos enfants , au- « jourd'hui et à jamais, dit le Seigneur? » Ce qui se conservera dans la bouche de tous les fidèles, sera-t-il caclié; et ee qui passera de main en main, souffrira-t-il de l’interruption ?

Pendant que nous représenterons à nos frères errants res vérités adorables , joignez-vous à nous , peuple fidèle : aidez à l'Église votre mère à les enfanter en Jésus-Christ : vousle pouvez entrois manières, par vos douces invitations, par vos prières et par vos exemples.

* Matth. XXIV. îl, a«. — * ,v.irr. XIM. 21. — » Lur. \\|, tt — * jlid. tvm, H, — 5 MaUk. \xtv, 12. — • l.ae. x\i — * Ihht. \ll , «2. — ‘ Rom. XI , 27. h. I.IX , 21 .

Concevez avant toutes choses on désir sincère de leur salut , témoignez-ie sans arf<*ctati<m et de plénitude de cteur : tournez-vous en toute sorte do forints pour les gigner. Heprenez les uns, comme dit saint Jude ' , en leur remontrant , mais aviHî douceur, que ceux qui ne sont pas dans l’Église sont d;ja jugés. Quand vous leur voyez de l’aigreur, saucez-les en tes arrachant du milieu du feu : ayez f)our les autres une tendre compasshut avec une crainte de les perdre , ou de manquer à quelque chose pour tes attirer: Parlez-leur, ditsniiU Augustin*, amanter,do!enJer,fraierne, placide : avec amour, avec dom:eur, sans dispute, paisiblement comme on fait a son ami , à son voisin, à son frère. Vous qui avez été de leur religion , racontez-leur, à l'exemple de (*e meme Pere revenu du minichéisme, par quelle trompeuse apparence vous avez été déims; par où vous avez commencée vous délro.nper; par quelle miséricorde Dieu vous a tirés de l’erreur, et bi joie que vous ressentez en vous reposant dans l'Église, où vos pères ont servi Dieu et se sont sauvés, d'y trouver votre sdreté, comme les petits oiseaux dans leur nid et sous l’aile de leur mère.

C'est dans cet e.spritque saint Augustin racontait au peuple de Carthage les erreurs de sa témérairo et présomptueuse jeunesse : comme il y savait raisonner et disputer, mai.s non encore s’humilier; et comme enfin II fut pris dans de spécieux raisonnements, auxquels il ahamionnait son esprit curieux ot vain. C’était pourtant sur l'Écriture qu’il, raisonnait. « Superbe quej'clais,dil-il^, je cherchais « dans les Écritures ce i|u'on n'y pouvait trouver • que lorsqu'on est humble. Ainsi ,je me fermais « à moi-même la porte que je croyai.s m’ouvrir. « Que vous clés heureux, poursuivait-il, peuples ■ catholiques, vous qui vous tenez petits et hmn- « blcs dans le nid où votre foi se doit former et «nourrir; au lieu quo moi, malheureux, qui « croyais voler de mes propres ailes, j'ai quitté le « nid , et je suis tombé avant que depouvoir pren- « dre mon vol. Pendant que, jeté à terre, j’allais « être écrasé par les passants, la main miséricor- « dieusede mon Dieu m’a relevé, et m’a remis dans « ce nid « et dan.s le sein de l'Église d'où Je m’étiis échappé. Que pouvez -vous représenter de plu.s affectueux et de plus tendre à ceux qui, prévenus contre l'Église, craignent l'abri sacré que la foi y trouve contre les tentations et les erreurs?

Lorsque vous travaillez avec nous à ramener nos freres, le discours le plus ordinaire que vous entendrez est , qu'ils souffrent persécution : celte pensée les aigrit et les indispose. La question sera ici de savoir s’ils souffrent pour la justice. S'il y a eu des lois injustes contre les chrétiens , il y en a eu aussi, dit saint Augustin *, de très-justes > contre les païens ; il y en a eu contre les Juifs, en- <1 lin il y en a eu contre les iiérètiques. « Voulait-on que les princes religieux les laissassent périr en repos, dans leur erreur, sans les réveiller? Et

« Judée. 22 , 23. — * Semi. CCXCIV , H* 20 , <. V , Ct»f. 1 1 0*. — » Srrm. U, C, col. 2SC. — ' Serm. LXii, n* is, Ctrl. Ml.

