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panile , nous n’avons poinl 5 examiner des arguments trop subtils , où le peuple tie comprend rien ;
Pi Tauteurse va renfermer dans les vérités dont tout le monde est capable. Il répète dans le corps du livre* ; ,\ous n’érrirons j>a:s fwur tes sarants, tr/^p versés dans cette matière pour y recevoir instruction; mais pour un peuple qui a perdu ses livres et t' habitude de parler de ces matières, et d en entendre parler. On lui va «lonc composer un livre » où II retrouve ce qu’il a perdu de plus simple, de plus nécessaire et de plus clair dans les autres. Les savants et les curieux ne sont point appelés à cette dispute : c’est aux peuples qu’on veut montrer la voie du salut, dans les avantages que Jésus-Cnnsl a promis à leurs pasteurs, afin de les diriger, sans péril comme sans discussion, dans les voies de la 1 vérité et du salut élerml. Comme ma preuve dans ■ «e dessein doit être formelle et précise, le peuple le | plus ignorant la doit voir sans beaucoup de peine; ,
mais en même temps sîles réponst»s du ministre ne |
sont manifestement que de vains détours, elles ne feront que montrer à Tccil la faiblesse de la cause . qu’il veut souti'iiir. Refuser une ou deux lieurc.s de temps, ou quelque \m\ davantage, si la chose ^ demandait , à la considération d’un passage de l hvaiigile,dont le sens est si aisé à entendre, et dont le fruit sera la décision de toutes les controverses, ne serait-ce pas à la fois vouloir s'opposer à son salut éternel, à la gloire de Jésus-Cbnst, à la vérité des promesses qu’il a faites en termes si clairs à son Eglise et à ses pasteurs ? ...
Des le premier chapitre du livre iv ’ , le ministre croit révolter contre moi tous les esprits, en disant : « M. de Meaux réduit tout à un seul point « de connaissance, qui est l’autorité de l Eglise.
• Tout dit-il , consiste à bien concevoir six lignes . de l’Evangile, où Jésus-Christ a promis en ter-
• mes simples, précis, aussi clairs que le soleil,
■ d’être » tous les jours avec les pasteurs de son Église jusqu’à la fm des siècles L î.e ministre s'écrie ici :• Dieu^idonc grand tortd avoir fait de SI gros
• livres et de les avoir mis entre les mains de tout . le monde. Six lignes: que dis-je, six lignes? six . mots gravés sur une planche à Rome auraient lève
• toutes les diflicültés, puisqu'il devait y avoir a « Rome une succession d’Iioinmcs imanlibles , et « qu'il n’y a point (le curé dans l'iïglisc qui puisse . changer sa doctrine. • N'embrouillons point les matières. Il ne s’agit ni de Rome, ni de l'infaillibilité de ses papes , dont le ministre sait bien que nous n’avons jamais fait un point de foi , ni de celle que le ministre veut imaginer que nous donnons aux curés et aux pasteurs en parlioulier ; il est que.stion de savoir si la sagesse de Jésus-Cbrist est assez grande pour renfermer en six lignes de quoi trancher tous les doutes par un principe commun et universel. Qui osera contester à Jésus-Christ cet avantage? • Mais, dit-on, si tout e.st réduit ,i six • lignes , Dieu a donc grand tort d’avoir fait de si
’ I, C. î, n‘ I. P- 12S. — . ï*ynl- 11, be. Iv , u" 13. P S(>a. — ■ Miilih. ixvu, 20.
