SUR L'UTIUTK DES SOUFFRANCES
valsdésirs: Caroconcupiseitadversiutpiritum' : ; .Nul ne fait moins ce qu'il veut, "que celui qui
* Ua chair a des désirs contraires à ceux de l'es- | veut faire tout ce qu’il veut : car pendant que » prit. * Il faut craindre ccqui nous attire, pardon- chacun s'abandonne à scs volontés , elles se heurner ce qui nous irrite, souvent rejeter ce qui ; lent mutuellement; et pendant que je litche In nous avance, et nous opposer nous-mêmes aux bride à ma volonté, je me trouve arrêté tout accroissements de notre fortune : car les moyens , court par la volonté d'autrui , qui n’est pas moins légitimes ordinairement sont bien lents, la voie | violente. « llest plus aisé à ceux qui aiment Dieu de la vertu longue et ennuyeuse ; mais aussi les « de retrancher leurs cupidités, qu'à ceux qui chemins abrégés sont infiniment dangereux. « aiment le monde de les rassasier quelquefois : •
Que les hommes aiment ici à être llattés ! ils Taies cupiditatcs facilita re se en ni tir in eis qui veulent que nous leur fassions un Evangile com- Daim diligunt, quam in eis qui munilum ditimode, qui joigne le monde avec Jésus-Christ. Ils gunt aliquando sntiantur' . Quiconque ne résiste consultent , ils font des questions sur la morale ' pas à ses volontés , il est injuste nu prochain , chrétienne. Tant que nous nous tenons sur les ! incommode nu monde, outragctix à Dieu , pénlmaximes générales de ta régularité, ils écoutent , ble a lui-même. Modérons-les donc plutôt dans tranquillement : que si l’on vient nu détail ; si l’on i la source même : que ce soit plutôt In raison qui commence à leur faire voir les obligations parti- retienne nos volontés précipitées, qu’une maleulières, si on leur annonce en simplicité les heureuse nécessité qui ajoute au désir d’avoir, salutaires rigueurs des voies étroites de l’Évan- la rage de n’avoir pas. Si la vertu est un fardeau , gile; si on commence à leur foire voir que ces celui que le monde impose est beaucoup plus moyens de profiter ne sont pas permis, que ce dur : et le joug de Jésus-Christ n’est pas seulccommerce est pernicieux, et que - qui aime le ment le plus honnête, mais encore le plus doux - péril y périra * ; » que ces grands divertissements et le plus léger : Onus meum levé qui semblent innocents sont très-dangereux, Mais pendant que vous vous ferez à vous-mêparcc qu’ils emportent une étrange dissipation qui mes une sainte violence pour mortifier en v ous fa il que l’homme s’éehappeà lui-même ; et qu’en- les mauvais désirs et dompter vos passions dérétin il n’est pas permis au chrétien d'abandon- glécs; ne croyez pas, ô enfants de Dieu, que ce ner tout à fait son cœur, non-seufrment aux bon l’ère vous laisse en repos de son cêté. Autreplaisirs défendus; \cc nominentur in robis 1 : fois durant la loi de Moïse , il promettait les fruits
* Qu'on n'en entende pas seulement parler parmi de la terre à ceux qui marchaient dans ses eom-
«Vous; » mais même aux plaisirs licites, etc. mandements. Il n’en est pas de la sorte sous celui nous éprou vous tous les jours qu'on nous arrête , qui a dit dans son Évangile , que - son royaume qu’on nous détourne : on craint que uousn'enfou- n'est pas de ce monde *. • Au contraire, depuis eions trop avant : on cesse d’interroger, et on qu’il s’est livré lui-même à la mort, et à la mort appréhende de voir trop clair : Kl (iniebanl cuui de la croix , comme une victime volontaire, il interrogare de verbo hoc. veut que nous croyions, malgré tous nos sens,
- Celui-là , dit saint Augustin , est un véritable que les souffrances sont une grâce et les pcrsécu-
disclple de Jésus-Christ et de l’Evangile, qui tions une récompense. • Personne, dit le Fils de « s'approche de ce divin Maître , non pour enten- - Dieu , ne quittera les avantages du monde pour ■ dre ce qu'il veut , mais pour vouloir ce qu'il « moi et pour l'Évangile , qu'il ne reçoive le cen-
* entend : » Optimus ministre liais est, qui non • tuple des le temps présent, avec des persécunuigis intnetur hoc a le nudire t/uotl ipse ro/ue- » tions , et dans le siècle à venir la vie éternelle : • rit, sed potins hoc rcf/c qitotl a le nudierit E Ai- Qui non acripict cen lies tantum , nunc in trmmons donc qu'on nous mène par les sentiers pore hoc,...cum persreutionibus , et in futuro droits : laissons les voies détournées à ceux qui streulo vilain irtefnam 4. Pour la peine d'avoir ne craignent pas de hasarder leur éternité. [Al- I tout quitté, vous recevrez d'autres peines. Tous mous] ce qui abat le régne du péché, la tyrannie n'entendent pas cette parole; mais qui a des de la convoitise, ce qui fait vivre l'esprit. Si , oreilles pour écouter, qu'il écoute; qni a le ereur cette voie est pénible , consolons- nous , chrét iens : j ouvert à l'Évangile qu'il entende ces vérités , et la voie des passions ne l'est guère moins; elle ! qu'il adore leur salutaire r guenr. Oui , je le dis l’est même beaucoup davantage : ce n’est pas encore une fois , les grandes prospérités ordinaisculcment la raison qui les combat , elles se con- rement sont des supplices, et les châtiments tnrient les unes les nut res; le monde les traverse.
1 Pal. V, 17. 1 s. Auq. Bpùt. CCXX, ad Bonif. n° 0 , t. n, col. SIX
7 Un I. III, 37. 1 Malts. XI . 30.
1 Bphet. v , s. * Joan. xvlll , 30.
* LnnJ. lfb. x , cap. XXVI , 1 1 ( col lai. » Marc, x , 29 . 30.