SUR NOS DISPOSITIONS
lèvres le demandent, mais cependant le cœur le dédaigne. Le nécessaire, quelle pauvreté! sommes-nous réduits à cette misère? Eh bien! mes frères , je donne les mains ; ne voua contentez pas du nécessaire , Joignez y la commodité , et encore la bienséance. Mais quelle honte que vous vous teniez malheureux de vous contenir dans ces bornes ; que l’excès vous soit devenu nécessaire ; que vous estimiez pauvre tout ce qui n'est pas somptueux , et que vous osiez après cela demander du pain, et le demander â Dieu même, qui sait combien vous méprisez ce présent, que les millions ne suffisent pas pour contenter votre luxe ! Et vous ne rougissez pas d’une si honteuse prévarication a la sainte profession que vous avez faite! On en rougit si peu , qu’on fait parade du luxe jusque dans l'Église, et qu’on le mène en triomphe aux yeux de Dieu même.
Temple auguste, saerés autels, et vous hostie que l’on y immole, mystères adorables que l’on y célèbre, élevez-vous aujourd'hui coutre moi , si je ne dis pas la vérité. On profane tous les jours votre sainteté, en faisant triompher la pompe du monde jusque dans la maison de Dieu, il est vrai, la magnificence sied bien dans les temples : Nanctimonia et magnijicentia in sanclijicüttohO ejus ■- Elle sied bien sur les autels; elle sied bien surles vases et sur les ornements sacres; elle sied bien dons la structure de l’édifice ; et c’est hono. rer Dieu que de relever sa maison. Mais que vous veniez dans ce temple mieux parée que le temple même; Circumomatie ut similitudo templi *; que vous v veniez la tète levée orgueilleusement comme l’Idole qui y veut être adorée ; que vous vouliez paraître avec pompe dans un lieu ou Jésus-Christ se cache sous des espèces si viles ; que vous y fendiez la presse avec grand brait pour détourner sur vous et les yeux et les attentions cpie Jésus-Christ présent nous demande ; que pendant que l’on y célèbre la terrible représentation du sacrifice sanglant du Calvaire, vous vouliez que l’on songe non point combien son humanité a été indignement dépouillée, mais combien vous êtes richement vêtue ; ni combien son sanga sauv é (['ilmes, mais combien vos regards en peuvent perdre : n'est-ce pas une indignité insupportable? n'est-ce pas insulter tout visiblement à la sainteté, nia pureté, à la simplicité de nos mystères?
pûne, mes frères, considérant attentivement aujourd’hui à quels débordements nous emportent la curiosité et le luxe, résolvons, avant que de sortir d’ici, de retrancher désormais de notre vie ces superfluités prodigieuses : Colligite qutr superaverunt fragmenta, ne perçant. L’âme n a
« Pt. xev, <l.
I p s. c\uu» U.
de capacité pour contenir qu’autant que Dieu lui en donne : Dieu lui en donne jusqu’à une certaine mesure ; cequiestau dc\h, super/luit, s'écoule pardessus et se perd, comme dans un vaisseau [ trop plein j. Met tez-lc dans les malnsdes pau vres, parce que c’est un lieu où tout se conserve. Manuspauperis est gazophylaciutn CUristi 1 ; ■ La main . des pauvres, dit saint Pierre-Chrysologue, c’est « le coffre de Dieu, ■ c’est où il reçoit son trésor; ce que vous y mettez, Dieu le tient éternellement sous sa garde, ’etil ne se dissipe jamais. Ne laissez pas tout à vos héritiers ; héritez vous-mêmes de quel que partie de votre bien. Hors de là tout est perdu; et plut à Dieu , mes frères , plût à Dieu qu’il ne fût que perdu ! Il faut en rendre compte : les pauvres s'élèveront contre vous , pour vous demander compte de leur revenu dissipé : vous avez aliéné le fonds sur lequel la Providence divine leur avait assigné leur vie ; ce fonds , c'était votre superflu.
