POUR LE J
vangife 1 , c'està-di rc , « une conversion solide et « durable , • pœnitentiam sta/rilem , comme l'appelle saint Paul,* ; que notre pénitence ne soit qu'un amusement, et, pour parler comme un saint concile d’Espagne , notre communion qu’un jeu sacrilège , où nous nous jouons de ce que le cici et la terre ont de plus saint ; ludere de Dominion communiant ' ; que notre vie, toute partagée entre la vertu et le crime, ne prenne jamais un parti de bonne foi , ou plutôt qu'en ne gardant plus que le seul nom de vertu nous prenions ouvertement le parti du crime , le faisant régner en nous malgré les sacrements tnnt de fois reçus : c’est un prodige inouï dans l'Évangile, c’est un monstre dans la doctrine des moeurs.
Faites-moi venir un philosophe, un Socrate, un Aristote , qui vous voudrez : il vous dira que la vertu ne consiste pas dans un sentiment passager ; mais que c'est une habitude constante et un état permanent. Que nous ayons une moindre idée de la vertu chrétienne , et qu’à cause que Jésus-Christ nous a ouvert dans les sacrements une source inépuisable pour laver nos crimes; plus aveugles que les philosophes , qui ont cherché la stabilité dans la vertu, nous croyions être chrétiens , lorsque nous passons toute notre vie dans une inconstance perpétuelle; aujourd’hui dans les eaux de la pénitence , et demain dans nos premières ordures; aujourd’hui à la sainte table avec Jésus-Christ, et demain avec Bélial , et dans toute la corruption passée : peut-on déshonorer davantage le christianisme , et n’est-ce pas faire de Jésus-Christ même, chose abominable I uu défenseur des mauvaises habitudes?
Ce n'est pas ainsi que Jésus-Christ a parlé des rechutes , lui qui , trouvant l'arbre cultivé et toujours infructueux , s’étonne de le voir encore sur la terre , et prononce qu’il n’est plus bon que pour le feu *. Quel effet attendez-vous de vos confessions stériles? ne voyez-vous pas que vous vous trompez vous-mêmes ; et qu'ennemis , non pasdu péché, mais du reproche de vos consciences qui vous inquiète, c cst de cette inquiétude, et non du péché , que vous voulez vous défaire : de sorte que le fruit de -vos pénitences c'est d’étouffer le remords, et de vous faire trouver la tranquillité dans le crime?
Ah I il est vrai , vous me convainquez : dans la faiblesse où je suis , je me garderai bien d’approcher des saints sacrements. J'avais prévu cette mnlheureuse conséquence. Nous voici donc dans ces temps dont parle saint Paul , « où les hommes
• Luc. III , B.
• II. Cor. vil, 10.
• Corncil. Elibcrit. eau. XLTI1 , Lab. t. I, col. 9/t><
• /. t» l xni, fl et seiiq.