• gros livres: .commequi dirait : .Si après avoir récité deux préeeptes de la rliarilè , qui n’ont pas plus desix lignes, Jésus-Christ a prononcé qu’rn cm deux préerp/es, c’est-à-dire, dans ces six lignes, ééaif Tenftrmée toute la loi et les prophètes ■ : si s.3int Paul a poussé plus loin ce mystérieux abrégé , en disant que tout était eompris dans ce seul mot, diliges, etc.* ; pourquoi fatiguer le monde 5 lire ces gros livres des F.eritiires.et oldiger les prophètes à multiplier leurs prophéties? Si, eoiiformément à cette doctrine, saint Augustin a enseigné que rCeriture ne eonimandc que la charité et ne défend que la convoitise, pourquoi mettre tant de grands volumes entre les mains des fiilèles? Comme donc Dieu a I donné un abrégé de tonte la doctrine des mœurs,
I qu’il a comprise en six lignes, ainsi Jésus-Christ , en a donné un pnur ce qui regarde la foi , en^ comprenant dans six lignes toutes les voies qui nous ! mènent à la vérité, et ne demandant autre chose j sinon que l’on reçoive les enseignements qui se trouveront perpétués dans la succession des pas-
[ leurs, avec qui Usera /orw /es 7'o»rj, depuis les apô-
! très jusqu’à nous et jusqu’à tafia du monde.
I II ne faut donc pas s’étonner que Jésus-Christ I ait rcnferiiié en six lignes tant de sagesse, et le remède de tant de maux. Au reste, ce que ce ministre trouve si étrange , n'est pas seulement accordé par les catholiques, mois encore par les protestants. Je n’en connais point parmi eux de plus éclairé qucBullus, prêtre protestant anglais, le défenseui invincible de la divinité du Fils de Dieu , et de la foi de Ricée, contre les sociniens. à qui il oppose, en ces termes, l’autorité infaillible du concile de Nicée : . Si, dit-il’ , dans un article principal , on . s’imagine que tous les pasteurs de l’Église auront . pu tomber dans l’erreur et tromper tous les fidè- . les, comment pourrait on défendre la parole de
• Jé.siis-Clirist , quj a promis à ses apôtres , et en . leurs personnes à leurs successeurs , d’élre tou- « jours avec eux? Promesse, poursuit ce docteur,
. qui ne serait pas véritable ; puisque les apôtres ne . devaient pas vivre si longtemps, n’était ([ne leurs
• successeurs sont ici eompris en la personne des
• apôtres mêmes. « Voilà donc monifcslement l’Église et son concile infaillible, et son infaillibilité établie sur la promesse de Jésus-Christ entendue selon nos maximes. Si l'on dit que c’est là produire en témoignage un particulier protestant , qui parle contre les principes de sa religion , c’est ce qui fait voir que ce n’est pas nous qui inspirons de tels sentiments, mais qu’on les prend dans le fond commun du chrisliaiiisme, quand on cninb.it n.iturellement pour la vérité, comme faisait ce savant auteur contre scs ennemis les plus dangereux.
Mais ce n'est plus un pnrlieulier, c'est tout un synode, qui oppose aux remontrants, lorsqu’ils rejetaient l’autorité des synodes qu’on assemblait contre eux : que . Jt^us-Chrisl , qui avait promis . à ses apôtres l’esprit de vérité, avait aussi promis . h son Eglise d'être toujours avec elle ; ■ d'ou il
. XXII, io. - * ttom. xiii, 9.— * Unit. Sic.
prois»*. B* I.
