DUE A LA PAROLE DE JÉSUS-CHRIST. SKI
■ s'est soumis parla seule ouïe, » in audit 11 aurts fidélité de ses promesses. C'est ce qu’il a fait , obedint mihi‘. Et le Sauveur nous prêche dans chrétiens; et il y a travaillé principalement dans son Évangile , que • ses brebis écoutent sa voix , > sa glorieuse transfiguration. De quelle sorte et et qu’elles • le suivent » aussitôt qu’il parle : par quels moyens ; c’est ce qu'il faut vous propo-
Oves meœ vocem tneam audiunt... et sequuntur ser en peu de mots.
me'; afin , mes frères , que nous entendions que Saches donc et pesez attentivement que l'effet dans l’école du Fils de Dieu il ne faut point con- de ces trois paroles que le Fils de Dieu nous ansulter les sens, ni faire discourir la raison hu- nonce, est traversé par trois grands obstacles, mainc, mais seulement écouter et croire. Vous nous enseignez, 6 Maître céleste, et rien
Je ne m’étonne donc pas aujourd'hui si Dieu n’est plusassuré que votre doctrine ; mais elle est fait retentir, ainsi qn’un tonnerre, aux oreilles obscure et impénétrable , et l'esprit a peine à s’y des saints apôtres, cette parole que j’ai rappor- soumettre. Divin Législateur, vous nous commantée : • C'est ici mon Fils blen-aimé , dans lequel dez, et tous vos préceptes sont justes; mais cette « je me suis plu ; éeoutez-le: » ipsum audite, c'est- voie est rude et contraire aux sens, et il est mnà-dire, qu’après Jésus-Christ il n’y a plus de ro- laisé de s'y ranger. Enfin vous nous promettez cherche à faire : A obis curiositate opus non est des biens éternels, et il ir'y a rien de plus ferme posl Christum Jesum, nec inquisitione post que vos promesses ; mais que l'exécution en est Jivangelium, dit le grave Tertullien5. Ce divin éloignée I vous nous remettez à la vie future, Maître nous ayant parlé, toute la curiosité de l’es- et notre âme est fatiguée par cette attente. Voilà, prit humain doit être à jamais arrêtée ; et il ne mes frères , trois grands obstacles qui nous empéfaut piussonger qu’à l’obéissance : ipsum audite ; chent d'écouter le sauveur Jésus f et de nous sou- « écoutez-Ie. » Mais afin que vous sachiez mieux mettre à sa parole : sa doctrine est certaine , mais ce que signifie cet oracle, et pourquoi le Père cé- elle est obscure; ses préceptes sont justes, mais leste a voulu nous le prononcer dans la glorieuse difficiles ; ses promesses , infaillibles , mais fort transfiguration de Îiotre-Seigneur Jésus-Christ, éloignées. Chrétiens, allons au Thabor pour y remarquez, s’il vous plaît , avant toutes choses , voir Jésus-Christ transfiguré; considérons qui qu’il nous a envoyé son Fils pour nous apporter l’y accompagne , de quoi il y parle, comme il y trois paroles qu’il est nécessaire que nous écou- parait. Moïse et Élie sont à ses côtés ; c’est-à-dire, tions : la parole de sa doctrine qui nous enseigne si nous l'entendons, que la loi et les prophètes ce qu'il faut croire; la parole de ses préceptes lui rendent hommage. Un maître en qui il parait qui nous montre comme il faut agir; la parole tant d'autorité, quoique sa doctrine soit obscure, de ses promesses qui nous apprend ce qu’il faut mérite bien qu'on l’en croie sur sa parole : ipsum attendre. audite . Mais de quoi s’entretient ce divin Sou-
Le vieil homme a cinq sens; l’homme renou- veur avecces deux hommes que Dieu lui envoie ? vêlé n’a plus que l’ouie : il ne Juge point par la " De sa mort, dit l’évangéliste, et du supplice vue; Dieu lui a en quelque sorte arraché les yeux : ■ cruel qu’il devait souffrir en Jérusalem : ■ ïhee-