De quoi me parlez-vous de mon superflu ? j’ai été contraint d’emprunter, mon revenu ne suffisait pas , et toute eette dépense m'était nécessaire. J'avais la passion de bâtir, la curiosité des tableaux. Vous me montrez fort bien tout cela nécessaire à la passion; mais la faible justification , puisqu’elle-même sera condamnée! La convoitise est un mauvais juge du superflu. Elle ne le connaît pas, dit saint Augustin, elle ne peut savoir les bornes de la nécessité : Ncscil cupidttus ijèi/iaifurneeejJifns ’; pareeque l'excès mémo lui est nécessaire. Ainsi vous ne deviez pas suivre ses conseils; vous deviez vous retenir dans les bornes d’une juste modération et d’une honnête bienséance. Maintenant que vous avez rompu toutes ces limites , venez répondre devant Dieu aux larmes des veuves et aux gémissements des orphelins qui crient contre vous; rendez compte de votredépense, qui vous scraallouée dans ce jugement , non sur le pied de vos convoitises, c’est un trop mauvais juge, mais sur les règles de la modestie et de la simplicité chrétienne que vous aviez professée dans le saint baptême.
Mais, dites-vous, je l'ai amassé ce superflu justement : il fallait donc le dépenser de même. [ Il ne suffisait pas de ne] point [faire] de rapines : « Vous avez tué ceux (pie vous n’avez pas „ assistés : • Occidisti quia non paeisti l. Mais ceux-ci faisaient de la sorte : aussi voyez-vous qu’ils sont cités pour le même fait, et tremblent avec vous devant le Juge. Jusquesà quand m'alléguerez-vous de mauvais exemples? Ali! qu il est nécessaire d'y bien penser ! prenez garde ,
i S. Pelr. Chrytal. Senti, vlll , * Jrjttn. et Bleemoe.
> Cont. Jttl. lié. iv, cap. xiv, n- »,t x,col. ois.
* Lait. Unie. Inet. Illi. vl, rap. xu
agle
A L'ÉGARD DES NÉCESSITÉS DE LA VIE
messieurs, à ce superflu qui vous écoule «les mains | si facilement. Mais nous reste-t-il encore assez de temps pour parler de la grandeur extraordinaire? Tranchons ce discours en un mot, pour dégager notre parole.
TaoisiiHK roi vr.
J’ai encore à vous proposer deux maximes trèsimportantes pour régler les sentiments des chrétiens sur le sujet de sa grandeur. J’ai appris l’une de saint Augustin , et l'autre du grand pape saint Léon ; et toutes deux sont tirées de leurs épitres. Pour ne vous être point ennuyeux, je vous les rapporterai simplement, sans ajouter que fort peu de chose aux paroles de ces deux grands hommes, seulement pour en faire entendre le sens; je laisserai à vos dévotions de le méditer à votre loisir. Saint Augustin , mes frères , dans son épitre, instruisant la veuve saiute Probe, cette illustre dame romaine, de quelle sorte les chrétiens pouvaient désirer pour eux ou pour leurs enfants les charges et les dignités du siècle, le décide par cette belle distinction. Si on les dvsire non pour elles-mêmes, mais pour faire du bien aux autres qui sont soumis à notre pouvoir, Si ut per hoc consulant eis qui vittunl sud eis, ce désir peut être permis : que si c’est pour contenter leur ambition par une vaine ostentation de graudeur, cela n’est pas bienséant S des chrétiens : Si autem propter inancm fastum elationis pompamque superjluam , t tel etiam noxiam vanilatis, non decet'.