siin u:s puomkssf:s de l’éguse. sso
lire rpîte consp«liipnre : ijuc « lorsqu'il s’assemblc- « rait, de plusieurs pays, des pasteurs, pour déei>
• der, selon in parole de Dieu , ce <(u'i! faudrait en- « sei;:ncr dans les Églises, il fallait avec une ferme « cohüniK'e se persuader que Jésus-Christ serait « avec eux selon sa promesse*. ■ C'est un synwie qui parie; il iiVst que provincial, Je l'avoue: mais il est lu el approuvé par le synoiteüe Dordreel, où toute la reforme était assrmldée, sans en excepter aucun pays; en sorte qu’on l’appelait le synode comme vecumémque de Dordreel. Qui leur inspirait ce lançage, si contraire aux maximes de leur religion.^ D'où leur venait cette ferme conliance : confiance selon la promesse^ et par conséquent , Sflon l’expression de saint Paul *, confiance selon la foi, plus inébranlable que les fondements de la terre, quoique soutenue du doigt de Dieu.’ C'est que les hommes se trouvent souvent imprimés de certaines vérités fortes qu’ils ne suivent pas. Us posent le principe; ils ne peuvent soutenir la conséquence. Les philosophes connaissent le pouvoir immense de Dieu : ils n’ont pas la force de l’adorer, el se perdent dans leurs pensées. I.e Juif croit Michée, qui lui annonce la venue du Christ dans Uethlmn^; il u’a pas le courag* de s’élever à sa naissance éternelle avec le même prophète. iSolre ministre demeure d’accord qu’il « ne faut jamais quitter I L- « glise de Dieu. Où est, dit-iH, l'iioimne assez
* fou , pour contester qti’on iic doive toujours de- ■ meurer dans l’Église de Il vaudrait autant - jlcmandcr s’il est permis d«^ se damner. •* Voilà de belles paroles, mais qui s'en vont en fumée et se réduisent à rien, si l’on ne fait qu'éluder toutes les expressions des promesses faites à réatlise, pour e;i venir à conclure qu'on se peut saucer dans le srAi.«mc^, loin de vouloir demeurer dans l’Église de Dieu, comme la suite le fera paraître.
Mais il faut considérer d'abord comme le ministre incidente sur chaque parole des promesses de Jrsus-Chri>l. Répétons-les donc encore une fois; el n'oublions pas, sur toutes clioses, qu'elles commencent par ces termes, qui sont i’àme et le soutien de tout le discours : Toute puissance m'esi donnée dans le ciel et dans la terre; ce qu’il continue en celle sorte»: /filez donc avec la foi et la certitude que doit inspirer untel sevours‘^allez,enseignez lesnations^ et les baptisez an nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je mus al commandé : et voilà, Je suis avec vous, par celle toute-puissance à laf|uelle rien n’est impossible, je dis- je, aoec oons;j‘tj suis tous les
jours jutqnala jin du monde^. Osez tout, entreprenez tout , allez par toute la lerrey atuquer toutes les erreurs ; ne donnez de bornes à votre entreprise ni dons les lieux ni dans les temps : votre parole ne sera jamais sans ciieX. : je suis avec cous; le monde ne pourra vous abattre : le temps, ce grand destructeur de tous les ouvrages des liommes, ne vous anéantira pas;;"c suis avec vous, moi le Tout-Puis-
• Syn. Delph. Jet. Dnrd.p. 66. — * Rom. iv, la, 16, I» , *0, tte. — > MirH. v, * .4v€rt. n. 3. — * Ci-deuout.
« Nalih. XXVIII, IH, 19, 30.
sant, liés niijourd'hui , tous les jours, et jusqu'à h fin du monde.
