‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 135 sur 282 · LF. I.U.NU1 DK LA PREMIÈRE SEMAINE DE CARÊME. SUK L’AUMONE · texte numérisé non relu

LF. I.U.NU1 DK LA PREMIÈRE SEMAINE DE CARÊME. SUK L’AUMONE

Obligation , \ertu de l'auiodne : se» rapport» avec ce qui se pavsc dan* le Jugement. Effets de la mUericnrde divine dan» l’o uvre de notre sanctification : vraie manière de ritonoree: sacrifice qu’elle exige. Juste sujet de damnation dan» la dureté de oa*ur pour U» misérables *.

g un nu fi u non lecistu uni de minoribu» lus, ncc milii fe-

cislù.

Quand vous n 'avez pas secouru les moindres personnes

qui souffraient, c'est à moi que vous avez refuse ce

secours. Matlli. xxv, 45.

Quand le Fils de Dieu s'est fait homme, quand il s’est revêtu ne nos faiblesses, et qu’il « a passé, » comme dit l'apôtre *, par toutes sortes d’épreu- « ves, ii l'exception du péché; » il est entré avec nous dans des liaisons si étroites, et il a pris pour tous les mortels des sentiments si tendres et si paternels, que nos maux sont ses maux ; nos infirmités, ses inllrmités; nos douleurs enfin , ses douleurs propres. C’est ce que l’apôtre saint Paul a exprimé en ces paroles, dans ladivineépltre aux Hébreux : « Nous n’avons pas un pontife qui soit « Insensible à nos maux, ayant lui-mème passé par « toutessortes d’épreuves, a l’exception du péché, - à cause de sa ressemblance avec nous 3 * 5. » Et ailleurs, dans la même épltre : * Il a voulu, dit « l’apô *tre1, être en tout semblable à ses frères, • pour être pontife compatissant , » ut miscricors Jierel et fidelis pontife x apud Deum. Cela veut dire, messieurs, qu’il ne nous plaintpassculement comme ceux qui sont dans le port plaignent les autres,qu’ils voient sur la mer agitée d’une furieuse tempête; mais qu’il nous plaint, si je l’ose dire, comme ses compagnons de fortune, comme ayant eu a souffrir les mêmes misères que nous, ayant eu aussi bien que nous une chair sensible aux douleurs, et un sang capable de s’altérer, et une température de corps sujette comme la nôtre à toutes les incommodités de la vie et a la néccssitede la mort. Il a eu faim sur la terre ; et il nous proteste, dans notre évangile, qu’il a faim encore dans tous les nécessiteux : il a été lié cruellement ; et il se sent encore lié dans tous les captifs : Il a souffert et û a langui ; et vous voyez qu’il déclare qu'il souffre et qu'il languit encore dans tous les infirmes. De sorte,

1 Nous n’a von» d«*c»* sermon que le premier point. Il parai I

que l'ault-ur n’a pas rompoM- lit. autre» partir», »’éUint con-

trôlé ilr renvoyer, «Inns moi matui.v-rfl, a d'au Ire» srr nions re-

latifs * la mètiH- matière. ( Edit, de Hrj»ri*.)

5 Hebr, iv, 15.

1 lbnl

* Ilia. U, 17.

dltSalvien, que chacun n’endure que ses propres maux : il n’y a que Jésus-Christ seul, qui s’étant fait le père de tous, le frère de tous, l'ami tendre et cordial , et pour dire tout en un mot , le Sauveur de tous, souffre aussi dans tous les affligés, et mendie généralement dans tous les pauvres : Suhis tantummodo Chrislusest, qui in omnium pauperum universitale mendicel'.

li ne se contente pas, chrétiens, d'étre tendre et compatissant pour les misérables , il veut que nous entrions dans scs sentiments , et que nous prenions aussi ce emur de Sauveur pour nos frères affligés. C’est pourquoi nous ne lisons rien, dans son Écriture, qu’il nous recommande avec tant de force que la charité et l’aumône ; et nous ne pouvons nous mieux acquitter du ministère qu'il nous a commis, d’annoncer ses divins oracles , qu'en excitant ses fidèles à la compassion, par toute l’eflkace de son Saint- Esprit et par toute l'autorité de sa parole.

C’est pourquoi je me suis proposé, messieurs, de vous entretenir aujourd'hui de cette matière importante; et ayant pesé attentivement tant ce que nous en lisons dans notre évangile, que ce qu’il a plu ù Dieu de nous en révéler dans les autres parties de son Écriture, j’ai réduit tout ce grand sujet a trois chefs. Nous avons à considérer dans l’aumône, la loi de lacbaritéqui nousobligeà la faire ; l'esprit de la charité qui nous en prescrit la manière ; l’effet, la lin de la charité, qui est le secours actuel du pauvre. Il faut connaître l'obligation, lien faut savoir la manière, il en faut venir à l'effet. J'ai donc dessein de vous exposer dans quel ordre le Fils de Dieu a pourvu à toutes ces choses , et vous verrez , chrétiens , que de peur qu'on ne s'imagine que cet office de charité aoit peu nécessaire, il en a fait une obligation; que de peur qu'on ne s’en acquitte a vec des sentiments opposés aux siens, il enuréglé la manière; et que de peur qu’on ne s’en excuse sur le manquement des moyens , il a lui-méme assigné un fonds.

PREMIER POINT

L’obligation d’assister les pauvres est marquée si précisément dans notre évangile, qu’il n’eu faut point après cela rechercher des preuves; et tout le monde entend assez que le refus de faire l'aumône est un crime capital, puisqu'il est puni du dernier supplice : « Allez, maudits, au feu éter- . nel ; parce que j'ai eu faim dans les pauvres, et . vous ne m'avez point donné a manger ; j'ai eu . soif, et vous m'avez refusé à boire ■ : « et le reste que vous savez. C'est donc une chose claire , et qui u'a pas de difficulté, que le refusde l'aumône

1 Stitv. lit,. IV . mimtn. Avant. le*.

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