‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 172 sur 282 · I». \LVI|. |C · texte numérisé non relu

I». \LVI|. |C

SUR L'AMBITION

très, ni de se mettre en peine de leurs besoins ; ab ! leur délicatesse ne le souffre pas. Rien de plus opposé à ia charité fraternelle : l'esprit de christianisme, [c'est un] esprit de fraternité et de communication. Sont-ils membres de Jésus- Christ , s'ils se regardent comme séparés et s'ils se détachent du corps?

Mais , quand ils n’agiraient pas comme chrétiens, IcdépM de sa puissance, que Dieu leur conlle, les oblige indispensablement de penser nus autres et de pourvoir à leur bien : s'ils portent sur leur front le caractère de sa puissance, ils doivent aussi porter sur leurs mains le caractère de sa libéralité. Car, ainsi que j'ai déjà dit, ce n’est pas en vain, chrétiens, que Dieu fait luire sur eux un rayon de cette puissance toujours bienfaisante : s'ils sont en ce point semblables À Dieu , « ils doivent , dit saint Grégoire

• de Nazianze , se faire les dieux des hommes en

• procurant leur bien de tout leur pouvoir. >

Mais ou en trouverons-nous sur la terre ? Nous

voyons assez d’ostentation , assez de dais , assez de balustres, assez de marques de grandeur, mais ceux qui se parent de tant de splendeurs , ce ne sont pas des dieux , ce ne sont pas des images vivantes de la puissaucc divine, ce sont des idoles muettes qui ne parlent point pour le bien des hommes. La terre est désolée , les pauvres gémissent, les innocents sont opprimés : l'idole est là qui hume l'encens , qui reçoit les adorations, qui voit tomber les victimes à ses pieds, et n’étend pas son bras pour faire le bien : O pnstor cl idolum • , « O pasteur et idole tout à ■ la fois; » car non-seulement les supérieurs ecclésiastiques , mais encore les grands de la terre, sont appelés dans l’Écriture les pasteurs des peuples. Est-ce pour recevoir des hommages que vous êtes élevés si haut? Dieu vous demandera compte du dépAt qu’il vous confie de sa puissance souveraine. Car écoutez ce qu'on dit à la reine Esther : « Ne croyez pas qu'à cause que vous êtes « dans la maison du roi vous puissiez sauver

• seule votre vie, si tous les Juifs périssaient : • ,\e putes quod animant tuant tantum libères, quia in domo regis es prœ cunclis Judicis Ne croyez pas que Dieu vous ait élevée à ce haut degré de puissance pour votre propre agrandissement. « Si vous demeurez dans le silence , Dieu < trouvera quelque autre moyen pour délivrer « son peuple ; et vous périrez , vous et la maison « de votre père : • Si silueris, peratiam occasionem liberabuntur Judeei ; et tu et domus patrie lui, peribitis J. Si peu que nous ayons de

' 'loch. XI. ir.

* Eathçr. IV, la.

‘ Uni.

puissance , nous en rendrons compte à sa justice. C’est le talent précieux , lequel si l’on manque seulement de faire valoir pour le service de Dieu , et le bien de sa famille, on est relégué par sa sentence aux ténèbres extérieures , où est l’horreur et le grincement de dents.

Considérons donc, chrétiens, tout ce que Dieu a mis en nous de pouvoir ; et le regardant en nos mains comme le talent dont nous devons compte, prenons une sainte résolution de le faire profiter pour sa gloire : c'est-à-dire, pour le bien de scs enfants. Mais, en formant en nous un si saint désir, prenons garde à l'illusion que l'ambition nous propose. Elle nous propose de grands ouvrages; mais pour les accomplir, nous dit-elle, il faudrait avoir du crédit et être dans les grandes places. C'est l'appilt ordinaire des ambitieux. « Et quoiqu’ils aspirent à ces places ■ par des vues d'élévation , ils se promettent «cependant, dit saint Grégoire, d’y faire de • grandes merveilles : » Et quamvis hoc elationie intentions, appelant, operaturos tonie n se magna pcrtractant '. Au milieu de ers beaux desseins et de ces pensées chrétiennes, on s'engage bien avant dans les poursuites ambitieuses, dans l'amour du monde ; on prend l'esprit de ce siècle , on devient mondain et ambitieux : et quand on est arrivé nu but , on oublie aisément tous ces projets si religieux ; et peu à peu tous ces beaux desseins se perdent et s’évanouissent tout ainsi qu'un songe : Cuniquc pereepti principatus officia perfrui sccularitcr cape rit, libcnter oblieiscitur quiilquid rctigiosc cogitant *.