Ces paroles portent la lumière jusque dans les cccurs les plus ignorants ; embrouMIoris-ies donc, disent vos ministres. C'est ce que va entreprendre, avecpUisd’adressequejaniais, celui qui m'attaque; et voici par où il commence : « M. de Meaux , qui sou- « tient que CCS deux mots, Je suis avec vous, sont
• simples, précis, clairs comme le soleil, et qu’ils « n'nntbesoind'aucun commentaire, est obligéd’y en « faire un . dans lequel il insère ses préjugés, et fait ■ dire à Jésus-Christ ce qui lui plaît*. » Voyons, lisons , examinons s'il y a un seul mot du mien dans ce qu'il appelle mon commentaire. » Il y trouve (M. « de Meaux) une Église toujours visible, comme « une chose qui est sortie avec emphase de la bou- > che de Jésus-Christ. « Laissons l’empliase qu’il ajoute, et voyons si j’explique bien les paroles du Fils de Dieu : ■ Il ne faut pas demander (c'est ainsi , « dit-il, que M. de iWeaux fait parler ce divin Maî- " tre) si le nouveau corps, la nouvelle eongréga-
• tion. c'est-à-<lire, la nouvelle Église que je vous « ordonne de former, sera visible, étant, comme
• elle le doit être, composée de ceux qui donnent « les sacrements et de ceux qui les reçoivent. Ce- « pendant, |>our.suit le ministre, Jésus-Christ n’a
• rien dit de semblable. > H n'a rien dit de sembla-
ble, mes frères.’ L’a t-on pu penser, que la distinction expresse de ceux qui enseignent et de ceux qui sont enseignes , de ceux qui bapti'^ent et de ceux qui sont baptis<>s, n'etU rien de semblableà une Église visible? A quoi donc est-elle semblable? A une Église invisible? fausseté saute aux yeux. La prédication de la parole est comprise, en termes formels, sous celte expression, l’admi-
nistration des sacrements n’est pas moins évidemment contenue sous le baptême , qui en est la porte : ce sont là les caractères propres et essentiels qui remlent l'Église visible : tous les chrétiens , sans en excepter les protestants, l’entendent ainsi. Cest donc ici une chose qui non-seulement est semblable à l'Église visible, mais qui est l’É^glise visible elle-même.
Passons, et écoutons le ministre. « M. de Meaux « trouve encore ici l’Église composée de toutes les « nations , jusqu'à la fin des siècles *. » Eh! de quoi sera donc formée, d'où sera tirée, de qui sera composée cette Église , dont les pasteurs ont reçu cet ordre : Jllez par tout le monde, prêchez l'Évangile à toute créature ’ : el encore, allez, enseignez toutes les nations direz-vous, il n’exprime pas que
l'Église, qu’il a désignée par ces paroles , sera Jusqu'à la fin composée de toutes le^ nations. >'on, sans doute : il ne dit pas, non plus q'je moi, que tontes les nations y seront toujoims actuellement rassemblées; mais les apôtres et leurs successeurs ne cesseront de prêcher et d’annoncer l’Évangile à toutes les nations, au sens que saint Paul disait, après le Psalmisle : Le bruit que/ait leur prédicat
• r II, r IV,C. 3, B.3,p. 5û9. - » Ibid. —•Mure. liT, IS. — • Matth. XXTIM, 19.
II* INSTRUCTÏON PASTORALK
ffnn (r(*lle dfs apdiros ) rfifmiif par toufe la frrre , et la rolx s’en fait entendre par tout l’unlrers ‘ ; et encore ; foire foi exl annoncée ;wr tout le mnnde*\ et encore : ffrangile est parrenu jusqu’à mus, comme U est dans tout Cunirers , et y fructifie, et y croit, comme parmi vous Il ne lüt pa55 que tntit le monde doive croire à la fois : Cet ï>angile doit être prêché ou sera prêché (succes- 5tvement)/>ar toute la ferre, en témoignage à toutes les nations; et après ciendra la fin *. CVst Jésiis- Clirist même qui parle » et il donne à son KuUse le terme de la lin de l’univers, pour porter à toute la terre la lumière de rRvansîle.
Mais tous croiront-ils? Non, répond saint Paul * : Tous n'obéissent pas à l’ÈtangUe, selon que dit Isnle : Seigneur, qui croira les choses que nous avons ouïes ? Mais je dirai : iV ont-ils pas oui 7 puisqu'il est écrit : Le bruit s'en est fait entendre par toute la terre. S’il yo des particuliers qui ne croient pas à Tfivangile, qui doute qu’il n’y ait aussi des nations, puisqu'on en trouve même, à qui Cesprit de Jé.sus ne permet pas de prêcher ® , durant de certains moments? Allez donc cliicaner saint Paul, et Jésus-Christ même, et alléguez-leur la Chine, comme vous faites sans cesse, et , si vous voulez, les terres australes, pour leur disputer la prédication écoutée par toute la terre- Tout le monde, malgré vous, entendra toujours ce langage |M)pulairequi explique par toute la terre le monde connu , et dans ce monde connu une partie éclatante et considérable de ce grand tout-, en sorte qu’il sera toujours véritable que ce sera de ce monde que Tfeglisc denieurera toujours composée , et que la Hn du monde la trouvera enseignant et baptisant les nations, et recueillant de chaque contrée ceux que Dieu lui voudra donner.
