DE MARIE-THÉRÈSE D'AUTRICHE
• toujours % • après avoir porté scs prétentions à | pareil , et d'un père qui sut conserver avec une ce que la grandeur humaine a de plus solide , ou grâce , comme avec une jalousie particulière , ce plutôt de moins ruineux , pousse ses desseins jus- qu'on appelle en Espagne les coutumes de qualité qu'à l'extravagance, et donne témérairement et les bienséances du palais : mais elle nimait dans des projets insensés, comme faisait ce roi su- mieux tempérer la majesté , et l'anéantir devant perbe ( digne ligure de l’ange rebelle) lorsqu’il Dieu , que de 1a faire éclater devant les hommes, disait en son cœur : * Je m’élèverai au-dessus des Ainsi nous la voyions courir aux autels , pour y
• nues, je poserai mon trône sur les astres, et je goûter avec David un humble repos, et s’enfoncer
• serai semblable au Très-Haut1. -Je ne me perds dans son oratoire, où, malgré le tumulte de la
• point , dit David , dans de tels excès; • et voilà cour, elle trouvait le Carmel d'Élie , le désert de l'orgueil méprisé dans ses égarements. Mais après Jean, et la montagne si souvent témoin des gél'avoir ainsi rabattu dans tous les endroits par missements de Jésus.
où il semblait vouloir s'élever, David l'atterre J’ai appris de saint Augustin que « l'àme attout à fait par ces paroles : « Si , dit-ll , je n'ai • tentive se fait à elle-même une solitude : • Gi-
• pas eu d'humbles sentiments , et qucj’aie exalté gnitenim sibi ipsa mentis inten ho solitudin e m
■ mon àmc: » Si non humiliter senliebam, sed Mais, mes frères, ne nous flattons pas; il faut exallavi animam meam ; ou, comme traduit savoir se donner des heures d’une solitude effecsaint Jérôme : Si non silerr feci animam meam : tlve , si l'on veut conserver les forces de l'éme.
• Si jen’ai pasfait tairemon âme : »slje n'ai pas C’est ici qu'il faut admirer l’inviolable fidélité imposé silence à ces flatteuses pensées qui se pré- que la reine gardait à Dieu : ni les divertissesentent sans cesse pour enfler nos cœurs. Et enfin ments, ni les fatigues des voyages, ni aucune oeil conclut ainsi ce beau psaume : Sicui ablactatus cupation , ne lui faisait perdre ces heures partiad mat mm suam , sic ab/actata est anima mea. culières qu’elle destinait à la méditation et à la
■ Monâmeaété, dit-il, comme un enfant sevré; ■ prière. Aurait-elle été si persévérante dans cet
je me suis arraché moi-même aux douceurs de exercice, si elle n'y eût goûté » la manne cachée la gloire humaine , peu capables de me soutenir, > que nul ne connaît, que celui qui en ressent les pour donner à mon esprit uue nourriture plus . saintes douceurs 1 ? > C'est là qu'elle disait avec solide. Ainsi l'éme supérieure domine de tous cô- I David : « O Seigneur, votre servante a trouvé son tés cette impérieuse grandeur, et ne lui laisse ' « cœur, pour vous faire cette prière I - Invenit dorénavant aucune place. David ne donna jamais sensu tutu cor suum *. Où niiez-vous , coeurs déplus beau combat. Non, mes frères, les Phi- égarés? Quoi, même pendant la prière vous laislistins défaits , et les ours mêmes déchirés de scs scz errer votre imagination vagabonde ; vos aminains , ne sont rien en comparaison de sa gran- bilieuses pensées vous reviennent devant Dieu ; deur qu’il a domptée. Mais la sainte princesse elles font même le sujet de votre prière I Pnrl’efque nous célébrons , l’a égalé dans la gloire d'un fet du même transport qui vous fait parler aux si beau triomphe. hommes de vos prétentions, vous en venez encore
Elle sut pourtant se prêter au monde avec toute parler à Dieu , pour faire servir le ciel et la terre ladignité que demandait sa grandeur. Les rois5, à vos intérêts. Ainsi votre ambition, que la prière non plus que le soleil , n’ont pas reçu en vain le- devait éteindre , s’y échauffe : feu bien différent clat qui les environne : il est nécessaire au genre de celui que David sentait allumer dans sa méhumain; et iis doivent, pour le repos autant que ditation*. Ah! plutôt puissiez-vous dire avec pour la décoration de l'univers , soutenir une ma- ce grand roi , et avec la pieuse reine que nous hojesté qui n'est qu’un rayon de celle do Dieu. Il était norons : ■ O Seigneur, votre serviteur a trouvé aisé à la reine de faire sentir une grandeur qui . son cœur! » J’ai rappelé ce fùgitlf, et le voilà lui était naturelle 4 ; elle était née dans une cour tout entier devant votre face, où la majesté se plait à paraître avec tout son ap- Ange saint5, qui présidiez à l’oraison de cette
1 Superbla forum qui te odorant ascendil Rem per. ( Psal.
t.ixw , M. ) mandA si, avant son mariage, elle n'avait point eu envie de
* Qui dioehas in corde tuo : Io rœlum conscendam ; super plaira à quelques uns des jeunes gens de la cour du roi son astraDri exaltabo solium meam.... Àacendam super altitudi- père : « Oh non, ma mère, dit-elle, U n’y avait poiol de nem nubium : similis ero Aitissiroo. (/sa. cap XIV, 13 , I*. ) rois. » ( Le prttideni Hênault. )
* On lit dans la première édition : « L« rois doivent erl 1 De divers, quxsl. ad sim plie. Ub. il , quatst- IV , I. vi, éclat à l'univers', comme le soleil lui doit sa lumière ; et , col. 1 18.
pour le repos du genre humain, Ils doivent soutenir une 1 Vincentidabo mannaab*conditum... et-.nomen novum.. majenlé , etc. » quod nemo soit, nisi qui accipit ( Apoe. cap. il, 17. )
* On ne saurait donner une idée plus juste des mœurs de * Invenit sers us tuu» cor suum ut oraret te oratioue bac. cette princesse et de U hauleur de ses sentiments , qu’en ( II. Reg. cap. tu, 37. )
rapportant une réponse qu'elle fit un Jour à une carmélite « Concaluit cor meum intra me : et in meditationc mea qu’elle avait priée de lui aider à faire son examen de cou- exardescet ignis. ( Ptal. xxxviil, 4. ) science pour une confession générale- Celte religieuse lai de- 1 Apoe, cap. vin, 3,