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vengeance. Eveil Ions- nous donc, mes chers frères, dès les premières atteintes de la justice divine : prosternous-nous devant Dieu , et crions de tout notre cœur : « Si nous sommes punis ri- - goureusement , nos crimes l’ont bien mérité : - Et nos quidem digna Jadis recipimus. O Dieu, nous le méritons, et vous nous frappez justement : Jastus es, Domine '. Mais passons encore plus | loin : jetons les yeux sur Jésus, l'auteur et le consommateur de notre foi; imitons notre heureux vo- ! leur, qui s’étant considéré comme criminel, tourne I ensuite, un pieux regard sur l’innocent qui souffre avec lui : « Et celui-ci , dit-il , qu’a-t-il fait? « Hic verit nihil malt gessit ». Cette pensée adou- | fit ses maux : car pendant que le juste endure, | le coupable se doit-il plaindre? C’est, mes frères, de. ces deux objets que nous devons nous occuper pa rmi les douleu rs ; j ’ent e nds J ésu s-Cb rist et nousmêmes; notre crime et son innocence. Il a souffert comme nous souffrons; mais il s’est soumis à souffrir par un sentiment de miséricorde, au lieu que nous y sommes obligés par une loi indispensable de la justice. Pécheurs, souffrons pour l’amour du juste, pour l’amour delà miséricorde infinie qui nous sauve, -qui expose son innocence à tant de rigueurs : souffrons les corrections salutaires de la justice qui nous châtie, qui nous ménage, et qui nous épargne. O le sacrifice agréable! ô l'hostie de bonne senteur ! ces sentiments forceront le ciel , et les portes du paradis nous seront ouvertes : Uodie mecum eris in paradiso.
Mais , mes frères , les afllicüons ne uous servent pas seulement pour nous faire connaître nos crimes; elles sont un feu spirituel où la vertu chrétienne est mise à l’épreuve, ou elle est rendue digne des yeux de Dieu même et de la perfection du siècle futur. Que ta vertu doive être éprouvée comme l'or dans la fournuisc, c’est une vérité connue, et très-souvent répétée dans les saintes Lettres; mais afin d’en entendre toute IVtendue, il faut ici observer que le feu opère deux choses à l’égard de l'or : il l’éprouve et le fait connaître; s’il est véritable, ii le purifie et le raffine; et c’est ce que font bien mieux les afflictions à l’égard de la vertu chrétienne. Je ne craindrai point de le dire : jusques à ce que la vertu se soit éprouvée dans l'exercice des afflictions, elle n'est jamais assurée : car comme ou ne connaît point un soldat, Jusques à ce qu’il ait été dans le combat , ainsi la vertu chrétienne n'étant pas pour la montre ni pour l'apparence, mais pour l’usage et pour le combat, tant quelle n’a pas combattu elle ne sc connaît pas elle-même. C'est -pourquoi l’apôtre saint Paul ne lui permet pas d’espérer,