Voilji ce commentaire clumériqne qu'on m’accuse de faire à ma fantaisie des promesses de Jésus-Christ; quand je n’allègue que saint Paul et Jésus-Christ lui-méme, pour les expliquer. Mais voici encore une autre partie de ce commentaire des promesses de rÉvangile : • M. de Meaux y • trouve une Église qui subsistera rangée sous un « ménïc gouvernement, c’est-à-dire sous l'autorité « des mêmes pasteurs; ■ à quoi le ministre ajoute, en insultant : ■ simple ne voyait point cela dans « le texte de saint Matthieu 7 : « comme qui dirait , lié simple n'y voyait pas que le troupeau serait gouverné par les enseignements des apôtres, à qui il est â'itiJllez, enseignez, leur apprenant a garder tout ce que je vous ai commandé. T^e simple ne voyait pas que c’est là le gouvernement ecclesiastique ; le simple ne voyait pas que toute l’autorité des pasteurs devait corîsister à donner les sacrements , ou bien à les refuser aux indignes , selon qu’ils écouteraient ou qu'ils n'écouleraient pas la prédicationdeleurspasteurs;ce que ce même ministre conclut enfln par cette amère raillerie : > Le peuple « ne voyait pos toutes ces choses : il avait besoin d’un
* Boih. X .te. — » — » Col. I, fl. — • MoUh. ixiv,
U. “ * Hom. \, 16. — » /écl. XVI, 6,7. — ’ T. U, p. 669.
« autre soleil (c’est-à dire de M. de Meaux) pour « l’éclairer, el|H)ur lui découvrir ce qui est plus clair *• que le soleil • Il fallait un nouceau soleil pour apprendre au petiple . que partout où il y a prédication, sacrement, gouvernement ecclésiastique, il y a une Église visible à qui appartiennent les promoscs, puisque c’est à elle, en termes formels, qu'elles sont adressées par le Sauveur du inonde.
ÎMais croûtons encore où le ministre se réduit : « Pesons, dit-il ». toute.s les paroles de Jésus-
• (Christ, comme .M. de Meaux les a pesées, et « par ce moyen nous en découvrirons le sens et
• la vérité. • C’est lu, mes frères, ce que je prétends; et puisque votre ministre le prétend aussi, c’est pour lui que je vous demando une audience particulière.
« Premièrement, M.de Meaux liome cette pro- ■ messe aux pasteurs de son Église, quoiqu’elle « soit commimu à tous les tideles, avec lesquels > Jéstis-Chnst sera jusqu’à la consommation des " siècles. • Il produit saint Hilaire cl saint Chvsostùine, et se donne la peine de prouver ce que personne ne contesta jamais. Quand j'ai dit que la promesse de Jésus-Christ s’adressait dirccicment aux pasteurs, j’ai pour garant Jesus-Christ, qui leur dit lui même, enseignez et baptisez. Il parle donc direc'ternenl à ceux (|u’il a préposés à la prédication et à l’administration des sacrements. Mais tout cela est fait pour le peuple : Tout est a vous, dit saint Paul soit Paul, soit i'éjyhas, soit MfUillon. Nous ne sommes que les inini.stres de votre salut, dont la dispensation nous est commise. Jcsus-Ciirist e.st avec les npdtres pour le prolU des lidètes, les fidèles sont donc roinpris dans la promesse :/cro«j dit-il <,7«on Père, non-seulemcnl pour ceux-ci , c'esl-.'wlirejKUir mes apôtres, mais encore pour tous ceux qui croiront en moi parleur jmrofe. On voit qu’il (iric pour les fidèles, en les attachant aux apdtres. On n'a pas besoin d'alléguer saint Hilaire ni saint Chrysostôme; la chose parle d'elle-niême; et le profit des fidèles sous le ministère marque clairement la part qu’ils ont à la promesse, encore qu’elle se trouve directement adressée,! leurs pasteurs, comme il fallait pour établir l’autorité aussi bien que l’éteriiité de leur ministère.