!Son contemplantibus no iis quœ videntur * : bant excessum ejus quem comptelurus erat in • Nous ne considérons point les choses visibles : > Jérusalem'. Chrétiens, ne parlons plus des difni le toucher, ni le goût ne le règlent; il lui est flcultésdes choses qu’il nousacommandées, après seulement permis d’écouter, et cette liberté est que nous voyons les travaux pénibles de celles restreinte à écouter Jésus-Christ tout seul : et qu’il a lui-même accomplies. Enfin il parait, nous encore doit-il l'écouter, non pour examiner sa dit l’Écriture, plein de gloire et de majesté, et doctrine , mais pour le croire simplement sur son il nous donne comme un avant-goût de la félicité témoignage. Car comme l’esprit humain s’éga- qu’il nous prépare. Par conséquent ne nous plairait dans ses jugements par son Ignorance , dans gnons pas que la gloire qu’il nous promet soit si ses mœurs par ses désirs déréglés, dans la re- éloignée , puisqu’il nous la rend déjà en quelque cherche de son bonheur par ses espérances mal sorte présente. Que reste-t-il donc maintenant, fondées; pour donner remède à de si grands sinon que nous entendions le Père éternel qui nous maux il fallait que ce divin Maître entreprit de avertit d’écouter son Fils : ipsum audite ? Écouformer notre jugement par la certitude de sa doc- tons humblement ce divin Maître ; écoutons sa trine, de diriger nos mœurs dépravées par l’équité doctrine céleste , sans que l’obscurité nous arrête; de ses préceptes , de régler nos prétentions par la écoutons ses commandements , sans que leur dif-
' ■ flculté nous étonne ; enfin écoutons ses promes-
■ î™.™! 37. ses , sans que leur éloignement nous impatiente.
* Df Prtficr. adv. Httrvt. n" ».
« II. Tor. iv, IB. * 1 Imc. ni , 31.
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SUR LA SOUMISSION
C’est ce que je me propose de vous faire entendre avec le secours de la grâce.
résulta point.
La première chose , mes frères , que le Père éternel exige de nous, lorsqu’il nous ordonne d'écouter son Fils, c'est que nous soyons convaincus que, sur toutes les vérités qu'il est nécessaire que nous connaissions, Il s’en faut rapporter à ce qu'il en dit, et l'en croire sur sa parole sans examiner davantage. C'est ce qu'il nous faut établir comme le fondement immuable do toute la vie chrétienne : et pour cela supposons , messieurs, une chose connue de tous, qui nous donnera de grandes lumières , si nous en savons comprendre les suites; que les hommes peuvent parvenir à la vérité en deux manières différentes : ou bien par leurs lumières , lorsqu'ils la connaissent eux-mêmes ; ou par la conduite des autres, lorsqu'ils en croient un rapport fidèle. C’est une chose connue, et qui n'a pas besoi# d'explication; mais les suites en sont admirables, et je vous prie de les bien entendre.
Et pour commencer, chrétiens , à développer ce mystère, je dis qu’il n’appartient qu'à Dieu seul do nous conduire à la vérité par l'une et par l’autre de ces deux voies. Non, les hommes ne le peuvent pas ; c'est folie de l'attendre d’eux. Celui qui entreprend de nous enseigner, doit, ou nous foire entendre la vérité , ou du moins nous la faire croire. Pour nous la faire entendre, Il faut nécessairement beaucoup de sagesse; pour nous la faire croire, Il faut beaucoup d'autorité : et c'est ce qui ne se trouve point parmi les hommes. C’est pourquoi Tertulllen disait dans cet admirable Apologétique: Quanta est prudenlia hominis addemonstrandum qirid ocre bonumP quanta auctoritas ad exigendum ' ? « La pru- . dencc des hommes est trop imparfaite pour dé- ■ couvrir le vrai bien à notre raison ; et leur au- • torité est trop faible pour pouvoir rien exiger de « notre créance. » La première, c’est la prudence, est peu assurée ; et la seconde , c'est l'autorité , peu considérable. Tamillafalli/acilis, quant istacontemni. Parconséquent nous devons conclure qu'il ne faut pas attendre des hommes la connaissance certaine de la vérité; parce que leur autorité n'est pas assez grande pour nousla faire croire sur ce qu'ils en disent , et que leur sagesse est trop courte pour nous en donner l’intelligence.
Mais ce qui ne se trouve point parmi les hommes , il nous est aisé, chrétiens , de le rencontrer en notre Dieu ; et vous le comprendrez aisément, si vous considérez avec attention comme il parle différemment dans son Écriture. Il pratique , ce