‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 202 sur 282 · SIG · texte numérisé non relu

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rôles qui l'expriment , ou l'image des sentiments qui le forment, et ils les appliquent, pour ainsi dire , sur leur volonté , et ils pensent être contrits de leurs crimes : ils se jouent de leur conscience pour se rendre agréables à Dieu. Il ne suffit pas, chrétiens, de tirer de son esprit, comme par machine, des actes de vertu forcés, ni des directions artificielles. La douleur de la pénitence doit naître dans le fond du coeur, et non pas être empruntée de l'esprit ni de la mémoire : elle ne ressemble pas à ccs eaux que l'on fuit jouer par machines et par artifice; c’est un fleuve qui coule de source, qui sc déborde , qui arrache , qui déracine, qui noie tout ce qu'il trouve : elle fait uu saint ravage qui détruit le ravage qu'a fait ic péché; aucun crime ne lui échappe : elle ne fait pas comme Sa&l, qui, massacrant les Amalécitcs, épargne ceux qui lui plaisent.

il y a souvent dans ic cicur des péchés que l'on sacrifie , mais il y a le péché chéri ; quand il le faut égorger, le coeur soupire en secret , et ne peut plusse résoudre : la douleur de la pénitence le perce et l'extermine sans miséricorde. Elle entre dans filme comme un Jusué dans la terre des l’hilistins; U détruit, il renverse tout : ainsi la contrition véritable. Et pourquoi cette sanglante exécution? c'est quelle craint la componction d’un Judas, la componction d'un Anliochus, la componction d'un Ilataam, componctions fausses et hypocrites, qui trompent la conscience par l'Image d'une douleur superficielle. La douleur de la pénitence a entrepris de changer Dieu; mais il fuutauparavantcbangcr l'homme , et Dieu ne sc change jamais que par l’effort de ce contrecoup. Vous craignez la main de Dieu et ses jugements , c'est une sainte disposition ; ie saint conciledeTrcnte veut aussi que cette crainte vous porte à détester tous vos crimes1 , à vous aftllger de tous vos excès, à haïr de tout votre cœur votre vie passée : il faut que vous gémissiez de vous voir dans un état si contraire à la justice , à la sainteté, à l'immense charité de Dieu, à lu grâce du christianisme, à la foi donnée, à la foi reçue, an traité de paix solennel que vous avez fait avec Dieu par Jésus-Christ; il faut que vous renonciez simplement et de bonne foi à tous les antres engagements, & toutes les autres alliances, à toutes les paroles données contre vos premières obligations. Le faisons-nous, chrétiens ? nous le disons à nos confesseurs; mais nos œuvres diront bientùt le contraire.

• Ahl que ceux-là sont heureux, dit le saint » Psalmistc’, dont les péchés sont couverts! » C'est, messieurs, la douleur de la pénitence, qui

' Sets, xiv, de Panit. cap. IV, de Contr. et C<r». v.

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