Que le désir de faire du bien n'emporte pas notre ambition jusqu'à désirer une condition pins relevée : ne craignez pas de demeurer sansoccupntlon et d'être inutile au monde , si vous ne sortez de vos homes et ne remplissez quelque pince. Faisons le bien qui se présente, celui que Dieu a mis eu notre pouvoir. Nos emplois sont bornés, mais l’étendue de la charité est infinie. La charité, toujours agissante, sait bien trouver des emplois : elle se fait tout à tous , elle se donne autant d'affaires qu'il y a de nécessités et de besoins. Elle ne craint pas de manquer d’ouvrage; et au lieu d'aspirer à une plus grande puissance , elle songe à rendre son compte de l’emploi de celle que Dieu lui confie.

Que les puissants songent au bien. L'un des biens c'est l’exemple , un bien pour eux et un bien pour nous. C’est un don qui les enrichit , c’est un présent qui retourne à eux. Il ne faut pas pour cela un grand travail : Ils n’ont qu'à se remplir de lumière, elle viendra à nous d’elle-même. Ils

' Rtgul. Pnstor. pari. I, cap. u , I. il, col. 9.

* Ibid.

SUR LA MÉDISANCE

rendront compte des péchés des autres. Combien le vice est plus hardi quand il est^outenu par leur exemple ! etc. Exemple en sa maison : chacun est grand dans sa maison ; chacun est prince dans sa famille.

ABRÉGÉ D’UN SERMON

roui m MARDI

DE LA QUATRIÈME SEM AINE DE CARÊME

SUR LA MÉDIS ANC U

Quelle* en sont le» cause», le» ctM» cl le» remède».

Respmnlil lurlia ci dixit ? Dæinonium haltes , qui» le quærit înterficera ?

La troupe re/iandil et dit au Seigneur : Vous fies possédé du (h mon; qui est-ce qui pense à vous tuer ? Juan, vu , 20.

Apprendre aux hommes, par les médisances par lesquelles on a attaqué lu vie du Sauveur et décrie scs actions les plus saintes , à vouloir être plutôt du parti de Jésus-Christ noirci par les calomnies, que du parti des Juifs qui l'ont décimé par leurs injures.

Pour détourner les hommes d'un péché aussi noir, aussi dangereux, aussi universel que la médisance , rien de plus important que de le faire bien connaître. Représenter ce que c'est que la médisance par ses causes et par scs effets, par la racine d'où elle est sortie , par les fruits qu elle produit. Et quoique la bien connaître soit assez pour en donner de l'horreur, toutefois nous ajouterons les remèdes.

niKMir.a point.

Les causes : la plus apparente et la plus ordinaire, c'cst !n haine et le désir de vengeance. Si quelqu'un est notre ennemi , nous voudrions armer contre lui tous les autres hommes : de là nous les animons par nos médisauccs. Or encore que cette haine soit In cause la plus apparente de la médisance, ce n'est pas celle que nous avons à considérer : parce que cela est d’un autre sujet ; et on l’a suffisamment combattue , quand on vous a fuit voir le malheur deccux qui nourrissent dans leur cœur des inimitiés. Celui qui médit par ce motif est plutôt vindicatif qu'il n'est médisant. Quel est donc proprement le médisant? Celui qui, sans aucune autre raison particulière, se plaît À dire du mal des uns et des autres , même des indifférents et des inconnus; et qui, par une excessive liberté de langue, n’épargne pas même scs meilleurs amis, si toutefois un tel médisant est capable d'avoir des amis.

C’est cette médisance que j'attaque : mais en l'attaquant, chrétiens, que ceux qui médisent par haine ne croient pas que je les épargne. Car si c'est un grand crime de médire sans aucune inimitié particulière, que celui-là entende quel est son péché, qui joint le crime de la ludne à celui de la médisance. Et toutefois pour ne pas [ omettre] entièrement cette cause de la médisance, disons en seulement ce mot. L'une des plus grandes obligations du christianisme, c'est de bénir ceux qui nous maudissent : Mulcdicimur, cl Ocncdicimus • : - Ou nous maudit et nous bénis- « sons. » Si bien que, quand nous ne nous serions jamais crus obligés à dire du bien de l'un de nos frères, il faudrait faire cet effort sur nous lorsqu'une inimitié nous divise; ou du moins, n’en dire aucun mal. Car il n’y a jamais tant d'obligation de résister à la passion , que lorsqu'elle est née : de sorte qu'il n’est rien de plus criminel que de souger à l’entretenir, dans ^ temps qu'il faut travailler a l'étouffer.

