‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 141 sur 282 · II XXX · texte numérisé non relu

II XXX

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sent : Ah! qu'il est pénible de marcher dans In voie de Dieu! et Jésus au contraire, que son joug est doux et que son fardeau est léger : Jugum meum sua ve est et on us meum leve Croyez ces témoignages , fidèles , et , persuadés de leur vérité, formez-vous des maximes invariables, qui, fixant fortement à jamais votre esprit sur des jugements arrêtes, puissent aussi diriger vos mœurs par une conduite certaine. C'est ma deuxième partie.

DEUXIÈME POINT

Ipsum audite : • Écoutez Jésus; » écoutez ses commandements. Je vous ai dit, messieurs, Écoutez et croyez tout ce qu'il enseigne , Je vous parle maintenant d'une autre manière, et je vous dis , Ecoutez et faites. Si vous avez créance à sa doctrine , venez à l’épreuve des œuvres , et montrez votre fol par vos actions : Ostende openbus fidem tuam *. Et certainement, chrétiens, si nous en croyons sa parole ; de quelque science que soit éclairé celui qui ne garde point scs préceptes, il ne doit pas se vanter de le connaître. Le disciple bien-almé le dit nettement en sa première épltrc : Qui dieit se nosse eum, et mandata ejus non custodit , mendax est, et in hoc veritas non est3 : • Celui qui assure qu’il le con- « naît, et ne garde pas ses commandements, c'est > un menteur , et la vérité n’est point en lui. » Non, il ne connaît pas Jésus-Christ, parce qu’il ne le connaît pas comme II le veut être. Il le connaît comme un curieux qui se divertit de sa doctrine et ne songe pas à la pratique, ou qui en fait un sujet de spéculations agréables. Chrétiens, cen'cstpasainsi que Jésus-Christ veut être connu : au contraire, il nous assure qu'il ne connaît pas ceux qui le connaissent de la sorte. Il veut des ouvriers fidèles, et non pas des contemplateurs oisifs; et ce n’est rien de la foi, si elle ne fructifie en bonnes œuvres. Mais, afin dévoua ai convaincre, remarquez , s’il vous plaît, messieurs que toute la vie chrétienne nous étant représentée dans les Écritures comme un édifice spirituel, les mêmes Écritures nous disent aussi que la foi en est le fondement. C'est pourquoi saint Paul nous enseigne, que * nous sommes fondés en la foi : » lnfidefundati *. Or vous savez que le fondement a deux qualités priucipales : il est en premier lieu le commencement ; et secondement il est le soutien de l'édifice qui se prépare. Donc , pour bien connaître la fol , nous devons juger en premier lieu qu'elle n’est qu’un commencement , et secondement qu'elle est destinée pour être le soutien

1 MaUh. XI, 30.

* Jac. Il, 18.

* I. Joan. u, 4.

* Coiou i , 9a

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