SCR LES PROMESSES DE L’ÉGLISE 585

pourquoi donc ont iis en main la puissance? Vexa* men de letir doctrine, dit le in^ine Pére*,^» fait par l'Église : • il a été fait et par le saint*siège

• apostolique, et parle jugement des évêques :

• Examen factum est apud apostoUcam sedem ;

• factum est in episcopati judicio : ■ ils y ont été condanmés en la même forme que toutes les anciennes hérésies. « La leur étant condamnée par les

■ évéques , il n'y a plus dVxameii à faire, et il ne « reste autre chose, sinon, dit saint Augustin, « qu'ils soient réprimés par les puissances clirétien-

• lies : Damnata ergo hxmis ab episcopis^ non

■ ndtinc examinanda sed coercenda esta potes-

• tatihus chrisiiauis. • Vous voyez , selon Taneien ordre de l’Église, ce qui reste à ceux qui ont été condamnés parles évéques. Cest ce que disait ce Père aux pélagiens. Il le disait , il le répétait au dernier ouvrage sur lequel il a Uni ses jours; il le disait dune plus que jamais plein d'amour , plein de charité dans le cœur, plein de tendresse pour eux : car c'est là ce qu'on veut porter devant le tribunal de Dieu, lorsqu'on y va comparaître. Revêtez-vous donc envers nos frères errants d’entrailles de miséricorde : tâchez de les faire entrer dans les sentiments et dans le zèle de notre grand roi : la foi où il les presse de retourner, est celle qu’il a trouvée sur le trône depuis Clovis, depuis douze à treize cents ans; celle que saint Remi a préchée aux Français victorieux; celle que saint Denis et les autres hommes apostoliques avaient annoncée aux anciens peuples delà Gaule , où les successeurs de saint Pierre les ont enviu’és. Depuis ce temps, a-t-on dressé une nouvelle Église et un nouvel ordre de pasteurs? M’est-on pas toujours demeuré dans l’Église qui avait saint Pierre et ses successeurs à sa tête? Les rois et les potentats qui ont innové, qui ont changé la reliLUon qu’ils ont trouvée sur le trône , en peuvent-ils dire autant ? Pour nous, nous avons encore les temples et les autels que CCS grands rois, saint Louis, Charlemagne et leurs prédécesseurs ont érigés. Nous avons les volumes qui ont été entre leurs mains : nou.s y lisons les mômes prières que nous faisons encore aujourd’hui ; et on ne veut pas que leurs successeurs travaillent à ramener leurs sujets égarés, comme leurs enfants , à la religion sous laquelle cette monarchie a mérité de toutes les nations le glorieux titre de très -chrétienne?

Saint Augustin , que j’aime à citer , comme celui dont le zèle pour le salut des errants a é.galé les lumières qu’il avait reçues pour les combattre; à la veille décrite fameuse conférence de Carthage, où la charité de l’Eglise triompha des dooatistes, plus encore que la vérité et la sainteté de sa doctrine , parlait ainsi aux catholiques* : Que la douceur règne dans tous vos discours et dans toutes vos actions! « Combien sont doux les médecins pour

• faire prendre à leurs malades les remèdes qui les

• guérissent! Dites à nos frères : Nous avons assez

* Op. imp. cnnt. Jut. Ub. U, »*• lOî; /. %, cot. 993.- * Strm. cai.vii , de Ittud. p-xc. il* I , etc., nt. I J93 et tt^q.

• disputé, assez plaidé : enfants, par le saint hap- « tôme, du même père de famille, Unissons enfin

• nos procès : vou.s ôtes nos frères; bons ou inau- « vais,voülez-le, ne le voulez pas, vous êtes nos frè- « res. Pourquoi voulez-vous ne le pas Ôlre ? Il ne « s'agit pas de partager l’héritage, il est à vous « comme à nous; possédons-le en commun tous « deux ensi'mble. Pourquoi vouloir demeurer dans

■ le partage? î.e tout est à vous. Si cependant ils

• s’emportent contre l’Eglise et contre vos pasteurs;

■ c'est l’Église, ce sont vos pasteurs qui vous le de-

• mandent eux-mêmes : ne vous fâchez jamais con- « treeux : ne provocpiez point de faibles yeux à se H troubler eux-mérnes. Ils sont durs, dites-vous, ils « ne vous écoulent pas; c'est un effet delà maladie. « Combien en voyons-nous tous les jours qui blas-