Le Fils de Dieu défend de se coucher sur sa colere, de peur que les images tristes et fâcheuses que l’imagination nous représente dans la solitude pendant la nuit, lorsque nous ne sommes plus divertis par d'autres objets, n'aigrissent notre plaie. Plus donc la passion est forte, plus il ! faut sc roidir contre elle. Le médisant fait tout nu contraire : il s'échauffe en voulant échauffer les autres, il s’anime par ses propres discours, il grave de plus en plus dans son cœur l'injure qu'il a reçue ; à force de parler il croit tout n fait ce qu'il ne croyait qu'à demi : ainsi il s'irrite soimême. D'ailleurs, il ferme de plus en plus la porte à toute réconciliation; et il exerce la plus lâche de toutes les vengeances, puisque , s’il ne peut sc venger autrement , il montre que sa haine est bien furieuse , par le plaisir qu'il prend de déchirer en idée celui qu’il ne peut blesser en effet : et s’il a ! d’autres moyens de se satisfaire, il fait voir | l’extrémité de sa rage eu ce qull uépargne pas même celui-ci ; et qu'il croit que les effets ne suffisent pas s’il n’y joint même les paroles. C'est ce que j’avais à dire contre celui qui médit par un désir de vengeance.

La véritable médisance consiste en un certain plaisir que l’on a à entendre ou à dire du mal des autres , sans aucune raison particulière. Recherchons-cn la cause; il y a sujet de s’en étonner. Les hommes sont faits pour la société ; cependant ce plaisir malin, que nous sentons quelquefois malgré nous dans la médisance, fait bien voir qu’il n'y a rien de plus farouche ni de moins sociable que le cœur de l'bommc. Et Tertullien a

1 1. fo< IV, 12.

SUR LA MEDISANCE. 491

r; son de dire que « l'on ment avec pins de succès « en forgeant des calomnies cruelles et atroces ,

• et que l’on croit plus aisément un mol faux ■ qu’un bien véritable : » Felicius in acerbis atrocibusque mentilur,.... faeilius denique falso malo, quam vero bono creditur De là parait le plaisir comme naturel que nous prenons à la médisance. I.a cause est qu’en effet nous étions faits pour une sainte société en Dieu et entre nous. La paix, la concorde, la charité devaient régner parmi nous, parce que nous devions nous regarder, non point en nous-mêmes, mais en Dieu; et c’est cela qui devait être le noeud sacré de notre union.

Le péché a détruit cette concorde en gravant en nous l’amour de nous-mêmes. C’est l'orgueil qui nous désunit , parce que chacun cherche son bien propre. L’ange et l’homme n’ayant pu souffrir l’empire de Dieu , ne veut pas ensuite dépendre des autres. Chacun ne veut penser qu’à soimême , et ne regarde les autres qu’avec dessein de dominer sur eux : voilà donc In société détruite. Il y en a quelque petit reste : car nous avons naturellement une certaine horreur de la solitude. Mais lorsque nous nous assemblons, nous ne pouvons nous souffrir : et si les lois de la civilité nous obligent à dissimuler et à feindre quelque concordcapparen te ; qui pourrait lircdans nos coeurs , avec quel dédain , avec quel mépris nous nous regardons les uns les autres, il verrait bien que nous ne sommes pas si sociables que nous pensons être ; et que. c’est plutôt la crainte et quelque considération étrangère qui nous retient , qu'un véritable et sincère amour de société et de concorde. Qai le fait, sinon l’amour-propre, le désir d’exceller? ainsi que dessus. C’est la cause de la médisance et du plaisir que nous y prenons : nous voulons être les seuls excellents, et voir tout le reste au-dessous de nous.

