K NO K FINALE
que l;i convoitise va tous les jours se subtilisant , cl icnvlantsursoi-même. De In naissent des vices inconnus, des monstres d'avarice, des raffinements de volupté, des délicatesses d'orgueil, qui n'ont point de nom : et tout cela se soutient à la face du genre humain. Pendant que tout le monde applaudit, on se résout facilement à se faire grâce , et dans cette licence infinie, on compte parmi ses vertus tous les péchés qu’on ne commet pas , tous les crimes dont on s'abstient. Et quelle est In cause de tous ces désordres? la grande puissance féconde, en crimes, in licence, mère de tous les excès. • Vous avez dit : Je régnerai éter- « nullement. Vous n'avez point fait de réflexion
■ sur tout ceci , et vous ne vous êtes point repre- . sente ce qui doit vous arriver un jour : . IHxi-
■ sti ! In sempitemum ero domina. Non ;wsuisli turc super cor tuum, ne<jue rccorduta est novissimi lui'. « Ces pécheurs hardis et super- . hes ne se contentent plus de penser le mal , ils . s'eu vantent, ilssenglorilient: . Cogilacerunt et loeufi sunt nequilium, iniquitatem in cxcelso locuti sunl‘. Hcm&rquez ces paroles: in excctso; n découvert, en public, devant tout le monde. Parce qu'ils ont oublie Dieu , ils croient que Dieu les oublie, et qu'il dort aussi bien qu'eux : Dixit enim in corde suo : Oblilus est IJeus J. L'impunité leur fait tout oser, ils ne pensent ni au jugement ni à la mort même, jusqu'à ce qu'elle vienne, toujours imprévue, finir l'enchaînement des crimes, pour commencer ceiui des supplices.
Car de croire que sans miracle l'on puisse en ce seul moment brise des lieas si forts, changer des inclinations si profondes , enfin abattre d'un même coup tout l’ouvrage de tant d'années, c’est une falie manifeste A la vérité, chrétiens, pendant que la maladie arrête pour un peu de temps les atteintes les plus vives de la convoitise, je confesse qu'il est facile de jouer par crainte le personnage d'un pénitent. Le eteur a des mouvements artificiels qui se font et se défont en un moment : mais ses mouvements véritables ne se produisent pas de la sorte. Non , non , ni un nouvel homme ne se forme pas en un instant , ni ees affections vicieuses si intimement attachées ne s'arrachent pas par un seul effort : car quelle puissance a la mort, quelle grâce extraordinaire, pour opérer tout à coup un changement si mirnculeux? Peut-être que vous penserez que la mort nous enlève tout , et qu'on se résout aisément de se détacher de ce qu'on va perdre. Ne vous trompez pas , chrétiens ; plutôt il faut craindre un ef-