‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 257 sur 282 · pâlot). D · texte numérisé non relu

pâlot). D

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quent tempérées. C’est ce qui fait dire au prophète, que • le calice qui est dans les mains de * Dieu est plein de vin pur et de vin mêlé, > colis ; in manu Dorai ni vini meri p/enus mixto'. Co passage est trcs-remarquablc, et nous y voyons bien représentée toute l’économie de la Providence. Il y a premièrement le « vin pur, . c’est-àdire la joie céleste, qui n’est altérée par aucun mélange de mal : c'est une joie toute pure, vini meri. Il y a aussi le mélange ; et c’est ce que ce siècle doit boire, ainsi que nous l’avons expliqué : parce qu'il n'y n que des biens et des maux mêlés, ptenus mixto. Et enfin il y a la lie, Fax ejus non est exinanila ; et c'est ce que boiront les pécheurs , bibent omnes peccatores *. Ces pécheurs surpris dans leurs crimes , ces pécheurs éternellement séparés des justes, ils boiront toute la lie, toute l’amertume de la vengeance divine.

Tremblez, tremblez, pécheurs endurcis, devant la colère qui vous poursuit : car si dans le mélange du siècle présent , où Dieu en s’irritant se modère , où sa justice est toujours mêlée de miséricorde , où il frappe d’un bras qui se retient , nous ne pouvons quelquefois supporter scs coups ; où en serez- vous , misérables , si vous êtes un jour contraints de porter le poids intolérable de sa colère, quand elle agira de toutes ses forces, et qu'il n'y aura plus aucune douceur qui tempère son amertume? Et vous, admirez, 6 enfants de Dieu, comme votre Père céleste tourne tout à votre avantage; vous instruisant non-seulement par paroles , mais encore par les choses mêmes ! Et certes s’il punissait tous les crimes, s’il n’épargnait nucun criminel , qui ne croiraitque toute sa colère serait épuisée dis ce siècle ; et qu’il ne réserverait rien au siècle futur? Si donc il les attend , s’il les souffre , sa patience même vous avertit de la sévérité de ses jugements. Et quand il leur permet si souvent de réussir pendant cette vie ; quand il souffre que le monde se réjouisse , quand il laisse monter les pécheurs jusque sur les trônes ; c'est encore une instruction qu’il vous doune, mais une instruction importante. Si personne ne prospérait que les Justes, les hommes étant ordinairement attachés aux biens, ne serviraient Dieu que pour les prospérités temporelles : et le service que nous lui rendrions, au lieu de nous rendre religieux, nous ferait avares; au lieu de nous foire désirer le ciel , nous captiverait dans les biens mortels.

Voyez, dit-il, mortels abusés , voyez l’état que je fais des biens après lesquels vous courez avec tant d’ardeur ; voyez à quel prix je les mets , et

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