Et pour toucher encore plus expressément la cause de ce vice si universel , c'est une secrète haine qui vient de l'envie que nous avons les uns contre les autres , ce u’est pas un noble orgueil. De là ce plaisir malin de la médisance ; il ne faut qu’une médisance pour récréer une bonne compagnie : [de là] la moquerie. Nous prenons plaisir de nous comparer aux autres , et nous sommes bien aises d’avoir sujet de croire que uous sommes plus excellents. Voilà la cause de la médisance, l’envie; cause honteuse et qu'on n'ose pas avouer, mais qui se remarque par la manière d’agir. L’envie est une passion basse, obscure, lâche : il y a un orgueil qu'on appelle noble, qui entreprend les choses ouvertement; l’envie ne

1 Ad a t ton, lit». |.

va que pardes menées secrètes. Ainsi lemédisant ; il sc cache. L'envie est une passion timide , qui a honte d’elle-méme , et ne craint rien tant que de paraître. Ainsi le médisant; il ronge secrètement. Saint Chrvsostàme dit » que In médisance « imite la servante qui prend à la dérobée les ef- « fets de son maître; ou semblable au voleur qui

• étant entré dans une maison considère attenti- » vement tout ce qui s'y trouve, pour voir ce qu'il

- pourra emporter, elle observe avec soin ce « qu'elle pourra enlever à la réputation de celui

- dont elle est jalouse, et ensuite elle se cache '. » L'envie n’a pas le courage assez lion pour chercher la véritable grandeur, mais elle ne tâche de s’élever qu’en abaissant les autres. Le médisant de même : il diminue, il biaise, il ne s’explique qn’à demi-mot, [ par des] paroles à double entente ; [ s’il parle ] ouvertement , Il prend de beaux prétextes. Combien honteuse est donc cette passion!

Mais il y a, direz-vous, d’autres causes. Il est vrai; mais toujours de l'orgueil. Pour montrer que nous savons bien pénétrer dans les sentiments des autres, • nous aimons tous ou presque tous,

« dit saint Augustin, à nommer ou à croire nos « soupçons des connaissances certaines: - Omnes aut pene omnes boulines amamus noslras mtspieiones vel vocarc vel existimare eogniliones *; [ notre ] témérité [nous porte] « à assurer comme « vraies des choses incroyables , » multa incredibitia erra. Exemple de Suzanne, de Judith Mais les effets ont fait connaître, [répondez-vous.] Mais Dieu se réserve bien des choses : nous faisons les dieux.

Autre sorte d'orgueil ; le plaisir de reprendre, comme pour faire parade de la vertu. « les hom- « mes, dit saint Augustin1, sont très-empressés » à vouloir connaître la vie des autres, tandis ■ qu’ils sont très -paresseux pour réformer la « leur : » Curiosum genus humanum ad cognoscendam vilain alienam, desidiosum ad corrigendam suant. * Hypocrite, dit le fils de Dieu « commencez par Ater la poutre qui est dans votre « œil , et vous ôterez ensuite la paille qui est dans « celui de votre frère : » Hypocrita , ejice primum trabem de oculo tuo, et tune videbis ejieere festucam de oculo fratris tui 4. Il fait le vertueux, en reprenant les autres : Il ne l’est pas, parce qu'il ne se corrige pas sol-même. Il affecte une certaine liberté de parler des autres et des abus publics : hypocrite , commence par toi-même à réformer le monde. Il reprend ce qu'il ne peut pas amender, il n’amende pas ce qu’il | 1 In Acta Apost. Hom. x\ix, ix , p. soi.

* Ad Maced. t'p. CI.III , n" 2 1 , L il ,col. U32.

• * Con/css. Ub. x, cap. ni , l i,col. 171.

1 ' Matth. vil, 5.

kiogle

SUR LA MEDISANCE

peut corriger. Il y a plaisir à parler des vices d'autrui, parce qu'on remarque sans peine les défauts des autres ; et on ne surmonte les siens qu'avec peine.

la première de ces médisances est basse et honteuse, la seconde est fière et insolente; la troisième, trompeuse et hypocrite. Tout vient de l'orgueil: - Ou est envieux dèsqu’on est superbe : * Si superbus est, et invidus est'. Et après [on dcvicnt]diable, médisant, calomniateur. Il nous mène par les mêmes degrés : * Vous serez comme

• des dieux : » Eritissicutdii '.Une suite de cela, c'est que nous rapportons tout à nous-mêmes.

