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nent degré de sainteté. Ln règle qu'elle se fit dès le premier jour fut immuable ; toute sa maison y entra : chez elle on ne faisait qae passer d'un exercice de piété à un autre; jamais l'heure de l'oraison ne fut changée ni interrompue , pas même par les maladies. Elle savait que dans ce commerce sacré tout consiste à s’humilier sous la main de Dieu , et moins a donner qu'a recevoir ; ou plutôt, selon le précepte de Jésus-Christ, son oraison fut perpétuelle 1 pour être égale au In-soin. La lecture de l'Évangile et des livres saints en fournissait la matière : si le travail semblait l'interrompre, ce n’était que pour la continuer d'une autre sorte. Par le travail on charmait l'ennui, on ménageait le temps , on guérissait Ta langueur de la paresse, et les pernicieuses rêveries de l’oisiveté. L’esprit se relâchait, pendant que les mains, industricusement occupées, s'exerçaient dans des ouvrages dontla piété avait donné le dessein : c'étaient ou des habits pour les pauvres, ou des ornements pour les autels. Les psaumes avaient succédé aux cantiques des joies du siècle. Tant qu’il n’était point nécessaire de parler, la sage princesse gardait le silence : la vanité et les médisances , qui soutiennent tout le commerce du monde, lui faisaient craindre tous les entretiens ; et rieu ne lui paraissait ni agréable ni siir que la solitude. Quand elle parluit de Dieu , le goût intérieur d'où sortaient toutes ses paroles se communiquait à ceux qui conversaient avec elle ; et les nobles expressions qu’on remarquait dans ses discours ou dans scs écrits venaient de la hante Idée qu'elle avait conçue des choses divines. Sa foi ne fut pas moins simple que vive ; dans les fameuses questions qui ont troublé en tant de manières le repos de nos jours , elle déclarait hautement qu'elle n'avait autre part à y prendre que celle d'obéir à l’Église. Si elle eût eu la fortune des ducs de Nevers ses pères , elle en aurait surpassé le pieuse magnificence, quoique cent temples fameux en portent la gloire jusqu'au ciel , « et que les églises des saints publient leurs • aumônes'. » Le due son père avait fondé dans ses terres de quoi marier, tous les ans, soixante filles; riche oblation, présent agréable : la princesse sa fille en mariait aussi tous les ans ce qu'elle pouvait , ne croyant pas assez honorer les libéralités de ses ancêtres, si elle ne les imitait. On ne peut retenir ses larmes quand on lui voit épancher son cœur sur de vieilles femmes qu'elle nourrissait : des yeux si délicats firent leurs délices de ces visages ridés, de ces membres courbés
' Oportft tentpvr ortrr , et non deflceie. ( Luc. c»p. Xvm ,
’ Eleemoffjnas lllitjs enarrebit ornais «data saoctorum.
( Ecclet. cap. zxxi, 11.) aocei ST — T. il.