• phèmenl contre Dieu même! H les souffre, il les

> attend avec patience; attendez aussi de meilleurs

• moments : hâtez ces heureux moments par vos

• prières. Je ne vous dis point : Ne leur parlez plus;

• mais quand vous ne pourrez leur parler, parlez à « Dieu pour eux , et parlez-lui du fond d’un cœur

• où la paix règne. •

Mes chers frères les catholiques, continuait saint Augustin, • quand vous nous voyez disputer pour a vous, priez pour le succès de nos conférences; « aidez-nous par vos jeûnes et par vos aumônes : « donnez ces ailes 6 vos prières , afin qu’elles mon- « tent jusqu'aux cieux; par ce moyen, vous ferez

> plus que nous ne pouvons faire vous agirez « plus utilement par vos prières que nous par nos « discours et par nos conférences. * Demandez à Dieu, pour eux, un amour sincère de la vérité : tout dépend de la droite intention : tous s’en vantent, tous s’imaginent l’avoir; mais combien est subtile la séduction qui nous cache nos intentions à nousmêmes! Dans l’état où ils se trouvent, disent-ils, tout leur est suspect ; et s'ils se sentent portés à nous écouter, ils ne peuvent plus discerner si c’est l’inspiration ou l’intérêt quMcspousse. Mais saventils bien si leur fermeté n’est pas un attachement à son sens ? Nous rendons ce témoignage à plusieurs d'eux , comme saint Paul le voulait bien rendre aux Israélites qui résistaient à l’Évangile : Usant lezàle de Dieu : mais savent-ils si c’est bien un zèle selon ta science* \ si ce n'est pas plutôt un zèle amer, comme l'appelle saint Jacques*? Combien en voit-on, qui par un faux zèle, dont on se fait un fantôme de piété dans le cœur, croient rendra service à Dieu en s’op(>osant à sa vérité? Venez, venez à l’Église, à la promesse, à Jésus-Christ même, qui l'a exprimée en ternies si clairs : c'est où je vous appelle dans cc doute. O Dieu I mettez à nos frères dans le fond du cœur une intention qui plaise à vos yeux, afin qu’ils aiment l’unité, non point en paroles, mais en œuvre et en vérité; leur conversion est à ce prix , et nul de ceux qui vous cherchent avec un cœur droit ne manque de vous trouver.

Quand on lâche de les engager à se faire instruire, on trouve dans quelques-uns un langage de docilité qui leur fera dire qu’ils sont prêts à tout écouter., • Rotn. X, 2. “ » Jac. m, u.

11^ LNSTUüCTION PASTORALE

et qu'il faut leur donner du temps pour chercher la vérili^. On doit louer ce discours, pourvu qu'il soit sincère et de bonne foi. Mais en indme temps il faut leur représenter, selon la parole de Jésus-Christ*, que l’on ne cherche que pour trouver; l'on ne demande que pour obtenir; l'on ne frappe qu'afin qu'il nous soit ouvert. Au reste, Dieu nous rend facile à trouver la voie qui mène à la vie; car il veut notre salut, et n’expose pas ses enfants à des recherclies infinies : autrement on pourrait mourir entre deux ; et mourir hors de l'Église, dans l’erreur et dans les ténèbres : par où l'on est envoyé, selon la parole de Jésus-Christ, fcnc&re.ç loin du

royaume de Dieu, et de sa lumière éternelle. Pour éviter ce malheur , il faut se liàter de trouver la foi véritable , et prendre pour cela un terme court. Il est vrai que pour élever l'^hne chrétienne, Jésus-Christ lui propose des vérités hautes, qui feraient naître mille questions, si on avait à les discuter les unesaprès les autres; maisaiissi poumons délivrer de cet embarras, qui Jetterait les âmes dans un labyrinthe d'où l'on ne sortirait Jamais, et mettrait le salut trop en péril, il a tout réduit à un seul point, c'est-à-dire, à bien connaître l'Église, où l'on trouve tout d'un coup toute vérité autant qu’il est nécessaire |Muirétre sauvé. Toutconsisteà bien concevoir six lignes de l'Évangile, où Jésus-Christ a promis, en termes simples , précis, et aussi clairs que le soleil, d'élre /ous tes jours arec les pasteurs de son Ùgliie jusques à ta fin des siècles. Il n'y a point là d'examen pénihieà l'esprit humain: on ii'a besoin que d’écouter, de peser, de goûter parole à parole les promesses du Sauveur du monde, li faut bien donnerquelque Umips àl’inlirinitéetà l'habitude, quand on est élevé dans l’erreur; mais il faut, à la faveur des promesses de l’Église , conclure bientôt , et ne pas être de ceux dont parle saint Pau) , qui , pour leur malheur éternel, veulent toujours apprendre ^ et qui n'arrlccnt jamais a la connaissance de la vérité^.