La raison, en un mot, mes frères, c’est que c'est une règle certaine et admirable de la modération chrétienne, de ramener toujours les choses à leur première institution , en coupant et retranchant de toutes partscequelavanitéy ajoute: la raison, c’est que le christianisme va chercher ce qu’il y a de plus solide dans les choses , et le démêle de ce qui ne l’est pas. Deux choses a distinguer dans les dignités , la pompe et le pouvoir de faire du bien. Ce dernier, seul solide, seul bien véritable, parce que, selon le même saint Augustin , au même lieu , lo vrai bien c’est celui qui nous rend meilleurs. Or, faire du bien aux autres nous rend meilleurs; non la pompe, qui au contraire nous rend pires par la vanité ; et c’est la véritable institution de la grandeur. Car étant tous farinés d'une même lame , Dieu ne permettrait pas une si grande différence parmi les hommes , si ce n’était pour le bien des choses humaines. Si nous remontons jusqu'à l’origine , nuus verrons que la grandeur n’est établie que pour faire du bien aux autres; elle est élevée comme les nues pour verser ses eaux sur la terre, ou bien
1 Epitl. LXXX , H" 12 , t. Il , Col. 388.
comme les astres pour répandre bien loin ses influences. C’est pourquoi Jésus-Christ , dans notre évangile, refhse la royauté qu'on lui présente, parce que cette royauté n’était pas utile à son peuple. Un jour il acceptera le titre de roi, et vous le verrez écrit au haut de sa croix , parce que c’est là qu’il sauve le monde; et il ne veut point de titre d'honneur qui ne soit conjoint nécessairement avec l'utilité publique.
Apprenez de là, chrétiens, de quelle sorte il vous est pcrmisd'nspireraux honneurs du monde; si c’est pour vous repaître d’une vaine pompe , rougissez en vous-mêmes de ce «ju’étant disciples de la croix , il reste encore en vous tant de vanité. Que si vous recherchez dans la graudeur co qu'elle a de grand et de solide, qui est le pouvoir et l'obligation indispensable de faire son emploi de l’utilité publique, allez à la bonne heure avec la bénédiction de Dieu et des hommes. Mais s’il est vrai , ce que vous nous dites , que vous vous proposez une lin si noble et si chrétienne , allez-y par des degrés convenables; élevez-vous par les voies de la vertu , et non par des pratiques basses et honteuses. Que ce ne soit pas l'ambition , mais la charité qui vous mène, parce que l'ambition tourne tout à soi, et qu’il n'y a que la charité qui regarde sincèrement le bien des autres. C'est la première maxime, qui est celle de salut Augustin, de ne chercher élans les grands emplois que le bien public. Que si , pour le malheur du siècle, ceux qui ont cette sainte pensée ne s’élèvent pas, qu’ils apprennent de saint Léon Donsculement à se contenir, mais à s'exercer dans leurs bornes; c'est la seconde maxime : Inlra fines proprios ( tique legitimos, prout quis value rit, in laliludine se charitatis exercent ' ; « Que • chacun en sc tenant dans ses limites s'excrco « de tout son pouvoir dans la vaste étendue de lu « charité. »
Ne te persuade pas, chrétien, que pour ne pouvoir pas t'élever à ces emplois éclatants, tu demeures sans occupation et sans exercice. Il ne faut point sortir de ta condition ; ta condition a ses bornes, mais la charité n’en a point, et son étendue est infinie, où tu peux t’exercer tant que tu voudras. Ton grand courage veut-il s'élever? élève-toi jusqu’à Dieu par la charité. Ton esprit agissant veut-il s'occuper? considère tant d’emplois de charité, tant de pauvres familles abandonnées , tant de désordres publics et particuliers; joins-toi aux fldèles serviteurs de Dieu qui travaillent à les réformer. Demeure dans tes limites, c’est un effet de modération, mais exercetoi dans ces limites, dans les emplois de la charité qui sont infinis, et ne portejamais ton ambition
1 Ep. i.m , ad Anal. cap. tv.
SUR NOS DISPOSITIONS etc.