Écoutez donc les paroles, et prenez l’esprit et l’intention des promesses de Jé^u.s-Clirist : Je suis avec vous, qui enseignez, qui administrez les sacrements, et qui gouvernez parce moyeu le peuple fidèle : Je suis avec vous, et votre ministère subsistera : Je suis avec vous, et je bénirai ce ini nistère : il sera saint et fructueux, et ne cessera jamais de l’être, parce que je promets, moi qui peux tout; et ma promesse immuable sera tout ensemble l’objet et le soutien de la foi.
Ne croyez donc pas qu’il ne promette que l’extérieur du ministère : c’est bien ce qu’il exprima
' T. Il, p. SCI». — • taia. fl. 4, p. MO. — > /. Cor. ni, M. —
• Joan. XV5I, îo.
SUR UES PROMESSES DE LÊGLISE
nommément dans sa projnesse; mais IV ffct intérn-iir, les grûcfs inttriiures y sont oltuchées cl renfermées, parce que Jésus-CI»rist est toujours présent pour donner eflieace à sa parole et à ses sacrements, comme il sera plus amplement expliqué en son lieu.
ministre poursuit en celle sorte : Jésus- « Christ, le meilleur de tous les inlerprctcs , a fait « la même promesse aux laïques (qu’aux pasteurs) , t en leur disant qu'ils demeureront en lui , et lui en
• eux. l/union est intime., réciproque, et marque
• une durée éternelle. (>[>cndaiit , (pioique Jesus- « Christ aitpromisauxlidele.suneuiiion éternelle, M. « de Meaux ne voudrait pas soiilenirqueles laïques
• auronltoujoursune lumière éclatante et une con- . naissance pure de la vérité : et lui qui nous fait
• un si grand crime de la justice inamissible et de
• la persévérance des saints, devrait avoir conclu -que si Dieu, malgré sa promesse de, demeurer « dans les saints, les laisse tomber dans le crime,
• et du crime sous la puissance du démon, il peut
• aussi laisser son Église dans l’erreur et le vice,
• maIgTécette parole:Je suis acecvoiu'.
H ne faudrait point mêler tant de choses , si l’on voulait éclaircir philùt qu’embrouiller la question. Surtout il ne faudrait point confondre ensemble la doctrine de rïnamis.«i/vi7ï/é rfe /a Justice avec cette (le la f>crsévérance des saints, ni avancer, ce qui n’est paSî que: je fais un crime de l’une comme de l’autre. La doctrine de la persévérance n’a jamais été révoquée en doute : celle de rinamissibilité de la justice est particulière aux calvinistes ; et par le peu qu’en dit notre ministre, on doit sentir qu’elle e.st impie. » L’union, dll-il >, que Jésus-Christ pro-
• met aux laïques est intime, nnjiproque, et d’une
• éternelle durt^; néanmoins, malgré sa promesse
- de demeurer dans les saints, il les laisse tomber > dans le crime, et sous la puissance du démon;
- ainsi le laïque enqui Jé.sus-Cijri.sl demeure, avec « qui son union est intime , réciproque, et d’une
• cternelle durée, • est en même temps dans le crime, et sous la puissance de l’enfer. En faiidrait-il davantage pour quitter une religion où l’on enseigne des absurdités, disons, des impiétés si manifestes?