Mais voulez-vous gagner les errants, aidez-Ies principalement par vos bons exemples. Que la présence de Jésus-Christ sur nos autels, fasse dans voscccurs une impression de respect qui sanctilie votre extérieur. (jue vos tabernacles sont aimables, ô Seigneur des années! mon coeur y aspire, et est affamédes délices de votre table sacrée^. O Dieu, que ces scandaleuses irrévérences, qui sont le plus grand obstacle à la conversion de nos frères, soient bannies éternellement de votre maison! C’est par là que Kiniquité et les faux réformateurs ont prévalu. txi force leur a été donner contre le sacrifice pcrpétuel(\\î‘\\s ont aboli en tant d'endroits, à cause des péchés du peuple : la vérité est tombée par terre : le sanctuaire a été foulé aujc pieds^. Des hommes qui s'aimaient eux-inémes ont rompu le filet, et se sont faits des sectateurs. vain titre de réformation les flatte encore. Ils onl/ait, c’est-à-dire ils ont réussi pour leur malheur. Iis ont abattu des forts, ou qui semblaient l'étre : ils ont ébranlé des

• ,Vrt//A. vu, 7. — * llid. XXII, IX — ♦ 11. Tim. lu. 7. — • t*s. tvxxm, I. - ^ Oitn. VIII, u.

I colonnes, et entraîné des étoiles; mais k*ur progrès ! a ses bornes, et ils n'iront pas plus loin que Dieu I n'a permis, lia puni i»arun même coup les nations de ! qui il a retiré son saint mystère dont ils abusaient,

I et ceux dont les artiÜces en ont dégoûté les peuples ingrats. Humilions-nous sous son Juste jugement, et implorons ses miséricordes, afin qu’il rende à sa sainte Églisecette grande partie de scs entrailles qui lui a été arradiée.

Cessons de nous étonner qu'il y ait des schismes et des hérésies : nous avons vu pourquoi Dieu les souffre; et, quelque grandes qu'aient été nos pertes, il n'y a jamais que la paille que le vent emporte. 11 faut qu’il en soit Jeté nu dehors , il faut qu'il en demeure au dedans ; Ü faut , dis-je , qu'il y ait de la paille dans l’aire du Seigneur, et des méchants dans son Église. Si l'amas en est grand, aussi sera-t-il jeté dans un grand feu. Cependant, mes frères, la paille croîtra toujours avec le bon grain : plantée surin même terre, allacliée a la même tige, ev'hauffée du même soleil, nourrie par la même pluie, jeU‘e rii foute dans la même aire, elle ne sera point portée au même grenier : rendons-nous donc le bon grain de Jéstis-Christ.Que nous servirait d'avoir été dans l'Église, et d'en avoircni les promesses, si nous nous trouvions à la lin (ce qu'à Dieu ne plaise) dans le feu où brûleront les hérétiques et les impies? Plutôt attirons-les, par nos bons exemples, à l'unité, à la vérité, à la paix : et pour ne laissersur la terre aucun inlidele par notre faute, goûtons véritablement la sainte parole, faisons-en nos chastes et immortelles delices : qu’elle parais.se dans nos mœurs et dans nus pratiques. Que nos frères ne pensemt pas que nous les détournions delà lire et delà méditer nuit et Jour; au contraire, ils la liront plus utileiiKiatet plus agréablement tout ensemble, quand, pour la mieux lire, ils la recevront des mains de l'Église catholiquebiencntendue et bien expliquée, selon qu’elle l'a lottjours été. Ce n’est pas les empêcher de la lire, que de leur apprendre à faire cette lecture avec un esprit docile et soumis, pour s'en servir sans ostentation et dans l’esprit de l'Église, pour la réduire cnpratique, et prouver par nos lionnes œuvres, comme disait l’apùlre saint Jacques', que la vraie foi est en nous.

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