SUR I.ES FONDEMENTS
manière si pompeuse ; mais elle ne finit pas aussi par cette nécessaire décadence. Il est vrai qu'il y a des chutes. Il est comme tombé du sein de son Père dans celui d'une femme mortelle , de là dans une étable, et de là encore par divers degrés de bassesse jusqu'à l'infamie de la croix, jusqu’à l'obscurité du tombeau. J’avoue qu'on ne pouvait pas tomber plus bas : aussi n’est-ce pas là le terme où il aboutit; mais celui d’où il commence à se relever. Il ressuscite, il monte aux cieux , il y entre en possession de sa gloire ; et afin que celte gloire qu’il y possédé soit déclarée à tout l’univers , il en viendra un jour en grande puissance juger les vivants et les morts.
C’est cette suite mystérieuse des bassesses et des grandeurs de Jésus-Christ, que l’Église a dessein de nous faire aujourd'hui remarquer, lorsque dans ce temps consacré à sa première venue dans l'infirmité de notre chair, elle nous fait lire d’abord f Évangile de sa gloire et de son avènement magnifique ; afin que nous contemplions ces deux états dissemblables dans lesquels U lui a plu de paraître au monde ; premièrement le jouet , et ensuite la terreur de scs ennemis: là, jugé comme un criminel ; ici , juge souverain de ses juges mêmes. Suivons, messieurs, les intentions de l’Église : avant que de contempler combien J ésus-Christ est venu faible , considérons aujourd’hui combien il apparaîtra redoutable ; et prions la divine Vierge, dans laquelle il s’est revêtu miséricordieusement de notre faiblesse, de vouloir nous manifester le mystère de sa grandeur, en lui disant avec l’ange : Ave.
TROISIÈME SERMON
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