‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 263 sur 282 · P». XVI VIII · texte numérisé non relu

P». XVI VIII

Dieu , pénible à soi-même. Voulez-vous faire ce que vous voulez, n'entreprenez pas de faire ce que vous voulez. Retranchez les volontés superflues qui vous rendent dépendants des autres : plus aisé de modérer ses volontés que de les satisfaire; vous y trouverez les vrais plaisirs.

Ne soupirez donc plus après les plaisirs de ce corps mortel : ne buvez plus cette eau trouble ; laquelle vous voyez [sortir] d'une source si corrompue. Ce qui peut nous déplaire un seul moment, jamais digne de notre amour. Et ne nous persuadons pas que nous vivions sans plaisirs, pour les vouloir transporter du corps à l'esprit; de la partie terrestre et mortelle, à la partie divine et incorruptible. Cest là au contraire , dit Tertulllon , qu’il se forme une volupté touto céleste du mépris des voluptés sensuelles : * car - quel plus grand plaisir que le mépris des plai- « sirs mêmes , • qui sans pouvoir nous contenter, ne nous laisseut jamais de repos? (Jute major votuptas , guam fastidium ipsius voluptatis ■ ?

Qui nous donnera, chrétiens, que nous sachions goûter ce plaisir sublime : plaisir toujours égal, toujours uniforme, qui naît non du trouble de l'àme, mais de sa paix; non de sa maladie, mais de sa santé ; non de ses passions , mais de son devoir; non de la ferveur inquiète et toujours changeante de ses désirs, mais de la rectitude immuable de sa conscience : plaisir par conséquent véritable; qui n’aglte pas la volonté, mais qui la calme; qui ne surprend pas la raison, mais qui l’éclaire; qui ne chatouille pas le coeur dans sa surface, mais qui l'attire tout entier à Dieu par son centre?

Voyez les liesses, les transports, les chants de cette cité triomphante : c'est de là que Jésns- Christ nous a apporté un commencement de la gloire dans le bienfait de la grâce ; un essai delà vision dans la foi ; une partie de la félicité dans l'espérance ; enfin un plaisir intime [dans la paix d'une bonne conscience] : et si ccs plaisirs ne sont pas tout à fait sensibles et satisfaisants, aussi n'en cst-ce pas encore le temps.

TROISIEME POINT

fCest le temps du voyage;[et celui qui se livre aux plaisirs , au lieu d'avancer perd de vue le terme où il doit tendre, et ne saurait y arriver.] 2" C’est le temps de rendre compte de ses actions. Celui qui est toujours en joie pense-t-ll quelquefois aux grandes affaires qu'il a, et combien les ris excessifs et les jeux perpétuels siéent mal à ceux qui doivent être présentés devant lu tribunal de Jésus-Christ? Lajoie quand vous

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