à une condition pins élevée, qu'on plus grand bien ne t’y appelle. [Imite ] l’exemple de Néliémias, qui [ ne désire et ne sollicite l’autorité du commandement que pour rétablir le temple, relever les murs de Jérusalem , et « procurer le bien des enfants
• d’Israël : * Qui quœreretprosperitatem fitiorum Israël En sorte que tu puisses dire comme lui , à la fin de ton administration : * O mon Dieu ,
* souvenez-vous de moi pour me faire miséri- « corde , selon tout le bien que j'ai fait à ce peu - « pie : » Memmta mei De us meus in bonum , secundum omnia quœ feci populo huic • ]. Je ne crains point, mes frères, de vous assurer, en la vérité de Dieu que je prêche , que quiconque regarde la grandeur dans un autre esprit , ne la regarde pas en chrétien.
Et cependant , fi meurs dépravées 1 fl étrange désolation du christianisme ! nul ne les regarde en cet esprit ; on ne songe qu'à la vanité et à la pompe. Parlez, parlez, messieurs, démentezmoi hautement , si je ne dis pas la vérité. Quel siècle a-t-on jamais vu ou l'ambition ait été si désordonnée? quelle condition n’a pas oublié ses bornes? quelle famille s’est contentée des titres qu'elle avait reçus de ses ancêtres? On s'est servi de l'occasion des misères publiques pour multiplier sans fin les dignités. Qui n'a pas pu avoir la grandeur, a voulu néanmoins la contrefaire; et cette superbe ostentation de grandeur a mis une telle confusion dans tous les ordres , qu'on ne [peut] plus y faire de discernement ; et par un juste retour la grandeur s'est tellement étendue qu’elle s'est enfin ravllle. O siècle stérile en vertu, magnifique seulemententitreslSaintChrysostôme a dit1 * 3, et il a dit vrai, qu'une marque que l’on n’a pas en soi la grandeur, c’est lorsqu’on la cherche hors de sol dans des ornements extérieurs. Donc , ô siècle vainement superbe, je le dis avec assurance , et la postérité le saura bien dire , que pour connaître ton peu de valeur, et tes dais, et tes balustres , et tes couronnes , et tes manteaux , et tes titres , et tes armoiries , et les autres ornements de ta vanité, sont des preuves trop convaincantes.
Mais j’entends quelqu'un qui me dit qu’il se moque de ces fantaisies et de tous ces titres chimériques; que pour lui il appuie sa famille sur des fondements plus certains, sur des charges puissantes et sur des richesses immenses (pii soutiendront éternellement la fortune de sa maison. Écoute , 6 homme sage , homme prévoyant , qui étends si loin aux siècles futurs les précautions de la prudence; voici Dieu qui te va parler, et qui
1 11. F.ntr. Il, 10.
1 Ibid. V, 10.
* In Vallb. Hom IT, t. Tjl. p. 65, ».
va confondre tes vaines pensées, sous la ligure d’un arbre , par la bouche de son prophète Ezéchiel. ■ Assur, dit ce prophète, s’est élevé comme » un grand arbre , comme les cèdres du Liban ; « le ciel l’a nourri de sa rosée , la terre l’a engraissé de sa substance; les puissances l’ont comblé de leurs bienfaits, et il suçait de son cfité le sang du peuple. • C’est pourquoi il s’est élevé superbe en
- sa hauteur, beau en sa verdure, étendu en ses « branches, fertile enses rejetons : » Pulcherramis, et frondibus remorosus, excelsusque altitudine, et inter condensas frondes elevntum est cacumen ejus « Les oiseaux faisaient leurs nids « sur ses branches; - les familles de ses domestiques : > les peuples se mettaient à couvert sous
- son ombre ; » un grand nombre de créatures attachées à sa fortune. * Ni les cèdres ni les pins « ne l’égalaient pas, les arbres les plus hauts du « jardin portaient envie à sa grandeur ; • c’est-àdire , les grands de la cour ne l'égalaient pas : Cedri non fuenmt allions itlo in paradiso Dei, abietes non adœquaverunt summitatem ejus.... Aimulata sunt eum omnia ligna voluptatis quœ erant in paradiso Dei... In ramis ejusfecerunt nidos omnia votatilia cœli.... Subumbraculo illius habitabat cœtus gentium plurimarum'.
