SUR LE JUGEMENT DERNIER
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c’est à-dire , par la rougeur de son front , par la confusion de sa face, par le reproche public de sa conscience.
Cependant nous voyons que ces pécheurs, qui ont si bien mérité la honte, trouvent souvent le moyen de l'éviter en cette vie. Car ou ils cachent leurs crimes , ou ils les excusent, ou enlln , bien loin d’en rougir, ils les font éclater scandaleusement à la face du ciel et de la terre , et encore ils s'en glorifient. C'est ainsi qu'ils tâchent d'éviter la honte, les premiers par l’obscurité de leurs actions , les seconds par les artifices de leurs excuses, et enfin les derniers par leur impudence. C'est pour cela que Dieu les appelle au grand jour de son jugement. Là ceux qui se sont cachés , seront découverts; là ceux qui se sont excusés , seront convaincus ; là ceux qui étaient si fiers et si insolents dans leurs crimes , seront abattus et atterrés : et ainsi sera rendue à tous ces pécheurs , à ceux qui trompent le monde , à ceux qui l’amusent par de vains prétextes , à ceux qui le scandalisent ; ainsi , dis-je , leur sera rendue à la face du tout le genre humain , des hommes et des anges, l'eterneilc confusiou, qui est leur juste salaire, leur naturel apanage qu’ils ont si bien mérité.
PBEsirea romT '.
- L’insensé a dit en son coeur : Il n'y a point • de Dieu : » Dixil insipiens in corde suo : Aon est Dais Les saints docteurs nous enseignent que nous pouvons nous rendre coupables eu plusieurs façons de cette erreur insensée. Il y a en premier lieu les athées et les libertins qui disent tout ouvertement que les choses vont à l’aventure, sans ordre, sans gouvernement , sans conduite supérieure. Insensés qui dans l'empire de Dieu, parmi scs ouvrages, parmi ses bienfaits, osent dire qu'il n'est pas , et ravir l'étre à celui par lequel subsiste toute la nature! Il y a peu de ces monstres : le nombre en est petit parmi les hommes ; quoique , hélas ! nous pouvons dire avec tremblement qu’il n'en parait toujours que trop dans le monde. Il y enad'autres , ditle docte Théodoret 1 , qui ne vont pas jusqu'à cet excès de nier la Divinité; mais pressés et incommodés dans leurs passions déréglées par ses lois qui les contraignent , par ses menaces qui les étonnent , par la crainte de scs jugements qui les trouble, ils désireraient que Dieu ne fut pas ; ils voudraient même le pouvoir croire : ils voudraient pouvoir
1 Le commoncement et la fin du premier point de et sermon , sont tir» presque mol pour mot de celui qui précède : nous avons cru devoir laisser l’un et l’autre tris qu’ils sont, plutôt que de les morceler. (Édit, de V mailles.'
1 P». Lit. I.
1 lu Pt. L«l , t. I , p. COJ.
croire que Dieu n'est qu'un nom ; et ils disent dans leur coeur, non par persuasion , mais par désir : Il n'y a pas de Dieu. • Insensés, dit saint «Augustin', qui, parce qu'ils sont déréglés, « voudraient détruire la règle, et souhaitent qu’a « n'y ait ni loi , ni justice , à cause qu'ils ne sont
• pas justes. • Je laisse encore ceux-ci ; je veux croire qu'il n’y a aucun de mes auditeurs qui soit si dépravé et si corrompu. Je viens à une troisième manière de dire que Dieu n'est pas , de laquelle vous avouerez que la plupart de mes auditeurs ne se peuvent pas excuser. Je veux parler de ceux qui en confessant que Dieu est , le comptent neanmoins tellement pour rien, qu'ils pensent en effet n'avoir rien à craindre , quand iis n'ont que lui pour témoin. Ceux-là manifestement comptent Dieu pour rien ; et ils disent donc en leur cœur : Il n'y a point de Dieu.
Eh 1 qui de nous n'est pas de ce nombre ? Qui de nous n'est pas arrêté dans une action malhonnête par la rencontre d'un homme qui n'est pas de notre cabale ? et cependant de quel front savons-nous soutenir te regard de Dieu! N’apportons pus ici l'exemple de ceux qu roulent en leur esprit quelque noir dessein ; tout ce qu'ils rencontrent les trouble , et la lumière du jour, et leur ombre même leur fait peur; ils ont peine à . porter cux-méines l'horreur de leur funeste secret , et ils vivent cependant dans une souveraine tranquillité des regards de Dieu. Laissons ces tragiques attentats , disons ce qui se voit tous les jours. Quand vous déchirez en secret celui que vous caressez en public ; quand vous le percez incessamment de cent plaies , par les coups mortels de votre dangereuse languo; quand vous mêlez artificieusement le vrai et le faux pour donner de la vraisemblance à vos histoires malicieuses ; quand vous violez le sacré dépôt du secret qu'un ami trop simple a versé tout entier dans votre cœur, et que vous faites servir à vos intérêts sa confiance qui vous obligeait à penser aux siens ; combien de précautions pour ne point paraître, combien regardez-vous à droite et à gauche I Et si vous ne voyez pas de témoin qui vous puisse reprocher dans le monde votre lâclicté, si vous avez tendu vos pièges si subtilement qu’ilssoient imperceptibles aux regards humains , vous dites : Qui nous a vus ? A’arraverunt ut abscondercnt laqucos, dixerunt : Quis videbil
• cos * î « Ils ont consulté ensemble sur les moyens
• de cacher leurs pièges, et ils ont dit : Qui - pourra les découvrir? « Vous ne comprenez donc pas parmi les voyants celui qui habite au ciel? Et cependant entendez le même Psalmiste :
I 1 Tract, xc, injoan. n* 3, t- ut, col. 721.
3 Pt. LXIII , t.
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