DEUXIÈME POINT

Les effets : rompre la charité. Et ne dites pas : Ce que je dis, c'est peu de chose. Pour deux raisons. 1 . Par ce peu de chose vous tendez à rendre un homme ridicule. Deux fondements sur lesquels la charité chrétienne s'appuie, l'inclination et l'estime. La charité est tendre, bénigne, douce ; mais la charité est respectueuse : honore invicem prœvenientes 1 , • se prévenant mutuellement - par des témoignages d'honneur. . Vous renversez cette amitié , quand v ous détruisez l’estime ; vous excluez un homme de la société. 2. C'est peu de chose ; mais vous ne connaissez pasquelle est la nature des bruits populaires. Au commencement ce n’est rien ; mais les médisances vont se gros- : sissant peu a peu dans la bouche de ceux qui les répètent , • par un plaisir de mentir qui est inné ,

» dit Tertullicn , dans certaines gens, » ingenita quibusdam mcnliendi voluptate 4. En sorte que le médisant, voyant jusques ou est crû le petit bruit qu'il avait semé, ne reconnaît plus son propre ouvrage. Cependant il est cause de tout le désordre; comme lorsque vous jetez une petite pierre dans un étang, vous voyez se former sur la surface de l'eau des ronds, petits, plus grands, et enfin tout l'étang en est agité. Qui en est la cause? celui qui a jeté la pierre.

Outre cela, le médisant ne peut pas réparer le. mal qu’il fait : les impressions demeurent , même les choses étant éclaircies. On dit : Si cela n’était vrai, cela était du moins vraisemblable. Comme lorsqu'une chose a été serrée par un nœud bien ferme, les Impressions du lien demeurent même après que le nœud a été brisé : ainsi ceux qui sont serrés par la médisance [restent flétris],

• Heureux celui qui est à couvert de la langue

• maligne , à qui sa colère ne s'est point fait sen-

• tir, qui n’a point attiré sur lui son joug, et j

* S. Ang. Eitar. in Pt. c, n° 0,1. IV, col. IU8&.

* CfB, iii, &.

* Rom. xii , 10.

4 Apotng. n" 7. 1

- qui h’u point clé lié de ses chaînes; car son . joug est un joug de fer, et ses chaînes sont des « chaînes d’airain : ■ licatus qui tectus est a linguaneqmm,qui in iracundiamilliusnon traitsivit, et qui non attraxit jugum illius, et in vinculis ejus non est ligatus jugum enim illius, jugum ferreum est; et vineulum illius, vinculum œrcum est ‘ !

TROISIÈME POINT

Remèdes : général, ne pas applaudir aux médisants, leur montrer un visage sévère; parce que leur dessein , ce n’est que d’être plaisants. Le médisant [est un] voleur : saint l’aul les met avec les voleurs , qui ne posséderont point le royaume de Dieu, neque inaledici, neque rapaces'. Celui qui l'écoute, [est] receleur. Tout le monde hait les médisants, et tout le monde leur applaudit ; on leur peut appliquer ce que dit Tertullicn des comédiens : Amant quos multant, dépréciant quos probant > : . Ils aiment ceux qu'ils

• punissent, ils dépriment ceux qu'ils approu-

■ vent. «

2. Remède : se regarder comme devant être jugé, et l'on n'aura [pas] envie déjuger: se tenir ; en posture d'un criminel qui doit non juger, mais I être jugé, quoadusque reniai qui illuminabit 1 abscondita tenebrarum * : • jusqu’à ce que le

■ Seigneur vienne, qui portera la lumière dans

■ les ténèbres les plus profondes. » Pour juger, il faut être innocent; le coupable qui juge les autres, se condamne lui -même par même raison : /n quoenim judicas alterum, teipsum condemnas; eadem enim agis, quœ judicas 5 : « Vous vous

■ condamnez vous-même en condamuant les

• autres, puisque vous faites les mêmes choses . que vous condamnez. » » Que celui qui est sans

• péché, dit Jésus-Christ aux pharisiens, lui jette

• la première pierre : • Qui sine peccato est irslrum, primas in eam lapidem mittat 6. Tous furent détournés par cette parole. Celui qui n'a point de défauts, qu’il commence le premier à reprendre. Jésus-Christ même dit à cette femme : Nec ego te condcmnabo '< ; . Ni moi je ne vous « condamnerai point. • Si l'innocent pardonne aux pécheurs , combien plus les pécheurs se doivent-ils pardonner les lins les autres!

1 Ecrl. wviir, 33, 31.

' 1. CuT. VI. III.

* ht Sprctoc. Il- 22.

1 I. Cor. lv, 5.

1 Rom. il , I.

* J.H m. VIII , 7.

1 nid. 11.

SUR LA MORT

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