Voilà une grande fortune, un siede n’en voit pas deux de semblables ; mais voyez sa ruine et sa décadence. « Pnree qu'il s'est élevé superbe-
• ment, et qu'il a porté son faite Jusqu’aux nues,
• et que son coeur s’est enflé dans sa hauteur : - P ro eo quod... dédit summitatem suam virentem algue condensam , et elevatum est cor ejus in attitudine sua : pour cela, dit le Seigneur, je le couperai par la racine, je l’abattrai d’un grand coup, et je le porterai par terre ; il viendra une disgrâce, et il ne pourra plus se soutenir; il tombera d’une grande chute : Projicient eum super montes; on le verra tout de sou long sur une montagne, fardeau inutile de la terre. « Tous
- ceux qui se reposaient sous son ombre se retlrc- « ront de lui, « de peur d’être accablés soussa ruine : Recedent dcumbracutocjusomnespopuli terra', et relinquent eum 3. Ou s'il se soutient durant sa vie, il mourra au milieu de ses grands desseins, et laissera à des mineurs des affaires embrouillées qui ruineront sa famille ; ou Dieu frappera sur son fils unique, et le fruit de son travail passera en d'autres mains; ou il lui fera succéder undisslpateur, qui, se trouvant tout d'un coup dans de si grands biens, dont l'amas ne lui a coûté aucune peine, se jouera des sueursd'un père
1 Eztvk. lui , s.
1 Ibid, e, s, ».
1 Ibid. 10, 12.
Digitiz
60 Dy VjOOvIv
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SUR L’AMBITION. 4TS
insensé qui se sera damné pour le laisser riche , et devant la troisième génération, le mauvais ménage, les dettes auront consumé tous ses héritages. ■ Les branches de ce grand arbre se trou- ■ veront dans toutes les vallées : » In cunctis convallibut corriuinl rami ejus ' ; je veux dire ces terres et ces seigneuries qu’il avait ramassées avec tant de soin , se partageront en mille mains ; et tous ceux qui verront ce grand changement , diront en levant les épaules , et regardant avec étonnement le reste de cette fortune délabrée : Est-ce la que devait aboutir toute cette pompe et cette grandeur formidable? est-ce là ce grand fleuvequi devait inonder toute la terre? je ne vois pins qu’un peu d’écume. Ne le voyons-nous pas tous les jours?
0 homme , que pense-tu faire ? pourquoi te travailles-tu vainement , sans savoir pour qui? Mais je serai plussagejet voyant les exemples de ceux qui m’ont précédé, je profiterai de leurs fautes : comme si ceux qui t’ont précédé n’en avaient pas vu faillir d’autres devant eux , dont les fautes ne les ont pas rendus plus sages. La ruine et la décadence entre dans les affaires humaines par trop d’endroits pour que nous soyons capables de les prévoir tous, et avec une trop grande impétuosité pour en pouvoir arrêter le cours. Mais je jouirai de mon travail. Et [pour] dix ans que tu as de vie? Mais je regarde ina postérité, que je veux laisser opulente. Peut-être que ta postérité n’en jouira pas?Mais peut-être aussi qu’elle en jouira. Et tant de sueurs pour un peut-être? Regarde qu’il n’y a rien d’assuré pour toi , non pas même un tombeau pour y graver dessus tes titres superbes, les seuls restes de ta grandeur abattue : l'avarice de tes héritiers le refusera à ta mémoire, tant on pensera peu à toi après ta mort ! Ce qu’il y aura d’assuré , ce sera In peine de tes rapines , la vengeance éternelle de tes concussions et de ton ambition désordonnée. O les beaux restes de ta grandeur 1 A les belles suites de ta fortune! O folie! 6 illusion! A étrange aveuglement des enfants des hommes !
1 Sztth. XXXI, 12.
DEUXIÈME SERMON
POUR
LE QUATRIÈME DIMANCHE DE CARÊME