T/application de l’auteur aux promesses faites h l'Église n'est pas moins étrange; et il faudra dire que parla méineraison qu’un particulier peut être, dans le même temps, uni intimement à Jesus-Christ et sous la puissance du deinon, parcelle même raison la société des pasteurs se trouvera parlVrreur,parla corruption, et enfin en toutes inanicres , sous la puissance des ténèbres ; pendant que tous les jours, sans interruption , Jésus-i'hrht sera arec elle. Quelle convention y aura-l’ il doue avec Jésus-Christ et /iêliaP ? et la réforme est-elle venue pour les concilier ensemble?
Ouvrez les yeux , mes chers frères , et voyez que l’on vous amuse, non-seulement en vous proposant des questions Iiors de propos, mais encore
' 7. 56**. — * Ibiil. — ^ 11. Cor. VI, I5.
en sauvant une erreur par une autre, au Heu de les condamner toutes d*>ux. Dieu n'a promis à aucun des saints qu’iV ne perdrait jamais la justice ni l'union intime avec lui, comme l’ont perdue, du moins pour un temps , un David , un .Salomon , un saint Pierre. Dieu n'a promis à aucun des saints, comme il a fait à l’Église entière , d’^^rc avec lui c’est-à-dire sans la moindre interruption, et jusqu'à la fin des siècles: Je tennede la fin des siècles , qu’il donne à son assistance , dé> noie l’Église telle qu’elle est en ce monde, visible par toute la terre, à qui il donne pour caractère de sa visibilité la prédication et les sacrements, et lui promet de Ki conserver tous les jours en cet état, tant que Punivers subsistera. A-t-il dit quelque chose de semblable de son union avec aucun saint particulier? Ecoulons : Cous êtes purs encore , dit le Sauveur' ; demeurez en mai et moi en vous ; tant que vous serez en moi , je serai en vous : est-ce à dire » vous y serez toujours? Point dli tout, puis* qu’il vient de dire : fous êtes encore purs; pour insinuer qu’ils cesseraient bientôt de l’élre, leur chef en le reniant, et tous en tombant dans l’incrédulité pendant le scandale de la croix. Il poursuit: Qui demeure en moi et moi en lui, portera beaucoup de fruit * : qui en doute ? Mais voulait-il dire que pendant le temps de leur incrédulité ils dussent demeurer en lui et luien eux; et porter des fruits de vie éternelle , pendant qu'au contraire ils ne produisaient que des fruits d’incrédulité et de mort ? Le disciple bien-aimé prononce: Dieu est amour : et ainsi quiconque demeure dans Camour, demeure en Dieu et Dieu en lui ■*. (Jui ne le sait pas ? On y demeure en effet tant (|u’on aime d’un vrai amour. Est-ce à dire qu’on aime toujours, et qu’on démeure toujours en /J/eu sans aucune interruption, même en reniant, en maudissant, et en jurant qu’on ne connaît pas Jésus-Christ? Qui osera prononcer un tel blasphème? Reconnaissez donc, encore un coup, que les passages qu'on vous allè^ie n’ont rien de commun avec celui dont il s’agit, où Dieu promet, sans réserve ni restriction, à son Église visible , à la communion des pasteurs et des troupeaux, d’être avec elle Ions les jours, et que le monde périra avant qu’il les abandonne.
Et remarquez, nies chers frères, que Je ne vous jette ni dans des discours inutiles ou d’une grande recherche , ni dans des questions ou subtiles ou étrangères : seulement je pèse avec vous, parole h parole, les promesses de Jésus-Christ, sans qu’il faille ouvrir d’autres livres que rÉvangile, ou que jusqu'ici il s’y trouve la moindre difficulté. Voyons si votre ministre en use de même.
« M. de Meaux, poursuIt-iM , applique la pro- « messe du Jésus-Christ uniquement aux pasteurs « et aux évêques latins. » On vous amuse, mes frères : je ne distingue dans la promesse ni Latins ni G recs , et j’y comprends également tous les pasteurs grecs, latins, Scythes et barbares, qui succé-
' jooH. XV, a, 4. — * Ibid. 6. - * /. Joan. nr, If. — ' T.
Il , n. s, p. Sfll.
Il* INSTHUCTION PASTORALE