‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 25 sur 282 · DU R. P · texte numérisé non relu

DU R. P

confiance qu'il vous ait reçus, env ironnez ce tom beau , versez des larmes avec des prières ; et admirant dans un si grand prince une amitié si commode et un commerce si doux , c onservez le souvenir d'un héros dont la bonté avait égalé le courage. Ainsi puisse-t-il toujours vous être un cher entretien ! ainsi puissiez- vous profiter de ses vertus ; et que sa mort , que vous déplorez , vous serve à la fois de consolation et d'exemple 3 Pour moi , s’il m'est permis , après tous les autres , de venir rendre les derniers devoirs à ce tombcaOy 6 prince, le digne sujet de nos louanges et de nos regrets, vous vivrez éternellement dans ma mémoire 1 * * : votre image y sera tracée , non point avec cette audace qui promettait la victoire, non, je ne veux rien voir en vous de ce que la mort y efface ; vous aurez dans cette image des traits immortels ; je vous y verrai tel que vous étiez à ce dernier jour sous la main de Dieu, lorsque sa gloire sembla commencera vous npparattre. C'est la que je vous verrai plus triomphant qu'à Fribourg et à Kocroi ; et , ravi d’un si beau triomphe,

: ,1 ( je dirai en actions dr grdçrs ces belles | «croies du bien-aimé disciple * : Et hœc est Victoria quai vincit mundum , Jidex nostra : «• La véritable « victoire, celle qui met sous nos pieds le monde ,i entier, c'est notre foi. Jouissez, prince, de cette victoire, jouissez-en éternellement par l'immortelle vertu de ce sacrifice; agréez ces derniers efforts d'une voix qui vous fut connue * : vous mettrez fin ntous ces discours. Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince , dorénavant je veux apprendre de vous à rendre la mienne sainte ; heureux si , averti par ccscheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration , je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d'une voix qui tombe, et d'une ardeur qui s'éteint4!

1 l-i reunion touchante et sublime que présente en tableau pénétré l'Ame d’une mélancolie douce et profonde, en lui faisant envisager avec douleur Péri il si vain et si fugitif «le* talents et de la renommer , le malheur de la condition humaine, et relui de s'attacher a une vio si triste et si courir.

( D’.dlembert.) — Dans cette péroraison touchante, on aime n voir fortlflur paraître et se mêler lui-même sur la scène. L’idée imposante d'un v taillant qui célèbre un grand homme ; ce» cheveu* blancs, cette vol* affaiblie, cc retour sur le passe, ce coup d’œil ferme et triste sur l'avenir, les idées de vertus et de talents, après les Idée» de grandeur et de gloire ; enlin la mort de l’orateur, jetée par lui-même dans le lointain , et comme aperçue par tous ta* spectateurs ; tout cela forme dans r.Vme un sentiment profond qui a quelque chose de doux, d'élevé , de mélancolique et de tendre. Il n’y a pas Jusqu'à l'harmonie de ce morceau qui n'ajoute au sentiment, et n'invite rame à se recueillir et a se reposer sur sa douleur. (Thomas . Essai sur les Éloges , chap. xxiv.)

* I. Joan. 4.

* Saint Grégoire dit de même en s'adressant a Basile : « Re- « çois cet hommage d’une vol* qui te fut chère. »

* Ce fut par ce beau discours que Bossuet termina sa carrière oratoire : Il finit par son clief -d’œuvre, comme auraient dû foire beaucoup de grands hommes moins sagrs ou moins heureux que lui. ( !)' .ilnubrrl.) — L'oraison funèbre

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